Marc Machin, né le à Paris, est un délinquant français, condamné pour viol.
Marginal, il est accusé du meurtre d'une femme, en , sur le pont de Neuilly et placé en détention provisoire pour ces faits, alors qu'il est âgé de .
Il est condamné en , à 18 ans de réclusion criminelle, puis en appel, en , assortis d'une période de sûreté de 12 ans.
Marc Machin purge sa peine lorsque, en , David Sagno, un SDF, s'accuse du meurtre, ainsi que d'un second commis au même endroit, et son ADN est retrouvé sur les effets de la victime. Marc Machin est alors libéré le , puis est finalement acquitté lors d’une rare mesure de procès en révision le : c'est la huitième personne, depuis 1945, à être innocentée lors d’un procès en révision. Pour ces six ans et demi passés à tort en détention, il reçoit euros d'indemnisation.
David Sagno a été condamné, le , à 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans pour les deux meurtres qu'il a commis sur le pont de Neuilly.
Après sa sortie de prison, Marc Machin cumule les condamnations pour recel de vol, violences et agressions sexuelles, ce qui lui vaut d’être réincarcéré.
En , Machin est placé en détention provisoire pour viol sous la menace d'une arme. Il est condamné le à 16 ans de réclusion criminelle pour ces faits.
Jeunesse Marc Machin naît le dans le 19e arrondissement de Paris..
Fils d'un gardien de la paix vivant dans le arrondissement à Paris, il est confié à la DDASS en 1987 après une violente dispute entre ses parents : sa mère a tiré dans le mur avec l'arme de service de son père. Il est ensuite placé dans une famille d'accueil et .
En , ses grands-parents le recueillent à Marseillan dans l'Hérault, .
En 1994, Marc Machin est âgé de 12 ans lorsque sa grand-mère meurt d'un cancer. Il passe alors de foyer en foyer jusqu'à ce qu'il regagne le domicile de son père à l'adolescence. Il ne tarde pas à sombrer dans la délinquance et commet des vols, violence et dégradations..
En 1995 à l'âge de 13 ans, Machin commence les déboires avec des absences répétées et un comportement de plus en plus violent. Il ne supporte pas le fait que son père refasse sa vie avec une autre femme.
Machin commence à fumer des cigarettes et du cannabis, en 1996, alors qu'il n'a que 14 ans.. Connu pour son tempérament violent, il s'en prend à la compagne de son père, verbalement et physiquement.
En 1998, à l'âge de 16 ans, Machin fait l'objet d'un placement judiciaire au sein d'une association. Il est exclu de cette association à la suite d'une agression commise au sein de l'établissement. Machin est finalement recueilli dans un centre équestre près de Tours, mais se trouve également contraint de partir après une nouvelle bagarre.
Machin se retrouve, en 1999, dans une structure en Lozère mais, là encore, il est expulsé après une fugue.
Le , âgé de 17 ans et demi, Machin aborde une femme de 40 ans dans un hall d'immeuble de Suresnes, en lui demandant de lui . La jeune femme refuse, mais Marc Machin se jette dessus. La victime parvient à s'enfuir et porte plainte pour agression sexuelle et désigne le cliché de Marc Machin, connu des services de police pour vols, violence et dégradations. Placé en garde à vue, Marc Machin avoue les faits d'agression sexuelle qui lui sont reprochés. Machin est mis en examen et placé en détention provisoire.
Marc Machin comparaît le , devant la Tribunal pour enfants pour les faits d'agression sexuelle commis lorsqu'il était mineur. Machin est condamné à quatre mois d'emprisonnement avec sursis. Il ressort libre du tribunal.
Deux jours plus tard, le , Marc Machin aborde une femme dans les toilettes d’une cafétéria, située dans le 18e arrondissement de Paris, puis se jette sur elle en lui portant plusieurs coups. La victime parvient à s'échapper et à dénoncer Machin, qui est de nouveau placé en détention provisoire pour des faits de violence physique.
Marc Machin, qui est désormais majeur, comparaît devant le Tribunal correctionnel et est condamné à une qui lui vaut d'effectuer plusieurs mois de prison. Machin est libéré en .
Emprisonnement à tort Le , Marie-Agnès Bedot, 45 ans, est retrouvée morte sur le pont de Neuilly vers 10h. Elle a été frappée deux fois à l'arme blanche dans le haut du thorax (sans doute des coups de couteau dont un mortel). Le lendemain, une infirmière, qui était passée sur les lieux du crime vers 7h35, affirme avoir vu d'après le signalement qu'elle donne aux policiers. Ce dernier lui aurait proposé de lui . La diffusion de son témoignage dans tous les commissariats de la région parisienne donne vite des résultats : un policier de Suresnes se rappelle une phrase similaire prononcée dans une affaire d'agression sexuelle commise dans le hall d'un immeuble en par un jeune homme, Marc Machin, qui a . Les policiers se rendent au domicile de Marc Machin. Ils y découvrent un blouson de cuir marron avec un col doublé de fourrure synthétique.
Marc Machin est conduit le . au 36 quai des Orfèvres pour interrogatoire.
Marc Machin affirme avoir deux témoins qui peuvent lui fournir un alibi pour la nuit du vendredi au samedi . Mais ses deux amis, marginaux comme lui, se montrent incapables de confirmer ses dires. Puis l'infirmière l'identifie de « façon quasi certaine » alors qu'il pose seul, revêtu du fameux blouson, placé derrière une vitre sans tain. Elle réitère sa déclaration lors d'une brève reconstitution sur le lieu où elle dit l'avoir croisé. Marc Machin commence à douter de lui-même, car il mène une vie dissolue, sans horaires fixes comme ses deux copains, embrumée par l'alcool et le cannabis : à la fin de la deuxième journée de garde à vue, il en vient à se demander s'il ne souffre pas d'un dédoublement de personnalité, comme Guy Georges, le tueur en série. Pour France info, son erreur est d'en faire part aux enquêteurs. Il se retrouve face à Jean-Claude Mulès, un policier très réputé, expert des aveux. Ce dernier parle avec Marc Machin de son enfance, devinant qu'il a été victime d’abus sexuels. Il lui promet aussi une détention ferme de seulement 5 années. Le jeune homme passe aux aveux, bien qu'il soit incapable de décrire directement le meurtre, se contentant de raconter ce qu'il est sûr d'avoir fait avant et après, sans pouvoir décrire l'acte lui-même. Il les renouvelle face au juge d’instruction, pressé qu'on arrête de lui poser des questions. Il déclarera par la suite qu'il a dit au policier ce que celui-ci voulait entendre sortir de sa bouche.
Au terme de sa garde à vue, le , Marc Machin est déféré devant le juge d'instruction, qui le met en examen pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Il est placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nanterre.
Machin est extrait de la Prison de Nanterre, le , dans le cadre d'une convocation avec le juge d'instruction, Thierry Bellancourt, et revient sur ses aveux en clamant son innocence. Devant le juge, Machin décrit les conditions dans lesquelles se sont déroulées sa garde à vue ainsi que les pressions exercées sur lui lors de son interrogatoire. Il déclare également avoir hâte que les résultats ADN, prélevés sur la victime, tombent afin que son innocence soit reconnue. À la suite de son audition, Marc Machin regagne sa cellule à la Prison de Nanterre, convaincu qu'il sera disculpé..
Quelques mois plus tard, le , une autre femme, Maria-Judite Araujo (née au Portugal, le ), est retrouvée morte sur le pont de Neuilly-sur-Seine, tuée à coups de tesson de bouteille et violée. Malgré des similitudes avec le meurtre de Marie-Agnès Bedot, le juge d'instruction refuse de joindre les deux dossiers, du fait que Marc Machin soit un suspect sérieux pour le meurtre de Mme Bedot.
En , les échantillons ADN, prélevés sur Marie-Agnès Bedot, donnent leur résultat : l'ADN de Marc Machin n'est présent ni sur le corps de la victime, ni sur les lieux du crime. Bien que son ADN ne soit pas présent sur la scène du crime, Machin reste toujours le suspect numéro 1 du fait du témoignage de l'infirmière. Machin reste donc en détention provisoire sans même être pris au sérieux par son avocat, Me Louis Balling, qui le croit également coupable du meurtre de Marie-Agnès Bedot.
Marc Machin est renvoyé, en , devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine, par le juge d'instruction Thierry Bellancourt, pour les faits de meurtre commis à l'encontre de Marie-Agnès Bedot. Le juge Bellancourt clôt l'instruction en estimant que la personnalité de Machin ainsi que ses antécédents judiciaires font de lui le .. Marc Machin passe ainsi près de trois ans en détention provisoire à la Prison de Nanterre.
Marc Machin comparaît le , devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine, pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Il a alors 22 ans. Lors de son jugement, Machin a une attitude agressive et se défend maladroitement. Lorsque le président de la Cour évoque à Machin le fait d'avoir son ex-petite amie, le jeune homme reconnaît avoir eu cette altercation, mais pour qu'elle n'était pas une prostituée. L'analyse du comportement de Machin est lié à une , dont la Cour d'assises prend part au long des deux journées de procès. Le témoignage de l'infirmière, au moment du meurtre de Mme Bedot, le désigne directement comme étant le ..
Le , Marc Machin est reconnu coupable du meurtre de Marie-Agnès Bedot et condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Lorsqu'il regagne sa cellule de prison, à la maison d'arrêt de Nanterre, Machin interjette appel de sa condamnation. Me Louis Balling, l'avocat de Machin, conscient que les aveux de son client et l'absence d'alibi aboutiront toujours à sa condamnation, lui suggère de plaider coupable afin que la Cour d'Assises d'Appel se penche davantage sur sa personnalité et en tienne compte pour la peine. Se sentant trahi par son propre avocat, Marc Machin lui déclare que : . Me Balling n'est dès lors plus l'avocat de Machin.
Marc Machin comparaît du 28 au , devant la cour d'assises d'appel de Versailles (Yvelines)., pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Sa défense est, cette fois, assurée par un avocat commis d'office. Lors du jugement, l'enfance chaotique de Machin est également évoquée. Lors des réquisitions, l'avocate générale de la cour d'assises insiste sur la dangerosité de Machin et déclare : . Marc Machin est condamné à 18 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 12 ans.
Transféré à la Prison de Rouen, Marc Machin sombre dans plusieurs dépressions et se restreint parfois à manger. Contestant sa condamnation, qui le contraint à purger sa peine au minimum jusqu'en 2013, Machin forme un Pourvoi en cassation, afin que son innocence puisse être établie lors d'un troisième procès.
En 2006, la Cour de cassation rejette la pourvoi de Marc Machin, estimant que la procédure a été respectée. Machin est alors en prison depuis presque cinq ans. Apprenant que sa condamnation est définitive, Machin se résigne perdre toute idée de liberté et tout espoir de reconstruire une vie : .
Rebondissement de 2008, procédure en révision et affaires ultérieures