L'église Saint-Prix de Saulxures-sur-Moselotte est une église catholique du , qui présente une architecture de style néo-gothique, enrichie par un apport successif de styles différents, offrant un chevauchement harmonieux entre les époques.

Localisation L'église est située sur la commune de Saulxures-sur-Moselotte dans les Vosges.

Histoire Inhabitée avant le , la haute vallée de la Moselotte était empruntée pour relier les monastères de Remiremont et de Munster. Petit à petit, des colonies se fixèrent sur ce trajet. Le lieu-dit Bois des Dames rappelle les promenades des chanoinesses de Remiremont.

Au début du , des moines sous la conduite de Saint Amé et de Saint Romary s'étaient installés au sommet de la montagne vosgienne. La montagne fut appelée Saint-Mont et ne tarda pas à être le foyer de progrès religieux et intellectuels, en même temps qu'il devint un centre de population.

La première trace écrite de la commune remonte à 910, elle est consignée dans une note desdites chanoinesses. Le toponyme de Cornimont () est attesté au moins en 1345. Cornimont relevait du ban de Vagney et appartenait au bailliage de Remiremont. Son église annexe de Saulxures-sur-Moselotte était dédiée à saint Barthélemy, la paroisse de Saulxures voit le jour en 1345Archives du chapitre de Remiremont après avoir été intégrée au ban de VagneyArchives communales de Cornimont (1578-1959).

La tradition des Kyriolés : jusqu’à la Révolution, tous les lundis de Pentecôte, huit paroisses dépendant du chapitre (Dommartin-lès-Remiremont, Ramonchamp, Rupt-sur-Moselle, Saint-Amé, Saint-Nabord, Saint-Étienne-lès-Remiremont, Saulxures-sur-Moselotte et Vagney) envoyaient des jeunes filles qui se présentaient à l’église de Remiremont et y entonnaient des cantiques en français.

La première église au thumb|220x220px|Ancienne église de Saulxures. L’abbaye du Saint-Mont (ou abbaye du mont Habend)  se développant sans cesse, il ne put nourrir sa population croissante sur la terre, impropre à la culture et dut créer aux alentours de nouveaux centres de populationTout commence en 620 quand Romaric, noble de la cour d'Austrasie à Metz, et Amé, moine prédicateur disciple de Saint Colomban, fondent un monastère sur un sommet montagneux dominant le confluent de la Moselle et de la Moselotte.

Celle-ci étant devenue trop nombreuse dans les trois centres de population de Remisemont (Remiremont), Steamert (Saint-Amé) et Vague (Vagney), Mère Ymma, première abbesse bénédictine, décida de la construction d'une chapelle.

En remontant le cours de la Moselotte, à deux lieues en amont de Vagney, les religieux avaient trouvé un paysage magnifique, la vallée s'élargissait et les rives de la rivière étaient bordées de grands arbres au milieu desquels d'innombrables saules inclinaient leurs longues branches jusqu'à la surface de l'eau.

Au début du , un groupe d'hommes, de femmes, d'enfants se mit en marche sous la conduite d'un religieux pour le pays des saules et commença la construction d'une chapelle autour de laquelle ils bâtirent leurs demeures. Là, le religieux déposa une relique de sainte Ségoberge connue sous le nom de Cécile ou de Claire et regardée comme la plus belle fille de Saint Romaric.

Ainsi venait de naître « Saulsurix », le Saussais, le lieu planté de saules.

C'est plus tard, par décret du que le nom de la rivière fut accolé à celui de Saulxures et que la commune portera le nom de Saulxures-sur-MoselotteUnion des Cercles Généalogiques Lorrains.

Une peinture de H. Adam, offerte il y a 100 ans à la commune, visible dans la grande salle de la mairie, serait la seule représentation restante à ce jour de l'ancien édifice de style roman. Les informations fournies dans le livre « Histoire de Saulxures » de l'abbé H. Lambert confirment l'existence de l'église au « C'était le lundi 31 mai 1344, avant la Fête-Dieu, le cortège seigneurial était accueilli aux Longères par Messire le Curé de Saulxures et les Mayeurs de la Poirie, des Amias de Bâmont et des Graviers […]. J'omets les compliments de bienvenue, les félicitations, les bouquets de fleurs présentés par les filles de l'Envers […] l'église était à la place où elle est aujourd'hui, seulement le portail regardait Thiéfosse c'est-à-dire l'ouest. Le presbytère était en face : nous dirions dans le jardin de l'agriculture. Il resta là jusque dans la soirée du dimanche 5 janvier 1659 où il fut détruit par un grand incendie. Bientôt il fut reconstruit à la même place […]. Le 2 juin 1344 le cortège Seigneurial continuait sa visite »..

La construction de la nouvelle église au À la fin du , l'église dégradée par les outrages du temps, le passage de la Révolution, les incendies de sa voûte en bois, il était impossible de toucher à l'ancien édifice sans mettre à nu des dégradations compromettantes pour l'existence du monument tout entier, hors la tour.

Depuis longtemps la construction d'une nouvelle église était en projet, mais l'exécution d'une œuvre aussi considérable avait toujours été retardée.

L'ancien curé, de vénérable mémoire, Monsieur l'abbé Ruaux, qui a dirigé la paroisse pendant trente années, ne cessait de se plaindre à la fin de son ministère, que son église était trop étroite pour la population et trop peu digne de l'autel divin qui l'habitait. Dès lors une partie de son zèle, qui s'étendait à tout, s'appliqua spécialement à chercher les voies et moyens de porter remède à cette situation. Il n'a pas vu ici bas le couronnement de ses longs et persévérants efforts. C'est l'abbé Pierrefitte, son successeur, qui poursuivra le même but et bénira la première pierre de la nouvelle église le jour de la fête du Sacré-Cœur, le Extrait de La Chronique Diocésaine, 1883.

C'est grâce à la générosité de madame Élisabeth Mathieu, manufacturière, veuve de Jean-Thiébaut Géhin mort à 47 ans en 1843, que put être construite la nouvelle église.

Nicolas Claude, sénateur et ancien maire, avait été le précepteur de ses deux enfants, tous deux morts à 33 ans de maladie en 1868 et 1869. Il épousa la nièce du manufacturier. C'est tout naturellement qu'il deviendra le légataire universel de madame Géhin à la mort de cette dernière, le , avec mission de consacrer son legs à la construction d'une nouvelle église ainsi qu'à la fondation d'un hôpital.

Par délibération du , le conseil municipal accepta le legs de madame Géhin et le plaça en rente d'État, en émettant le vœu que sur sa tombe quelques mots consacrent le souvenir de ses libéralités et rappellent aux générations futures que madame Géhin fut la bienfaitrice de la communeUne plaque dans l'entrée de l'église indique « Église construite en 1882, en partie grâce au legs laissé à sa mort en 1978 par madame Élisabeth Géhin. L'église est consacrée le 26 juillet 1883 par monseigneur Camille-Albert de Briey ».

Le , monsieur Jean-Joseph Géhin, maire, réunit le conseil municipal qui après avoir entendu monsieur Claude, sénateur et légataire universel de madame Géhin, décida la construction d'une nouvelle église.

Le nouvel édifice fut l'œuvre de l'architecte Charles-Henri FachotDictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve : FACHOT Charles Henri, Architecte à Remiremont, de RemiremontDossier de synthèse de l'aire d'étude urbaine de Remiremont, Inventaire Général du Patrimoine Culturel : Liste des architectes ayant œuvré à Remiremont.

Les premiers offices ont été célébrés à partir de Noël 1882.

C'est le , fête de la Sainte-Anne, que fut inaugurée la nouvelle église en présence de l'évêque, monseigneur Camille Albert de Brey, accompagné de M. Sablon, vicaire général et de l'abbé Noël, maître de cérémonie. Trente ecclésiastiques, parmi lesquels figuraient M. Margaine, chanoine honoraire de Saint-Dié et curé de Dompaire, les doyens de Vagney, de Rupt-sur-Moselle et de Brouvelieures. La messe fut chantée par l'abbé Ruby, curé de Ville-sur-Illon.

La nouvelle église subit ensuite, comme la précédente, les assauts du temps et des guerres.

En 1914, le clocher fit l'objet de travaux comme le montre la carte postale ancienneCarte d'archive de Francis Royer. Sur le bulletin paroissial de on peut lire : « Soixante et un ans plus tard les combats de la Libération nous mutilent ce joyau d'église et en particulier toutes les belles verrières sont amochées. C'était l'hiver 1944-1945 et il fallait faire la frayée au maître-autel pour aller chercher Notre Seigneur dans son tabernacle. Le travail fort bien exécuté en châssis de fer à T et avec verre cathédrale a coûté en francs papier de l'époque ».

Le coq qui avait souffert de la guerre a été changé sous le mandat de Gaston Belperain, entre 1965 et 1971.

La tempête de 1999, les tremblements de terre de 2003 et 2004 fragiliseront à leur tour davantage l'édifice.

La restauration devenait urgente.

La restauration de l'église Saint Prix Élisabeth Géhin (1796-1878), née Mathieu, veuve du précédent administra l'important groupe textile hérité de son mari. Elle fit édifier de 1854 à 1861 un superbe château de style Louis XV. Elle consacra pour faire bâtir et meubler ce palais de granit et de marbre, malheureusement réduit à l'abandon depuis 1972. À sa mort, elle légua à la commune à la création d'un hôpital et à la reconstruction de l'église paroissiale. Deux des vitraux dans le chœur de l'église représentent les deux fils d’Élisabeth Géhin : Ernest et Auguste, traduits en Ernestus et AugustusBulletin municipal , février 2012, article des "Amis du château Géhin", page 33.C'est sous l'impulsion de la municipalité conduite par madame Thérèse Beranger, maire, et après maints travaux de réparations ponctuelles que fut décidée une étude préalable à la restauration de l'édifice, effectuée par le cabinet Faucogney à Épinal. Le maître d'œuvre proposa de diviser les travaux en trois tranches : Restauration extérieure du clocher et du porche, Restauration extérieure de la nef, du transept, du chœur, des bas-côtés et des annexes, Restauration intérieure.

Quatorze entreprises participèrent à la réalisation des différents travaux.

La bénédiction de l'église, par monseigneur Jean-Paul Mathieu évêque de Saint-Dié, est intervenue le . C'est au son de l'aubade de l'harmonie municipale que fut inaugurée la restructuration de l'église en présence de madame Berranger, maire de Saulxures-sur-Moselotte, monsieur Christian Poncelet, président du Conseil général accompagné du préfet Albert Dupuy et des personnalités religieuses : Jean Paul Mathieu, évêque du diocèse, les abbés Marion et Piotr Y. Wik, curés de la paroisse. La célébration eucharistique étant accompagnée par la chorale Renaissance.

Le financement des travaux de restauration Le financement a été assuré collectivement par la municipalité, le Conseil général, la Réserve parlementaire et la Fondation du patrimoineL'appel au mécénat populaire, lancé par la Fondation du patrimoine a permis de collecter . L'église de Saulxures-sur-Moselotte (vidéo)Église Sainte Croix du Haut du Roc, l'association diocésaine et .

Architecture et œuvres d'art extérieures L'église Saint-Prix présente une architecture enrichie par un apport successif de styles, unifiés et caractérisés par les couleurs du granit et du grès des Vosges où se mêlent les styles romans, néogothiques, ogival et classique.

Les églises chrétiennes sont normalement, depuis le Moyen Âge, orientées est / ouest, le cœur de l'autel en direction de la Terre Sainte. L'église de Saulxures est une exception car elle est orientée nord / sud.

L'horloge d'origine, de 1936, des Établissements Ungerer Frères, a été remplacée.

Le parvis de l'église a été entièrement recouvert de 7000 pavés de granit.

La façade et le portail d'entrée