René Alfred Prath, né le à Tours et mort le à La Roquette-sur-Siagne, est un peintre et caricaturiste français, reconnu en son époque pour ses natures mortes. Il est en particulier connu pour sa correspondance avec Guillaume Apollinaire, témoignage de leur relation amicale. Il est un exemple des peintres ayant vécu, au début du , la révolution de l'art à Paris et dont la réussite s’est estompée derrière les grands noms de l’époque.
Biographie René Prath est né à Tours le , d'un père marchand de parapluies et d'une mère sans professionActe de naissance de René Alfred Prath, 20 octobre 1881, Tours, Archives départementales d'Indre-et-Loire.. Dès 1901, à , il effectue ses premières caricatures connues.. En 1905, il se trouve à Paris, et plus précisément à la Galerie Prath-Maynier, 4 rue de Lille. Il y effectue sa première exposition collective et fait ses débuts avec Henri Matisse, Kees Van Dongen, André Derain, Émile Othon Friesz ou Maximilien Luce..
Le journal Gil Blas écrit à son propos la critique suivante le : .
En , le critique Louis Vauxcelles dit à son propos dans le même journal : . Il produit dans ce journal des caricatures.. Il expose ensuite trois tableaux au Salon d’Automne.. C’est d’ailleurs à cette période qu’il semble rencontrer Apollinaire.
En mars et , il expose cinq toiles au Salon des indépendants. Il se marie à cette même période avec Yvonne Chaskin, Américaine de . Les témoins de la mariée sont Élie Faure et Gustave KahnActe de mariage de René Prath et Yvonne Chaskin, Paris, arrondissement, Archives de Paris..
En octobre, il participe de nouveau au Salon d’Automne, le , où il présente deux toiles.
En 1908 et 1909, il expose de nouveau au Salon des Indépendants, respectivement six et deux toiles.. Apollinaire dit de lui : .
Le , il envoie, de Cannes, une lettre à Apollinaire dans laquelle il fait part d’une brouille entre les deux hommes. Plusieurs causes semblent en jeu. D’abord un emprunt d’argent du poète Maurice Gremnitz à Prath, qui n’était pas remboursé. Il l’a reproché à Marie Laurencin. Il aurait par ailleurs emmené cette dernière au cabaret du Bal Tabarin, sans que tout cela ne soit du goût d’Apollinaire, à propos duquel une rumeur circule, disant qu’il convoiterait Yvonne Prath.
La lettre suivante à Apollinaire, datant de 1912, évoque une affaire (peut-être celle évoquée en 1909), qui a obligé les Prath à s’exiler à Cannes et à couper les relations avec Paris et les personnes qui s’y trouvaient.
En , Prath est envoyé au front, et reformé trois mois plus tard, après avoir perdu . De retour à Cannes, Yvonne, son épouse, lui fait part de sa volonté de liberté. En mars, il est donc mis à la rue sans le sou et revient à Paris. Malgré ses difficultés, il envoie régulièrement à Apollinaire, pour lui faciliter la vie de caserne.
Au cours de l’année 1915, Prath essaie sans succès plusieurs moyens de gagner de l’argent : peinture sur étoffe, vente de tableaux et travail à l’usine (lettre de Max Jacob à Apollinaire, ). Du front, le poète semble toujours suivre avec attention les nouvelles de son ami René Prath.
En , Max Jacob (que Prath n'avait pas sollicité) tente de lui trouver une place à Paris, considérant que , et lui conseille de divorcer d'Yvonne, et de demander une rente. Prath refusera cette solution, « n’étant pas un maquereau » (lettre de Max Jacob à Apollinaire, ). Il trouve le salut en ce début d‘année en réalisant des cartes postales, secteur florissant de cette période.
En , la dernière lettre publiée de Prath à Apollinaire est envoyée. Il y précise, après avoir pris des nouvelles du poète, blessé en , qu’il est retombé dans le marasme et qu’il songe à s’engager de nouveau.
Les informations sur la suite de sa vie sont sporadiques et peu sourcées. Néanmoins, on sait qu’il se marie une seconde fois à Léonce Raillan en 1928 à CannesActe de mariage, 17 janvier 1928, Cannes, Archives départementales des Alpes-Maritimes.. Puis il vit jusqu’à sa mort, le , à La Roquette-sur-Siagne, ou il exerce la profession de secrétaire de mairie. Il parait certain qu'il avait tourné la page de sa carrière artistique.
Œuvres Sans compter les caricatures publiées, entre autres, dans Gil Blas, il a produit une vingtaine de tableaux connus, présentés dans les différents grands salons de l'époque. Il s’agissait principalement de natures mortes.
Son tableau le plus remarquable reste celui que possédait Guillaume Apollinaire, Nature morte à la bouteille et au pot, peint en 1906.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Guillaume Apollinaire
Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Caricaturiste français du XXe siècle Catégorie:Naissance en octobre 1881 Catégorie:Naissance à Tours Catégorie:Décès en décembre 1961 Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Décès à La Roquette-sur-Siagne