Le Réseau Centre-Europe des pipelines (Central Europe Pipeline System en anglais) ou CEPS est, avec ses de pipelines, le plus important réseau des oléoducs de l'OTAN (NPS). Ce réseau est implanté en France, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, pays membres de l'OTAN et ici pays hôtes. Les États-Unis font également partie de cette organisation.. Le Royaume-Uni s'en est retiré en 2002 . et le Canada a fait de même le .
Mission Le CEPS a été créé pour des raisons de logistique militaire afin d'alimenter en carburant différents aéronefs et véhicules terrestres des forces armées des nations centre-européennes membres de l’OTAN. Financé en 1958 par le programme d'infrastructure commune de l'OTAN, son utilisation à des fins civiles a été autorisée dès 1959 avec une clause de priorité militaire.
Depuis 2017, le CEPS alimente en carburant, entre autres, les aéroports d'Amsterdam (Schiphol), Bruxelles, Francfort, Luxembourg, Cologne, Bâle et Zurich. En 2016, avec quelque 12 millions de livrés, les recettes tirées des activités non militaires ont permis de réduire sensiblement le coût du CEPS pour les six pays membres..
Histoire La construction du réseau CEPS a commencé à la fin des années 1950. Dans les années 1960, avec de nouvelles lignes et terminaux, il s'est progressivement étendu en se ramifiant en Allemagne de l'Ouest pour ravitailler les forces de l'OTAN dont celles des États-Unis.
Dans les années 1980, l'oleoduc a été attaqué à plusieurs reprises par des organisations terroristes. Le , les Cellules communistes combattantes - une organisation terroriste communiste belge - perpètre cinq attentats à la bombe contre l'oléoduc. et une autre le , tandis qu'un groupe français faisait exploser une bombe au centre informatique de gestion des oléoducs à Versailles... Plus tôt cette même année, en , un attentat à la bombe a été perpétré en Allemagne de l'Ouest par les sympathisants de la Fraction armée rouge.
La fin de la guerre froide en 1989 a donné le premier signe du démantèlement des installations excédentaires qui furent désactivées durant la seconde moitié des années 1990. Les besoins militaires en continuelle décroissance et le besoin d’une optimisation des capacités du réseau conduisirent à un deuxième puis un troisième plan de rationalisation/neutralisation. Une partie du réseau a été cédée à des entreprises civiles.
Le , un accord préliminaire est signé entre la Division des investissements de défense de l'OTAN et l'opérateur polonais de pipelines PERN concernant l'extension du Système d'oléoducs centre-européens de l'OTAN (CEPS) vers la Pologne et la Tchéquie.
Un maillon du réseau de pipelines de l’OTAN (NPS) À partir de 1958, le réseau de pipelines de l'OTAN pour l'approvisionnement de ses moyens militaires se met en place. Il comporte au total dix réseaux dont le réseau Centre-Europe des pipelines (CPSS) est le plus long.
En 1970, le NPS est long d'environ et offre une capacité de stockage de de mètres cubes..
En 2011, il est long d'environ de pipelines, traverse treize pays, auquel il faut ajouter les dépôts connexes, les bases aériennes raccordées, les aéroports civils, les stations de pompage, les raffineries et les points d’entrée.
En 2017, il est long d’environ , traverse douze pays de l’OTAN et offre une capacité de stockage de de mètres cubes..
Généralités Le CEPS est un réseau d’oléoducs multi-produits transfrontalier. Il traverse les pays hôtes que sont l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. En 2017 il s’étend sur par des lignes allant d'un diamètre de 6 à 12 pouces (). Ces lignes relient militaires et non-OTAN (utilisés à des fins civiles), offrant une capacité totale de stockage de de mètres cubes..
Dès sa création le CEPS a été doté de deux organes directeurs : le Bureau Centre‑Europe des pipelines (CEPO) et le Comité de gestion Centre‑Europe des pipelines (CEPPC) et d'un organe exécutif l'Agence Centre‑Europe d'exploitation (CEOA). Cette agence civile était implantée initialement à Paris, au palais de Chaillot (siège politique de l’OTAN depuis 1952), puis a été transférée au 11 bis, avenue général Pershing à Versailles en Île-de-France, où ses nouveaux locaux furent inaugurés officiellement le par le secrétaire général de l’OTAN, qui était alors Paul-Henri Spaak. Ce réseau n'a pas été affecté par le retrait de la France du commandement intégré en 1967.
Aux côtés des cinq nations hôtes du réseau, les États-Unis, membre du programme CEPS en tant qu’utilisateur militaire (user nation), sont le plus gros utilisateur à destination du Commandement des forces des États-Unis en Europe, plus particulièrement aux bases aériennes de Ramstein et Spangdahlem en Allemagne.
En plus de l’approvisionnement en vrac de la clientèle militaire en produits pétroliers, la clientèle civile a recours au CEPS. Cette tendance est très marquée depuis 1989, date de la chute du mur de Berlin. Si les forces armées sont les premiers destinataires, elles utilisent moins de 10 % des carburants en temps de paix et les 90 % restant sont destinés à des clients civils.
En 1997, le Conseil de l'Atlantique nord a entériné la nouvelle charte de la CEPMO, approuvée par les deux organes directeurs. Cette charte définissait la structure et les responsabilités de la nouvelle organisation de gestion du CEPS : la CEPMO, qui était constituée d’un comité de direction unique et d'une agence : la CEPMA.. La CEPMA et les organisations nationales employaient à cette date personnels civils et militaires. Son réseau de environ, était connecté à et disposait de d'une capacité de stockage de deux millions de mètres cubes..
En 2008, le réseau employait , son réseau faisait de long au départ de cinq ports (Rotterdam, Anvers, Gand, Le Havre et Marseille/Fos/Lavera, le CEPS était connecté à aériennes et six aéroports internationaux (Amsterdam, Liège, Bruxelles, Köln/Bonn, Francfort et Luxembourg), il disposait alors de de l’OTAN et offrant une capacité de stockage de de m et il a transporté de m de produits pétroliers sur une distance moyenne de ..
Le , la nouvelle agence OTAN de soutien a été créée par la fusion des trois organisations : l’agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA), l’agence OTAN de gestion du transport aérien (NAMA) et l'agence de gestion des oléoducs en Centre‑Europe (CEPMA).
En , l’agence OTAN de soutien est devenue l’agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA)..
Allemagne La gestion du CEPS en Allemagne (et du NEPS (North European Pipeline System) entre le Danemark et le nord du pays) est à l'origine confiée à l'entreprise publique Industrieverwaltungsgesellschaft (IVG, se traduit par Société de gestion industrielle) et gérée par sa filiale « Fernleitungs-Betriebs-Gesellschaft » (FBG) - qui a son siège à Bad Godesberg.. Une autre filiale, « Vereinigte Tanklager und Transportmittel GmbH » (VTG) s'occupait des wagons-citernes pour le transport ferroviaire. Seule FBG a conservé sa position de société fédérale et est désormais responsable du transport et du stockage des carburants.
Le dernier tronçon a été terminé trente ans après le début du programme le avec la mise en service de de pipeline d'Aalen à Leipheim.
L'objectif d'origine du CEPS était d'alimenter en carburant les unités militaires des divers pays de l'OTAN stationnant en Allemagne de l'Ouest face à leurs homologues du pacte de Varsovie de l'autre coté du rideau de fer.
La réduction de la Bundeswehr après la fin de la guerre froide, mais en particulier la réduction de la présence des forces de l'OTAN depuis les , a entraîné une baisse significative des besoins militaires. Sous la responsabilité de la FBG en 2016 se trouve le matériel suivant (chiffres de 1993 entre parenthèses): 14 parcs de stockage (31) ; 22 pompes haute pression (50) ; environ de canalisations souterraines () ; 11 stations essence (31) ; 2 systèmes de remplissage de wagons-citernes (3).
Belgique La Belgian Pipeline Organisation (BPO) est l’organisation nationale belge ; elle fut créée à la suite de la fusion de la belge des oléoducs de l'OTAN et de l’ANPL (Agence nationale des pipelines) en . À la suite d’un accord de coopération belgo-luxembourgeois, la BPO est également responsable de la zone CEPS sur le territoire du grand-duché de Luxembourg.
À la fin de 2015, le tableau organique de la BPO compte , dont à charge du budget international de fonctionnement du CEPS (en 1990 ces chiffres étaient respectivement 330 et un peu plus de ). Environ les deux tiers de l’effectif se trouve au siège central à Louvain.
Le Belgian Pipeline Organisation surveille depuis sa salle de contrôle de Louvain, en 2011, de conduites enterrées (diamètres variant de , dotées d’une capacité de transport comprise entre ), de pompage haute pression. et cinq dépôts d’une capacité totale d’environ ..
L’évolution des quantités pompées par an exprimées en mètres cubes kilomètres (m·km) au sein de la zone de responsabilité de la BPO, indique une forte augmentation des activités de transport entre les années 1980 et 2000 : 1980 : ; 1990 : ; 1995 : ; 2000 : .
En 2006, le cap du milliard de m·km a été franchi pour se stabiliser par la suite aux alentours de de m·km par an.
Canada Le Canada, avant son retrait fin 2006, possédait et stockait de carburant aviation dans le réseau ; de plus, il possédait et fournissait constituant sa part du contenu de ligne nécessaire à l’exploitation du réseau. Le carburant canadien représentait environ 1,6 % de la capacité totale du CEPS.
Il participait au financement à hauteur de 2,063 % et a payé entre 2005 et 2010 un total de de dollars canadiens..
France
La partie française est appelée oléoducs de défense commune en France (ODCF) ou nommée, au singulier, oléoduc de défense commune (ODC). Le réseau est supervisé par le Service national des oléoducs interalliés (SNOI) dirigé par un ingénieur général de . Son exploitation effective est confiée à la société Trapil avec, en 2013, un effectif de au CEPS..
À sa création forte de trois divisions (les ), depuis 2007 elle n'en compte plus qu'une seule avec son centre à Champforgeuil (Saône-et-Loire). Elle comprend quatre régions : nord (siège à Cambrai), est (siège à Phalsbourg), centre (siège à Langres), sud (siège à Fos-sur-Mer).
Elle compte en 2013 : de canalisations, 35 stations de pompage haute pression et pétroliers d'une capacité de stockage de ( de capacité unitaire allant de ), y compris les loués à la SAGESS.
Entre 2009 et 2015 l'ODC a transporté annuellement de , soit environ 20 % du trafic des produits par oléoduc en France..
Elle assure en France métropolitaine environ la moitié des approvisionnements en produits pétroliers nécessaires aux Forces armées françaises, via les établissements du Service des essences des armées (SEA) qui lui sont rattachés, à savoir (en 2013). : trois dépôts d'infrastructure : Orges, Bouy, Hesse (Moselle) ; cinq dépôts essence air installés sur bases aériennes : Nancy-Ochey, St-Dizier, Istres, Orange et Luxeuil.
Le point d'entrée ouest du CEPS se situe au Grand port maritime du Havre.. S'y ajoutent : les raccordements au terminal pétrolier de Fos-sur-Mer et de Dunkerque, des liaisons avec les autres divisions du CEPS, les raccordements à la plupart des raffineries françaises et les interconnexions avec les pipelines civils : Le Havre-Paris (LHP) de la société Trapil, Donges-Melun-Metz (DMM) de la société française Donges-Metz (SFDM).
Historique En même temps que l'exploitation de son propre réseau civil (LHP), la société française Trapil a reçu pour mission d'étudier et de construire entre 1953 et 1962, puis d'exploiter et de gérer « par ordre et pour le compte de l'État » : les infrastructures du réseau des ODC., réseau français des oléoducs en Centre-Europe de l'OTAN ;