La plongée en scaphandre autonome, plus couramment appelée plongée bouteille ou encore plongée en bouteille, est un mode de plongée sous-marine se distinguant par l'utilisation d'un scaphandre autonome permettant au plongeur d'évoluer sous l'eau de manière autonome grâce à une réserve de gaz respirable stocké généralement dans une ou des bouteilles de plongée. À l'instar de la plongée libre, elle est largement pratiquée en tant que plongée loisir.

Elle a l'avantage de ne pas nécessiter le même niveau de condition physique et d'entraînement que celui des plongeurs apnéistes ce qui lui a valu de devenir progressivement un loisir de masse à partir des années 1970. Cette adoption par un large public, qui représente une évolution importante de la plongée loisir, a donné naissance à un secteur économique basé sur la formation, l'organisation d'activités, la location et la vente de matériel dédié. Contrairement aux apnéistes et chasseurs sous-marins, le coût de l'équipement et la logistique nécessaire rendent en effet presque indispensable le recours à une structure spécialisée dans la plongée.

Équipement

scaphandre autonome ; palmes ; masque ; outil coupant ; combinaison de plongée ; tuba, (selon les écoles le tuba est obligatoire ou considéré comme inutile, voire proscrit) gilet de stabilisation (ou tout autre moyen permettant une remontée en surface et de s'y maintenir à l'aide d'air comprimé), surnommé la « stab », il permet aussi de fixer une ou plusieurs bouteille de plongée ; détendeurs principal et de secours, avec un manomètre un tuyau avec direct system ; ordinateur de plongée, ou à défaut un moyen pour contrôler les paramètres de plongée, tel que l'ensemble de chronomètre, profondimètre et tables de décompression) ; bouée de signalisation de surface, appelée parachute de palier.

Étapes d'équipement

passer la combinaison gréer : fixer le détendeur sur le bloc, raccorder le direct système, fixer la stab sur le bloc capeler (capelage : voc. maritime) ou breler (voc. terrestre) : enfiler la stab, hors ou dans l'eau, fermer et ajuster les sangles.

Scaphandre autonome

thumb|Recycleur (« Inspiration ») Le scaphandre autonome est un dispositif individuel qui permet à un plongeur d'évoluer librement en plongée avec une réserve de gaz respirable comprimé. Un scaphandre autonome peut ainsi aussi bien fonctionner avec de l'air qu'avec d'autres mélanges respirables spécialement étudiés à cette fin (nitrox, trimix, hydreliox) ou aussi avec un recycleur.

Choix des mélanges respiratoires Les bouteilles des plongeurs peuvent contenir de l'héliair, du nitrox, du trimix, de l'hydrox, de l'héliox, de l'hydreliox, de l'air ou du dioxygène pur, suivant le type de plongée et le niveau du plongeur (voir Plongée technique). L'air est le mélange gazeux le plus utilisé de nos jours du fait de sa gratuité et de l'absence de matériel spécifique nécessaire. Le nitrox gagne du terrain, car il réduit les phénomènes de saturation et augmente ceux de désaturation (paliers requis réduits voir supprimés). La profondeur maximale atteignable sans danger est cependant réduite par l'enrichissement en dioxygène, ce qui rend le nitrox moins souple que l'air. Pour les taux d'enrichissement faibles (moins de 40 % de dioxygène), le nitrox s'utilise avec du matériel classique, sans risque selon une étude de la NASAÉtude de la NASA sur les risques à utiliser des équipements classiques avec un Nitrox 21 à 50 , sur magarakasifleri.com.. Pour les taux élevés d'enrichissement, on observe en outre un risque d'explosion si des graisses ou des joints inappropriés sont employées. La plongée au nitrox peut être effectuée avec un protocole de décompression conçu pour les plongées à l'air, augmentant ainsi les paliers nécessaires et donc la marge de sécurité.

Protection thermique

vignette|Combinaison étanche en néoprène. Les échanges thermiques étant plus importants dans un milieu liquide, la perte calorique est relativement importante lors d'un séjour prolongé dans l'eau. Le plongeur doit donc limiter les échanges thermiques entre son corps et l'eau. Il peut utiliser pour cela :

des combinaisons non étanches (appelées aussi combinaisons humides), la plupart du temps en Néoprène qui contient de petites bulles qui isolent du froid. Mais cet air emprisonné subit la pression ; son volume et donc le pouvoir isolant diminuent avec la profondeur. Elles peuvent être mono ou bipièce. Leur épaisseur varie de avec la possibilité de mettre une double épaisseur dans le cas des combinaisons bipièce (donc ). L'eau pénètre entre la combinaison et la peau, prend la température du corps et sert d'isolant. Plus elle circule (lorsque le plongeur fait de nombreux et amples mouvements) moins le système est efficace. des combinaisons semi-étanches pour les plongées plus longues, plus profondes ou plus nombreuses (exemple : moniteurs). Les manchons (poignets et chevilles) sont plaqués ou améliorés, la(les) fermeture(s) sont étanche(s), les coutures également, ce qui fait que l'eau circule très peu, voire pas du tout. des combinaisons étanches pour les températures les plus basses.(moniteurs, plongée spéléo, plongée technique) En Néoprène ou toile spécialisée. L'eau ne pénètre pas dans la combinaison, c'est l'air contenu entre la combinaison et la peau qui sert d'isolant. L'air est plus efficace que l'eau tempérée pour isoler du froid, mais il subit la pression et son volume varie donc avec la profondeur, il faut le gérer (ajouter / enlever) durant la plongée avec un système identique à celui du gilet (Stab).

Le plongeur peut perdre jusqu'à 75 % de sa chaleur corporelle par la tête en l'absence de protection thermique. Le port de la cagoule est donc indispensable.

Pour que la perte thermique soit négligeable lors d'une plongée classique (environ ) il faut que l'eau soit à une température supérieure à .

Ordinateur de plongée

vignette|Ordinateur de plongée. Se présentant sous la forme de montres au poignet ou de consoles généralement accolées au manomètre, les ordinateurs de plongée sont censés remplacer l'usage des tables de plongée. Ils permettent en général de disposer en permanence des informations suivantes : profondeur instantanée. temps de plongée. paliers de décompression / DTR (durée totale de remontée) alarme de vitesse de remontée.

À cela peuvent bien sûr s'ajouter diverses options suivant les modèles : profondeur maximum atteinte vitesse de remontée. gestion de gaz différents de l'air : nitrox, trimix, héliox. manomètre intégré, relié par émetteur radio à la bouteille. température de l'eau instantanée, minimale.

À l'aide d'un algorithme, propre à chaque marque/modèle (tels que les modèles néo-haldaniens et le modèle RGBM), et en fonction de la profondeur, l'ordinateur va calculer les paramètres de décompression du plongeur. Ce calcul permet de déterminer d'après le profil de la plongée quelles seront les durées et profondeurs des éventuels paliers.

Si la définition d'une palanquée est : « plusieurs plongeurs ayant les mêmes caractéristiques de temps, de profondeurs et de directions lors d'une même plongée », dans la pratique, il se peut que certains membres se trouvent plus bas plus longtemps que d'autres. Leur profil de plongée sera différent, le protocole de décompression aussi. De plus, l'aspect pratique de l'ordinateur est le calcul de la majoration automatique lors des plongées successives ou consécutives et d'adapter le calcul de décompression en conséquence.

Il mesure également la vitesse de remontée suivant son propre algorithme prédéterminé par la profondeur et signale une remontée trop rapide (au moyen de bip et de son affichage).

Déplacement vignette|Monopalme et bi-palmes d'apnée en fibre de carbone. Le déplacement sous l'eau en plongée est assuré par les jambes. Le plongeur, dans un souci de performance et d'économie de l'effort, s'équipe de palmes. Les palmes simples sont de deux types : chaussantes : la palme est dotée d'un chausson qui entoure le pied, le plongeur peut éventuellement mettre un premier chausson en néoprène pour lutter contre le froid. réglables : le pied doit être équipé d'un bottillon (chausson avec semelle) avant d'être mis dans la palme, et on règle le serrage ensuite.

Plusieurs types de nage existent : ventrale : la plus commune, le nageur se plaçant à l'horizontale, ventre orienté vers le bas. dorsale : utilisée souvent pour se reposer tout en continuant de nager, en surface essentiellement. L'avantage de ce type de nage est de pouvoir sortir la tête hors de l'eau facilement. latérale : nage sur le côté. Utilisée lors de plongée sur des tombants (falaises sous-marines, abritant le plus souvent une faune importante et caractéristique).

Dans le cadre de plongées dites dérivantes, le courant peut servir de moteur : les palanquées sont mises à l'eau en un point et récupérées par le bateau plus loin. Ces plongées sont particulièrement intéressantes car une grande distance peut ainsi être parcourue, et un grand nombre de choses peut être observé, le tout avec une dépense d'énergie minimale. Éventuellement, il est possible d'effectuer des plongées dérivantes depuis une plage, en profitant d'un renversement de courant pour revenir.

Il existe des scooters sous-marins électriques ou propulseur de plongée qui permettent le déplacement sans effort du plongeur, toutefois, ceux-ci peuvent être localement interdits.

Flottabilité

vignette|Un gilet de stabilisation gréé sur une bouteille d'air comprimé et complètement gonflé. Le plongeur utilise un gilet stabilisateur (également appelé « Stab » pour « Stabilizing Jacket ») qu'il peut gonfler et dégonfler à loisir afin de faire varier son volume et, suivant le principe d'Archimède, changer son volume, donc sa flottabilité et s'équilibrer ainsi dans l'eau.

Le « Stab » dispose de : le « direct system », qui sert aussi à la gonfler et qui est généralement branché au niveau de la clavicule gauche. La ou les autres purges sont dites « purges rapides ». La première, dite « purge basse » se trouve dans le dos, en bas à droite, la seconde, optionnelle, la « purge haute » sur l'épaule droite, la troisième, optionnelle, est aussi une « purge haute », elle est intégrée à l'inflateur, on parle de « fen-stop ». On utilise la purge qui est la plus haute pour des raisons d'efficacité

Le « stab » peut être gonflé automatiquement avec le « direct system », qui est relié au bloc et qui permet d'insuffler du gaz à partir de la bouteille. Il est également possible de le gonfler à la bouche, mais c'est en général déconseillé : pour l'hygiène (des champignons peuvent se former à l'intérieur ; cet endroit est rarement sec et désinfecté) à cause du risque d'essoufflement, et surtout à cause du risque de surpression pulmonaire ou d'ADD, y compris : En fin de plongée, avant de rentrer au bateau. Pour vider l'eau des Stabs (on gonfle complètement le Stab, on le met tête en bas et on actionne la purge haute tout en pressant le stab pour la vider).

Le Stab peut être remplacé par le BackPack, un simple support en plastique sur lequel on fixe la bouteille. Il est simplement équipé de bretelles et d'une ceinture, donc peu confortable et peu utilisé.

Le stab est généralement pourvu de poche de lestage que l'on remplit de plomb en bloc ou en sachet pour compenser la flottabilité positive en fonction de la combinaison choisie et de l'ensemble du matériel. Le plongeur peut aussi utiliser une ceinture de lestage sur laquelle on glisse les différents plombs nécessaires à une flottabilité neutre ou fixer des plombs sur sa bouteille ou entre ses bouteilles (en cas d'utilisation d'un bi-bouteille).

Risques et contraintes physiques