Le Parti destourien libre (), abrégé en PDL, est un parti politique nationaliste et bourguibiste tunisien fondé le par l'ancien Premier ministre Hamed Karoui sous le nom de Mouvement destourien, avant de prendre son nom actuel le . Le parti est dirigé depuis 2016 par l'avocate et députée Abir Moussi, ce qui en fait le seul parti parlementaire dirigé par une femme en Tunisie.

Créé par des anciens dirigeants du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), héritier d'un parti dominant le paysage politique de 1956 à la révolution de 2011, le PDL ne nie pas cette appartenance et se réclame de tout l'héritage du Destour de sa création en 1920 par Abdelaziz Thâalbi à sa chute..

Aux élections législatives de 2019, le parti arrive en troisième place avec 6,63 % des voix exprimées et fait son entrée à l'Assemblée des représentants du peuple avec 17 sièges. En , il se classe premier dans un sondage d'opinion..

Histoire Présidence Karoui

vignette|Logo du Mouvement destourien. gauche|vignette|Hamed Karoui, ancien Premier ministre et premier président du PDL.

Le , l'ancien ministre de Habib Bourguiba et Premier ministre de Zine el-Abidine Ben Ali, Hamed Karoui, lance une initiative pour rassembler les destouriens (constitutionalistes)., les sympathisants du Rassemblement constitutionnel démocratique de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali au sein d'un seul parti politique et lutter contre leur exclusion de la vie politique tunisienne. Le , il fonde le Mouvement destourienJournal officiel de la République tunisienne - Annonces légales, réglementaires et judiciaires, , 28 septembre 2013.. avec Abderrahim Zouari..

Le mouvement participe sans succès aux élections législatives de 2014 et ne remporte aucun siège. Le , Zouari est désigné candidat pour l'élection présidentielle organisée la même année.., avant de retirer sa candidature à la suite des mauvais résultats du parti aux législatives, le parti ayant ensuite appelé les Tunisiens à voter pour Béji Caïd Essebsi..

Présidence Moussi Le , à l'occasion du congrès constitutif du parti, l'avocate Abir Moussi est élue présidente du Mouvement destourien., succédant à Hamed Karoui, le même congrès élisant Hatem Laamari comme secrétaire général du parti.. Le mouvement devient le Parti destourien libre le .. Le , à peine deux moins après son élection, Laamari est limogé du parti, le PDL expliquant dans un communiqué que ce limogeage intervient sans toutefois clarifier ces dépassements..

En vue des élections législatives de 2019, le parti arrive troisième d'un sondage de Sigma Conseil.. Le parti confirme cette troisième place en obtenant 6,63 % des voix, et la cinquième place en termes de sièges avec 17 députés sur 217.. Au premier tour de l'élection présidentielle, la candidate du parti, Abir Moussi, arrive à la neuvième place sur 26 candidats, avec 4,02 % des voix.. En fin d'année, le parti est classé premier dans un sondage avec 7,8 % d'intentions de vote., avant de grimper à 29 % en , 5 points devant Ennahdha.. En , le PDL a élargi son avance sur Ennahdha avec 38 % contre 20 %, soit 18 points d'avance, sa présidente Abir Moussi arrivant deuxième dans les intentions de vote pour la présidentielle avec 17 % derrière le président Kaïs Saïed en tête avec 41 %..

Le , Moussi est réélue comme présidente du parti par le congrès national..

Structures Présidence Leader Mandat Notes 1 80px Hamed Karoui - ()Militant destourien depuis l'âge de 15 ans, il crée en 2013 le Parti destourien libre. De 1989 à 1999, il est Premier ministre sous la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali. 2 80px Abir Moussi depuis le () Avocate de formation, elle devient en 2010 secrétaire général adjointe chargée de la Femme au RCD. Après la dissolution de ce dernier à laquelle elle s'est opposée, elle intègre le Parti destourien libre, dont elle est élue présidente en 2016. Après les élections de 2019, elle est à la une de la scène politique tunisienne en se présentant comme la des islamistes.

Comité politique Le comité politique est composé en des membres suivants :

Positions Ligne Le Parti destourien libre se dit être un parti bourguibiste, moderniste, souverainiste et anti-islamiste. Il est en effet partisan d'une politique d'intransigeance à l'égard du parti islamiste Ennahdha, avec lequel il refuse de dialoguer et qu'il ne reconnaît pas..

Régime politique Troisième république Le Parti destourien libre appelle depuis 2018 à changer le régime politique tunisien et à passer à une troisième république..

Pour ce faire, le PDL propose l'adoption d'une nouvelle Constitution et prépare dans ce cadre une Constitution après avoir fait réaliser une comparaison entre la Constitution de 1959 et celle de 2014 par une commission d'experts mise en place par le parti.. Lors de sa célébration de la Fête de l'indépendance, le , Abir Moussi déclare que son parti a déposé la veille une copie de sa nouvelle Constitution à la présidence de la République et réclame l'organisation d'un référendum sur son adoption..

Le PDL, à travers cette nouvelle Constitution, veut faire passer le régime politique d'un régime parlementaire à un régime présidentiel modéré. ; le pouvoir exécutif dans ce régime serait fort, avec un président de la République nommé et démis le Premier ministre, de même pour les membres du gouvernement sans passer par le parlement, ce dernier ayant un rôle de contrôle sur le travail du gouvernement et pouvant retirer la confiance au Premier ministre..

Critique de la décentralisation Depuis l'adoption du Code des collectivités locales en 2018, le PDL est l'un des partis qui s'y opposent. Abir Moussi considère que le pouvoir local tel que prévu par la Constitution de 2014 vient démanteler l'État et découper le pays en petits États. ; elle ajoute que la loi soutient en apparence la décentralisation et la libre initiative mais, en réalité, a été adoptée pour démanteler les institutions de l'État.. Moussi qualifie le Code des collectivités locales de dangereux car il engendrerait la décomposition de l'État et la révolte du pouvoir local contre le pouvoir central.. En 2020, Moussi appelle lors d'une plénière de l'Assemblée des représentants du peuple à le réformer..

Relations internationales Relations avec le Qatar et la Turquie Le PDL a plusieurs fois affirmé qu'il s'oppose à toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires intérieures tunisiennes et à toute implication tunisienne dans la guerre froide au Moyen-Orient, malgré des accusations de proximité avec les Émirats arabes unis que le parti nie catégoriquement..

Le , la présidente du bloc parlementaire du parti, Abir Moussi, déclare dans un point presse que le président de l'Assemblée des représentants du peuple et d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, veut passer deux accords, avec le Qatar et la Turquie, contrevenant ainsi à des dispositions du règlement intérieur du parlement.. Dans une lettre adressée le au chef du gouvernement de l'époque, Elyes Fakhfakh, Moussi demande à ce dernier de retirer définitivement ces deux accords . ; elle déclare le même jour dans une vidéo que le gouvernement a officiellement envoyé .. Le , le PDL renouvelle sa demande au nouveau chef du gouvernement, Hichem Mechichi, de retirer définitivement ces projets de loi..

Guerre civile libyenne En , le Parti destourien libre dénonce dans une déclaration le silence du président de la République Kaïs Saïed et du parlement sur l'intervention militaire turque dans la guerre civile libyenne et demande d'auditionner les ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur la position de la Tunisie dans cette affaire. ; le parti critique aussi la visite impromptue en Tunisie du président turc Recep Tayyip Erdoğan, accompagné par son ministre de la Défense Hulusi Akar et de son chef des renseignements Hakan Fidan., qualifiant cette visite d'une ..

Le de la même année, le PDL dépose un projet de motion parlementaire dans laquelle il refuse l'installation d'une base logistique qui faciliterait les ingérences étrangères en Libye , la motion appelant le parlement à s'opposer à toute intervention étrangère .. Ce projet de motion ciblerait indirectement l'intervention turque en Libye.. Le projet de motion échoue en ne récoltant que 94 voix (contre 68 et sept abstentions) alors qu'au moins 109 voix sont nécessaires ; les blocs parlementaires qui ont soutenu cette motion sont le PDL, La Réforme, Au cœur de la Tunisie, Al Moustakbal, le Bloc national, Tahya Tounes et le Mouvement du peuple (membre du bloc démocrate), Ennahdha et la Coalition de la dignité s'y opposant.. La cause principale de l'échec du projet de motion est l'abstention des élus du Courant démocrate..

Le même mois, le PDL annonce que ses députés ont présenté ..

Relations avec la France Le , le bloc parlementaire de la Coalition de la dignité présente un projet de motion parlementaire qui demande officiellement à la France de présenter des excuses à la Tunisie pour les crimes commis pendant et après la colonisation.. Abir Moussi, présidente du bloc parlementaire du PDL, déclare qu'elle ne s'oppose pas à la motion mais demande des modifications, parmi lesquelles la suppression de certaines expressions, la suppression du point relatif à la demande d'indemnisation et l'ajout d'un point concernant la révision des accords relatifs au sel et au pétrole.. Lors du vote, les députés PDL s'abstiennent de voter en faveur du projet de motion qui échoue à récolter les 109 voix nécessaires (77 voix pour)..

Relations avec l'Union européenne Pour le PDL, les relations entre la Tunisie et l'Union européenne (UE) doivent être basées sur un , le parti considérant que l'UE profite de la faiblesse de la Tunisie pour servir ses propres intérêts, bien avant les intérêts du peuple tunisien.. En , le parti organise une manifestation devant l'ambassade de l'UE à Tunis pour dénoncer le néocolonialisme dont elle ferait preuve vis-à-vis de la Tunisie.. Lors de la manifestation, Abir Moussi dénonce l'ingérence de l'UE dans les affaires intérieures de la Tunisie et l'accuse de tenter d'imposer l'organisation terroriste des Frères musulmans sur la scène politique nationale..

Dans une lettre ouverte publiée le , le PDL condamne après la visite de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de la présidente du Conseil des ministres d'Italie Giorgia Meloni et du Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte pour discuter d'un traité sur l'immigration illégale avec le président Kaïs Saïed. Le parti accuse les dirigeants européens d'avoir conclu un accord clandestin avec un dirigeant qu'il juge autocratique et illégitime et ajoute que les Tunisiens ne reconnaîtraient aucun accord conclu à leur insu.. Deux jours plus tard, des policiers interdisent aux membres du parti de manifester devant l'ambassade d'Italie en Tunisie pour dénoncer un éventuel accord entre les deux pays..

Cause palestinienne En 2017, Abir Moussi et d'autres dirigeants du Parti destourien libre visite l'ambassade de Palestine à Tunis, la délégation y affirmant son soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim.. Durant sa campagne électorale présidentielle, Moussi visite le site du bombardement israélien à Hammam Chott (opération Jambe de bois) pour rendre hommage aux victimes et y affirmer que la cause palestinienne est au centre de ses préoccupations. Le , Moussi réaffirme le soutien absolu de son parti à la cause palestinienne, affirmant qu'elle appuie toutes les décisions prises par l'Autorité palestinienne et favorise la solution à deux États..

Dans ce contexte, le PDL a refusé de donner sa position vis-à-vis des accords d'Abraham conclus en 2020 entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, le justifiant par sa politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays..

Restauration des relations avec la Syrie