Michel-René Maupetit, né le à Claye et mort le à LavalArchives de la Mayenne, commune de Laval, acte de décès , année 1831, est un homme politique français.

Biographie Origine Il est le fils de Michel Maupetit, notaire royal, et de Marguerite Pottier. Michel-René Maupetit termine ses études à l'Université d'Angers, sans doute sous l'influence de son frère, où il prend le grade de bachelier en droit in utroque jure..

Famille

Avocat à Mayenne Michel-René Maupetit est arrivé à Mayenne le , après avoir acheté la charge d'avocat fiscal lorsque Louise-Jeanne de Durfort, duchesse de Mazarin et de Mayenne, propriétaire à Claye, qui connaissait sa famille, le prit comme homme d'affaires, ce qui amena le jeune homme à y faire plusieurs voyages, à s'y faire des amis, comme Joseph François Dupont-Grandjardin, avant de s'y installer et d'épouser, en 1776, Marie-Louise Froger, une jeune fille de LassayElle mourut en 1788 après lui avoir donné deux fils : Louis et Victor, et deux filles : Hortense et Émilie..

Sans quitter sa situation et ses fonctions d'homme d'affaires, il acheta le , du sieur Hochet, la charge d'avocat fiscal, et peu à près celle de procureur du roi au siège du Bourgnouvel et à l'hôtel de ville de Mayenne.

Pourvu d'une nouvelle procuration de la duchesse le , il prit à ferme une partie des droits féodaux de la la duchesse de Mazarin. Elle lui donne procuration pour régir et administrer tous ses biens situés au duché de Mayenne et lui affermait, en outre, les droits de quint, reliefs, lods et ventes et autres profits féodaux.

Nommé en 1779 administrateur du duché de Mayenne, Il trouva d'abord trop mince la situation qu'on lui faisait, il s'en désista, puis la reprit le Quand on lui eut assuré 5.000 ₶ de traitement et le logement au Grand-Logis. Il poussait l'économie jusqu'à laisser courir les voleurs insolvables plutôt que de les emprisonner pour les avoir à nourrir, et même à relâcher ceux qui étaient à la charge du duché. Quelques pages publiées sur son compte (Ville et pays de Mayenne, p. 389 et suivantes) le montrent aussi sous un jour nouveau, faisant l'entendu dans les négociations matrimoniales. , t. IV.

L'administrateur du duché était un serviteur du seigneur de Mayenne et un homme d'affaires expérimenté. Il ne rêvait que l'agrandissement du domaine ducal, dont la vente avait été un moment décidée, en 1782 ; et ce fut grâce à ses efforts et à la confiance qu'il inspirait, qu'elle n'eut pas lieu. La suppression de l'Abbaye de Fontaine-Daniel dont il était question alors, et l'éventualité d'une augmentation prochaine du duché lui servirent peut-être beaucoup dans la circonstanceIl l'engagea même, l'année suivante, à acheter les biens de l'abbaye de Fontaine-Daniel qu'on parlait de supprimer, afin de rentrer dans les droits et domaines autrefois aliénés par les fondateurs. Ce projet n'eut pas de suites, mais Maupetit empêcha au moins le nouveau duc de vendre sa terre de Mayenne en lui faisant connaître que les principales seigneuries étaient sur le point de passer en d'autres mains et allaient donner ouverture à des droits considérables. Il offrit même de prendre à ferme le duché pour 75.000 ₶ par an. , t. II. 180px|vignette|gauche|Honoré de Monaco, par Frédéric Christophe d'Houdetot, 1808. Ces projets d'aliénation avaient été. amenés par les graves difficultés de famille qui s'étaient produites à la mort de Louise-Jeanne de Durfort. Il conserva la confiance d'Honoré IV, prince de Monaco, mari de Louise d'Aumont, fille de Louise-Jeanne de Durfort, héritier en 1781 du duché de Mayenne. Il est par la suite remplacé par François Pottier dans la régie des biens de la duchesse de Valentinois.

Député, prête le serment du Jeu de paume Député supplémentaire du tiers-état à l'assemblée provinciale du Maine, , puis à celle du mois de pour les élections des États généraux.

Le , il est l'un des électeurs nommés par le Tiers-État de la ville de Mayenne pour aller au Mans où devait avoir lieu l'élection des députés aux États-Généraux. Il prend une part active aux travaux, informa ses amis de Mayenne par une correspondance suivieÀ partir de cette période, il entame une correspondance régulière et détaillée avec son ami Joseph François Dupont-Grandjardin. Plus de 250 lettres témoignent de cet échange épistolaire. Dans ces missives, il relate les événements contemporains auxquels il assiste, ainsi que les travaux de l’Assemblée dont il est membre. Les premières lettres, rédigées lors de son séjour au Mans, offrent un témoignage précieux sur certains incidents marquants de cette assemblée électorale., et prend part à la rédaction des doléances du tiers-étatLe , l’assemblée préliminaire de l’ordre du Tiers-État se réunit au Mans. Lors de cette réunion, les électeurs avaient pour mission de fusionner les cahiers de doléances issus des différentes paroisses en un document unique pour chaque bailliage ou sénéchaussée principale. Une fois cette synthèse réalisée, le nombre d’électeurs devait être réduit au quart du total des participants initialement prévus. Seuls les électeurs désignés par leurs pairs pour composer ce quart étaient habilités à participer à l’assemblée générale, où ils procédaient à l’élection des députés et finalisaient la rédaction définitive du cahier de doléances de leur ordre..

Il est élu le , au scrutin, député aux États généraux de 1789« grâce, dit-il, à la lettre imprimée contre moi, aux démarches de notre ami Lalande et à l'union des Lavallois ». L'intendant de Tours annota ainsi le nom de Maupetit : « Il a une bonne réputation ». , t. II.. Rentré à Mayenne, Michel-René Maupetit met en ordre à ses affaires avant de partir pour Versailles où les États-Généraux devaient s'ouvrir le ,.

thumb|right|Le Serment du Jeu de paume, par Jacques-Louis David, dessin, château de Versailles. thumb|upright=2|Maupetit, en bas à gauche, est soulevé pour prêter le serment du Jeu de Paume.|alt=Maupetit est représenté vieux et impotent, soulevé de sa chaise par deux hommes pour prêter le serment du Jeu de Paume. Il a représenté la ville de Mayenne et le Maine aux États généraux à Versailles en 1789A Versailles, Maupetit logea rue de l'Orangerie, garde-meuble de M. le comte d'Artois, 15 , t. II.. Il était à la salle du Jeu de paume le quand les représentants du tiers état ont officialisé l'Assemblée nationale créée quelques jours plus tôt.

Grâce à une maladie, il est reconnaissable dans tous les livres d'histoire. C'est lui qui figure, assis sur une chaise, tantôt prostré, tantôt passionné, sur les dessins et tableaux de David, de Prieur ou de Couder, qui ont illustré cette journée pour la postérité. Dans son livre, La Révolution 1770-1880, François Furet repère Michel-René Maupetit sur une œuvre de Jacques-Louis David, le Serment du Jeu de paume. En bas, à gauche, David a placé un vieux député malade, Maupetit de la Mayenne, à demi déchaussé, à peine capable de marcher, et soutenu par deux vigoureux sans-culottes qui l'aident à se soulever de sa chaise. Guy Chaussinand-Nagaret, dans Historama spécial consacré à la Révolution, identifie Maupetit, assis, sur un tableau d'Auguste Couder, sans doute le plus fidèle et qui correspond le mieux à la propre description de Michel-René Maupetit.. En réalité, Michel-René Maupetit était malade d'un gros rhumeIl se rendit pourtant à la séance et cet acte l'a presque rendu célèbre. David, voulant reproduire la scène historique du 20 juin, se rappela le député de Mayenne, fatigué d'un jeûne de trois jours, il le représenta au premier plan, sous les traits d'un vieillard chauve, porté sur une chaise par deux hommes du peuple : licence d'artiste. , t. II.

Vie politique Révolution française Michel-René Maupetit ne prend la parole dans l'Assemblée dans aucune discussion importante et ne paraît avoir fait partie d'aucun Comité. Il ne monte à la tribune que pour soutenir les intérêts du district de Mayenne, se bornant à assister assidûment aux séances et à voter constamment avec la majorité. Tout le reste du temps, il se contenta, comme il le reconnait naïvement, « de voter avec la majorité » (lettre du « Pour moi, écrit-il le 3 août 1789, jusqu'ici j'ai voté à toutes les délibérations. J'ai toujours été, ainsi que MM. Lalande et Gournay, de la majorité. Aussi, s'il y a blâme à donner, il faut le donner aux décrets de l'Assemblée. »).

Michel-René Maupetit ne se fait vraiment remarquer qu'à deux occasions : le , au serment du Jeu de paume et lorsqu'il défendit, en vain, le dossier de la ville de Mayenne qui se sentait des ambitions de chef-lieu départemental. Quand il faut fixer le siège épiscopal de la Mayenne, le , Louis de Boislandry, rapporteur du Comité ecclésiastique et de constitution, propose Laval ; aussitôt Michel-René Maupetit se lève et intercède pour Mayenne ; Louis-François Allard réclame pour Château-GontierGazette nationale ou le Moniteur universel du mercredi 7 juillet 1790. Compte rendu de la séance du 6 juillet. ; l'Assemblée passe outre et crée l'évêché de Laval. le , pour faire autoriser le directoire du district de Mayenne à installer les membres du tribunal et les juges de paixLa municipalité de Mayenne, à qui incombait ce soin, étant démissionnaire.. Retour à Mayenne Après la séparation de l'Assemblée nationale le , il rentre à Mayenne où il avait été nommé l'année précédente membre du conseil général de la commune et juge au tribunal du district qu'il allait présiderHistoire de l'Église du Mans, tome VIII, pages 152, 153.. Il continue toujours de gérer les affaires de la duchesse d'Aumont et habitant dans sa maison des Buttes, en attendant qu'il se logeât aux Courbes, dans la propriété acquise nationalement sur l'hôpital, t. II.. Ensuite, il allait, pendant toutes les périodes troublées, réussir à se maintenir dans les premiers rôles du département sans « se mouiller ». Fédéralisme Le , les administrateurs du district de Mayenne, suivant l’exemple des autorités de Laval, se prononcèrent en faveur de l'Insurrection fédéraliste qui éclate en province, en soutien aux députés girondins expulsés de la Convention nationale par les jacobins suite aux Journées du 31 mai et du 2 juin 1793. Michel-René Maupetit, alors membre actif du Directoire de district, participe à l’ensemble des délibérations qui réunissent, en raison de la gravité de la situation, non seulement les administrateurs, mais aussi les représentants de la municipalité, du tribunal et les principaux fonctionnaires locaux.

Face aux mesures répressives annoncées par la Convention nationale contre les départements ayant soutenu l’insurrection, les autorités de Mayenne, initialement engagées dans l'Insurrection fédéraliste, cherchèrent rapidement à se rétracter. L'Insurrection fédéraliste, auquel s’était joint le département de la Mayenne, en soutien aux représentants girondins expulsés de la Convention, est rapidement réprimée en juillet 1793. Les administrateurs du département de la Mayenne avaient pris parti pour l'insurrection et avaient même fait partir pour Caen un bataillon de volontaires.

Cependant, les décrets du , exigeant la rétractation sous peine de trahison et convoquant les assemblées primaires pour délibérer sur le projet de Constitution, ne furent publiés dans le département que le , après avoir été retenus par les autorités de Laval. Dès leur réception, les assemblées primaires de Mayenne adoptèrent le projet constitutionnel, et les administrateurs du district, dont Michel-René Maupetit, votèrent le un arrêté de rétractation. Michel-René Maupetit est alors chargé, avec un autre commissaire, de porter cet arrêté au Directoire départemental et de demander le rappel immédiat des volontaires du district encore présents à Caen.