Cette liste recense les élections organisées durant l'année 2004. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums.

Commentaires généraux

C'est la période des « révolutions de couleur ». En Géorgie, les élections présidentielle et législatives en janvier et en mars font suite à la révolution des Roses et à la chute du président Edouard Chevardnadze. Mikheil Saakachvili lui succède. En Ukraine, les fraudes qui entachent le second tour de l'élection présidentielle en novembre déclenchent la révolution orange, et une nouvelle élection en décembre, remportée par le candidat d'opposition Viktor Iouchtchenko. Ailleurs, l'OSCE dénonce des irrégularités, des fraudes, des intimidations ou bien simplement des médias fortement biaisés lors des élections qui se tiennent dans trois États de l'ex-URSS : en Russie (mars) avec la réélection du président Vladimir Poutine ; au Kazakhstan (septembre) ; et en Biélorussie (octobre). Au Turkménistan (décembre), dictature à parti unique où aucune alternance au pouvoir n'est possible, l'OSCE n'est pas autorisée à observer le déroulement de l'élection.

Des semblants d'élections ont aussi lieu en Guinée équatoriale (avril) et en Tunisie (octobre), où le pouvoir est verrouillé par le parti autoritaire dominant, et l'opposition n'a aucune chance de l'emporter. En Iran (mai), les clercs du Conseil des gardiens pré-déterminent le résultat des élections législatives en interdisant à de très nombreux réformateurs de se présenter, favorisant ainsi les conservateurs qui remportent une large victoire.

À l'inverse, à Antigua-et-Barbuda (mars), la défaite des travaillistes et la victoire du Parti progressiste unifié (centre-gauche) aux élections législatives en mars marquent la fin de la longue période de gouvernement de la famille Bird, père et fils (1976-2004). En Corée du Sud, un parti de centre-gauche remporte pour la première fois la majorité absolue des sièges au Parlement, en avril.

En Inde, le parti du Congrès (centre-gauche) retrouve le pouvoir à l'occasion des élections d'avril et de mai. Manmohan Singh devient premier ministre. Au Canada, les libéraux (progressiste) du premier ministre Paul Martin perdent leur majorité absolue des sièges (juin), mais conservent le pouvoir. En Australie, les libéraux (conservateurs) du premier ministre John Howard conservent le pouvoir lors des élections en octobre. Aux États-Unis de même, les républicains (droite) conservent leur majorité absolue au Congrès, tandis que le président George W. Bush est réélu pour un second mandat (novembre).

Par mois Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Présidentielle Élection anticipée, la révolution des Roses ayant contraint le président Edouard Chevardnadze à la démission. Mikheil Saakachvili (Mouvement national uni : centre-droit), principale figure de l'opposition sortante, est élu avec 96,0 % des voix face à cinq autres candidats. Des élections législatives ont lieu en mars. (Le pays change de drapeau le .)

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives tour -

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Alternance. Le parti Nouvelle Démocratie (libéral-conservateur) remporte la majorité absolue des sièges, devançant le PASOK (centre-gauche) au pouvoir. Kóstas Karamanlís (ND) devient premier ministre. Législatives Les élections se déroulent trois jours après les attentats de Madrid perpétrés par al-Qaïda. Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti populaire (droite), qui disposait de la majorité absolue dans le parlement sortant, est devancé par le Parti socialiste ouvrier (centre-gauche), qui remporte la majorité relative des sièges. José Luis Rodríguez Zapatero (PSO) devient premier ministre, formant un gouvernement minoritaire avec l'appui des partis Gauche républicaine de Catalogne et Gauche unie. Présidentielle L'OSCE dénonce un fort biais des médias publics en faveur du président Poutine. Le président Vladimir Poutine (sans étiquette) est réélu avec 71,9 % des voix face à cinq autres candidats. Présidentielle Le président Chen Shui-bian (Parti démocrate progressiste : social-libéral) est réélu de justesse avec 50,1 % des voix face à Lien Chan (Kuomintang : droite ; soutenu par le parti de centre-droit Qinmindang). Des élections législatives ont lieu en décembre. Référendum À l'initiative du président Chen Shui-bian, les citoyens sont invités à se prononcer (séparément) pour ou contre deux propositions : renforcer les défenses anti-missile de Taïwan si la 'Chine communiste' n'ôte pas ses missiles pointés vers l'île ; et négocier avec la Chine communiste un accord sur les « relations transdétroit ». La Coalition pan-bleue, opposée au président mais majoritaire au Parlement, appelle au boycott du référendum. Les propositions sont approuvées respectivement par 91,8 et 92,1 % des votants, mais ne sont pas adoptées, en raison du faible taux de participation (45,2 et 45,1 %). Législatives Le Front national (droite) conserve la majorité absolue des sièges. Abdullah Ahmad Badawi demeure premier ministre. Il s'agit des premières élections en Malaisie depuis que Mahathir Mohamad a quitté ses fonctions en 2003. Présidentielle La constitution ne permet pas à un président sortant de se représenter. L'Alliance républicaine nationaliste (droite conservatrice et néolibérale) conserve la présidence de la République avec la victoire dès le premier tour d'Antonio Saca, qui obtient 57,7 % des voix. Il devance ses trois adversaires dont Schafik Handal (Front Farabundo Martí de libération nationale : gauche ; 35,7 %). Législatives Alternance. Le Parti progressiste unifié (centre-gauche) remporte la majorité absolue des sièges. Baldwin Spencer devient premier ministre. Ce résultat marque la fin d'une longue période de gouvernement travailliste (centre-gauche), sous le premier ministre Vere Bird (1976-1994) puis sous son fils Lester Bird (1994-2004). Législatives Ces élections font suite à la présidentielle du mois de janvier, et à l'annulation par la Cour suprême des élections législatives truquées de . Le Mouvement national uni (centre-droit), parti du nouveau président Mikheil Saakachvili, remporte la majorité absolue des sièges. Zourab Jvania (MNU) demeure premier ministre. Législatives Ces élections font suite au coup d'État militaire de , par lequel le président Kumba Ialá a été renversé. Henrique Rosa assure la présidence du pays par intérim, pour l'organisation d'élections démocratiques en présence d'observateurs étrangers, notamment des Nations unies. Parlement sans majorité. Le Parti africain pour l'indépendance (gauche) devance le Parti pour le renouveau social (centre-gauche, parti du gouvernement renversé) et obtient la majorité relative. Les deux partis forment finalement un gouvernement de coalition majoritaire. Carlos Gomes Júnior (PAI) devient premier ministre.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Alternance. L'Alliance du peuple uni pour la liberté (UPFA), alliance de partis de gauche, remporte la majorité relative des sièges. Mahinda Rajapaksa (UPFA) devient premier ministre. Référendum Référendum d'initiative populaire, qui invite les citoyens à s'opposer à la nouvelle loi qui restaure les droits des « Effacés » (en) en tant que résidants étrangers légaux. Les « Effacés » sont les personnes non-slovènes présentes légalement sur le territoire de Slovénie en 1992 et qui n'avaient pas fait les démarches pour faire enregistrer leur présence en tant que résidents étrangers. Le gouvernement appelle au boycott du référendum. 96,1 % des votants rejettent la loi adoptée par le gouvernement et le Parlement. Malgré le faible taux de participation (31,5 %), la loi est abrogée. La Cour européenne des droits de l'homme statue en faveur des droits des « Effacés » en 2012. Législatives Parlement sans majorité. Le parti Golkar (pancasila) remporte la majorité relative des sièges. Une élection présidentielle a lieu en juillet. Présidentielle Cette élection se déroule à la suite de la guerre civile achevée en 2002. En Kabylie, la très grande majorité de la population boycotte le scrutin. Abdelaziz Bouteflika (Rassemblement national démocratique : centriste, libéral, musulman-démocrate) est réélu avec 85,0 % des voix, face à cinq autres candidats. Législatives Le parti Congrès national africain (ANC ; centre-gauche) conserve la majorité absolue des sièges. Thabo Mbeki (ANC) est reconduit à la présidence de la République par la nouvelle assemblée. Le Nouveau Parti national (conservateur, héritier du parti dominant de l'ère de l'apartheid mais désormais allié à l'ANC) perd les trois-quarts de ses sièges restants, et se dissout dans l'ANC l'année suivante. Législatives Alternance. Le parti Uri (social-libéral), qui soutient le président Roh Moo-hyun, remporte la majorité absolue des sièges. C'est la première fois qu'un parti à la gauche du centre obtient la majorité absolue au Parlement sud-coréen. Lee Hae-chan (parti Uri) devient premier ministre. 3 et Présidentielle Alternance. Le président sortant Rudolf Schuster (sans étiquette) est éliminé au premier tour, n'ayant obtenu que 7,4 % des voix. Au second tour, Ivan Gašparovič (Mouvement pour la démocratie : droite) est élu avec 59,9 % des voix face à Vladimír Mečiar (Parti populaire - Mouvement pour une Slovaquie démocratique : droite). 18 et Législatives Le Camp des îles autonomes, alliance des partis d'opposition, remporte la majorité absolue des sièges. et Référendums Les citoyens des deux États sont invités à se prononcer pour ou contre le plan Annan pour une réunification de l'île de Chypre. La proposition est approuvée par 64,9 % des votants à Chypre du Nord, mais rejetée par 75,8 % des votants à Chypre, et n'est donc pas adoptée. Le mai, la république de Chypre devient membre de l'Union européenne, malgré le souhait de l'U.E. que c'eût pu être une île réunifiée qui devînt membre. Présidentielle Le président Thomas Klestil (ÖVP) ne se représente pas, étant en désaccord avec le chancelier Wolfgang Schüssel, membre du même parti. Alternance. Heinz Fischer (Parti social-démocrate, SPÖ : centre-gauche) est élu avec 52,4 % des voix face à Benita Ferrero-Waldner (Parti populaire, ÖVP : centre-droit). Législatives La Guinée équatoriale est un régime dictatorial, où l'opposition ne peut pas fonctionner librement. Le Parti démocratique (autoritaire, parti du pouvoir personnel du président Teodoro Obiang), conserve la majorité absolue des sièges. La quasi-totalité des autres reviennent à ses alliés ; le parti Convergence pour la démocratie sociale (centre-gauche), seul parti d'opposition à participer au scrutin, n'obtient que deux sièges sur cent. Miguel Abia Biteo (parti démocratique) est nommé premier ministre. 14 et Présidentielle L'élection fait suite à la mort du président Boris Trajkovski (VMRO-DPMNE) dans un accident d'avion. Alternance. Le premier ministre sortant Branko Crvenkovski (Union sociale-démocrate : centre-gauche) est élu au second tour avec 62,6 % des voix face à Saško Kedev (VMRO-DPMNE : droite).

Mai