Le gouvernement Conte () est le gouvernement de la République italienne du au , durant la du Parlement.

Historique Coalition Dirigé par le nouveau président du Conseil des ministres indépendant Giuseppe Conte, ce gouvernement est constitué et soutenu par une alliance politique inédite, dite ou , et ou « governo del cambiamento » (gouvernement du changement selon le programme commun adopté par les deux partis.), entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue (Lega). Ensemble, ils disposent de sur 630, soit 56 % des sièges de la Chambre des députés, et sur 320, soit 53 % des sièges du Sénat de la République.

Il est formé à la suite des élections générales du et succède au gouvernement du président du Conseil Paolo Gentiloni, constitué et soutenu par une coalition entre le Parti démocrate (PD), l'Alternative populaire (AP) et les Centristes pour l'Europe (CpE).

Formation Le mandataire présidentiel Giuseppe Conte présente sa liste de ministres le au président de la République, Sergio Mattarella.. Le cabinet est investi le lendemain, après une crise politique de , ce qui en fait la plus longue de la République italienne...

Il compte , dont cinq femmes et six personnalités indépendantes. Deux nouveaux postes sans portefeuille sont créés, pour la Famille et pour les Affaires européennes, tandis que celui pour le Sport est supprimé. Pour le ministre chargé du développement des régions méridionales du pays, le terme de est préféré à . Il s'agit de la première équipe depuis à compter deux vice-présidents du Conseil. L'un d'eux assume d'ailleurs la direction de deux ministères, celui du Développement économique et celui du Travail. Riccardo Fraccaro devient le tout premier ministre de la démocratie directeItaly gets the world’s first minister for direct democracy .

D’après le journaliste Matteo Pucciarelli, « le M5S prend la direction des ministères dotés d’un fort poids socio-économique, tandis que la Ligue obtient ceux qui revêtent une dimension symbolique et identitaire. [...] Mais la formation du gouvernement est, depuis le début, soumise à la surveillance de l’« État profond » italien : la présidence de la République (M. Sergio Mattarella), la Banque d’Italie, la Bourse et, surtout, la Banque centrale européenne. Celui-ci veille à ce que les ministères qui comptent vraiment en matière d’économie (les finances et les affaires européennes) échappent aux deux partis. » Aussi, le président Sergio Mattarella emploie son droit de véto pour empêcher la nomination de ministres jugés défavorables aux orientations de l’Union européenne (c'est notamment le cas de Paolo Savona, initialement nommé au ministère de l’Économie et finalement remplacé par Giovanni Tria).

Votes de confiance Le , après un discours de Giuseppe Conte devant le Sénat d'une durée de , le plus long de l'histoire parlementaire italienne, le gouvernement obtient la confiance par 171 votes pour, 117 contre et 25 abstentions. Le résultat final confirme les prévisions antérieures au vote : les 167 élus des deux partis de l'alliance (respectivement 109 M5S et 58 Ligue) ont voté pour, ainsi que deux ex-M5S (Maurizio Buccarella et Carlo Martelli) et deux élus de l'étranger, ceux du MAIE et de l'USEI (Ricardo Merlo et Adriano Cario). Le , le gouvernement remporte le vote de confiance à la Chambre des députés avec 350 voix pour, 236 contre et 35 abstentions.

Principales mesures Le , Giuseppe Conte annonce que l'Italie ne modifiera pas son projet de budget pour 2019 malgré le non-respect des critères européens en matière de réduction de la dette publique mis en avant par la Commission européenne (elle réclame au pays quatre milliards d’euros d’économies en plus de 7,5 milliards déjà consentis). En , l'ouverture d'une procédure de sanction à l'égard de l'Italie est alors justifiée par l'Union européenne pour ces manquements. Le déficit prévu pour l'année 2019 (2,4 %) s'inscrit cependant dans la continuité des années précédentes (2, 5 % en 2016 et 2,3 % en 2017).

Finalement, le gouvernement italien accepte de reporter de six mois la mise en place du revenu universel, proposé par le M5S, et l’abaissement de l’âge légal de départ à la retraite, défendu par la Ligue. La loi de finances pour 2019 prévoit ainsi un déficit public de 2,0 % du PIB (contre 2,4 % initialement) et une croissance ramenée à 1 % (contre 1,5 % auparavant). Le , les députés italiens approuvent ce nouveau budget 2019, revu à la baisse. Le gouvernement promet des privatisations massives à la Commission européenne. Les actifs cessibles devraient être essentiellement immobiliers, les gouvernements précédents ayant déjà privatisé la plupart des entreprises publiques.

Une amnistie fiscale, mesure défendue par la Ligue, est adoptée afin d'éponger les contentieux dans la limite de 500 000 euros. Une baisse de la fiscalité pour le petit patronat et les travailleurs indépendants est également décidée. Elle devrait par la suite concerner l’ensemble de l’impôt sur les sociétés, selon un mécanisme de flat tax (système d’imposition à taux unique) tout en avantageant principalement les revenus les plus élevés.

Le , Conte déclare que le gouvernement au sujet de la poursuite des travaux sur la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, contestée par le M5S mais défendue par la Ligue.

Démission et succession

Le , alors que des dissensions commencent à apparaître entre les deux partenaires, Conte menace de démissionner si ces derniers persistent.. Après que le M5S et la Ligue ont voté différemment au Sénat concernant le soutien au projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin, Matteo Salvini annonce publiquement le la fin de la coalition et demande la tenue d'élections législatives anticipées. Giuseppe Conte dénonce ce propos et appelle son vice-président à rendre des comptes devant le Parlement, ce à quoi la Ligue réplique en déposant une motion de censure.. Cette dernière est retirée onze jours plus tard sur la demande de Salvini après l'annonce de la démission du gouvernement lors de la séance au Sénat.

Le , neuf jours après la démission de Giuseppe Conte, le président de la République Sergio Mattarella confie à Conte le mandat de constituer un nouvel exécutif. Il prend cette décision à la suite de l'accord de principe entre le M5S et le PD pour former une nouvelle majorité.. Il présente son équipe le .

Composition Ministres Fonction Titulaire Parti Président du Conseil des ministres Giuseppe Conte Sans Vice-président du Conseil des ministresMinistre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales Luigi Di Maio M5S Vice-président du Conseil des ministresMinistre de l'Intérieur Matteo Salvini Lega Secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministresSecrétaire du Conseil des ministres Giancarlo Giorgetti Lega Ministres sans portefeuille Ministre pour les Relations avec le Parlement et la Démocratie directe Riccardo Fraccaro M5S Ministre pour l'Administration publique Giulia Bongiorno Lega Ministre pour les Affaires régionales et les Autonomies Erika Stefani Lega Ministre pour le Sud Barbara Lezzi M5S Ministre pour la Famille et le Handicap Lorenzo Fontana (jusqu'au 10/07/2019)Alessandra Locatelli Lega Ministre pour les Affaires européennes Paolo Savona (jusqu'au 08/03/2019) Sans Lorenzo Fontana (à partir du 10/07/2019) Lega Ministres Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Enzo Moavero Milanesi Sans Ministre de la Justice Alfonso Bonafede M5S Ministre de la Défense Elisabetta Trenta M5S Ministre de l'Économie et des Finances Giovanni Tria Sans Ministre des Politiques agricoles, alimentaires et forestièresMinistre des Politiques agricoles, alimentaires et forestières et du Tourisme (13/07/2018) Gian Marco Centinaio Lega Ministre de l'Environnement, de la Protection du territoire et de la Mer Sergio Costa Sans Ministre des Infrastructures et des Transports Danilo Toninelli M5S Ministre des Biens et des Activités culturels et du TourismeMinistre pour les Biens et les Activités culturels (13/07/2018) Alberto Bonisoli M5S Ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Marco Bussetti Sans Ministre de la Santé Giulia Grillo M5S

Vice-ministres et secrétaires d'État

Le sont nommés les 6 vice-ministres et 39 secrétaires d'Etat qui prêtent serment le lendemain : ( vaut pour député et pour sénateur)

À la présidence du Conseil des ministres : Luciano Barra Caracciolo (aux Politiques européennes) On. Stefano Buffagni (Affaires régionales) On. Giuseppina Castiello (Cohésion) Sen. Vito Claudio Crimi (Editions) On. Mattia Fantinati (Administration publique) On. Guido Guidesi (Relations avec le Parlement) Sen. Vincenzo Santangelo (Relations avec le Parlement) On. Vincenzo Spadafora (Égalité des chances et jeunesse) On. Simone Valente (Relations avec le Parlement) Vincenzo Zoccano (Famille)

Pour les Affaires étrangères et la Coopération internationale : Emanuela Del Re On. Manlio Di Stefano Sen. Ricardo Antonio Merlo On. Guglielmo Picchi

Pour l'Intérieur : Sen. Stefano Candiani Luigi Gaetti On. Nicola Molteni On. Carlo Sibilia

Pour la Justice On. Vittorio Ferraresi On. Jacopo Morrine

Pour la Défense On. Angelo Tofalo On. Raffaele Volpi

Pour l'Économie et les Finances On. Massimo Bitonci On. Laura Castelli On. Massimo Garavaglia On. Alessio Villarosa

Pour le Développement économique Sen. Andrea Cioffi On. Davide Crippa On. Dario Galli Prof. Michele Geraci

Pour les politiques agricoles, alimentaires et forestières : On. Franco Manzato Antonella Pesce

Pour l'Environnement, la Protection du territoire et la Mer : On. Vannia Gava On. Salvatore Micillo

Pour les Infrastructures et les Transports : Michele Dell'Orco On. Edoardo Rixi Sen. Armando Siri

Pour le Travail et les Politiques sociales : On. Claudio Cominardi On. Claudio Durigon

Pour l'Éducation, l'Université et la Recherche : Prof. On. Lorenzo Fioramonti Prof. Salvatore Giuliano

Pour les Biens et Activités culturels et le Tourisme : Sen. Lucia Borgonzoni On. Gianluca Vacca

Pour la Santé : Prof. Armando Bartolazzi On. Maurizio Fugatti

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Élections générales italiennes de 2018 Sergio Mattarella Giuseppe Conte

Liens externes Site Internet du gouvernement italien

Conte Catégorie:2018 en Italie Catégorie:XVIIIe législature de la République italienne