Chlorophyllum molybdites, la Lépiote de Morgan, fausse coulemelle, coulemelle à spores vertes ou Lépiote à lames vertes est un champignon basidiomycète saprophyte de l'ordre des agaricales assez commun localement hors d'Europe, notamment en région tropicale. Sa consommation provoque de sévères syndromes gastro-intestinaux . Il s'agit du champignon vénéneux le plus couramment consommé en Amérique du Nord et du principal responsable d'intoxication chez les Européens d'Outremer ou vivant en région tropicale. Cela semble dû à son aspect charnu et engageant, à sa présence commune à proximité des habitations, et surtout à sa ressemblance avec certains champignons réputés bons comestibles comme la coulemelle (lépiote élevée), la lépiote déguenillée (coulemelle rougissante) ou le coprin chevelu . Il est cependant facile de l'identifier à ses lames vertes à maturité, à condition d'avoir des exemplaires âgés de 2 ou 3 jours, temps nécessaire à la maturation des spores vertes.

Description La lépiote de Morgan est un champignon de belle stature dont le chapeau, de 3 à 15 (et jusqu'à 40) cm de diamètre, d'abord hémisphérique puis convexe, aplati au sommet ou à mamelon calotté, à la fin s'étalant, de couleur blanchâtre dans la jeunesse où il est encore recouvert de la quasi-totalité du voile général apprimé, plus tard rompu en grosses écailles brunâtre sombre sur fond beige, qui lui donnent cet aspect plus ou moins velouté.

Les lames libres et serrées sont longtemps d'un blanc crème, parfois avec un reflet plus ou moins grisâtre, et peuvent le rester plusieurs jours (d'où le danger de confusion avec la coulemelle), ne devenant olivâtre puis vert sombre qu'à la maturité avant de passer à vert-de-gris puis de pâlir en vieillissant. Cette couleur est due à sa sporée verte caractéristique, à l'origine du nom de genre Chloro (=vert) + phyllum (=lames), créé à l'origine pour cette seule espèce Marcel Bon, (1993) – Les Lépiotes. Documents mycologiques, Mémoires hors-série 3, 153 p., page 126.

Son pied, long et solide de 5 à 22 (et jusqu'à 25) cm de hauteur, sur 0,5 à 2 cm d'épaisseur, se termine en bulbe brutal de 1 à 3 cm de projection. Il est muni d'un anneau concolore, complexe (blanc à la face supérieure, brunâtre sur la face inférieure), mobile et coulissant. Sa surface est presque glabre et ne montre pas de chinures particulières, contrairement au pied de la coulemelle (lépiote élevée) qui présente généralement un motif en "peau de serpent".

Enfin, sa chair est blanche à plus ou moins rougeâtre. Saveur douce. Odeur imperceptible.

Distribution et habitat Chlorophyllum molybdites pousse en troupes ou en ronds de sorcière, hors d'Europe dans toute la zone tempérée, tropicale et subtropicale, surtout dans les parcs et jardins de l'est de l'Amérique du Nord et de Californie, sur les pelouses en Guyane Courtecuisse, R., G. J. Samuels, M. Hoff, A. Y. Rossman, G. Cremers, S. M. Huhndorf and S. L. Stephenson (1996), Check-list of fungi from French Guiana. Mycotaxon 57, 1-85 , Antilles, Amérique, Océanie, AfriqueHeinemann, P. (1968), Le genre Chlorophyllum Mass. (Leucocoprineae). Aperçu systématique et description des espèces congolaises. Bull. Jard. Bot. Belg. 38, 195-206., Asie, etc.), rarement en Europe et uniquement en serre en jardins botaniques ou en pots de fleurs dans de nombreuses régions tempéréesWatling, R. (1991), A striking addition to the British mycoflora. Mycologist5, 23. Les carpophores apparaissent généralement après l'été et les pluies d'automne ou la mousson de juin au Japon. Sa répartition semble s'être étendue à d'autres pays, comme l’Écosse, l'Australie ou ChypreLoizides M, Kyriakou T, Tziakouris A. (2011). Edible & Toxic Fungi of Cyprus (in Greek and English). Published by the authors. pp. 132–33. ., et même au Japon où il n'apparait que certaines années (hypothèse de spores amenées par les typhons depuis les Philippines)Yokoyama, K., 1995: Invasion of Chlorophyllum molybdites, a tropical mushroom into Kyoto-Osaka-Kobe Metropolitan Area, Kinki District, Japan. Natural Science Research, 8, 13–21. (in Japanese with English summary).

Toxicité La toxicité est variable ou inconstante. Les symptômes sont principalement de nature gastro-intestinale Amazonas, M. A. L. de A., A. A. R. de Meijer, R. M. Curial and G. B. G. Rubio (2001), Envenenamento por Chlorophyllum molybdites no Paraná. In: Congresso Brasileiro de Micologia, 3., 2001, Águas de Lindóia. Anais. São Paulo: Sociedade Brasileiro de Micologia, 2001. p. 49, débutent 1 à 3 heures après l'ingestion: nausées, irritation du tractus digestif, suivie d'une phase de violents vomissements, parfois sanglants, et diarrhées souvent sanglantes, accompagnées de douleurs abdominales de type colique Levitan, D., J. I. Macy and J. Weissman (1981), Mechanism of gastrointestinal hemorrhage in a case of mushroom poisoning by Chlorophyllum molybdites. Toxicon 19, 179-180. . Bien que ces intoxications puissent être gravesLehman, P. F. & Khazan, U. (1992), Mushroom poisoning by Chlorophyllum molybdites in the midwest United States. Mycopathologia 118: 3-13., notamment à cause de la déshydratation et d'un possible choc hypovolémique The Green-Spore Poison Parasol Mushroom, Chlorophyllum molybdites by Lisbeth Espinoza and Matthew E. Smith (2016), aucune n'a causé de décès à ce jour .

Dans son livre Common Florida Mushrooms (p. 325), le professeur James W. Kimbrough en dit ceci : « la lépiote de Morgan à spores vertes, est responsable du plus grand nombre de cas d'intoxication par les champignons en Amérique du Nord et en Floride. Cela est probablement dû au fait qu'il est facilement confondu avec des espèces comestibles réputées telles que Macrolepiota procera et L. rhacodes, et que c'est l'un des champignons les plus communs trouvés sur les pelouses et les pâturages à travers le pays, à l'exception du nord-ouest du Pacifique. Lorsqu'il est consommé cru, C. molybdites produit quelques heures après ingestion, des symptômes graves, y compris des selles sanglantes. Lorsqu'ils sont bien cuits, ou passés à l'eau bouillante et égouttés avant la cuisson, ils sont consommés impunément et appréciés. Eilers et Nelson (1974) ont isolé une protéine thermolabile de haut poids moléculaire qui provoque des effets néfastes si administrée par injection intrapéritonéale aux animaux de laboratoire. »

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Références

Références taxinomiques

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Catégorie:Agaricaceae Catégorie:Champignon toxique Catégorie:Espèce de champignons (nom scientifique)