Le bunker d’Anielewicz est un abri souterrain, aujourd’hui détruit, qui se trouvait à l’intersection des rues Miła (l'adresse d’avant-guerre : 18 rue Miła) et Dubois dans le quartier de Muranów à Varsovie. À la fin du soulèvement du ghetto de Varsovie les combattants de l'Organisation juive de combat (OJC) et leur commandant Mordechaj Anielewicz s'y sont cachés et y sont morts.
En 1946, un monticule de terre, appelé le monticule d’Anielewicz a été édifié, à l'emplacement du bunker.
Historique vignette|Reconstitution du bunker de l’OJC, au 18 de la rue Miła. Durant le soulèvement, l'état-major d’OJC se trouve au 29 de la rue Miła. Après sa découverte, il est déplacé dans une casemate au 18 de la même rueJ. Leociak, Spojrzenia na warszawskie getto. Ulica Miła, Dom Spotkań z Historią, Warszawa 2011, p 26.. Ce grand bunker, construit dans le sous-sol du bâtiment détruit en septembre 1939, est approvisionné en eau et en électricité et a servi à stocker de la nourriture et de l’armement. Au début, il appartenait à la pègre juive sous le commandement de Szmul Aszer.
Le bunker est divisé en deux parties par un étroit corridor. Des chambres, appelées par les insurgés: Treblinka, Trawniki, Poniatów, Piaski, GettoBernard Mark: Walka i zagłada warszawskiego getta. Warszawa: Wydawnictwo Ministerstwa Obrony Narodowej, 1959, p. 388. sont réparties de part et d'autre. Le bunker possède six entrées.
Le , le bunker qui abrite 300 personnes, est cerné par les Nazis et des troupes de collaborateurs ukrainiens. Une partie des occupants (surtout des civils) décident de se rendre et quittent le bunker. Dans un combat inégal, les soldats de l’OJC tentent de repousser l'ennemi, jusqu'à ce que les Nazis commencent à les gazer. Selon le témoignage de Tosia Altman, un des rares survivants parvenu à s'échapper par la seule entrée non découverte par les Allemands, les combattants juifs, encouragés par Arie Wilner ont préféré se suicider collectivement plutôt que de se rendre. L’un des insurgés, Lutek Rotblat, tire d’abord sur sa mère avant de se donner la mort.
vignette|Pierre commémorative au sommet du monticule d’Anielewicz accompagné de pierres posées par les visiteurs d’Israël. Environ 120 insurgés, parmi lesquels le commandant de l'OJC Mordechaj Anielewicz et sa compagne Mira Fuchrer sont morts. Il y a une quinzaine de survivants, parmi eux : Michał Rozenfeld, Tosia Altman, Jehuda Węgrower, Pnina Zalcman et Menachem Bigelman, mais beaucoup décèdent dans les jours suivants des suites de leurs blessures ou de l'intoxication due au gaz alors qu'ils se sont réfugiés dans la zone « aryenne »Bernard Mark: Walka i zagłada warszawskiego getta. Warszawa: Wydawnictwo Ministerstwa Obrony Narodowej, 1959, p. 391..
En raison de la similitude entre les événements de et ceux de l'an 73 ou 74 dans l'ancienne forteresse juive Massada, assiégée par les Romains, le bunker de la rue Miła est appelé la « Massada de Varsovie »Elżbieta Chlebowska, Hanna Szmalenberg: Miła 18 – warszawska Masada. W: „Gazeta Wyborcza” [on-line]. wyborcza.pl, 07.05.2008. Aucune opération d’exhumation n'ayant été entreprise depuis 1945, le bunker détruit est devenu, depuis, une tombe collective.
Commémoration En 1946, à l’initiative du Comité central des Juifs polonaisDzielnica Śródmieście Urzędu m.st. Warszawy: Kopiec Anielewicza. Karta ewidencji obiektu upamiętniającego. srodmiescie.art.pl., un monticule (appelé le monticule d’Anielewicz) a été édifié utilisant des débris des bâtiments voisins. Au sommet du monticule une pierre commémorative avec les inscriptions en polonais, hébreu et yiddish a été posée :
vignette|Obélisque avec les noms des 51 combattants juifs. vignette|Motif d'arbres tombés, sur le devant de l’obélisque. vignette|Les présidents de Pologne et d’Israël, Lech Kaczyński et Shimon Peres, rendent hommage aux insurgés juifs, morts dans le bunker (2008).
En 2006, le jardin, autour du monticule et à droite de l'entrée, a été aménagé. Un petit obélisque pyramidal, conçu par Hanna Szmalenberg et construit par le sculpteur, Marek Moderauy a été placé. Sur le monument, on peut y lire une inscription en polonais, anglais et yiddish rédigée par Piotr Matywiecki :
Sur la façade de l’obélisque, sont gravés les noms des 51 combattants juifs dont l’identité est connue. On a aussi répété le motif de la forêt d’arbres à terre, du monument de l’Umschlagplatz.
En 2008, à la demande de la Fondation pour la Protection du Patrimoine Juif, le monticule a été enregistré comme monument historiqueWykaz obiektów nieruchomych wpisanych do rejestru zabytków - Warszawa, nid.pl..
Aujourd’hui, au 18 de la rue Miła se trouve un immeuble collectif, situé à 700 mètres à l’ouest dans le quartier de Wola.
Combattants morts dans le bunker de la rue Miła
Le 18 de la rue Miła dans la littérature Mila 18 est le titre du roman de Leon Uris, écrit en 1961, sur le ghetto de Varsovie.
Références
Sources
Catégorie:Histoire des Juifs en Pologne Catégorie:Mémoire de la Shoah Catégorie:Ghetto de Varsovie Catégorie:Monument à Varsovie Catégorie:Casemate