L'Hymne de Cædmon est un court poème allitératif en vieil anglais. Il s'agit d'une louange de Dieu le Créateur longue de neuf vers. Il est attribué à Cædmon, un serviteur illettré de l'abbaye de Whitby qui serait devenu un poète prolifique après avoir reçu l'inspiration divine. Cædmon ayant vécu dans la deuxième moitié du selon Bède le Vénérable, cela fait de son Hymne l'un des plus anciens poèmes anglais connus.

Histoire textuelle

LHymne n'est attesté que dans des manuscrits de lHistoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, qui inclut le texte du poème dans son récit de la vie de Cædmon. Contrairement à la majorité des poèmes anglo-saxons, qui ne sont connus que par l'entremise d'une unique copie, lHymne apparaît dans vingt-et-une copies de l'œuvre de Bède, dont trois détruites ou gravement endommagées. Sa transmission est particulièrement complexe : il existe cinq variantes du texte en deux dialectes différents, northumbrien et saxon occidental.

Chacune de ces cinq variantes est connue par au moins trois manuscrits différents. La même expression apparaît ainsi sous les formes (northumbrien), (saxon), (northumbrien), (saxon) et (saxon), les deux premières signifiant « enfants des hommes » et les trois dernières « enfants de la Terre ». Les plus anciennes versions connues du poème, qui figurent dans le Bède de Moore, (Bibliothèque de l'université de Cambridge Kk. 5. 16) et le Bède de Saint-Pétersbourg (Bibliothèque nationale russe, lat. Q. v. I. 18), deux manuscrits du milieu du , présentent la forme northumbrienne . Cela n'implique pas pour autant qu'il s'agissait de la forme originale du poème. Une version datant du premier tiers du , soit plus ancienne que toutes les autres à l'exception de celles figurant dans les manuscrits de Moore et de Saint-Pétersbourg, est retrouvée en 2026 dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale centrale de Rome. Écrite en dialecte ouest-saxon, elle présente la forme .

Le texte

Texte northumbrien Texte saxon-occidental Texte latin de Bède Traduction du texte latin de Bède Nu scylun hergan hefaenricaes uard, metudæs maecti, end his modgidanc, uerc uuldurfadur—sue he uundra gihuaes, eci dryctin, or astelidæ! He aerist scop aelda barnum heben til hrofe, haleg sceppend; tha middungeard, moncynnæs uard, eci dryctin, æfter tiadæ firum foldu, frea allmectig. Nu sculon herigean heofonrices ƿeard, meotodes meahte, ond his modgeþanc, ƿeorc ƿuldorfæder—sƿa he ƿundra gehƿæs, ece drihten, or onstealde! He ærest sceop eorðan bearnum heofon to hrofe, halig scyppend; þa middangeard, moncynnes ƿeard, ece drihten, æfter teode firum foldan, frea ælmihtig. Nunc laudare debemus auctorem regni caelestis, potentiam creatoris, et consilium illius facta Patris gloriae: quomodo ille, cum sit aeternus Deus, omnium miraculorum auctor exstitit; qui primo filiis hominum caelum pro culmine tecti dehinc terram custos humani generis omnipotens creavit. Maintenant nous devons louer le Créateur du royaume céleste, la puissance du créateur et son conseil, les actes du Père de gloireIl est également possible que « l'œuvre » soit le sujet de la première phrase, ce qui donnerait la traduction suivante : « Maintenant l'œuvre du Père de gloire doit louer le Créateur du royaume céleste, la puissance du créateur et son conseil. ». Cf. , et .. Comment Lui, le Dieu éternel, devint-Il l'auteur de tous ces miracles : d'abord, pour les enfants des hommesOu « les enfants de la Terre » dans les recensions eorðan, eorðe et eordu., Il disposa le ciel pour couvrir d'un toit leur maison ; après quoi, le tout-puissant Protecteur du genre humain créa la terre.

Références

Bibliographie

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Liens externes

Enregistrement audio d'un extrait de l'Hymne de Cædmon, LibriVox, Internet Archive.

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