vignette|Dédicace de Roger Couderc. Roger Couderc est un journaliste sportif français, spécialiste du rugby, né le à Souillac (Lot) et mort le à Bron.
Ses commentaires enthousiastes, à la télévision et à la radio, ont grandement contribué à élargir la popularité du rugby en France. Les joueurs de l’équipe de France le surnommaient « le seizième homme du XV de France »..
Biographie Jeunesse
Il naît à Souillac, où son père, Pierre Couderc, tient l’hôtel de la Gare« Hôtel café Couderc » ou « hôtel de la Gare » comme on peut le lire sur une photographie ancienne. Aujourd'hui, hôtel Belle Vue. « Roger Couderc, enfant de Souillac (46) », sur riviereesperance.canalblog.com, 23 mars 2010. — En 1946, Pierre Couderc achètera le Grand Hôtel, toujours à Souillac. « Le Grand Hôtel cultive le souvenir de Roger Couderc », sur hotellerie-restauration.fr, L'Hôtellerie, , 30 décembre 1999., puis, à partir de 1932, le Grand HôtelRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.86. Il entre au lycée Gambetta de Cahors en 1932, puis est interne au lycée Ingres de MontaubanRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.94. Il est formé au rugby à « La Quercynoise », association sportive du lycée Gambetta de Cahors.
Son père souhaite qu'il devienne cuisinier, mais, se sentant une vocation d'artiste, Roger préfère, à seize ans et demi, monter à ParisRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.97. Il y étudie à l'école nationale supérieure des beaux-arts où il ne reste que quelques moisRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.98, préférant vivre la vie de bohème parisienneRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.100. À dix-neuf ans, au début de l'année 1938, ayant du mal à subvenir à ses besoins, il entre à l’agence de presse FournierRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.101 qui l'envoie notamment faire un reportage sur l'exécution d'Eugène Weidmann à Versailles le 17 juin 1939Roger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.102.
En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé et rejoint le d’artillerie coloniale à Agen où il côtoie Charles Boyer, mobilisé comme luiRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.105. Il est ensuite envoyé au camp de Ger, puis au camp de Souge. Fait prisonnier près de Laval, il est envoyé en Allemagne, au à NurembergRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.106 où, obligé de travailler, ses conditions de vie sont très difficilesRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.107 : "L'hiver fut terrible. il faisait régulièrement -20° et nous n'avions pas de souliers - ou si peu ! - nous nous enveloppions les pieds avec de vieux chiffons (...) Les gens regardaient passer notre colonne de bagnards faméliques et en guenilles.". Il est ensuite envoyé travailler à l'usine Neumeyer où il organise des parties de rugby et improvise des pièces de théâtreRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.108. Blessé au genou dans un bombardement de l'usine en 1942Roger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.109, il est autorisé en mars 1943 à rentrer en FranceRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.110. Il est désormais de santé fragilePierre Albaladejo, Les Clameurs du rugby : ce jeu qui interdit le je, Solar, 2007, 211..
De retour à Souillac, il rencontre en 1943 Fernande Gilard, dite « Noune », une jeune fille de Mauvezin, dans le GersJean-Louis Le Breton, « Le plus populaire des commentateurs sportifs », sur lecanardgascon.com, Le Canard gascon, , mars 2013, 9., dont le père est industriel dans la confectionRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.111. Il l'épouse en 1944 et part vivre à Mauvezin où il entre dans un réseau de Résistance localeRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.112 et intègre l'équipe de rugby de la Renaissance Sportive Mauzevinoise (R.S.M.) où il joue trois-quart aileRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.113. Le couple a deux enfants, Christine (née en 1944) et Laurent (né en 1945)Almanach de la Télévision de Télé 7 Jours, année 1963, lesquels lui donneront quatre petits-enfants : Frédéric, Olivier, Sébastien et JulieRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983.
En 1944, souhaitant redevenir journaliste, il retourne à Paris, laissant sa femme et sa fille à Mauvezin et fait la connaissance de François Mitterrand, directeur de Libre, journal du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés pour lequel il est embauchéRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.123 et chargé des articles sur la guerre finissanteRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.124. Ils déjeunent parfois ensemble au Café du Croissant. Devenu président de la République française, celui-ci lui remettra en personne à l'Élysée, le 21 septembre 1982, en présence de quatre ministres, les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur lui disant : « Vous avez inventé un métier ». Cette remise se fait en présence de sa famille, dont notamment son père âgé de 94 ansTélé 7 Jours , semaine du 2 au 8 octobre 1982, page 130 : "le jour de gloire de Roger Couderc". La même année, il est engagé à la Radiodiffusion nationale, étant chargé de la chronique consacrée aux prisonniers de guerre, auxquels il s'adresse directementRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.125. Il écrit également des articles pour V MagazineRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.126. Il entre aussi au Cours Simon, mais n'y reste que quelques semaines, le quittant après avoir complètement raté une scène de Britannicus sous le regard agacé de René SimonRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.128. Il s'essaie également à l'écriture de textes de chansons qu'ils présentent à Édith Piaf puis à André Claveau qui les refusent avant qu'ils ne soient acceptés par Armand Mestral qui les chante dans son disque Prière au SoleilRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.129.
En 1947, sa santé ayant été fragilisée par ses années de captivité et son travail intensif d'après-guerre, il tombe gravement malade ; souffrant d'une pleurésie double et d'une péritonite, il tombe dans le coma. Les médecins annoncent à sa famille qu'il va mourir et un prêtre lui administre l'extrême-onction. Mais son père, refusant l'issue fatale, contacte le professeur Mollaret qui le sauve grâce à la streptomycine dont il est le premier ou l'un des premiers bénéficiaires en FranceRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.130 : "Le professeur Mollaret entreprit un traitement de choc. Je fus ainsi le tout premier malade soigné à la streptomycine. Je servis de cobaye.".
Après sa convalescence, il retourne avec sa femme et ses deux enfants à Mauvezin, son beau-père lui offre alors la possibilité de tenir un magasin de confection à Toulouse, ville où il se passionne pour les matches du Stade toulousain auxquels il assiste régulièrementRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.131. Mais n'aimant pas le métier de commerçant pour lequel il ne se sent aucun aptitude, il décide, après la mort de sa mère en 1949, de remonter à Paris et de retenter sa chance.
Roger Couderc a aussi travaillé au Courrier de la Nièvre, à La Dépêche du Midi, au Midi olympique et à L'Auto-Journal. Il réalise une exclusivité en étant le premier à interviewer Marcel Ravidat, l'un des découvreurs de la grotte de Lascaux.
Journaliste et animateur de radio-télévision
En 1950, grâce à son expérience passée, il est embauché au service des sports, dirigé par Georges Briquet, de la RTF et est chargé du Rugby à XIII, tandis que Loys Van Lee suit le Rugby à XVRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, pp.135-136.
Il couvre aussi les courses automobiles et est très choqué par l'accident des 24 Heures du Mans 1955, où il avait été envoyé comme radio reporter, et estime que la course aurait dû être arrêtéeRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.147.
En 1952, il entre dans l'équipe de Jacques Antoine et anime sur Radio Luxembourg l'émission hebdomadaire Monsieur B court toujours, puis Au pied du mur et Vous êtes formidables sur Europe numéro 1Roger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, pp.153-155.
En 1956, il entre à la télévision pour y animer avec Pierre Bellemare le jeu télévisé La Tête et les JambesRoger Couderc, Adieu, les petits !, Solar, 1983, p.159. Puis en 1958-59, il y commente « les deux rugby », le catch, le tennis. À partir de 1961, il participe, aux côtés de Thierry Roland et Robert Chapatte, à l'émission sportive Les Coulisses de l'exploit. Il fait partie de l'équipe de « Sports Dimanche » où il guide les débuts de Michel Drucker. En 1962, il fait aussi partie de l'équipe d'animateurs du jeu télévisé IntervillesIntervilles, sur toutelatele.com., tout en devenant le spécialiste incontesté du rugby à XV, faisant connaître le tournoi des Cinq nations jusqu'au nord de la Loire. À partir de 1963, il anime « Le Temps des loisirs ». C’est dans le cadre de cette émission qu’il mène une interview de Brigitte Bardot sur le tournage dUne ravissante idiote. En 1965, il écrit un roman policier, Le Nez de Siméon.
Catch
Durant les années 1960, le vendredi soir, il commente les grandes soirées de catch télévisées, en direct de l'Élysée-Montmartre et de la salle Wagram. C'est l'époque de célèbres lutteurs comme L'Ange Blanc ou Le Bourreau de Béthune« L'Ange Blanc vs Le Bourreau de Béthune », sur boomer-cafe.net.. . « Techniquement, écrit le catcheur lorientais Jean Corne, il ne connaît rien au catch. Il fait oublier cette carence par une façon toute méridionale. Son truc, c'est la partialité […] Et lorsque Couderc prend fait et cause pour les bons contre les méchants, on y croitCité par « Roger Couderc », sur catchclubcognacais.wifeo.com. Jean Corne a publié La Vérité sur le catch, France-Empire, 1974.. » Le , il met lui-même la main à la pâte en se bagarrant avec un spectateur agressif« Roger Couderc se bat contre un spectateur agressif », sur ina.fr..
Rugby
C'est le rugby à XV qui lui vaut sa plus grande popularité. , il n'a pas son pareil pour , pour Sa ferveur, sa bonne humeur, son chaleureux accent occitan, ses commentaires bouillonnants, parfois chauvins mais toujours bon enfant, contribuent fortement à faire aimer le rugby dans son pays. Infatigable supporter de l'équipe de France, il encourage plus qu'il ne commente, au point d'être surnommé par les joueurs le « seizième homme du XV de France« Roger Couderc, le homme », sur lequipe.fr, 7 mars 2014. ». Son vibrant — lancé à des géants de plus de — devient vite célèbre. Parmi les joueurs qu’il interviewe, se trouve celui qui deviendra bien plus tard son complice à l’antenne, Pierre Albaladejo : Le journaliste et réalisateur Christophe Duchiron voit en Roger Couderc L’intéressé reconnaît : Pour Albaladejo,
Mai 68