Nadia María Calviño Santamaría (), née le à La Corogne, est une femme politique espagnole.
Diplômée en droit de l'université complutense de Madrid, elle y enseigne entre et . Elle intègre ensuite l'administration du ministère de l'Économie et des Finances, ayant réussi le concours d'économiste de l'État. Elle se spécialise dans la lutte contre les monopoles.
En 2004, Pedro Solbes la nomme directrice générale de la Concurrence. Elle travaille sur le livre blanc du système financier puis sur l'offre publique d'achat de Gas Natural sur Endesa.
Elle rejoint, deux ans plus tard, les services de la Commission européenne, aux côtés de Neelie Kroes. Elle est alors la plus jeune directrice générale adjointe de l'institution. Elle passe sous l'autorité de Michel Barnier en et travaille sur le projet d'Union bancaire. Elle y devient, en , directrice générale du Budget, où elle établit le cadre financier du budget -. Elle est la fonctionnaire espagnole exerçant les plus hautes responsabilités au sein de l'institution.
En , elle est nommée ministre de l'Économie par Pedro Sánchez, qui la reconduit dans son second gouvernement, en , avec le titre de vice-présidente du gouvernement, puis dans son troisième gouvernement en . Elle devient présidente de la Banque européenne d'investissement le .
Jeunesse et famille Nadia María Calviño Santamaría. naît à La Corogne le ..
Elle est la fille de José María Calviño, avocat né à Pontevedra en . La famille déménage peu après sa naissance à Madrid, où son père a été recruté par la Radiotelevisión Española (RTVE).. Il est désigné au conseil d'administration en , puis directeur général deux ans plus tard, sur décision du vice-président du gouvernement Alfonso Guerra.
Elle est au centre d'une polémique en . Elle est filmée en train de voter lors du référendum sur le maintien dans l'OTAN, bien qu'elle n'ait que et six mois. Peu après, son père se trouve relevé de ses fonctions, sur décision de Felipe González..
Elle est mère de quatre enfants, parle allemand, anglais et français..
Carrière professionnelle en Espagne Débuts universitaires Nadia Calviño commence à travailler, en , comme consultante économique dans plusieurs cabinets d'avocats, puis en tant qu'interprète. Deux ans plus tard, elle obtient une licence en sciences économiques à la prestigieuse université complutense de Madrid (UCM). Elle y devient professeur associée en politique économique et système financier..
Économiste de l'État En , Nadia Calviño réussit le concours du corps supérieur des techniciens commerciaux et économistes de l'État (TECO), auquel elle se prépare avec l'aide du futur ministre de l'Économie, Román Escolano.. Elle est nommée, peu après, chef de service à la direction de l'Analyse du Marché du travail et des Prix de la direction générale des Prévisions et de la Conjoncture du ministère de l'Économie et des Finances..
Ascension Nadia Calviño entame ensuite son ascension. D'abord responsable de la lutte anti-fraude au service de la Protection de la concurrence en , elle est désignée deux ans plus tard directrice adjointe des Analyses macro-économiques et des Prévisions au sein de la direction générale de la Politique économique, puis directrice de cabinet du directeur général de la Politique commerciale et des Investissements étrangers en .
Elle accède, en , aux fonctions de directrice adjointe des Affaires juridiques du service de la Protection de la concurrence. En , elle devient directrice adjointe des Fusions-Acquisitions. Elle est parallèlement diplômée en droit de l'université nationale d'enseignement à distance (UNED).. Elle travaille alors sous l'autorité du secrétaire d'État à l'Économie, Luis de Guindos, futur ministre de l'Économie..
Directrice générale de la Concurrence thumb|175px|Pedro Solbes nomme Calviño directrice générale de la Concurrence. En , le nouveau ministre de l'Économie et des Finances, Pedro Solbes, choisit Nadia Calviño comme directrice générale de la Protection de la concurrence.
Elle participe, en , à la présentation du livre blanc sur la réforme du système financier, aux côtés de Solbes et du secrétaire d'État à l'Économie, David Vegara, qui propose la création de la Commission nationale de la concurrence (CNC).. Le livre blanc aboutit, deux ans plus tard, à l'adoption par les Cortes Generales de la loi relative à la protection de la concurrence (LDC)..
Après l'annonce de l'offre publique d'achat (OPA) de Gas Natural sur Endesa, en , Solbes la charge de rédiger l'avis du gouvernement et lui donne des instructions précises pour qu'elle réforme le cadre réglementaire du secteur de l'énergie. L'objectif poursuivi est alors de modifier la législation pour que l'opération soit conforme à la réglementation, et qu'elle apparaisse bonne pour les consommateurs..
La Commission national de l'énergie (CNE) valide l'opération financière sous conditions en , tandis que le Tribunal de protection de la concurrence (TDC) s'y oppose . Un mois plus tard, le Conseil des ministres valide l'OPA, lui aussi sous conditions.... Finalement, Endesa sera achetée par un consortium entre Enel et Acciona un an plus tard..
Haute fonctionnaire européenne Numéro deux de Kroes puis Barnier thumb|175px|Neelie Kroes recrute Calviño à la Commission européenne, où elle est la plus jeune directrice générale adjointe. Nadia Calviño quitte, en , la haute fonction publique espagnole pour rejoindre l'administration de la Commission européenne. Elle est initialement directrice générale adjointe des Fusions et de la Protection de la concurrence à la direction générale de la Concurrence (DG COMP), étant, à , la plus jeune directrice générale adjointe de l'institution.. Sa nomination intervient alors qu'elle est l'interlocutrice choisie par l'exécutif espagnol pour discuter avec la commissaire européenne, Neelie Kroes , des éléments relevant du droit communautaire de l'OPA de Gas Natural.. Son départ du ministère était déjà pressenti, mais pour occuper le poste de déléguée commerciale de l'ambassade d'Espagne à Paris..
Elle est nommée, en , directrice générale adjointe des Services financiers à la direction générale du Marché intérieur et des Services. Aux côtés de Michel Barnier, elle travaille sur les avant-projets d'Union bancaire et de Mécanisme de résolution unique, conséquence de la crise de la dette dans la zone euro.. En , du fait de ses bonnes relations avec Luis de Guindos, son nom est cité pour prendre la présidence d'une nouvelle autorité indépendante de régulation qui fusionnerait la Commission nationale de l'énergie, la Commission nationale des télécommunications, la Commission nationale du secteur postal et le Conseil national des médias audiovisuels..
Directrice générale du Budget En , Nadia Calviño prend le poste de directrice générale du Budget (DG BUDG). Elle est ainsi la fonctionnaire de nationalité espagnole occupant les plus hautes fonctions au Berlaymont.. Elle travaille principalement avec Kristalina Gueorguieva, puis Günther Oettinger. Ayant autorité sur cinq directions et , elle établit avec ses services le cadrage financier du budget européen pour la période entre les années et ..
Ministre de l'Économie thumb|Nadia Calviño échange avec le ministre de la Science, Pedro Duque, lors de leur premier Conseil des ministres, le . Prise de fonction Le , la presse révèle que Nadia Calviño sera nommée ministre de l'Économie et des Entreprises au sein du premier gouvernement, minoritaire, du socialiste Pedro Sánchez. Son nom avait récemment été évoqué par le parti Ciudadanos (Cs) pour le poste de gouverneur de la Banque d'Espagne. Sa désignation est perçue comme un message de tranquillité, de rigueur et de stabilité envoyé par Sánchez aux autorités européennes. C'est l'ancien secrétaire général du PSOE puis commissaire européen à la Concurrence, Joaquín Almunia, qui a suggéré la désignation de Calviño à Sánchez. Peu avant sa désignation, elle était effectivement citée comme potentielle titulaire du ministère responsable de la politique économique.. Proche du Parti socialiste, elle n'en est pas membre..
Elle présente un profil social-libéral, plus technique que politique, et très europhile.. De fait, elle détonne avec le principal conseiller économique de Sánchez, le secrétaire à la Politique économique du PSOE, Manu Escudero, qui promeut une forme de revenu de base pour les plus défavorisés, la création d'une banque publique et une fiscalité spécifique sur les activités bancaires pour financer les pensions de retraite.
Prenant ses fonctions deux jours plus tard, elle juge que le nouvel exécutif propose . Elle rend hommage à son prédécesseur, Román Escolano, qu'elle présente comme un ami, rappelant qu'il l'a aidée à préparer son concours, et le salue pour avoir , en référence à sa démission de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour intégrer l'exécutif moins de trois mois plus tôt..
Le nouveau président du gouvernement lui confie la présidence de la commission déléguée des Affaires économiques, faisant d'elle la coordonnatrice de la politique économique du cabinet. Depuis , cette responsabilité relevait directement du chef de l'exécutif. De plus, le bureau économique du président du gouvernement (OEPG) est supprimé au profit d'une simple direction générale, Sánchez cherchant à éviter les frictions ayant existé entre les directeurs de l'OEPG et les ministres de l'Économie lors des mandats de ses prédécesseurs..
Exercice du mandat En 2019, Nadia Calviño refuse de se présenter aux élections générales d'avril puis de novembre. Lors d'un débat télévisé dans le cadre de la campagne des élections de novembre, Pedro Sánchez annonce qu'il confirmera Nadina Calviño dans ses fonctions, avec le titre de vice-présidente du gouvernement s'il se maintient au pouvoir..
Le , deux jours après que Sánchez a remporté l'investiture du Congrès des députés, la présidence du gouvernement confirme qu'elle sera effectivement vice-présidente du gouvernement et que les compétences de son ministères seront élargies au numérique.. Nommée troisième vice-présidente et ministre des Affaires économiques et de la Transformation numérique, elle prête serment devant le roi et Pedro Sánchez, au palais de la Zarzuela, le ..
Le , elle annonce sa candidature à la présidence de l'Eurogroupe pour prendre la suite du ministre portugais des Finances, Mário Centeno, qui ne se représente pas. Bénéficiant de plusieurs atouts, comme son parcours dans les institutions européennes, qu'elle soit la seule postulante appartenant à la famille sociale-démocrate alors que la répartition des responsabilités communautaires répond à un certain équilibre politique, et qu'elle soit une femme dans un milieu historiquement dominé par les hommes, elle fait face à ses collègues irlandais, Paschal Donohoe, et luxembourgeois, Pierre Gramegna.. Elle parvient à rallier les soutiens de l'Allemagne, la France et l'Italie, soit les trois plus importantes économies de la zone euro.. Au premier tour le , elle remporte neuf voix sur dix-neuf, mais elle rate l'élection au second tour au profit de Paschal Donohoe, qui bénéficie d'une alliance des petits pays et de son appartenance au Parti populaire européen, majoritaire au sein de l'instance.. Cette défaite est exploitée par le Parti populaire (PP) et Ciudadanos, qui dénoncent que les partenaires européens de l'Espagne n'ont pas voulu faire confiance à une ministre issue d'un gouvernement de coalition avec la gauche radicale, ce à quoi José Luis Escrivá leur rétorque qu'en 2015, le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, avait dû se retirer avant même la tenue du scrutin..