L'abri du Lagopède est l'une des cavités du site des grottes d'Arcy-sur-Cure, dans le département français de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté. Malgré le lessivage dû à l'érosion à la suite de l'effondrement du porche, l'abri reste un gisement magdalénien intéressant.

Situation

Les grottes d'Arcy-sur-Cure sont situées à environ au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne, entre Auxerre et Avallon, à au sud d'Arcy-sur-Cure ( par la route) et à moins de au nord du parc naturel régional du Morvan. Elles se trouvent dans le dernier grand méandre que fait la Cure, juste après que cette rivière sorte du massif du Morvan. À cet endroit, la Cure est à environ 122 m d'altitude Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

D'amont en aval, l'abri du Lagopède est l'avant-dernière cavité située sur le versant sud du massif corallien contourné côté Est par le méandre de la Cure. Il est à environ 200 m en amont de la Grande grottePour les schémas et cartes succinctes montrant les emplacements respectifs des différentes grottes, voir : (carte établie par Liliane Meignen en 1959, montrant les emplacements des 14 principales cavités au sud du massif corallien depuis les Goulettes (amont) jusqu'à la grande Grotte (aval) - manquent celles au nord du massif, soit les Nomades, l'Égouttoir, le Moulinot et Barbe Bleue. Cité dans ) ; (montre le développement des grottes entre la grotte du Lion et l'abri du Lagopède) ; (montre un plan général du massif, y compris les emplacements de l'Égouttoir, de Moulinot et de Barbe-Bleue au nord du massif corallien, et quatre grottes au sud du massif. L'abri du lagopède n'apparaît pas) ; .. D'après les Leroi-Gourhan son entrée est à 9 m au-dessus du cours d'eau., ce qui lui donne une altitude d'environ 130 à 132 m. La carte établie par Liliane Meignen en 1959 donne une hauteur juste en dessous de 150 m d'altitude et donc à presque 30 m au-dessus du niveau actuel de la Cure ; ceci est probablement dû à une exécution schématique car pendant le Quaternaire (les 2,58 derniers millions d'années) seules les grottes basses - celles dont l'ouverture est située de 0 m à 6 m au-dessus du niveau actuel de la rivière - auraient été utilisées.. Cependant l'abri est la plus élevée des cavités de l'ensemble d'Arcy..

Historique

L'abri a été découvert en 1962.. Conjointement, Arlette Leroi-Gourhan (pionnière de la paléopalynologie) et André Leroi-Gourhan (préhistorien) ouvrent en 1962 un chantier de fouilles à l'abri du Lagopède., jusqu'en 1963..

Il est étudié de nouveau. en 1992 après la découverte des peintures dans la Grande grotte et la mise en place consécutive d'une équipe de recherche pour l'ensemble du site. Cette étude reprend les notes et le matériel laissé par les Leroi-Gourhan et leur équipe.

Description

Le seuil de l'abri sous roche, très étroit, est orienté plein sud et surplombe la rivière par une très forte pente. La partie frontale de l'abri a été érodée, ne laissant que le fond de la cavité originelle. L'abri est creusé dans la couche de calcaire en plaquettes (pour plus de détails sur la géologie locale, voir l'article principal « Grottes d'Arcy-sur-Cure »).

Stratigraphie

C'est le site le plus récent rencontré dans le Paléolithique d'Arcy ( AP), et celui qui s'est avéré le moins riche car la partie antérieure a été emportée par l'érosion.

Malgré le lessivage dû à l'érosion à la suite de cet effondrement., quelques pièces intéressantes ont permis de dater l'ensemble et l'abri reste un gisement magdalénien intéressant. Son analyse paléopalynologique a fourni aux Leroi-Gourhan la possibilité de comparer pour la première fois les interstades de Paudorf (28 750 à 25 950 ans AP), de Lascaux (16 950 à 16 000 ans AP) et du Bölling-Alleröd ( AP), p. 149..

Les remplissagesLes remplissages, du point de vue archéologique, sont l'accumulation de dépôts formant le sol qui recouvre la roche sous-jacente ; ils sont composés de couches de terre, graviers et autres matériaux naturels. Ils peuvent contenir ou non des objets issus de l'industrie humaine. Leur analyse paléopalynologique, commencée par Arlette Leroi-Gourhan dans les années 1950, est précieuse pour la détermination des variations climatiques de l'ensemble de la préhistoire. successifs ont révélé des foyers depuis 0,85 cm de profondeur, consistant en des pierres rougies par le feu groupées en divers endroits, de très nombreux éclats de silex entre 0,76 et 0,53 cm de profondeur, et le dernier éclat en date, trouvé à 0,30 cm de profondeur, était accompagné d'une côte et de dents de renne. Les Leroi-Gourhan ont arrêté l'étude de la fouille à ce niveau car l'analyse paléopalynologique des couches supérieures, proches de la surface, a montré une certaine pollution : les courbes de toutes les plantes y sont légèrement décalées par rapport aux couches sous-jacentes..

Les fouilles de 1992, plus complètes, ont mis au jour 8 couches de remplissage : A : humus brun (132 m d'altitude). B : sol brun lessivé à plaquettes et cailloutis calcaires organisés selon un pendage oblique qui correspond à un cône d'éboulis. Ce cône est attribué au début de l'Alleröd. Son sommet a été aplani et sa partie externe décapée : l'intérieur a été conservé grâce aux dépôts de calcite.. C : plaquettes calcaires dans un sédiment meuble couleur terre de Sienne. Très épaisse vers le fond, cette couche s'amincit vers l'entrée en même temps que son pendage devient plus important. Elle contient des vestiges magdaléniens et est divisée en trois horizons : C1, contenant l'essentiel de la faune et de l'industrie lithique. Les restes de faune sont localisés près de la paroi ; C2, avec la même industrie lithique qu'en C1 mais où les restes de faune sont moins nombreux ; C3, livrant un sol avec un foyer, de petits cailloux rougis et des pierres brûlées sur une surface d'environ 60 cm de diamètre, associé à des outils et une faune peu nombreux.. D : cette couche est faite de plaquettes calcaires et de blocs provenant de la désagrégation du porche (plafond écroulé).. Elle n'est présente que vers le fond de l'abri (ce qui fait que la couche C3 sus-jacente est en contact avec la couche E sous-jacente). Assez plate vers l'arrière, son bord vers l'avant forme un talus. à l'aplomb du bord de l'auvent de l'époque. Elle contient les premiers vestiges magdaléniens du site.. E : plaquettes calcaires dans une terre brune. Avec ses restes d'animaux peu nombreux, correspond mieux à un épisode de pédogenèse qu'à un sol d'habitat. F : plaquettes calcaires dans des sédiments légers couleur terre de Sienne. Cette couche est déposée selon un pendage très incliné. G : argile brune compacte à plaquettes calcaires. Cette couche tapisse le fond de l'abri, remontant le long de la paroi jusqu'à la couche C : les quatre couches sus-jacentes F, E, D et une partie de C ne touchent donc pas la paroi du fond mais s'appuient sur cette couche G. H : argile brune compacte à cailloutis calcaire à une profondeur de 2,30 m, au pendage très incliné, épaisse de 70 cm et dont la surface a été érodée. et la paroi rocheuse sous-jacente.

Faune

Considérant l'ensemble de la stratigraphie de l'abri, la faune est généralement pauvre mais relativement variée. couche A : elle n'a pas livré de faune.. couche B : elle n'a fourni que quelques esquilles. la couche C1 contient pour oiseaux le faucon crécerelle et le grand gravelot.. Pour les mammifères elle contient deux maxillaires inférieurs de renard polaire. - qui pourraient correspondre aux deux dents de la même espèce trouvés en C2 -, du renard roux (deux maxillaires supérieurs et une phalange), du lièvre (4 pièces), du cheval (33 pièces, 52,3 %.) et du renne (22 pièces, 33,3 %), sans bois ni crâne, dont un jeune de 15 à 22 mois mort entre septembre et mars. couche C2 : contient du renard polaire, du renard roux, du lièvre. (4 pièces) et six fragments de cheval. - pas de renne semble-t-il. Les deux dents de renard polaire ont pu s'insérer dans ce niveau par une fente mais appartiennent probablement à l'individu de la couche C1. La couche C3 contient 67 fragments dont une côte, des parties de renne (patte arrière, 3 pièces), de cheval (4 pièces), de renard (paire de maxillaires inférieur et supérieur, fémur, 3 pièces), du lièvre (4 pièces). La couche D contient 52 fragments, parmi lesquels pour le renne seulement une côte et deux vertèbres, et pour le cheval seulement un humérus antérieur et un métatarsien et phalange. Le renard est présent (un humérus distal, deux fémurs distals) ainsi que le lièvre (13 pièces). La couche E contient seulement quatre vestiges : 3 fragments de renne dont un humérus proximal, un radius proximal et un fémur distal, et une phalange de lièvre. Pour les couches F, G et H, Schmider et al. signalent seulement que le fond du sondage est pauvre en faune.

Palynologie

La séquence archéologique de l'abri se termine au début de l'oscillation d'Alleröd.Pour les interstades de la glaciation de Würm (interstade d'Hengelo-les Cottés, interstade d'Arcy, interstade de Kesselt, interstade de Paudorf, interstade de Lascaux, interstade de Bölling), voir l'article de cette glaciation, section interstades., vers AP.

Depuis l'interstade du Bölling, les pollens d'arbres thermophiles sont continuellement présents dans les couches de remplissage - en particulier le noisetier qui, notamment, montre une très nette expansion dans les niveaux supérieurs du remplissage (vers la fin de l'occupation de l'abri). Cette expansion correspond au tout début de l'interstade d'Alleröd. Il est possible que l'abri ait été utilisé comme halte de chasse à une période du Magdalénien..

Les couches G et H correspondent à l'interstade de Lascaux, c'est-à-dire à la fin du Pléniglaciaire supérieur, avec un climat tempéré et humide. L'argile de ces couches peut venir soit du ruissellement depuis les terrains du Tertiaire à la surface du plateau, soit de la dissolution du calcaire, soit de la formation d'un sol dans l'abri.

Les couches F, D et C correspondent au Dryas II, période froide, vers AP, avec les plaquettes montrant des signes d'enfouissement rapide : elles sont peu érodées et peu emballées voire pratiquement libres de tout enrobage.

Il y a encore peu d'arbres pour la couche D, mais dans les fonds de vallée les graminées dominent et s'y trouve même du noisetier : les vestiges de chevaux sont de loin les plus nombreux parmi la rare faune de cette couche ; tandis que sur les plateaux la steppe est encore présente et les rennes s'y trouvent de préférence. C'est l'annonce de l'interstade du Bölling, entre AP. La couche D contient aussi des vestiges de renard polaire, à qui cet environnement mixte convenait au mieux.

Occupation humaine

L'abri est l'une des grottes d'Arcy-sur-Cure ayant abrité une occupation humaineLes grottes ayant abrité une occupation humaine à Arcy-sur-Cure sont les grottes du Loup, de la Hyène, du Cheval, du Bison, du Lion, du Renne et l'abri du Lagopède. Ces grottes ont été occupées à des époques différentes, selon leurs positions respectives dans la falaise et selon les remplissages successifs. Voir .. Les Magdaléniens ont utilisé l'abri du Lagopède entre environ AP, et y ont établi des foyers sur environ 400 ans entre environ AP.