Chef-Boutonne (couramment appellée « Chef ») est une ville française située dans le département des Deux-Sèvres, dans la région Nouvelle-Aquitaine.
Le 1ᵉʳ janvier 2019, la ville fusionne avec les communes voisines de Tillou, Crézières, et La Bataille avec comme commune-centre la ville de Chef-Boutonne.
Elle est le chef-lieu du Canton de Chef-Boutonne et de la Communauté de communes du Cœur du Poitou qui fait aujourd'hui partie des quatre communautés formant la Communauté de communes Mellois en Poitou en tant qu'un des sous-sièges, partageant cette position avec Celles-sur-Belle, Brioux-sur-Boutonne, et Sauzé-entre-Bois.
Géographie Localisation
Chef-Boutonne est située au sud du département des Deux-Sèvres à de Poitiers, de La Rochelle, de Niort et à d’Angoulême, dans une région de plaine qui correspond au Mellois.
L'altitude s'élève de 72 m au bord de la Boutonne en aval de Lusseau à 140 m au Maboué..
Du bocage subsiste principalement au sud de la commune. Les champs ouverts dominent au nord sur un relief entrecoupé par des vallées sèches.
La ville possède sa propre AVV (Aire d'attraction d'une ville) qui se nomme Bassin de vie de Chef-Boutonne s'étendant sur les Deux-Sèvres, la Charente, et de la Charente-Maritime, et qui influence les communes d'Alloinay, d'Aubigné, de Couture-d'Argenson, Fontenille-Saint-Martin-d'Entraigues, Les Gours, Loubigné, Loubillé, Luché-sur-Brioux, Melleran, Valdelaume, Villemain, Villiers-Couture.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Poitou-Charentes, caractérisée par un bon ensoleillement, particulièrement en été et des vents modérés.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Melle à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Chef-Boutonne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Chef-BoutonneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...
Quartiers et lieux-dits
Quartiers
Quartier de la Mairie et des Écoles Quartier de la Gare (Les Trois Versennes) Faubourg de La Plaine <br />Faubourg du Pont-Supérieur Faubourg de Javarzay Quartier du Bois-aux-Pins Quartier de Lussais (Bourg, Les Grapaudières, Chiron-de-la-Barre) Quartier des Vaux Quartier Péchiot Quartier de La Bataille (Bourg, La Varenne) Quartier de Crézières (Bourg et Ouimes) Quartier de Tillou (Beaumoreau, Pétentin, Beauchamp).
Lieux-dits Les Trois Versennes, La Tuilerie, Les Gravettes, Vaubois, Le Planier ou encore Les Sablières.
Risques sur la Commune
Risques majeurs Le territoire de la commune de Chef-Boutonne est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Boutonne. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1999 et 2010, chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Chef-Boutonne. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain.. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie.. 47,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,9 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national).. Depuis le , en application de la loi ELAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fortDans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent : au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ; au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ; au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire...
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2005 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Toponymie
Les premières attestations de son nom sont Caput Vultone avant 1070 et Caput Vultunne vers 1080. En poitevin, son nom est Ch' Boutoune [ʃˀ butu:n].Le patois de Chef-Boutonne est présenté dans l'article sur le poitevin..
La commune doit son nom à la rivière la Boutonne, qui prend sa source au cœur de la ville, sous le lavoir à la jonction rue de la Justice et de la rue Hippolyte Hainaut, d'où le nom de chef pour la tête (source) de la Boutonne.
Histoire Chef-Boutonne est un chef-lieu de canton connu pour la célébrité nationale de deux personnages : Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, défenseur malheureux de , et plus près de nous, Jean-François Cail, qui fut, au , l'équivalent de ce que représentent actuellement les industriels Dassault ou Bouygues. Le premier a laissé son nom à la place créée sur les ruines de l'ancien château féodal, au lieu-dit la Plaine, le second à la principale place au centre du bourg. vignette|Carte du Sud-Est des Deux-Sèvres à l'époque gallo-romaine d'après la toponymie et l'archéologie. Javarzay, dont le nom est d'origine gallo-romaine, a constitué l'habitat principal à l'origine, on a retrouvé dans son sous-sol des vestiges antiques ; toutefois, les tumuli au Champ des Chirons (rue du Pont-Supérieur, fouillé par Henri Beauchet-Filleau) indique que Chef-Boutonne a pu exister dès cette époque...
En 1061, Guillaume VIII d'Aquitaine partit du château fort de Chef-Boutonne pour attaquer Foulque le Réchin, comte d'Anjou, campé à La Bataille.
vignette|left|Le château fort de Chef-Boutonne dessiné par C. Chastillon en 1610. Il ne reste que quelques vestiges de l'ancien château fort de Chef-Boutonne, qui a été démoli au début de la Révolution, les deux dernières tours rasées en 1813 ; mais ce château fort paraît extrêmement imposant sur une gravure de Chastillon au . Le château de Javarzay construit vers 1513, 1514 est en partie conservé.
Le premier seigneur connu de Chef-Boutonne s'appelle Pons II, prince de Mortagne et vicomte d'Au(l)nay, époux de Claire de Lusignan des Marais-Lezay (fille de Jean des Marais ; fils d'Hugues des Marais ; fils puîné de Simon II de Lezay ; fils de Simon le Brun de Lezay ; lui-même fils cadet d'Hugues VII de Lusignan.), qui vécut au .
La succession des Mortagne d'Aunay passe au aux Montberon de Maulévrier (par les Clermont : Louise de Clermont, avec une alliance Périgord x Matha et Didonne ; voir le chemin généalogique aux articles consacrés au maréchal Jacques de Montberon (vers 1350-1422) et à la ville de Montbron > Histoire ; géographiquement Chef-Boutonne est proche d'Aulnay, et aussi de Matha).
François de Montberon, fils cadet du maréchal Jacques, a pour fille Marie de Montberon, dame de Chef-Boutonne († ap. 1468) qui épouse en 1439/1440 (elle est sa épouse) Jean V ou VI Malet de Graville (né vers 1390-† vers 1449/1456 ; grand-père de l'amiral Louis). Leur fille Marie Malet de Graville (certains la présentent comme la fille de Jean VI ou VII Malet de Graville, donc comme la petite-fille de Jean V-VI et de sa épouse Jacqueline de Montaigu ; dans cette hypothèse, Jean VI-VII aurait hérité de sa belle-mère Marie de Montberon dont le mariage avec Jean V-VI serait resté stérile ?) marie vers 1484 Antoine de Beaumont-Bressuire de Bury (vers 1455-1511)..
Leur fille Jeanne de Beaumont-Bressuire (née en 1485) transmet à son mari Germain de Bonneval (1471-1525 ; épousé en 1505 ; fils d'Antoine de Bonneval et de Marguerite de Foix-Grailly), et leur fille Renée-Anne de Bonneval à son époux Jean de Gontaut-Biron (vers 1502-1557 ; épousé en 1519) : Parents du maréchal Armand (1524-1592), lui-même père de nombreux enfants dont le maréchal Charles (1562-décapité en 1602), de Jean II de Biron († 1636) et d'Armand de Gontaut (deux sires de St-Blancard et de Chef-Boutonne), et de Claude de Gontaut-Biron (1580-1617), femme en 1600 de Charles de La Rochefoucauld de Roye, comte de Roucy (1560-1605)..
Chef-Boutonne passe à Jean-Charles de Gontaut de St-Blancard († 1688 ; fils d'Armand de Gontaut), puis à la descendance de Claude de Gontaut et Charles de La Rochefoucauld-Roye : d'abord leur fils François II de La Rochefoucauld, comte de Roucy (1603-1680 ; en 1655, il achète Javarzay, sis à Chef-Boutonne), père de Frédéric-Charles de La Rochefoucauld (vers 1633-1690).. Puis la fille du comte Frédéric-Charles, Éléonore-Christine de La Rochefoucauld, Mlle de Chef-Boutonne (1681-1708), épouse en 1697 Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain (1674-1747). : en 1712, ils acquièrent Javarzay et Chef-Boutonne, baronnie érigée en marquisat en 1714. et dont leur fils cadet Paul-Jérôme Phélypeaux (1703-1775 ; frère de Maurepas, les deux sans postérité) héritera.