L’Histoire secrète est une série de bande dessinée française dérivée de la série Arcanes, également publiée par Delcourt.
Auteurs Scénario : Jean-Pierre Pécau Dessins : Igor Kordey (tomes 1, 2 et 6 à 34), Goran Sudzuka et Geto (tome 3), Léo Pilipovic (tomes 4 et 5) Couleurs : Carole Beau (tomes 1 à 7), Isabelle Rabarot (tomes 3 et 6), Fabrys (tomes 5 et 7), Chris Chucky (tomes 8 à 11), Leonard O’Grady (tomes 12 à 32), Desko (tomes 33 et 34).
Synopsis Le scénario propose une relecture de l'histoire de l'humanité à la lumière de la théorie d'un « complot magique », selon laquelle quatre puis cinq magiciens (aussi appelés archontes) tantôt s'affrontent et tantôt se partagent le contrôle de l'humanité. Depuis la préhistoire, ils ourdissent dans l'ombre pour orienter les décisions des grands personnages historiques qui ne sont, bien souvent, que leurs marionnettes. Le principe à la base de leur magie est la « rétro-synchronicité » (inspirée du principe de synchronicité inventé par Carl Gustav Jung) , grâce à laquelle ils peuvent, à l'aide de cartes inspirées du tarot (les arcanes), entrevoir les possibilités de l'avenir immédiat ou lointain et l'infléchir vers des probabilités plus avantageuses selon leurs intérêts du moment. La portée de la vision et de l'infléchissement dépend de la puissance et du talent du manipulateur, mais s'étiole au cours du temps. Ces « passes » leur permettent de dévier le cours des événements et éclairent d'un jour nouveau plusieurs épisodes authentiques de l'Histoire, qui sont encore aujourd'hui mal expliqués : les dix plaies d'Égypte, la quête du Graal, les nombreuses victoires de Napoléon, le grand incendie de Londres, la montée fulgurante du nazisme, etc. Cette base est le départ d'un scénario d'une certaine complexité. Rien n'est simple, et les informations sont données aux lecteurs au compte-goutte. La série, créée a posteriori, débouche sur deux autres séries (Arcanes et Arcane majeur) qui exploitent les événements de l'histoire récente.
Personnages Les Archontes Les archontes originels sont : Dyo (représente les Coupes / Cœur / Le Pape) Il détient l’ivoire de la Coupe, . De toute la fratrie originelle, cet archonte est sans doute celui aux intentions les plus malveillantes. Paranoïaque et impitoyable, son but est de dominer le genre humain (assimilé à une bande d’animaux trop bruyants à son goûttome 7). Son ivoire semble orienter ses pouvoirs vers la modification de la matière (par exemple un golem de pierretome 1.) et, surtout, vers la création de cartes humaines (la « division Thot » et les tome 2.). Sa conception du monde l’a conduit à s’allier et à soutenir les règnes et régimes politiques les plus autoritaires. Il a contrôlé entre autres l’Égypte des pharaons, l'Empire Allemand et l’URSS. Au début de la série, Dyo s’oppose à son frère Erlin au sujet du peuple hébreu, et il perd son ivoirefin du tome 1. Il est alors obligé de s’allier avec Reka et la maison des Bâtons. Il s’affaiblit considérablement durant le Moyen Âge (réduit à l’état de cadavre ambulanttome 3.) mais il finit par retrouver son ivoire. Les siècles suivants, trop faible, Dyo tente d’utiliser Guillaume de Lecce et les moines rouges dans des alliances fragiles. Au début du , De Lecce et lui utilisent la Première Guerre mondiale pour déstabiliser les autres familles. Après 1918, il prend progressivement le contrôle de la jeune URSS. La maison des Coupes favorise certainement l’arrivée au pouvoir de Joseph Staline. Par la terreur du NKVD, Dyo oblige Yaponchik et les Vors à rallier sa maison (à partir des années 1930 – la guerre des Sukas). Après la mort de Staline (décès dont Dyo serait en partie responsabletome 17.), Khrouchtchev et ses alliés parviennent à limiter ses pouvoirs grâce à l’icône de Soloviki (une carte très puissante – une des icônes « Acheiropoietos » dont les origines sont inconnues). Dyo est arrêté et déporté au goulag (sur l’île Soloviki). Finalement, les dirigeants du Kremlin le réhabilitent en 1956 et il est envoyé en Hongrie, avec pour mission de mater la révolte de Budapest. Dans les années suivantes, il sera systématiquement derrière les grandes répressions du bloc de l’Est. En accord avec le Kremlin, Dyo met en place le projet « Rossignol », à savoir un plan lui permettant d’accroître les pouvoirs de son ivoire. Il supervise la construction de la centrale de Tchernobyl à cet effet, afin de pouvoir disposer d’un « catalyseur » de chaos pour le projet Rossignol. En 1979, il lance les armées soviétiques en Afghanistan. Il y a bien entendu une raison officieuse à cette intervention militaire, derrière les prétextes du pouvoir en place. Durant tout le conflit, quelques soldats de confiance ont pour mission de trouver la demeure des lamas noirs et de nouer une alliance avec eux. Cette entreprise échoue mais Dyo parvient à récupérer, via Ernst Shäfer (ex-membre de l’Ahnenerbe), une des cartes créées par les lamas noirs (carte « Daath », dite la main tibétaine). Cette carte doit servir de déclencheur à « Rossignol ». L’opération est lancée dans la nuit du 1986, à la centrale nucléaire de Tchernobyl, dans la salle du cœur du réacteur. L’archonte Erlin intervient et Dyo se fait aspirer par une sorte de trou noir créé par la carte Daath (cet ivoire semblait être un piège tendu par les lamas noirs). Si Dyo a disparu, le scénario semble indiquer que la maison des Coupes est toujours active. Pour citer : les dernières paroles de Kim Philby dans le , le personnage d’Adrian Arkadinovich dans le d’Arcanes. Reka (représente les Lances / Pique / La Papesse) Elle a en sa possession l’ivoire des Bâtons / Lances. Dans le premier tome de L’Histoire secrète, au seuil de la mort, Grand-père Loup explique que cette carte confère à son détenteur d’immenses pouvoirs mais, en contrepartie, peut plonger son utilisateur dans des folies destructrices. Cette caractéristique semble se retrouver dans la psychologie et dans les actes du personnage. Ainsi, Reka laisse souvent libre cours à ses émotions, allant jusqu'à des crises de fureur aveugle. Fureur dont son propre entourage peut faire parfois les frais. Ses partisans dans la maison des Bâtons lui donnent le titre de « mater ». À certaines périodes de l'histoire, elle n'hésite pas à semer la mort si cela sert ses intérêts (cf. le destin des derniers enfants, parents lointains des Hohenstaufen, ou encore l’Inquisition, et même indirectement l'affaire de la colonie de Roanokeprologue du tome 4). À partir du , elle semble évoluer vers un peu plus d'humanité – toutes proportions gardées car, à la moindre contrariété, elle n’a pas d’état d’âme à se débarrasser des opposants. Particularité propre : elle semble posséder une certaine aisance à infiltrer des milieux et des sociétés tous aussi différents les uns que les autres, peut-être plus que les trois autres archontes, comme le démontre son parcours dans l’histoire humaine : grande prêtresse dans l’Ancienne Égypte, grand maître officieux de l’ordre du Temple au Moyen Âge, puis cardinal à Rome auprès du Saint-Siège de la fin du Moyen Âge à la Renaissance, membre des services secrets italiens en 1916, puis officier dans l’armée britannique à la fin de la Première Guerre mondiale, tenancière d’une maison close (« L’Arcane 17 ») à Montmartre dans les années 1930, officier au SOE durant la Seconde Guerre, officier d’état-major dans les services de renseignement de la toute jeune Tsahal en 1948, puis leader d’un groupe de hippies en 1968 à San Francisco, et finalement trafiquant de drogue en même temps qu’opérateur de la CIA et astrologue privée de la famille Reagan dans les années 1980tomes 22 et 24. Autre particularité de cet archonte : les drogues. La consommation assiduetome 19. de divers produits stupéfiants répond à un besoin purement hédoniste, et également à d’autres motivations. Ainsi le LSD permet à Reka de se projeter dans le multiverse, en particulier à Kor. Elle expérimente également une technique permettant de collecter l’énergie psychique née du plaisir, pour l’utiliser à ses fins (au festival de Woodstock). Cette consommation effrénée de stupéfiants se transforme en accoutumance au début des années 1970 et la met en situation de totale dépendance, faiblesse que le Roi en jaune allié à tente d’utiliser contre elletome 20. Son assuétude aux drogues l’amène à devenir un des plus gros trafiquants sur le marché mondial, en appui en sous-main à quelques politiques des États-Unis sous Reagan (l’ en 1986). La disparition de sa sœur Aker en 1941 ne l’a pas laissé indifférente. Consciente désormais de l’affaiblissement des archontes, elle en devient très attachée à son frère Erlin. Cet attachement est d’ailleurs réciproquefin du tome 20. Au-delà, le plaisir (au sens large) semble être sa motivation principale. De manière générale, faisant preuve de peu d’empathie, Reka ne s'intéresse aux hommes que pour profiter d'eux, et au mieux de ses intérêts et de son propre plaisir. Son frère, l'archonte Erlin, est assez explicite à son propostome 12. : elle se fiche du devenir de l’espèce humaine du moment qu'elle peut passer du bon temps. L’épisode de la drogue laisse entendre une certaine fragilité chez elle, allant de pair avec une personnalité instable.
Aker (représente les Épées / Carreau / L’Impératrice)