<-- Cet article contient beaucoup d'erreurs ; la paternité du Supplément au Sacramentaire grégorien n'est notamment plus (et depuis plus de 50 ans) attribuée à Alcuin. -->Le Sacramentarium Gregorianum Hadrianum est un sacramentaire issu du Sacramentaire du pape Grégoire le Grand. Il s'agit des sacramentaires à la base du livre octroyé par le pape Adrien à Charlemagne en 791. Ces livres liturgiques romains restent très importants. D'une part, c'était la source principale en faveur des textes du chant grégorien. D'autre part, le missel romain actuel est directement issu de ce sacramentaire dit Hadrianum<ref>https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1963_num_6_21_1258 p. 27 : « Avec la révision alcuinienne de lHadrianum se trouve fixé, pour l'essentiel, le déroulement du culte eucharistique. »</ref>. L'évolution de ces documents fut parachevée en Gaule, et non à Rome, en profitant de la Renaissance carolingienne.

Histoire Réforme liturgique par Pépin le Bref

L'origine du sacramentaire romano-franc, remanié en Gaule, n'était pas une cause liturgique mais une situation politique. Menacé par les Lombards, le pape Étienne II cherchait une alliance plus paisible. Le pape partit de Rome en 753, accompagné par Chrodegang de Metz, afin de traverser les Alpes. À la suite de ce déplacement, le Saint-Père s'aperçut que la liturgie de Gaule (rite gallican), évangélisée par les prêtres grecs, était différente de celle de Rome. En faveur de Pépin le Bref, qui avait besoin de la légitimité absolue, une haute protection de l'Église de Rome signifiait une excellente consolidation pour sa descendance. Cet événement donna naissance à la création des États pontificaux, d'après la dévotion d'Étienne II. À savoir, la monarchie franque (Gaule) en tant que fille aînée de l'Église, qui restait jusqu'au règne de Napoléon III. Le rite romain y fut adopté sans aucune difficulté.

Théoriquement, le pape Étienne II devait faire apporter son sacramentaire grégorien personnel. Cela serait le premier grégorien qui ait été transporté en Gaule. Toutefois, l'histoire n'en mentionnait rien, sa postérité non plus. Il est probable, quoi qu'il arrive, que le souverain pontife ait employé un sacramentaire grégorien, lors du sacre de Pépin le Bref et de ses deux enfants, qui a eu lieu le .. Car, depuis le , le Saint-Père n'utilisait que le grégorien type I contenant des stations du carême. On sait cependant qu'en faveur de cet événement, le répertoire du chant vieux-romain fut apporté, pour la première fois, en Gaulehttp://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1996_num_39_153_2639 p. 74.

Dans ce siècle, les sacramentaires utilisés auprès des églises d'Occident étaient très variés, avant que Charlemagne ne bouleverse la situation. Même à Rome, le sacramentaire grégorien type I (version Latran) était en usage au Vatican tandis que la plupart des paroisses préféraient le type II (version Saint-Pierre) ou le sacramentaire gélasien. En Gaule, il s'agissait, soit du sacramentaire gallican, soit du gélasien importé, notamment aux monastères (Jean Deshusses ; Anselme Davril =). Le meilleur manuscrit du gélasien, Vatican Reginensis 316, fut copié en Gaule, dans la région parisienne vers 750. À Milan, le célébrant gardait le sacramentaire ambrosien en rendant hommage à saint Ambroise..

Installation du rite romain dans le royaume de Charlemagne Charlemagne, son successeur, approcha plus au Vatican. D'une part, afin de régner son vaste royaume, il fallait des instruments d'unificationp. 177 - 178. D'autre part, à la suite de l'annexion de la Saxe, l'évangélisation de cette région était indispensable pour stabiliser son occupation..

Dans ces optiques, Charlemagne avait besoin des livres liturgiques correctes selon le rite romain. Aussi Alcuin, moine ordinaire de York et déjà en service, fut-il chargé en 785 d'éditer le livre destiné aux célébrants, à savoir sacramentaire romain. Il est normal que Charlemagne ait sollicité le pape Adrien I. Cette année 785 était remarquée du commencement de sa centralisation de liturgie, et, en 789, le souverain avança son projet avec le capitulaire Admonitio generalis.

Sacramentaire octroyé par le pape Adrien thumb|upright=0.9|- Mentalité médiévale -Saint Grégoire le Grand dictant un texte aux scribes. Mais c'est l'Esprit Saint, sur l'apparence d'une colombe, qui lui inspirait ce texte. Aussi aucun pape, à cette époque-là à Rome, ne fit indiquer son nom dans les livres liturgiquesBien entendu, cela est l'origine de la difficulté à identifier les manuscrits de cette époque..- Figure de saint Grégoire dans les manuscrits -C'était au qu'apparut, dans les livres liturgiques, l'image de saint Grégoire avec la colombe (sacramentaire Hadrianum dit de Charles de Chauve, folio 3, copié en Gaule vers 869).

À la suite de cette demande de Charlemagne, le Saint-Siège fit fournir le texte de sacramentaire en usage, et ce texte copié fut emporté par l'abbé de Ravenne vers 785. Toutefois, le document contenait de nombreuses méprisesJean Favier, Charlemagne, p. 419. Étant mécontent, Charlemagne chargea à Paul Diacre d'acquérir un meilleur exemplaire de texte. Adrien I devait chercher un autre moyen. Finalement, il lui fallut sélectionner, en faveur de ce souverain très chrétien, un des sacramentaires papaux dans la bibliothèque de Latran. Le livre lui fut octroyé en 791 ou plus tôt. Il semble qu'il s'agît d'un livre de luxe.. Comme cette expédition était sa réponse, Adrien I devait lui communiquer :

thumb|left|upright=0.95|- Invention des Carolingiens -Antiphonaire du Mont-Blandin copié vers 800 dans un monastère lié à Charlemagne. « Sco (Sancto) Gregorio » indique son attribution.

Cette lettre, manquant de datep. 178 ; donc on ne peut pas identifier la date de son expédition. D'ailleurs, la demande de Charlemagne fut perdue., suggérait qu'il s'agît d'un sacramentaire. Saint Grégoire mentionné était soit saint Grégoire le Grand, soit Grégoire II († 731) qui avait effectué, lui-même, une reforme liturgique au sein du Vatican. Il n'est pas facile à identifier ce qui concernait. En effet, c'était un sacramentaire très compliqué, qui possédait l'ancienneté (structure et contenu sous Honorius I († 638)) et la nouveauté (addition par Grégoire II).

Comme le sacramentaire octroyé fut perdu, et que, de nos jours, il ne reste que la copie de texte (manuscrit Cambrai 164), cette missive d'Adrien I est un seul document de témoignage. Elle expliquait pourquoi le souverain pontifie avait choisi ce sacramentaire : celui-ci était un exemplaire particulier, lié à l'un de ces deux papes Grégoire. On ignore son détail.

Mais l'impact de cette missive était tellement abondant que ses effets restent jusqu'ici. Charlemagne ou son collaborateur n'hésita pas à profiter de cette lettre pour manifester l'authenticité. D'abord, à partir du , tous les sacramentaires grégoriens copiés dans le royaume carolingien mentionnaient, dans leur titre, le nom de saint Grégoire en tant qu'éditeur : a sancto Gregorio papa romano editum. Ensuite, la missive donnait pareillement son autorité au chant grégorien. Composé en Gaule, ce chant liturgique était toutefois attribué, jusqu'à la deuxième moitié du , à ce saint pape, faussement. Certes, les chantres carolingiens l'appelaient encore le chant romain, selon le texte édité à Rome. Toutefois, les manuscrits en Gaule indiquaient le nom de saint Grégoire. Les plus anciens témoins étaient deux manuscrits copiés vers 800, dont l'antiphonaire du Mont-Blandin (voir l'image à gauche). Enfin, même si la dénomination sacramentaire romano-franc est, dans le contexte scientifique, plus convenable, et que ni Grégoire I ni Adrien I ne fût éditeur du livre octroyé, les chercheurs continuent à utiliser le terme sacramentaire Gregorianum Hadrianum jusqu'aujourd'hui.

Rédactions par Alcuin Livre arrivé, mais aussitôt la joie fut transformée en confusion. Le sacramentaire était loin d'être utilisable. Comme le manuscrit commettait plein d'erreurs du latin défectueux, les latinistes carolingiens furent terriblement frappés. À cette époque-là, leur connaissance était supérieure à celle de Rome. Au début du , l'édition corrigée apparut. De surcroît, il fallait des supplémentaires afin de satisfaire l'usage au royaume de Charlemagnep. 178 : par exemple, « absence des séries dominicales régulières, à savoir les périodes introduites par les solennité de Noël, de l'Épiphanie, de Pâques, de l'Ascension et surtout de la Pentecôte », c'est-à-dire, il manquait de 37 dimanches sur 52 dans l'année liturgique. Ce besoin était présenté dans des manuscrits, en tant qu'une longue préface Hucusque, selon le premier motp. 197 - 199 texte en latin.

après, nos chercheurs répartissent l'avis d'Alcuin. En 1929 déjà, Monseigneur Michel Andrieu. écrivit : « LHadrianum n'est donc pas un exemplaire normal du Grégorien. » ; « Pourquoi le pape envoya-t-il à Charlemagne un exemplaire si peu complet du sacramentaire romainp. 374, note n° 1 ? »

D'après le manuscrit Cambrai 164, copie du sacramentaire d'Adrien , il est évident qu'à cette époque-là, les copistes romains n'avaient pas assez de qualité. Ainsi, dans le folio 127, à la fin de l'oraison du , le Cambrai 164 manque de mots vraiment importants priusquam Christum Dominum videre mereretur texte original. Cette omission peut être considérée comme faute d'un copiste romain. Mais dans les manuscrits tardifs Hadrianum, ces mots étaient restaurés. Les correction et révision étaient tout à fait nécessaires.

Aussi assez paradoxalement ce manuscrit incomplet donna-t-il naissance à un sacramentaire romain par excellence en Gaule.

D'ailleurs, afin d'expliquer le remaniement d'Alcuin, il faut remarquer que ce moine s'illustrait de son grand talent. Il suffit de présenter un exemple. L'une de ses hymnes Luminis fons est actuellement chantée ou récitée, depuis le concile de Vatican II, aux vêpres de lundis des semaines II et IV, selon la nouvelle liturgie des HeuresPatrick Hala, Louanges Vespérales , tome I, p. 71, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 2008 :

Il est donc normal qu'Alcuin engageât encore ses services, maintenant créatifs. On comprend que le sacramentaire simplement corrigé ne fût pas capable de répondre au besoin des célébrants. Ainsi, le sacramentaire octroyé manquait de texte des obsèques, étant donné que le pape ne préside jamais les funérales. De même, il n'y avait pas de texte de la célébration de pénitence, car le Saint-Père ne l'administrait guèreJean Favier, Charlemagne, p. 420, Tallandier, , Paris, 2013 .

Finalement abbé du monastère royal de Saint-Martin de Tours, ce moine continua, avec cette connaissance exceptionnelle, à enrichir le sacramentaire, surtout sa rédaction de nombreuses messes votives. Ces dernières étaient réalisées en profitant des manuscrits du gélasien franc, conservés en Gaule. D'où, Alcuin respectait toujours le rite romain authentique. Enfin après vingt ans de travaux, tous les livres requis de liturgie romaine furent complétés et achevés à la fin du , et l'abbaye de Tours conservait un missel de l'abbé Alcuin. L'existence de ce livre était mentionnée, non seulement par Alcuin lui-même (de nostro tuli missale) mais également par l'inventaire de l'abbaye de Saint-Riquier en 831 : « missalis gregorianus et gelasianus modernis temporibus ab Albino (Alcuin) ordinatus ».

Caractéristiques