Les Amérindiens aux États-Unis (en anglais : ) sont les premiers occupants du continent américain vivant sur le territoire des États-Unis d'Amérique et reconnus par le bureau du recensement des États-Unis comme l'un des peuples autochtones des États-Unis (en anglais : ou ), qui comprend aussi les Inuits de l'Alaska et les Océano-Américains de Hawaï, des îles Mariannes et des Samoa. Selon le recensement de 2020, environ d’Amérindiens vivent aux États-Unis Corresponding to "American Indian and Alaska Native"..
L'arrivée des Européens en Amérique du Nord à partir du provoqua d'importantes conséquences sur les Amérindiens : leur nombre s'effondra à cause des maladies, des guerres et des mauvais traitements. Leur mode de vie et leur culture subirent des mutations. Avec l'avancée de la « Frontière » et la colonisation, ils perdirent la majorité de leur territoire, furent contraints d'intégrer des réserves. Leur situation démographique, sociale et économique ne cessa de se dégrader. Depuis les années 1970, la communauté amérindienne connaît un certain renouveau : sa population augmente, la pauvreté recule lentement, les traditions revivent. Néanmoins, bien que les Amérindiens soient reconnus par l' de 1924 comme des citoyens à part entière, ils restent en marge du développement américain.
vignette|Comanches chassant le bison, par George Catlin.
Désignation Avec les travaux du cartographe Martin Waldseemüller au début du , les Occidentaux commencent à parler de « continent américain », en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci ; en Europe, pour décrire les autochtones, on utilise d'abord le terme de ...
Au , aux États-Unis l’on utilise souvent de manière indifférente plusieurs expressions telles que . Le National Museum of the American Indian conseille de vérifier avec son interlocuteur pour connaître sa préférence. Selon Antidote, Native American est de plus en plus utilisé depuis les années 1960.. Ce terme est traduit en français sur le site de L'Organisation des États Américains (OEA), par .. D'autres termes peuvent être utilisés, comme Native peoples (« peuples autochtones »), American Indians (« Indiens d’Amérique »), Aboriginal Peoples (« peuples aborigènes »), Indigenous Peoples of America (« peuples autochtones d’Amérique ») ou, dans un usage universitaire minoritaire, Amerindians (« Amérindiens ») et Amerinds ; les autochtones préfèrent employer leurs propres noms d'ethnie ou de tribu. Selon l'université de l'Alaska à Fairbanks, Inupiaq, Yupik ou Inuit sont les termes à privilégier pour nommer les peuples autochtones d'Alaska..
Certaines désignations sont récusées au Canada :
La Déclaration sur les droits des autochtones américains, est adoptée par les États-Unis, en 2016, après de négociations.. En 2021, Joe Biden, alors Président des États-Unis, signe la première proclamation désignant le second lundi du mois d’octobre : .
En 2018, le Conseil permanent de l'OEA a adopté une résolution établissant la « Semaine interaméricaine des peuples autochtones » qui a lieu autour du 9 août pour coïncider avec la commémoration de la Journée internationale des populations autochtones.
Du point de vue législatif, le désigne les populations membres des peuples autochtones d'Amérique du Nord, étant régis par les lois relatives à la gestion du territoire, par Nations tribales: ..
En anglais, la formule est considérée offensante, et en français peaux-rouges l'est tout autant... Le terme damérindien tend à l'emporter sur celui dindien..
Histoire Époque précolombienne Sources vignette|gauche|L’archéologie permet de retracer une partie de l’histoire amérindienne. Ici, le site anasazi de Chaco Canyon au Nouveau-Mexique. Retracer le passé des populations amérindiennes est un véritable défi pour les historiensPenser les textes amérindiens au-delà du cadre d’interprétation traditionnel - Richard Lefebvre, 2017.. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux Aztèques, les peuples d’Amérique du Nord n’utilisent aucun système d’écriture à l’époque précolombienne et demeurent par conséquent dans la protohistoire. Il existe cependant de nombreux sites avec des pétroglyphes ou les (dessins sur des feuilles de bouleaux) qui témoignent d'une riche illustration. Influencés par les Européens, certains peuples développent toutefois un système d’écriture syllabaire (Cherokees, Pieds-Noirs, Innus, Cris, Inuits) ou alphabétique pour une trentaine de peuples (Cheyennes, Micmacs, Navajos).
Pour autant, écrire une histoire des Amérindiens n’est pas totalement impossibleL'histoire des autochtones d'Amérique du Nord : acquis et tendances - Denys Delâge.. Il faut pour cela croiser les sources archéologiques et artistiques. L’étude des scènes et des calendriers peints sur les peaux d’animaux ou celle des pétroglyphes du Sud-Ouest américain ou du Nord des Grands Lacs est souvent utilisée par les spécialistesLes mystères et légendes derrière les tableaux amérindiens..
L’histoire des peuples amérindiens peut également être en partie reconstituée grâce aux récits des Européens ayant établi les premiers contacts.. Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intéressantes sur les indigènes. Par exemple, le mémorialiste de l’expédition de Pánfilo de Narváez, Álvar Núñez Cabeza de Vaca a consigné ses observations ethnographiques sur les peuples indigènes du golfe du Mexique, publiées en 1555 sous le titre de Naufragios (Naufrages)Histoires tragico-maritimes : 1552-1563 : chefs-d'oeuvre des naufrages portugais / traduction de Georges Le Gentil ; préface de José Saramago.. Ces témoignages sont toutefois d’une nature bien particulière ; ce sont ceux des conquérants qui redoutent les autochtones, les méprisent ou les décrivent comme des sauvages. Certains écrits de captifs, faits prisonniers des Amérindiens à la suite de raids, présentent des informations intéressantes sur les différents peuples d’Amérique du Nord. Réduits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des natifs, et ont parfois livré des descriptions précieuses pour les anthropologues.
Peuplement préhistorique
vignette|Flèches préhistoriques paléoindiennes, culture Clovis.
Il est généralement admis que l’arrivée des premiers Hommes sur le continent américain remonte à la dernière ère glaciaire et se réalise par une seule grande vague migratoire il y a moins de . À cette époque, le détroit de Béring est pris par les glaces et forme un passage terrestre entre l’Asie et l’Amérique emprunté des populations asiatiques nomades. Il est également possible que certains Hommes aient longé les côtes en bateau.Carte illustrant les modalités de peuplement de l'Amérique du Nord et du Sud, tirée de Raghavan et al., Science magazine, 2015..
La présence humaine est attestée en Alaska vers Sur les sites de Old Crow et Bluefish, ., vers sur la côte est (Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Sud), vers sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) vers en Floride....
Depuis les années 1990, plusieurs théories alternatives sont proposées qui tentent de remettre en cause le consensus actuel sur l’origine uniquement asiatique des premiers occupants de l’Amérique. L'une d'elles, soutenue par les paléontologues Dennis Stanford et Bruce Bradley, et les généticiens Douglas Wallace et Stephen Oppenheimer, forme l'hypothèse d'une migration européenne dans l'Atlantique Nord au Paléolithique supérieur reposant pour partie sur des similarités d'ordre technique et typologique, et notamment sur la découverte d'outils en silex de la Culture Clovis d'apparence similaire à ceux du Solutréen en Europe de l'Ouest... Cependant, l'interprétation des marqueurs génétiques des anciennes populations amérindiennes apparait incompatible avec cette hypothèse.., qui reste par conséquent marginale et controversée dans la communauté scientifique..
Les restes de l'homme de Kennewick, découverts dans l'État de Washington en 1996, auraient environ et, selon les premiers chercheurs, ne présentaient pas les traits morphologiques des Amérindiens actuels.. Mais une analyse ADN publiée conjointement par l'université de Copenhague et l'université de médecine de Stanford a prouvé que les principaux marqueurs génétiques étaient amérindiens.. À la suite de cette découverte, l'homme de Kennewick a reçu en 2016 une sépulture amérindienne..
Cultures disparues
vignette|Reconstitution d’un tertre des Mound Builders. vignette|Cliff Palace, site anasazi dans le parc national de Mesa Verde (Colorado). Les différents sites préhistoriques attestent d’abord de l’existence de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Ces Paléoaméricains chassaient les animaux du Pléistocène (mammouth laineux, bison) ; d'autres pratiquaient la pêche et le ramassage de coquillages sur les côtes. L'archéologie a mis au jour des objets lithiques, en particulier les pointes de flèche des traditions Clovis et Folsom. Ces chasseurs utilisaient probablement déjà l'atlatl pour envoyer leurs projectiles.
Il y a environ , le climat de l'Amérique du Nord devint plus chaud et plus sec., ce qui eut pour conséquence une évolution du milieu naturel : la mégafaune disparut et la végétation s'adapta aux nouvelles conditions. À la faveur d’un réchauffement climatique et d’influences méso-américaines, les populations amérindiennes se sont sédentarisées. Cette période archaïque se caractérise par la diversification des sources de nourriture : chasse d'un gibier plus petit (cervidés), pêche dans les cours d'eau, cueillette de baies, noix, graines et tubercules. Surtout, les premières formes d’agriculture et de commerce se développent dans certaines régions : à l’est du Mississippi, le tournesol est cultivé vers 3000 À l'époque précolombienne, l'ensemble des Amérindiens consommait végétales et animales différentes.
Les civilisations disparues avant l’arrivée des Européens se répartissent en deux régions principales. L’une se trouve à l’est du Mississippi, où s’épanouissent successivement les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et les civilisations du Mississippi ; l’autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, où se côtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.
Ces civilisations présentent un haut degré de développement marqué par un certain niveau d’urbanisation (CahokiaCahokia comptait au quelque , d’après Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, 2003, ; d'après ., Chaco CanyonConurbation rassemblant à d’après Jerry J. Brody, Les Anasazis…, .), une agriculture efficace (irriguée dans le Sud-Ouest) et diversifiée (courge, maïs, haricot et coton dans le Sud-Ouest), un artisanat raffiné (travail du cuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant le demeurent incertaines : les Anasazis disparaissent sans doute en raison d'une grande sécheresse.
Caractéristiques culturelles traditionnelles Les Amérindiens dépendent des conditions climatiques et des ressources naturelles, même s’ils ont su s’adapter aux contraintes. Chaque peuple a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre.
Croyances et mythologie vignette|Un pow-wow. vignette|Croquis de la cérémonie de l’Okipa chez les Mandans par George Catlin. vignette|Un site sacré pour les Amérindiens : Shiprock (Nouveau-Mexique). vignette|Une Medicine Wheel dans le Wyoming.