, aussi connu en version française sous les noms de Snoopy, Snoopy et les Peanuts, Snoopy et le petit monde des Peanuts ou Charlie Brown, est un comic strip écrit et dessiné par l'Américain Charles M. Schulz (1922-2000), publié sans interruption ni assistance du au . Schulz a produit seul l'intégralité des de la série, dont , ce qui en fait, selon le spécialiste des médias Robert Thompson, « sans doute la plus longue histoire jamais racontée par un seul être humain ».
Peanuts met en scène un groupe d'enfants au sein duquel deux personnages occupent une place centrale : Charlie Brown, garçon maladroit, malchanceux et mélancolique, et son chien Snoopy. La série repose sur le principe du comique de répétition : chaque personnage est défini par des situations récurrentes, des obsessions et des attributs qui lui sont propres, et qui reviennent tout au long des cinquante années de publication.
Au-delà du comic strip, Peanuts a donné naissance à de nombreuses adaptations : des dessins animés, dont plusieurs ont reçu un Emmy Award ou un Peabody Award, des pièces de théâtre, des comédies musicales et des longs-métrages d'animation.
Peanuts s'est imposé, à partir des années 1960, comme un phénomène culturel mondial. À la mort de Schulz, la série était publiée dans plus de , dans et en , avec un lectorat estimé à de lecteurs. La popularité de la série et l'exploitation de ses personnages en licences commerciales ont généré plus d'un milliard de dollars de revenus.
Histoire Naissance
thumb|250 px|left|Saint Paul, Minnesota.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Schulz, dessinateur du Minnesota d'une vingtaine d'années, décide de vendre ses dessins pour divers magazines. Il postule avec succès à Timeless Topix, une maison d'édition catholique. De 1947 à 1950 Plus précisément du au ., il écrit sous le surnom de Sparky un strip humoristique hebdomadaire intitulé Li'l Folks, dans le journal local de sa ville natale, le Saint Paul Pioneer Press. Les protagonistes sont des enfants, on y reconnaît plusieurs personnages du futur Peanuts. Schulz, qui ne gagne que par semaine, demande au bout de deux ans une augmentation et un meilleur emplacement du strip dans le journal L'intégrale Snoopy et les Peanuts (1953-1954) ; biographie de Gary Groth . Le rédacteur refusant sa requête, il cesse alors de collaborer. Il vend également, ces mêmes années, dix-sept dessins au The Saturday Evening Post Le site du Charles M. Schulz Museum.
thumb|250 px|Krazy Kat, une des influences de Peanuts.
Au printemps 1950, Schulz reçoit une lettre de United Feature Syndicate, qui se dit intéressé par son strip (Li'l Folks). Il part pour New York, en juin, pour leur proposer un nouveau strip, qui reprend quelques-uns des personnages de Li'l Folks. Le strip est vendu et le paraît dans sept quotidiens aux États-Unis Timeline du site officiel. (The Washington Post, The Chicago Tribune, The Minneapolis Tribune, The Allentown Call-Chronicle, The Bethlehem Globe-Times, The Denver Post et The Seattle Times) le premier comic, sous le nom de Peanuts. Schulz aurait à l'origine préféré le nom de Good Ol' Charlie Brown (« Bon vieux Charlie Brown ») mais United Feature qui gérait la diffusion nationale de la série insista pour que le nom de Peanuts (les cacahuètes en anglais, une expression qui désigne les enfants de petite taille mais peut également signifier un travail de peu de valeur comme en français) soit retenu - nom que détestait Schulz : « […] le pire nom qu'on ait donné à une bande dessinée. C'est complètement ridicule, ça n'a aucun sens, ça ne fait qu'installer de la confusion et priver le strip de toute dignité . […] Donner ce nom à un travail qui allait être celui d'une vie, c'était vraiment offensant », déclare-t-il dans une interviewEntretien entre Rick Marschall, Gary Groth et Charles M. Schulz (1987 - Santa Rosa) - intégrale de Snoopy et les Peanuts (1950-1952) . Les dictionnaires américains donnent désormais à l'entrée Peanuts le sens de (les héros de Schultz). Le premier mois, Schulz reçoit de la part du syndicat.
Peanuts a été influencé par les comics que lisait Schulz, étant enfant et jeune adulte : Krazy Kat, Popeye, Skippy, Lil' Abner… Schulz explique plus tard : « Après la Seconde Guerre mondiale, Krazy Kat est devenu mon héros. […] J'ai décidé de dessiner quelque chose qui aurait autant de sens et de subtilité que Krazy Kat. »
Débuts thumb|300 px|Charles M. Schulz en 1956, dessinant Charlie Brown. Fin 1950, Charles M. Schulz attaque donc son comic strip. L'UFS le contraint à réduire ses strips à un petit format de quatre cases : « […] ils se sont décidés pour un seul strip tout en prenant la décision, fatale, d'un format peu encombrant. Je leur en ai toujours voulu. […] C'était reproduit en plus petit ; quatre cases qui pouvaient être disposées verticalement ou horizontalement, ou en carré, deux par deux. […] Ils m'ont fait comprendre qu'ils étaient plus ou moins à court de papier et que c'était mieux de poursuivre les économies d'espace », indique-t-il.
Il commence l'histoire le Peanuts, 1950-10-02.., avec deux garçons (Charlie Brown et Shermy) et une fille (Patty), et Snoopy qui apparaît dès le 4. Au départ, Charlie Brown est un personnage plutôt naïf et secondaire par rapport à ses deux aînés Shermy et Patty, et Snoopy est le chien de PattyPeanuts 1950-11-13.. Charlie Brown acquiert fin décembre les dentelures noires de son tee-shirt qui ne le quitteront plus. Apparaîtront ensuite en 1951 Violette () et Schroeder () qui découvre le piano très jeune (), puis en 1952 Lucy et Linus. Il les dessine très simplement, une grosse tête ronde et un petit corps, avec des lignes uniques et épaisses (plume). La bouche et deux petits points pour les yeux suffisent pour composer leur expression. Snoopy, quant à lui, est encore un chien ordinaire, « il ne pensait pas. Il aboyait et galopait à quatre pattes. C'était un adorable petit chiot. Je ne sais pas comment il en est venu à marcher, à penser mais c'est certainement l'une des meilleures trouvailles ».
La première page dominicale des Peanuts apparaît le dimanche , qui permet à Schulz d'avoir une moitié de page de journal pour dessiner son stripPeanuts, 6 janvier 1952.. Il en écrira au total , chaque dimanche. À ce moment, le strip est publié dans plus de américains. La même année, le premier livre de collection des Peanuts est édité.
Au fil des ans, Charles M. Schulz abandonne peu à peu Shermy, Patty et Violette. Au contraire, il donne beaucoup d'importance aux autres personnages. Charlie Brown devient le « loser », Schroeder le virtuose, Lucy la dominatrice… son petit frère Linus découvre sa couverture qu'il transporte constamment avec lui. Snoopy se met à penser, à marcher sur ses deux pattes arrière (1956), à faire des imitations et à dormir sur le toit de sa niche. Pour chacun d'entre eux, Schulz affine les caractères physionomiques et psychologiques.
Succès thumb|upright=1.2|Une bande de la série Peanuts est présente en bas de la couverture du comics Tip Top de 1955. Peu à peu, Peanuts se fait connaître du grand public. En 1955, Kodak devient le premier commanditaire du comic, en utilisant les personnages dans un manuel d'appareil photographique et Charles M. Schulz reçoit le Reuben Award (équivalent américain du Grand prix de la ville d'Angoulême) de la National Cartoonists Society.
En 1958, Schulz est nommé par l'Université Yale dessinateur de l'année (Cartoonist of the Year). La série sort alors dans aux États-Unis et dans à l'étranger. En 1960, Sally, la sœur cadette de Charlie Brown, rejoint le gang.
Au début des années 1960, Peanuts connaît une croissance rapide et devient un véritable phénomène culturel. La National Cartoonists Society nomme les Peanuts meilleur strip humoristique de l'année en 1962 et remet à Schulz un second Reuben Award, deux ans plus tard. Le , les Peanuts font la couverture de Time Magazine Voir Image:PeanutsTimeMagazine.jpg sur la Wikipédia anglaise et celle du Life Magazine le Fiche de Charles M. Schulz sur le site de Dargaud. Pour la première fois, le marché de l'édition commence à vendre d'autres objets que des livres, les produits dérivés : des tasses, des bols, des figurines, des chaussettes, des pyjamas, des sweat-shirts, des peluches etc. Au sommet de sa popularité, le merchandising et le succès du comic strip donnent à Schulz une rémunération annuelle de plus de de dollars Charles M. Schulz, une vie et une époque David Michaelis dans L'intégrale de Snoopy et les Peanuts (1950-1952) .
L'année 1965 marque également le premier television special des Peanuts, Joyeux Noël, Charlie Brown ! (), produit par Warner Bros et Bill Melendez. Ce dessin animé est diffusé le , avec plus de cinquante-cinq millions de téléspectateurs. Il remporte cette année-là un Peabody Award et un Emmy Award pour le outstanding children's programming (meilleur programme pour enfants). Une comédie musicale se joue également, You're a Good man Charlie Brown, donnée en première off-broadway le . Dans le comic, Peppermint Patty (1966), Woodstock (1967), Marcie et Franklin (1968) puis Rerun (1973) rejoignent le groupe.
Schulz traverse au même moment une période assez difficile. En 1966, son père Carl meurt et un incendie détruit son studio, à Sebastopol. En 1972, il divorce de Joyce Schulz ; il explique à des journalistes quelques mois après : « Étrangement, j'ai dessiné de bien meilleurs strips ces six derniers mois - du moins, les meilleurs que je puisse dessiner. C'est à se demander comment fonctionne l'esprit humain.»
En France, les premiers journaux commencent à publier le comic : Spirou (1962 - sous forme de mini-récits, avec des commentaires dispensables et des erreurs, Lucy étant présentée comme la sœur de Charlie Brown), Chouchou (1965), Charlie Mensuel (1969) puis France-Soir.
En 1973, Schulz reçoit un second Emmy Award pour son dixième TV special, . En 1975, Peanuts fêtent leurs en apparaissant dans plus de américains et dans environ étrangers, avec de lecteurs. La même année, il gagne un troisième Emmy Award, avec le TV special You’re a Good Sport, Charlie Brown, un quatrième en 1980 avec Life Is a Circus, Charlie Brown et un Peabody Award en 1983 avec What Have We Learned, Charlie Brown?. Peanuts entre dans le Guinness Book of World Records en 1984 après avoir été vendu au . À partir du milieu des années 1980, Peanuts est concurrencé par d'autres comics strips très populaires, comme Calvin et Hobbes et Garfield.
En 1987, National Cartoonist Society remet à Schulz le Golden Brick Award. Environ d'albums du comic ont alors été vendusArticle du journal L'Humanité Disparition. Charles M. Schulz est décédé la veille de la dernière apparition de ses Peanuts. - Olivier Ka. En 1990, à l'occasion du quarantième anniversaire des Peanuts, une grande exposition rétrospective est consacrée, au musée des arts décoratifs de Paris dans le palais du Louvre. Schulz y reçoit la médaille du Commandeur des Arts et des Lettres des mains de Jack Lang, alors ministre de la culture Article du New York Times (Susan Heller Anderson - ).
Fin
Alors qu'il vieillit, Charles M. Schulz résiste pour ne pas prendre de pause et continue à écrire quotidiennement. Il explique, alors qu'il a :
En , juste avant ses , Schulz est victime d'un infarctus et est conduit à l'hôpital. Les médecins lui découvrent un cancer du côlon qui s'est métastasé à l'estomac. Il subit une opération qui le débarrasse en partie des métastases. Mais il ne voit plus clair et a du mal à lire. Le , il annonce qu'il se retire du dessin. Il déclare : Le dernier strip quotidien est édité le (les strips écrits par Schulz étaient publiés quelques semaines après). Charles M. Schulz s'éteint après, le , dans son lit. Le lendemain est éditée la dernière page dominicale, où il fait ses adieux :
thumb|300 px|right|Charles M. Schulz Museum à Santa Rosa, en Californie.