Le réseau hydrographique de la Charente est l'ensemble des éléments naturels (rivières) ou artificiels (canaux), drainant le territoire du département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine, France). Il regroupe ainsi des cours d'eau ou canaux situés entièrement ou partiellement en Charente.
Le réseau hydrographique s’étend sur un linéaire de près de de cours d'eau dont 73 de longueur supérieure à . Caractéristiques
Cours d'eau
Notion de cours d'eau
Jusqu'en 2016, aucun texte législatif ne définissait la notion de cours d’eau.. Ce n'est qu'avec la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages que cette lacune est comblée. L'article 118 de cette loi insère un nouvel article L. 215-7-1 dans le code de l'environnement précisant que .. Ainsi les trois critères cumulatifs caractérisant un cours d'eau sont : la présence et la permanence d’un lit naturel à l’origine, ce qui distingue les cours d’eau (artificialisés ou non) des fossés et canaux creusés par la main de l’homme ; l’alimentation par une source ; la permanence d’un débit suffisant une majeure partie de l’année, critère qui doit être évalué en fonction des conditions climatiques et hydrologiques locales.
Bassins versants et cours d'eau
Les bassins hydrographiques sont découpés dans le référentiel national BD Carthage en éléments de plus en plus fins, emboîtés selon quatre niveaux : régions hydrographiques, secteurs, sous-secteurs et zones hydrographiques. Le département est découpé en trois régions hydrographiques : « la Loire de la Vienne à la Maine », au nord-est du département au sein du bassin Loire-Bretagne, « la Charente » et la « Dordogne » au sein du bassin Adour-Garonne.
Les secteurs et sous-secteurs peuvent être regroupés dans des bassins versants homogènes. Dans le bassin Adour-Garonne, un découpage hydrographique spécifique a été défini pour les eaux de surface par le SDAGE 1996 et conservé dans le SDAGE 2010 puis 2016 : les unités hydrographiques de référence (UHR). La logique de définition repose sur les trois points suivants : une cohérence hydrogéographique forte, une taille moyenne et un bon cadrage de ces unités par les réseaux nodaux du SDAGE (qualité et quantité)..
Le territoire départemental peut ainsi être décomposé en trois grands bassins versants et cinq UHR : le bassin de la Loire, d'une très grand superficie () et qui s'étend sur plus de 20 % du territoire national, avec, dans le département de la Charente, une très petite partie au nord-ouest du département, drainé par la Vienne ; le bassin de la Charente, le plus petit bassin versant d’Adour-Garonne (), occupe une grande partie ouest et centre du territoire départemental et se répartit dans le département en trois UHR : Charente amont (), drainée par la Charente et la Bonnieure, Charente aval (), drainée par la Charente et le Né, et Tardoire-Touvre (), drainée par la Tardoire, le Bandiat et la Touvre. ; le bassin de la Dordogne, plus grand bassin versant d'Adour-Garonne () après celui de la Garonne, occupe le sud du département et se subdivise en deux UHR : Dronne, drainée par la Dronne, la Lizonne et l'Auzonne, et Dordogne atlantique, drainée par le Lary et le Palais.
Le réseau hydrographique s’étend sur un linéaire de près de de cours d'eau dont 73 de longueur supérieure à .
Hydrologie des principaux cours d'eau Les données hydrologiques des principaux cours d'eau du département des Deux-Sèvres sont acquises grâce à un ensemble de de mesure et stockées dans une base de données nationale dénommée Banque Hydro. Les hauteurs d'eau sont mesurées à des pas variables et permettent de calculer, par station, les débits instantanés, journaliers, mensuels, etc. à partir des valeurs de hauteur d'eau et des courbes de tarage (relations entre les hauteurs et les débits). Ces valeurs sont actualisées à chaque mise à jour d'une hauteur ou d'une courbe de tarage (addition, précision supplémentaire, correction, etc.). Ces de mesures sont les suivantes :
Code StationLibellé de la stationR1054010Station R1054010La Bonnieure à Saint-Ciers-sur-Bonnieure [Villebette]R2340010Station R2340010La Charente à AngoulêmeR3140010Station R3140010La Charente à CognacR3090020Station R3090020La Charente à Jarnac [Mainxe]R2000000Station R2000000La Charente à MansleR0020011Station R0020011La Charente à Suris [Pont de Suris]R2240010Station R2240010La Charente à Vindelle [La Côte]R3010010Station R3010010La Charreau à Voeuil-et-Giget [Pont Neuf]R2110020Station R2110020La Couture [ruisseau de Chillé] à Oradour [Fraignée]R2110040Station R2110040La Couture [total] à OradourR2110030Station R2110030La Couture à Oradour [Le Maine]P8312510Station P8312510La Dronne à Aubeterre-sur-Dronne [Aubeterre]P8312520Station P8312520La Dronne à BonnesP8284010Station P8284010La Lizonne à Saint-Séverin [Le Marchais]R1302510Station R1302510La Tardoire à Coulgens [Pont de Coulgens]R1090401Station R1090401La Tardoire à la Rochefoucauld [Lacou]R1192530Station R1192530La Tardoire à MontbronR1192510Station R1192510La Tardoire à Montbron [Moulin de Lavaud]R2335050Station R2335050La Touvre [résurgence] à Gond-Pontouvre [Foulpougne]P8394310Station P8394310La Tude à Médillac [Pont de Corps]L1004010Station L1004010La Vienne [le Goire] à Saint-Maurice-des-LionsL0940610Station L0940610La Vienne à ConfolensL0920620Station L0920620La Vienne à Étagnac [Chatenet]L0920610Station L0920610La Vienne à Étagnac [Pont de Pilas]R3244020Station R3244020L'Antenne à Saint-Sulpice-de-CognacR0210010Station R0210010L'Argent-Or à PoursacR2100010Station R2100010L'Aume à Oradour [Moulin de Gouge]R1264010Station R1264010Le Bandiat à Feuillade R1264020Station R1264020Le Bandiat à MarthonR4122522Station R4122522Le Né [bief principal] à Salles-d'Angles [Les Perceptiers]R4122521Station R4122521Le Né [bras rive gauche] à Salles-d'Angles [Les Perceptiers]R4122523Station R4122523Le Né [total] à Salles-d'Angles [Les Perceptiers]R4062510Station R4062510Le Né à Nonaville [Pont à Brac]R0250010Station R0250010Le Son-sonnette à Saint-FrontL1113020Station L1113020L'Issoire à Esse
Cartographie des cours d'eau au titre de la police de l'eau En lien avec la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, publiée au Journal officiel du , définissant la notion de cours d’eau, une instruction du gouvernement du . demande aux services d’État de mettre en place une cartographie du réseau hydrographique dans chaque département, afin de permettre aux riverains concernés de distinguer facilement les cours d’eau des fossés, non soumis aux mêmes règles : une intervention sur un cours d’eau allant au-delà de l’entretien courant ne peut en effet se faire que dans le cadre d’une déclaration ou autorisation « loi sur l’eau ».. Concernant la Charente, un comité de pilotage regroupant l'ensemble des partenaires et intervenants sur l'eau a été mis en place le . Un groupe technique a été créé (DDT, ONEMA, SIAH) afin de rassembler l'ensemble des informations (superposition des différentes cartes disponibles). Une carte statique de repérage des cours d'eau est disponible depuis 2016.. Une cartographie interactive est disponible sur le SIGORE, le portail cartographique de l'environnement en région Nouvelle-Aquitaine..
Domaine public fluvial Les seuls cours d'eau domaniaux dont les berges et le fond appartiennent et sont entretenus par l’État sont :
Plans d'eau et milieux aquatiques Plans d'eau L'appellation plans d'eau désigne l'ensemble des retenues d'eau stagnante, d'eau plane, quelle que soit leur surface (minimale ou maximale) et quelle que soit leur profondeur et comprend donc aussi bien les trous d'eau de quelques dizaines ou centaines de que les grands lacs. Les étangs sont extrêmement nombreux et disséminés. L'imperméabilité transforme toutes les anciennes carrières d'argile et autres excavations après extraction, mais aussi les sablières du Sud-Charente en plans d'eau et étangs de pêche. Certains de ces étangs sont des ZNIEFF où sont effectués des comptages d'oiseaux (étangs d'Orlut sur Cherves-Richemont par exemple).
Les lacs de Haute-Charente, ont été créés par deux barrages, le barrages du Mas Chaban et le barrage de Lavaud construits en 1989 et 1990. Le lac de Lavaud est situé sur la Charente. Le lac du Mas-Chaban situé à à l'ouest est sur la Moulde, à en amont de la confluence Charente/Moulde sur les communes de Lésignac-Durand et Massignac. Ils occupent 400 hectares et ont pour but de soutenir l'étiage du fleuve durant l'été. Les autres principaux plans d'eau sont les suivants : le plan d'eau de la Grande Prairie (), le Domaine de la Grole (), l'Étang de Brigueuil (), l'Étang de la Chauffie (), l'Étang du moulin de planchas (), l'Étang Arnaud (), le lac des Saules (), le plan d'eau du Bois Jardinet () ..
Milieux humides A la différence des cours d’eau, les eaux des mares et étangs sont stagnantes. La profondeur est faible de sorte que la lumière, qui permet la photosynthèse, pénètre souvent jusqu’au fond.
Les zones de marais étaient nombreuses dans l'ouest du département (comme l'attestent les toponymes « pallud »). Il s'agissait des vallées du Né et de l'Antenne et de zones inondables transformées en étang autour du Fossé du Roy ainsi que d'une vaste zone dans le secteur de Gensac-la-Pallue (à la Pallue, il y a deux marais, de Rulle et Grand marais et une rivière naît d'une source dans les marais). Actuellement on étudie la faisabilité de rendre à ces marais leur rôle de zones d'expansion du fleuve Charente et ainsi de diminuer l'impact des inondations dans les zones bâties. De 1998 à 2002, Poitou-Charentes Nature a engagé un programme régional d’inventaire des mares du Poitou-Charentes, avec l’aide de ses associations membres et de leurs bénévoles.. Le nord-ouest et le sud-ouest du territoire départemental présente une densité importante de mares..
Gouvernance de bassin Bassins administratifs La gestion de l’eau, soumise à une législation nationale et à des directives européennes, se décline par bassin hydrographique, au nombre de sept en France métropolitaine, échelle cohérente écologiquement et adaptée à une gestion des ressources en eau. La Vienne est découpé en deux bassins : le bassin Loire-Bretagne sur la plus grande partie du territoire et le bassin Adour-Garonne, qui sont à la fois des circonscriptions administratives de bassin, territoires de gestion dont les limites sont des limites communales, et des bassins hydrographiques, territoires hydrographiques dont les limites sont des lignes de partage des eaux. Chaque circonscription de bassin, également appelée bassin Directive-cadre sur l'eau (bassin DCE), est découpée en sous-bassins administratifs, dénommés aussi sous-bassins DCE, qui constituent un niveau intermédiaire d’agrégation entre la masse d'eau et le bassin Directive-cadre sur l'eau. La Charente est découpé en trois sous-bassins : « Vienne-Creuse » et « Loire aval et côtiers vendéens » dans le bassin Loire-Bretagne et « Charente » dans le bassin Adour-Garonne.
Acteurs La planification de l’eau s’appuie sur une gouvernance qui fait intervenir différents acteurs que l’on peut schématiquement répartir en quatre groupes : sphère de décision, instances de préparation des décisions, instances techniques et partenaires du bassin associés à la planification. La sphère de décision comprend le comité de bassin et le préfet coordonnateur de bassin. Instances de bassin Les instances de bassins sont constituées de deux entités : le comité de bassin, une instance de concertation qui regroupe différents acteurs, publics ou privés, agissant dans le domaine de l’eau : collectivités, État, usagers, personnes qualifiées, milieux socioprofessionnels et le préfet coordonnateur de bassin. Le département de la Charente dépend, selon les parties de son territoire, des comités de bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne ;