Le mammouth de Durfort, aussi connu comme « l'éléphant de Durfort », est un squelette complet de mammouth méridional (Mammuthus meridionalis) découvert à un kilomètre du village de Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac (département du Gard) en 1869« Détails et illustrations du lieu de la découverte », sur geosciencesetarcheologieenpaysdoc.midiblogs.com (consulté le ). Pièce emblématique de la galerie de Paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, où elle est installée depuis son ouverture en 1898, elle (complet à 90 % ou 95 %).

Description thumb|left|. Son ancienneté est estimée entre un million d'années et . Il s'agirait d'un jeune mâle d'une trentaine d'années, haut de au garrot, d'une longueur de six mètres et d'un poids estimé à dix tonnes. Il a des défenses de trois mètres de long.

Historique En 1869, cette espèce disparue était connue sous le nom d'« éléphant méridional » (Elephas meridionalis), mais plus tard elle est rangée dans le genre Mammuthus.

Le mammouth est découvert lors de travaux de voirie, en , par Paul Cazalis de Fondouce, ingénieur de Centrale, et Jules Ollier de Marichard, archéologue et inspecteur des Monuments historiques, alors qu'ils se rendent à leurs fouilles dans une caverne, la « grotte des morts ». Ils observent, sur un tas de déblais de cantonniers, des débris ressemblant à de grandes dents. Ils interrogent alors deux cantonniers et apprennent d'eux qu'ils avaient déjà cassé les deux défenses du mammouth en les prenant pour de vulgaires tuyaux de canalisations d'eau.. Le crâne est extrait, mais l'hiver puis la guerre franco-allemande de 1870 interrompent les fouilles : le chantier reste ouvert aux intempéries.

gauche|vignette|Panneau installé sur le site où a été découvert « l'éléphant de Durfort » (départementale D982, sous ce qui est, aujourd'hui, un petit bassin remblayé et cimenté au milieu d'un bois privé).

En 1872, le propriétaire du champ monnaye son accord pour la reprise des fouilles par Jules Ollier de Marichard et Paul Cazalis de Fondouce. Pendant trois ans, le champ de fouille (, sur neuf mètres de profondeur) va permettre de découvrir quatre mammouths, quatre hippopotames, un rhinocéros éteint , cinq bisons européens, quatre cerfs, un cheval, un chien et un daim. Seul un squelette de mammouth ne se désagrège pas à l'air.

Après l'excavation complète du fossile, le , son transport vers Paris est envisagé pour l'exposition universelle de 1878. Un transport par bateaux est envisagé, mais ne se fait pas ; Paul Gervais craint qu’un autre transport n'abîme le squelette.

Le squelette est monté une première fois en 1873 par le personnel du Liste des chaires du laboratoire d'anatomie comparée, dans la Rotonde de la ménagerie du Jardin des plantes alors appelée « la serre de la girafe » (en souvenir de la girafe Zarafa). En 1885, il est remonté dans l'ancienne galerie d'Anatomie que Georges Cuvier avait ouverte au public en 1806 (dont il reste de nos jours le bâtiment dit « de la baleine »). Il est transporté ensuite à la galerie de Paléontologie, que le Muséum inaugure en 1898. Il y est exposé depuis.

alt=Vue de profil du squelette du mammouth de Durfort|gauche|vignette|Vue de profil du squelette du mammouth de Durfort, après la restauration de 2022-2023.

Une étude préliminaire menée en 2020 montre que les montages successifs du spécimen avant son installation définitive dans la galerie, les variations de température et d’hygrométrie, la pollution urbaine, l’ancien chauffage au charbon ainsi que les contacts directs du public ont encrassé et fragilisé le squelette. Le spécimen fait l'objet d'une restauration en 2022 et 2023 par la société de services muséographiques Aïnu, après un appel à financement participatif ( euros récoltés en trois mois auprès de donateurs) qui permet à certains d'entre eux d'avoir un os à leur nom., à l'occasion de laquelle les technologies d'investigation modernes sont utilisées pour en apprendre davantage sur l'animal, les circonstances de sa mort et le milieu dans lequel il vivait.. .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Mammouth de Choulans (découvert en 1859) Mammouth de Baulou (découvert en 1901) Mammouth de l'Aa (découvert en 1908) Mammouths de Changis (découvert en 2012)

Liens externes

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