Alicia Penalba, née Alicia Rosario Pérez Peñalba est une sculptrice non figurative née le à San Pedro en Argentine, et morte le à Saint-Geours-de-Maremne (Landes).
Biographie Alicia Penalba naît à San Pedro, dans la province de Buenos Aires, de parents espagnols. Au long des déplacements de son père, constructeur de voies ferrées, elle passe la plus large part de son enfance au Chili, trois ans en Patagonie, puis dans la province de San Juan, au pied de la cordillère des Andes.
Très jeune elle manifeste son intérêt pour le dessin et la peinture. Elle échappe à quatorze ans à la sévérité du climat familial en trouvant un emploi de secrétaire et s'inscrit à des cours du soir de dessin. En 1930, elle entre à l'école des beaux-arts de Buenos Aires où elle obtient le diplôme de professeur de dessin et de peinture, participe à des salons et à des expositions collectives, obtenant plusieurs prix nationauxJörn Merkert, Alicia Penalba, Paris, Éditions Carmen Martinez, 1977, ..
Lauréate en 1948 d'une bourse du gouvernement français, Alicia Penalba s'installe en novembre de cette année-là à Paris. Elle s'inscrit à l'école des beaux-arts en gravure et, à partir de 1949, commence à sculpter dans l'atelier de Condoy puis travaille durant trois ans dans l'atelier de Zadkine à l'académie de la Grande Chaumière. Elle découvre alors les œuvres de Jean Arp, Brancusi, Giacometti et fait la connaissance d'Étienne-Martin, François Stahly, Étienne Hajdu, Marta Colvin, Marino di Teana avec qui elle participera à de nombreuses expositions collectives. En 1950, elle s'installe dans un petit atelier à Montrouge, rapporte Valentin Grivet (« Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, 11 janvier 2019, ..
Alicia Penalba crée en 1951 sa première sculpture non figurative et détruit la plupart de ses premiers travaux. À partir de 1953, elle entreprend, autour de rythmes verticaux, des séries de Totems (Surveillant des rêves, Le Voyeur des Nuits) ou de Liturgies végétales et présente sa première exposition personnelle à Paris en 1957 à la galerie du Dragon.
Sur la fin des années 1950, dans la série des Doubles, ces rythmes se fractionnent en éléments distincts entre lesquels joue la lumière. À partir de 1959, elle intègre son travail à l'architecture avec des constructions s'étirant verticalement et constituées de volumes obliques en équilibre instable. La galerie Claude Bernard lui consacre en 1960 une monographie mais, soucieuse d'indépendance, elle mettra fin à cette collaboration.
En 1961 elle reçoit le prix international de sculpture de la Biennale de São Paulo au Brésil. Ses expositions se multiplient, notamment à New York (avec Eduardo Chillida, Étienne Martin et Hajdu), Zurich, Rio de Janeiro, Otterlo, Eindhoven, Washington, Bâle, Lausanne, Paris (avec les peintres Wifredo Lam, Simona Ertan et Roberto Matta), Rome, Milan, Genève, Bruxelles, Caracas. thumb|left|Fontaine monumentale à Leverkusen.
Par la suite Alicia Penalba développe, généralement en bronze, plusieurs séries dans lesquels les éléments, resserrés sur eux-mêmes (Fruits de mer) ou éclatés, se rassemblent, dans les années 1960, en un mouvement ascensionnel de volumes horizontaux et obliques, en équilibre instable, suggérant l'élan d'un envol (Ailées), que commente de façon poétique Pablo Neruda. Ses œuvres sont introduites dans un grand nombre de musées ou de parcs de sculptures de France, à Paris et en province (université de Bordeaux), d'Allemagne, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse (Centre Paul-Klee à Berne), d'Italie, d'Argentine, du Pérou et des États-Unis.
Dans les années 1970, Alicia Penalba se tourne également vers les arts décoratifs. Elle crée cinq formes de vase en porcelaine, une sculpture en édition limitée en grès, et les décors Diabolico et Gnome pour des coupes et des assiettes en porcelaine, ensemble réalisé avec la manufacture nationale de Sèvres. On lui doit aussi un ensemble de bijoux (à partir de 1964), des tapis, des tapisseries (manufacture des Gobelins) et des lithographies.
Alicia Penalba meurt à la suite d'un accident le , écrasée dans sa voiture par un train sur un passage à niveau des Landes, résume Valentin Grivet (« Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, 11 janvier 2019, ., alors qu'elle se rendait avec son compagnon Michel ChiloÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à l'enterrement du père de son ami.
Jugement
Élèves Osvaldo Rodríguez.
Expositions Expositions personnelles
Quelques expositions collectives D'après Michel Seuphor, Alicia PenalbaÉdition trilingue, en français, en allemand et en anglais., Amriswil, Bodensee Verlag, 1960, et Alicia Penalba, Paris, Éditions Carmen Martinez, 1977, .
1952 : Salon de mai, Paris 1952-1957 : Salon de la jeune sculpture, Paris 1953, 1956, 1957 et 1959 : Biennale d'Anvers, Parc de Middlehelm, Anvers 1955 et 1957 : « 15 sculpteurs », galerie Suzanne de Coninck, Paris 1955 et 1958 : Salon des réalités nouvelles, Paris 1956 : « Sculpture d'un temps autre » (Michel Tapié), galerie Intérieure, Angers ; « École de Paris », Japon 1957 : Sculpture d'un temps autre, musée de Tours, Tours ; « Art et industrie française », Kunstgewerbemuseum, Zürich ; Exposition internationale du musée Rodin, Paris 1958 : « Sculpteurs », galerie Breteau, Paris ; biennale de sculpture, Yverdon ; musée de Charleroi, Charleroi ; Kunsthalle Recklinghausen ; « Sept sculpteurs », musée Guggenheim, New York 1958 et 1959 : « Sculpture internationale », galerie Claude Bernard, Paris 1959 : documenta 2, Kassel ; « Drei Bildhauer aus Paris (Cousins-Hajdu-Penalba) », Museum, Haus Lange, Krefeld ; « Sculptures et dessins », Fine Arts Gallery, New York ; Biennale Triveneta, Padova 1960 : « De Daumier à nos jours », musée de Saint-Étienne, Saint-Étienne 2013 : Sculptrices, Fondation Villa Datris.
Musées et collections publiques Allemagne : Staatsgalerie, Stuttgart ; Museum Morsbroich, Leverkusen Argentine : Colección de Arte Amalia Lacroze de Fortabat, Buenos Aires ; Colección de Arte de la Cancillería Argentina, Buenos Aires ; Fundación Federico Jorge Klemm, Buenos Aires ; Museo Nacional de Bellas Artes, Buenos Aires ; Museo de Arte Latinoamericano, Buenos Aires Autriche : Museum Moderner Kunst - Stiftung Ludwig, Vienne Belgique : Middelheimmuseum, Anvers Brésil : Museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro Chili : Museo de la Solidaridad Salvador Allende, Santiago États-Unis : Albright-Knox Art Gallery, Buffalo ; Bechtler Museum of Modern Art, Charlotte, NC ; Brooklyn Museum, New York ; Cleveland Museum of Art, Cleveland ; Dallas Museum of Fine Arts, Dallas ; Fogg Museum, Harvard Art Museums, Cambridge ; Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington D.C., Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas ; Museum of Art, Carnegie Institute, Pittsburgh ; New Orleans Museum of Art, Nouvelle-Orléans ; Palm Springs Art Museum, Palm Springs ; The Phillips Collection, Washington D.C. ; Yale University Art Gallery, New Haven France : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris ; Musée National d’Art Moderne, Centre National d’Art et Culture Georges Pompidou, Paris ; Musée MUba Eugène Leroy, Tourcoing ; Musée Unterlinden, Colmar Italie : Museo dei Bozzetti Pierluigi Gherardi, Pietrasanta Japon : The Hakone Open-Air Museum, Kanagawa Pays-Bas : Rijksmuseum Kröller-Müller, Otterlo ; Van Abbemuseum, Eindhoven Suisse : Fondation Pierre Gianadda, Martigny ; Universität St. Gallen, Saint Gall ; Skulpturenpark Martha Müller, Zentrum Paul Klee, Berne Uruguay : Fundación Pablo Atchugarry, Maldonado Venezuela : Museo de Bellas Artes, Caracas
Réalisations monumentales 1963 : 12 sculptures en béton pour les nouveaux bâtiments de la Hochschule de Saint-Gall 1965 : fontaine monumentale pour le Berufschulezentrum de Leverkusen 1970 : fontaine et relief en bronze pour le nouveau siège de la société Roche, île de la Jatte, Neuilly 1972 : sculpture pour le nouveau siège de M.G.IC. à Milwaukee; sculpture pour les jardins du domaine universitaire de Talence-Bordeaux
Notes et références
Voir aussi Éléments de bibliographie : source utilisée pour la rédaction de cet article Monographies Patrick Waldberg, Penalba, galerie du Dragon, Paris, 1957 Michel Seuphor, Alicia Penalba (édition trilingue : français, allemand et anglais), Amriswil, Bodensee Verlag, 1960 Jörn Merkert, Alicia Penalba, Paris, éditions Carmen Martinez, 1977 Frédérick Aubourg, Alicia Penalba. Vers l'envol, Paris, Cohen&Cohen, 2021 Victoria Giraudo, Alicia Penalba : Paris après-guerre, Paris, Ed. Fage, 2022
Catalogues d'expositions Alicia Penalba, Otto Gerson Gallery, New York, 1960 Alicia Penalba, galerie Charles Lienhard, Zürich, 1961 Alicia Penalba, museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro, 1962 Alicia Penalba, Devorah Shermann gallery, Chicago, 1962 Penalba, biographie par Patrick Waldberg, pensées de Penalba, Rijkmuseum Kröller-Müller, Otterlo - Stadelijk van Abbemuseum, Eindhoven - Städtisches Museum, Leverkusen, 1964 Penalba, sculpture 1960-1965, préface de Michel Seuphor, réflexions d'Alicia Penalba, galerie Creuzevault, Paris, 1965 Penalba, préface de Roger van Gindertael, galeria Bonino, New York, 1966 Penalba, The Phillips Collection, Washington, 1966 Alicia Penalba, galerie d'Art Moderne, Bâle - galerie Alice Pauli, Lausanne, 1967 Totems et Tablous, Lam, Matta, Penalba, introduction d'André Berne-Joffroy, préface de Patrick Waldberg, textes de Luce Hoctin, Michel Seuphor, Édouard Jaguer, Alicia Penalba, André Kuenzi, musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1968 Penalba, préface de Giovanni Caradente, Nuovo Carpine, Rome - Toninelli Arte Moderna, Milan, 1969 Penalba, notes d'Alicia Penalba, galerie Alice Pauli, Lausanne - galerie d'Art moderne, Bâle, 1971 Penalba, textes de Pablo Neruda, Angel Bonomini et Pierre Descargues, Artel Galerie, Genève, 1975 Penalba, préface de René Deroudille, galerie de France et du Benelux, Bruxelles, 1975 Alicia Penalba, esculturales originales 1953-1969, Arte/Contacto, Caracas, 1976 Alicia Penalba, textes d'André Berne-Joffroy, Jacques Goldstein, Denys Chevalier, Michel Ragon, Dorothea Christ, musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1977 (60 p.) Alicia Penalba, Paris, éditions galerie Villand et Galanis, 1977 Alicia Penalba : Obras de su Atelier (texte en espagnol, anglais et français), Editorial Nexos, Buenos Aires, 2002 (78 p.) Alicia Penalba, escultora, MALBA, Buenos Aires, 2016 Alicia Penalba, Le langage des formes, Galerie A&R Fleury, Paris. Préface de François Vitrani, DG de la Maison de l’Amérique latine, Paris, texte de Victoria Giraudo, ex conservatrice en chef du MALBA, Buenos Aires, Paris, 2021
Articles Valentin Grivet, « Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, , Rafael Pic, « Alicia Penalba, "Le langage des formes", Galerie A&R Fleury, dans Le Quotidien de l'Art , Paris, jeudi
Ouvrages généraux Michel Seuphor, La Sculpture de ce siècle, Éditions du Griffon, Neuchâtel, 1959 Michel Ragon et Michel Seuphor, L'Art abstrait, 4, 1945-1970, Paris, Maeght éditeur, 1974 Aube Lardera, « Alicia Penalba », dans Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La Sculpture moderne en France, Paris, Arted éditions d'Art, 1982 Autour de Juana Muller, sculptrices et peintres à Paris 1940-1960 (Marta Colvin, Charlotte Henschel, Elvire Jan, Vera Pagava, Alicia Penalba, Helen Phillips et Irène Zack), Maison des arts, parc Bourdeau, Antony, avril-
Articles connexes Artistes sud-américaines ayant séjourné ou s'étant installées à Paris : Marta Colvin Juana Muller Marie-Thérèse Pinto
Liens externes Alicia Penalba Online Catalogue (finalisation prévue en ) Alicia Penalba Research Center (catalogue de vente du marchand d'art Wiegersma)
Photos du site de la Réunion des musées nationaux