(en français, La Chauve-Souris) est une opérette viennoise de Johann Strauss II composée en 1874 et créée au Theater an der Wien de Vienne le .
À l'origine du livret, une pièce autrichienne de 1851, (La Prison) adaptée par Henri Meilhac et Ludovic Halévy en 1872 sous le titre Le Réveillon. L'œuvre retourne à Vienne, où l'histoire est transformée par Richard Genée et . Strauss achève la partition en 42 jours et connait le succès dès sa sortie.
Créée en français à Paris le sous le titre La Tzigane, dans une version remaniée de Delacour et Wilder, elle ne rencontre le succès qu'à partir de 1904 dans une nouvelle adaptation de Paul Ferrier.
L'œuvre Argument L'action se passe à Vienne, à la fin du
Acte 1 : dans la maison de la famille Eisenstein On entend, venant du dehors, une sérénade chantée par Alfred, adressée à Rosalinde (épouse de Gabriel von Eisenstein), avec qui il a eu autrefois une liaison (Täubchen das entflattert ist). Adèle, la servante, fait son entrée, tenant à la main une lettre de sa sœur Ida. Celle-ci, qui fait partie d'une troupe de ballet, l'invite à la rejoindre à une soirée donnée chez un riche aristocrate russe, le prince Orlofsky. Adèle est tout excitée et décide de demander à sa maîtresse la permission de s'absenter en prétendant devoir rendre visite à sa tante malade.
Mais Rosalinde est bouleversée par la sérénade d'Alfred, d'autant plus que son mari doit le soir même se rendre à la prison, car il a été condamné à une peine de cinq jours pour outrage à fonctionnaire. Elle ne peut pas se passer de sa domestique dans ces circonstances. Adèle quitte la pièce en pleurant, et Alfred entre. Il réussit à convaincre Rosalinde d'accepter qu'il lui rende visite une fois que son mari sera parti en prison.
À peine est-il parti qu'Eisenstein entre, en compagnie de son avocat, le Dr Blind. Ce dernier s'est montré si maladroit que la peine de prison d'Eisenstein est passée de cinq à huit jours, et Eisenstein est naturellement furieux (Nein, mit solchen Advocaten). L'avocat s'en va, et Eisenstein ordonne à Adèle de lui commander un bon repas, et à Rosalinde d'aller lui chercher de vieux habits qu'il portera en prison.
Entre le Docteur Falke, un ami d'Eisenstein, qui lui propose de se rendre costumé à la soirée du prince Orlofsky, avant de se rendre en prison (Komm mit mir zum Souper). Eisenstein accepte, et lorsque Rosalinde revient avec les vieux habits, elle est très étonnée qu’Eisenstein lui annonce que finalement, il se rendra en prison en tenue de soirée. Il quitte la maison après des adieux déchirants entrecoupés d'un air de polka, et Rosalinde annonce à Adèle qu'elle peut finalement disposer de sa soirée.
Adèle partie, le champ est libre pour Alfred, qui se met à l'aise et se sert à boire (Trinke, Liebchen, trinke schnell). Mais Frank, le nouveau gouverneur de la prison, arrive pour emmener Eisenstein. Pour ne pas être compromise, Rosalinde est obligée de prétendre qu'Alfred est son époux (Mein Herr, was dächten Sie von mir), et celui-ci accepte de se laisser mener en prison, non sans en profiter pour obtenir plusieurs « baisers d'adieu » (Mein schönes, großes Vogelhaus).
Acte 2 : chez le prince Orlofsky thumb|upright=1.1|Frank (Georg Klimbacher) et Adele (Beate Ritter) dans l'Air du Champagne d'Orlofsky, finale acte II. Auditorium Maurice-Ravel, décembre 2015
La fête bat son plein (Ich Iade gern mir Gäste ein). Falke arrive avec Eisenstein, qui se présente sous le nom de « marquis Renard ». Il est très étonné car il croit reconnaître Adèle, la servante de sa femme, parmi les invitées. Mais Adèle entonne un air (Mein Herr Marquis) dans lequel elle s'étonne qu'on puisse prendre pour une domestique une personne aussi distinguée qu'elle, et se moque d'Eisenstein, en compagnie des autres invités. Frank est également présent à la soirée, et prétend être un Français, le « chevalier Chagrin ».
Eisenstein ne reconnait pas Rosalinde, qui arrive, à l'instigation de Falke, masquée, en prétendant être une comtesse hongroise. Rosalinde est naturellement très surprise de constater qu'Eisenstein n'est pas en prison. Eisenstein flirte avec sa femme, et celle-ci finit par lui soutirer sa montre (Dieser Anstand, so manierlich).
Lors du souper, Eisenstein raconte la mauvaise farce qu'il a faite à son ami Falke lors du dernier carnaval : Falke était déguisé en chauve-souris, et Eisenstein l'abandonna endormi, ce qui l'obligea ensuite à regagner son domicile sous son déguisement, en plein jour, sous les railleries des passants.
La soirée se termine dans la joie, par un hymne au champagne (Im Feuerstrom der Reben) et tous les invités se congratulent (Brüderlein). Eisenstein et Frank partent au petit matin pour rejoindre la prison, ignorant chacun l'identité de l'autre.
Acte 3 : à la prison Frank rejoint son bureau à la prison. Adèle arrive, en compagnie de sa sœur Ida, elle souhaite devenir actrice et demande au « chevalier » de l'aider dans sa reconversion (Spiel' ich die Unschuld vom Lande). Eisenstein arrive, et Frank a beaucoup de peine à admettre que le marquis Renard est en fait Eisenstein, et se demande qui est le « Eisenstein » qu'il a emprisonné la veille. Eisenstein se le demande aussi, et il emprunte la perruque de son avocat le Dr Blind qui vient d'arriver afin de tirer l'affaire au clair.
Rosalinde arrive enfin, pour faire sortir Alfred de prison. Eisenstein, toujours déguisé, les interroge. Rosalinde se plaint de l'infidélité de son mari. Eisenstein se découvre, mais est confondu lorsque Rosalinde sort la montre, preuve de son inconduite avec la « comtesse hongroise ». Falke explique avoir voulu piéger son ami, c'est la vengeance de la chauve-souris !
Personnages PersonnageComme il existe de nombreuses versions en anglais de l'opéra, les noms des personnages peuvent varier occasionnellement : Ida, par exemple, est appelée Sally dans la traduction de Schirmer ; voir .VoixDistribution lors de la création, le 5 avril 1874(Chef d'orchestre : Johann Strauss II)Gabriel von Eisenstein ténor Jani SzikaRosalinde, son épousesopranoMarie GeistingerAdele, servante de RosalindesopranoCaroline Charles-HirschIda, sœur d'Adele sopranoSrta. JulesAlfred, un maître de chant ténor Hans RüdingerDr. Falke, un notaire baryton Ferdinand LebrechtDr. Blind, un avocat ténorCarl Matthias RottFrank, gouverneur de la prison barytonCarl Adolf FriesePrince Orlofsky, noble russe mezzosoprano travestiIrma Nittinger Ivan, le page du prince rôle parléSr. GärtnerFrosch, un gardien de prison rôle parléAlfred SchreiberPersonnages qui viennent au bal et serviteurs de la maison du prince Orlofsky (chœur)
Adaptations vignette|Die Fledermaus, Düsseldorf, 1954. En , les représentations de Fledermaus au Festival de Salzbourg provoquent un tollé dans le public face à une mise en scène de Hans Neuenfels, qui voulait rappeler son passé nazi à l'Autriche. C'était la dernière production du mandat de Gerard Mortier à la direction du festival de Salzbourg et cette « provocation » est apparue comme la volonté de régler ses comptes avec la presse locale, qui n'a pas beaucoup soutenu sa politique artistique. Il est courant de modifier le livret, notamment dans les parties dialoguées, pour l'adapter à l'actualité : dans la production mise en scène par Coline Serreau en 2000 à l'Opéra Bastille (et reprise en 2003), le gardien de prison Frosch incarné par Bernard Alane parle d'un de ses prisonniers, M. Total, « qui n'arrête pas de faire des boulettes », allusion au naufrage de l'Erika. En 2014 à l'Opéra Comique, c'est la Chauve-Souris qui est donnée, autrement dit la version française réadaptée par Pascal Paul-Harang. La mise en scène d'Ivan Alexandre applique à la lettre l'idée que l'« opérette est une œuvre ouverte ». Réalité et fiction se mêlent sur scène et les références à l'actualité sont incessantes tandis que l'art lyrique lui-même est l'occasion de belles parodies.
Ballet Roland Petit crée en 1979 un ballet La Chauve-souris qui suit fidèlement l'opérette de Johann Strauss fils pour la musique et l'argument.
Cinéma et télévision 1950 : Tom et Jerry à l'Hollywood Bowl (Tom and Jerry in the Hollywood Bowl), court métrage d'animation de la série Tom et Jerry basé sur l'ouverture de l'opérette 1979 : La Chauve-Souris (), téléfilm de Yan Frid
Numéro musicaux Ouverture Premier acte n° 1a, Introduction - Täubchen, das entflattert ist (Alfred, Adele) n° 1b, Duettino - Ach, ich darf nicht hin zu dir (Rosalinde, Adele) , Trio - Nein, mit solchen Advokaten (Eisenstein, Rosalinde, Blind) , Duo - Komm mit mir zum Souper (Dr. Falke, Eisenstein) , Trio - So muss allein ich bleiben (Rosalinde, Adele, Eisenstein) , Final I - Trinke, Liebchen, trinke schnell (Alfred, Rosalinde, Frank)
Deuxième acte , Chœur et Ensemble - Ein Souper heut' uns winkt (Chœur) , Couplet - Ich lade gern mir Gäste ein (Orlofsky) , Ensemble et Couplet - Ach, meine Herrn und Dame / Mein Herr Marquis (Orlofsky, Dr. Falke, Ida, Adele, Eisenstein, Chœur) , Duo - Dieser Anstand, so manierlich (Eisenstein, Rosalinde) , Csárdás - Klänge der Heimat (Rosalinde) n° 11a, Final II - Ensemble et chœur Im Feuerstrom der Reben (Orlofsky, Eisenstein, Rosalinde, Frank, Dr. Falke, Adele, Ida, Chœur) n° 11b, Final II - Ballet, Marianka, komm und tanz mit mir (Chœur) n° 11c, Final II - Ensemble et Chœur Genug damit, genug! (Orlofsky, Eisenstein, Frank, Rosalinde, Dr. Falke, Adele, Ida, Chœur)
Troisième acte , Entracte , Mélodrame - Olga komm her, Ida auch (Frank) , Couplet - Spiel' ich die Unschuld vom Lande (Adele, Ida, Frank) , Trio - Ich stehe voll Zagen (Rosalinde, Alfred, Eisenstein) , Final III - O Fledermaus, o Fledermaus (Eisenstein, Dr. Falke, Orlofsky, Adele, Alfred, Rosalinde, Frank, Ida, Blind, Chœur)
Discographie
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Recordings of Die Fledermaus on operadis-opera-discography.org.uk Gustave Kobbé, Tout l'opéra : de Monteverdi à nos jours, , éditions Robert Laffont (Bouquins), 1991. (Traduit de Kobbe's Complete Opera Book) Piotr Kaminski, Johann Strauss, Die Fledermaus, Éditions Dover, Allemagne, 2009, 196 p.
Liens externes
Livret en version originale et en traduction française
Catégorie:Chauve-souris dans la culture Chauve-souris Catégorie:Œuvre musicale composée en 1874