L'Université de Montréal (UdeM) est une université publique canadienne du Québec. Elle est l'un des sept établissements d'enseignement supérieur ayant leur siège social à MontréalListe des établissements universitaires (Québec)., l'une des cinq grandes universités canadiennes et la deuxième en nombre d'étudiants. L'Université de Montréal est aussi la plus importante de tout le monde francophone pour le nombre d'étudiants ainsi que pour la recherche.. Elle bénéficie d'une grande réputation, étant reconnue comme l'une des meilleures institutions post-secondaires de langue françaiseclassement académique de l'UdeM par l'université Jiao Tong de Shanghai - classement de Shanghai..

L'institution comprend treize facultés, plus de soixante départements et deux écoles affiliées : l'école d'ingénierie Polytechnique Montréal et l'école de commerce HEC Montréal, constituant ainsi un des plus gros complexes universitaires d'Amérique du Nord.. Elle offre plus de 600 programmes de premier cycle et de deuxième cycle, dont 82 programmes de doctorat..

En , elle a été nommée meilleure université du monde dans le classement annuel du Times Higher Education, qui évalue plus de , et positionnée au du classement mondial des universités QS pour ce qui concerne la recherche..

L'université compte parmi ses anciens étudiants un prix Nobel, une médaille Fields, un prix Wolf, un ancien premier ministre du Canada, ainsi qu'une ancienne gouverneure générale du Canada.

Historique En 1836, le diocèse de Montréal, qui jouera un rôle important dans l'histoire de l'Université de Montréal, est établi. En 1843, l'École de médecine et de chirurgie de Montréal – qui peut octroyer des grades – est créée ; en 1851 est créée l'École de droit.

Université Laval à Montréal

vignette|L'Université Laval à Montréal (vers 1895), sur la rue Saint-Denis. Des médecins anglais fondent en 1843, l’École de médecine et de chirurgie de Montréal (School of Medicine and Surgery of Montreal), affiliée à l'Université Victoria de Cobourg (Ontario). D'abord en anglais puis avec des professeurs et des classes francophones, elle finit par devenir entièrement francophone, mais elle n'avait pas le droit de distribuer des grades. Les autorités politiques refusaient la création d'université dans le Bas-Canada, d'où l'affiliation à une université du Haut-Canada. Après l'Acte d'Union (1840), la reine Victoria accorda, en 1852, une Charte royale créant l'Université Laval. En 1878, l'Université Laval de Québec ouvre une annexe à Montréal avec une charte papale. La première université francophone de Montréal, elle compte trois facultés, toutes situées dans le Vieux-Montréal : Théologie (au grand séminaire) ; Droit (au cabinet de lecture des sulpiciens) ; Médecine (au château Ramezay).

L'archevêque de Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau, a ainsi prévalu sur l'évêque de Montréal, Ignace Bourget, qui, lui, voulait une université autonome dans sa ville..

L'éducation au Québec suivant alors le modèle français, le niveau secondaire s'effectuait dans des collèges classiques. Ces derniers variaient grandement en qualité, forçant l'Université Laval à Montréal à ouvrir un collège préparatoire pour harmoniser le niveau de ses élèves en 1887. Ce dernier deviendra plus tard la Faculté des arts en 1927 et sera l'ancêtre des cégeps. En 1873, sont fondées une école de génie, nommée l'École polytechnique et, en 1907, l'École des hautes études commerciales (HEC). Elles seront par la suite affiliées à l'Université de Montréal.

Le , l'université ouvre les portes de son nouvel immeuble, rue Saint-Denis, où se trouve aujourd'hui le pavillon Hubert-Aquin de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Le bâtiment a été conçu par la firme d'architectes montréalaise Perrault, Mesnard et Venne. L'intérieur de l'édifice est incendié en 1919. Réparé, il est occupé par l'université jusqu'au début des années 1940, puis détruit.

Années difficiles

vignette|upright|Construction de la tour du pavillon Roger-Gaudry en 1941.

Dès 1889, le Saint-Siège donne une autonomie administrative à cette succursale de l'Université Laval, qui peut désormais choisir ses professeurs et accorder ses propres diplômes. Louis-Joseph-Napoléon-Paul Bruchési réussit à obtenir du Saint-Siège l'autonomie totale de l'université le , laquelle sera désormais connue sous le nom d'« Université de Montréal ». Le , une loi provinciale officialise le tout. La métropole devient enfin indépendante de la capitale. Cet enfantement se fait dans la douleur puisque trois incendies frappent les édifices de l'université entre 1919 et 1921, ce qui force à utiliser une partie des fonds amassés par souscription pour la reconstruction. Malgré tout, sept nouvelles facultés : philosophie, lettres, sciences, médecine vétérinaire, chirurgie dentaire, pharmacie ainsi que sciences sociales, économiques et politiques sont fondées, et les écoles affiliées sont intégrées entre 1920 et 1925. Selon son nouveau statut, elle est une université civile, et Édouard Montpetit est le premier laïc à fonder une faculté : celle des sciences sociales.

Contrairement aux universités anglophones comme l'Université McGill, l'UdeM avait des problèmes à faire des collectes de fonds pour deux raisons : la pauvreté relative de la population francophone de Montréal et la direction de l'université depuis Québec. L'autonomie aida grandement sur ce dernier point en développant un sentiment d'appartenance des Montréalais. Des fonds suffisants sont accumulés pour permettre, en 1930, de commencer la construction du nouvel édifice de l'UdeM sur le mont Royal selon les plans de l'architecte Ernest Cormier. thumb|left|La rentrée des classes de l'automne 1937 sur le site de la rue Saint-Denis. L'université, maintenant à l'étroit dans le quartier Latin, doit y déménager ses pénates, mais la crise économique des années 1930 met un frein à la construction dès 1931, et la direction songe même à vendre le bâtiment pour payer les salaires de ses employés et enseignants.

Devant l'incapacité de l'université à honorer ses engagements financiers, le gouvernement Duplessis de l'Union nationale présente, lors de la de la , un projet de loi de sauvetage. Le bill 28, adopté le , autorise le gouvernement à garantir le remboursement d'un emprunt de contracté par la Société d'administration de l'Université de Montréal et place de fait l'établissement sous tutelle gouvernementale.. L'historien Robert Rumilly qualifiera cette mesure de . L'injection de fonds permet le redémarrage du chantier sur le mont Royal en 1941.

Elle ne s'installe donc sur le flanc du mont Royal qu'en 1943, 300 ans après que Maisonneuve y planta sa croix. Ses locaux partiellement inhabités servent à d'autres fins durant la Seconde Guerre mondiale. De 1943 à 1945, dans l'aile ouest du bâtiment principal, des scientifiques travaillent en secret sur un réacteur nucléaire dans le cadre du projet Manhattan. L'histoire nucléaire retiendra le nom du célèbre militant de la langue française en sciences Pierre Demers, bien qu'il y travaillât à son insu.

Modernisation

thumb|left|upright=1.2|Pavillon Roger-Gaudry.

En 1965, Roger Gaudry, dont le pavillon principal porte aujourd'hui le nom, devient le premier recteur laïc et procède à la réorientation d'une université en plein essor. Avec le baby-boom et la Révolution tranquille, la communauté universitaire a plusieurs défis à relever. Le nombre d'étudiants passe de en 1942, en 1965 et à plus de aujourd'hui.

Un événement marquant des dernières années est la tuerie de l'École polytechnique de Montréal. Le , un homme, armé d'une carabine, s'introduit dans les bâtiments et abat 14 femmes, en lien avec sa profonde haine du féminisme, avant de s'enlever la vie. Depuis, le de chaque année, Polytechnique se souvient. Une fondation assure la commémoration annuelle de la tragédie, qui fit également une quinzaine de blessées. Une plaque sur la façade de l'immeuble rappelle en permanence le nom des victimes et la place du 6-décembre-1989, à l'angle de l'avenue Decelles et du chemin Queen-Mary, souligne la réalité de la violence faite aux femmes.

En 1999, l'Université de Montréal est devenue membre d'un consortium regroupant des universités afin d'offrir la bourse Loran aux futurs étudiants de . L'université offre à tous les boursiers de ce programme l'exemption des droits de scolarité.

En 2001, l'UdeM s'est associée à la fondation du Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) à l'initiative de l'École polytechnique de Montréal et avec le concours de HEC Montréal.

En 2007, l'université affiche un déficit record de 19 millions de dollars.. Au cours de l'année 2012, l'université essuie de nombreuses critiques de la part de la communauté universitaire concernant sa gestion des événements entourant la grève étudiante... Le , le gouvernement du Québec annonce qu'il investira 173,4 millions de dollars des 350 millions nécessaires à la mise en place du nouveau Complexe des sciences de l'Université de Montréal, au centre du campus MIL, sur le site de l'ancienne gare de triage d'Outremont.. Le Complexe est inauguré le .

Em , l'Université de Montréal a entrepris le développement d'une plateforme numérique destinée à la détection automatisée de la mésinformation en ligne. Reposant sur des technologies d'intelligence artificielle (IA), cet outil vise à identifier les fausses nouvelles de manière rapide et systématique. Le projet bénéficie d'un financement public de près de 300 000 dollars canadiens, accordé par le ministère du Patrimoine canadien. L'annonce a été faite par la ministre responsable du portefeuille.

Symboles Armoiries Les armoiries de l'université sont créées en 1919 par le vice-recteur Émile Chartier et adoptées par l'université l'année suivante. La sélection s'est effectuée parmi plusieurs propositions soumises au collège héraldique de la Société historique de Montréal et son président Victor Morin. Une version modernisée est adoptée le , enregistrée le en vertu de la Loi sur les marques de commerce.

L'écu représente le fort de la Montagne, construit à la fin du sur le flanc sud du mont Royal. Il symbolise les débuts de l'enseignement à Montréal. Le fort est utilisé par les Sulpiciens, alors seigneurs de l'île de Montréal, pour l'instruction et l'évangélisation des autochtones. La tour ouest sert d'école à Marguerite Bourgeoys, sainte catholique et pionnière de l'éducation au Québec, tandis que la tour Est est une résidence pour les filles de la Congrégation de Notre-Dame. Ces deux tours existent toujours sur le site du Grand séminaire de Montréal. L'étoile d'or fait référence à la foi, la blanche à la science. Le blason est supporté par des branches, à gauche de feuilles d'érable et à droite de feuilles de chêne. Un listel porte la devise de l'Université en latin, Fide splendet et scientia (« Elle rayonne par la foi et la science » en français).

Couleurs La couleur de l'université est le bleu ( / Pantone 285 C). Sa charte graphique comporte deux teintes de bleu et cinq couleurs secondaires. Même si l'or est théoriquement l'autre couleur officielle, son utilisation est aujourd'hui réduite aux usages protocolaires. La toge universitaire est ornée d’un liséré de bleu et d’or. Entre 1956 et 1963, l'album des finissants se nomme Bleu et or. Les équipes sportives portaient également le bleu et l'or.

Logo Le premier logo de l'université est adopté le . Il est conçu par l'artiste peintre Denis Juneau en mêlant les lettres U et M en s'inspirant des dimensions du pavillon Roger-Gaudry. Il supplante officiellement les armoiries en 1984, à l'exception des documents officiels. Une version modernisée du logo est adoptée le .

Drapeau vignette|Drapeau de l'Université.