Le château de Canisy est une demeure du , remaniée aux , , qui se dresse sur le territoire de la commune française de Canisy, dans le département de la Manche en région Normandie. Il est depuis la Révolution la possession de la famille de Kergorlay.

Le domaine de Canisy est partiellement protégé au titre des monuments historiques.

Localisation Le château est situé au sein d'un vaste parc et domaine agricole de , dans la vallée de la Joigne, près d'un étang, à au nord-ouest de l'église Saint-Pierre, sur la commune de Canisy, dans le département français de la Manche.

Historique Selon des historiens locaux, le site de Canisy a été le siège d'un château féodal, dont l'origine pourrait remonter du temps des Vikings. Rien ne permet d'affirmer à ce jour que la motte ait été située à l'emplacement de l'actuel château. Un seigneur de Canisy, Hugues (ou Hue) de Carbonnel, aurait accompagné Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre, et se serait fixé en ce lieu. Les Carbonnel, se seraient installés à Canisy dès le . Des vestiges datés de cette époque sont encore visibles dans la tour ronde fortifiée du château et dans le corps de logis, attestant son implantation ancienne. Quoi qu'il en soit les Carbonnel et leurs descendants occupèrent le château sans interruption jusqu'à la fin du .

Le château actuel, restauré au , fut construit (1575-1623) sur les plans de l'architecte François Gabriel, par Hervé de Carbonnel (1558-1625), officier dans les troupes d', puis gouverneur d'Avranches qui épousa Anne de Matignon, l'une des filles du maréchal Jacques de Matignon.

Au , le château est donné en héritage par Catherine-Éléonore de Carbonnel à Antoine de Faudoas, l'un de ses neveux. Le fils de ce dernier, Augustin-Hervé de Faudoas (1736-1794), seigneur de Canisy, sera guillotiné le à Paris, comme sa sœur, Catherine-Michelle de Canisy (1745-1794), grande amie de Charlotte Corday, et sa fille Marie Louise Éléonore de Faudoas de Canisy, lors de la Révolution. Ils avaient été arrêtés au château le .. Son autre fille, Justine de Faudoas et son époux Gabriel de Kergorlay échappèrent à la guillotine ; leurs familles les avaient envoyés en en Italie. Le voyage se prolongera jusqu'en 1803..

La comtesse de Kergorlay, récupéra la demeure familiale, celle-ci n'ayant pas été déclarée bien national, gardée et sauvée de la confiscation par le régisseur. Au , son fils, Hervé de Kergorlay, député, transforme le domaine en une exploitation agricole moderne.

Le château est endommagé lors des bombardements de 1944. À la Libération, le colonel James Earl Rudder, héros de la prise de la Pointe du Hoc, puis le général Omar Bradley, le concepteur de l'opération Cobra, séjournèrent au château, le général y restant avec ses hommes un mois, en .

C'est Denis de Kergorlay, qui en 2018, y réside encore.

Description À l'origine, le château formait un quadrilatère fermé entourant la cour d'honneur. En 1740, un incendie ruina deux de ses côtés. Il subsiste de ce plan initial deux tours cylindriques à mâchicoulis. Les corps de logis disposé en équerre arborent chacun un pavillon. L'un est construit en pierres à bossages et son fronton est en arrondi, l'autre percé à sa base de deux arcades est à fronton triangulaire, percé d'une lucarne et surmonté d'un toit à clocheton.

Le château est construit avec une alternance de pierres de Troisgots en calcaire blanc et poudingue rouge violacé, comme le château de Torigni, bâti par le beau-père d'Hervé Carbonnel, le maréchal de Matignon et dont les façades des pavillons sont semblables. Le seigneur de Canisy était également seigneur de Troisgots, d’où furent extraites les pierres ayant servi à la construction du château. À l'intérieur, escalier à double volée daté de 1588..

Le château est entouré d'un parc à l'anglaise de comprenant des étangs, un parc animalier et floral.

Ancien château féodal Charles de Gerville a cru reconnaitre l'emplacement de l'ancien château féodal au bout d'une courte avenue partant de l'habitation actuelle et se dirigeant vers la vallée ou coule la petite rivière d'Aure. Celui-ci aurait porté le nom de « Château-Robert (Hubert) ». Bien qu'il n'ait relevé aucune trace de maçonnerie, il y a observé un mouvement de terrain laissant supposer de la présence d'un , bien plus que celui de Saint-Gilles qui est à l'autre bord de la vallée..

Possesseurs successifs Liste non exhaustive :

Protection Au titre des monuments historiques. : le château est classé par arrêté du ; le parc, avec son ruisseau (la Joigne) , son étang, ses avenues, ses perspectives, ses bois et ses pâturages ; les façades et toitures des bâtiments de service du château comprenant l'orangerie, les serres, les écuries et les remises, à l'exclusion du bâtiment moderne ; le potager du château avec ses murs de clôture, y compris les façades et les toitures du petit bâtiment situé à l'angle ouest ; dans la ferme de Saint-Gilles : les façades et les toitures de la grange, la laiterie avec son aménagement intérieur, le potager circulaire et les façades et les toitures de l'ancien pavillon du jardinier ; dans la ferme de la Mesnagerie : les façades et les toitures du bâtiment d'entrée avec son porche ainsi que les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments du moulin de Canisy et du moulin de Saint-Gilles sont inscrits par arrêté du ; la ferme de Saint-Gilles : les façades et les toitures du logis ; l'écurie et la porcherie, en totalité et les intérieurs de la grange sont inscrits par arrêté du .

Visite et hébergement Le château de Canisy est ouvert à la visite lors des Journées du patrimoine. Le parc () est accessible au public sur autorisation. Des chambres et des suites sont disponibles à la location.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . . .

Articles connexes Liste de châteaux et manoirs de la Manche Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Saint-Lô Famille de Kergorlay Canisy

Liens externes

Château de Canisy, sur Wikimanche

Canisy Catégorie:Monument historique classé en 1945 Catégorie:Monument historique inscrit en 1999 Catégorie:Monument historique inscrit en 2005 Catégorie:Famille de Kergorlay