vignette Benedetta est un film biographique belgo-néerlando-français co-écrit et réalisé par Paul Verhoeven, sorti en 2021.
Il s'agit de l'adaptation du livre (1987) de Judith Brown qui relate la vie de Benedetta Carlini, une religieuse italienne du .
Le film est présenté en compétition dans la « sélection officielle » au Festival de Cannes 2021.
Synopsis Dans l'Italie du , la jeune Benedetta Carlini est emmenée par ses parents au couvent des Théatines de la ville de Pescia pour devenir religieuse. Lorsqu'ils s'arrêtent à un oratoire en bordure de route pour prier, un groupe de bandits arrive pour les détrousser et tente de voler le collier de la mère de Benedetta (Clotilde Courau). La dévote Benedetta les avertit qu'elle parle avec la Vierge Marie qui les punira. Lorsqu'un oiseau défèque dans l'œil du chef des bandits, il rend le collier.
À Pescia, Benedetta est emmenée au couvent tenu par l'abbesse Felicita (Charlotte Rampling). Des années plus tard, Benedetta (Virginie Efira) est adulte et une religieuse dévote. Au cours d'une pièce de théâtre, dans laquelle Benedetta joue la Vierge Marie, elle a une vision de Jésus qui l'appelle. Ce même jour, une jeune bergère nommée Bartolomea (Daphné Patakia) cherche refuge dans le couvent en fuyant son père violent et incestueux. Benedetta est chargée de superviser l'intégration de Bartolomea, pauvre et sans instruction, au sein du couvent. Celle-ci lui raconte qu'elle a été abusée sexuellement par son père et ses frères. Cette nuit-là, Bartolomea embrasse Benedetta. Benedetta avertit Bartolomea de se méfier de l'abbesse et de sa fille, sœur Christina (Louise Chevillotte).
Benedetta commence à avoir des visions de Jésus l'appelant à le rejoindre et la sauvant des dangers. Après une vision particulièrement tendue, où un homme qu'elle prend pour Jésus la sauve d'un viol collectif, Benedetta enchaîne des crises inexplicables. L'abbesse Felicita charge Bartolomea de s'occuper d'elle. Une nuit, Benedetta a une vision du Christ sur la croix. Celui-ci lui dit de se déshabiller, de retirer son périzonium, qui révèle l'absence de sexe et de se placer en face de lui, jambes contre jambes et mains contre mains. Le lendemain matin, Benedetta se réveille avec des blessures sur les mains, les pieds et le flanc droit, comparables aux stigmates du Christ.
Une enquête s'ensuit. L'abbesse Felicita est sceptique car des incidents antérieurs de stigmates se sont toujours produits pendant la prière ; or Benedetta dormait. Benedetta n'a pas non plus les blessures à la tête formées par la couronne d'épines. Après avoir quitté les appartements de l'abbesse, Benedetta s'effondre. Alors que tous se précipitent pour la relever, elle commence soudainement à parler d'une voix plus masculine, fustigeant ceux qui ne croient pas en elle. Elle a maintenant des plaies saignantes sur le front. Sœur Christina remarque un éclat de verre sur le sol et dit à sa mère qu'elle pense que Benedetta s'est infligée elle-même ses propres blessures. Felicita la dissuade de partager ses doutes. Elle lui fait comprendre que la hiérarchie cléricale, qui a décidé de proclamer les stigmates de Benedetta comme un miracle légitime, a en tête des fins politiques contre lesquelles elle ne peut pas lutter.
Benedetta est maintenant élevée au rang d'abbesse à la place de Felicita. Christina s'y oppose mais sa mère l'avertit qu'aller à l'encontre de cette décision pourrait la détruire. Benedetta et Bartolomea sont transférées dans les vieux quartiers de Felicita. Elles commencent toutes les deux à avoir des relations sexuelles. Benedetta apprend à écrire à la jeune novice analphabète. Bartolomea lui sculpte un jouet sexuel en taillant la base d'une statue de la Vierge que possède Benedetta. Christina se rend chez un prêtre pour se confesser et partage sa conviction que Benedetta a simulé ses stigmates. Elle ment en affirmant qu'elle a vu Benedetta s'infliger des blessures à la tête. Le lendemain, à l'heure du repas, le prêtre fait répéter publiquement à Christina ses accusations. Lorsqu'elle est appelée à étayer l'affirmation de sa fille, Felicita refuse de mentir et dit que Christina n'a pas été directement témoin de ce qui s'est passé. Benedetta, apparemment possédée par l'esprit de Jésus, ordonne à Christina de se flageller.
Alors que Benedetta et Bartolomea font l'amour, sœur Felicita les observe depuis un trou qu'elle a creusé dans le mur avant de quitter sa chambre de mère supérieure. Une comète passe au-dessus de l'abbaye, ce que beaucoup interprètent comme le signe d'une tragédie imminente. Pendant ce temps, Christina grimpe sur le toit de l'abbaye et se précipite dans le vide. Tandis qu'elle agonise, Benedetta demande à intercéder auprès de Dieu au nom de son âme, mais Felicita lui intime de rester à l'écart. Quelques heures plus tard Felicita s'éclipse pour se rendre à Florence rencontrer le nonce (Lambert Wilson) et lui révéler ce qu'elle a vu. Pendant ce temps, alors qu'une épidémie de peste bubonique commence à ravager la campagne environnante, Benedetta a la vision que Pescia sera épargnée et ordonne la fermeture de l'abbaye pour prévenir l'infection.
Felicita retourne à l'abbaye avec le nonce alors que la peste s'aggrave. Ils sont arrêtés par les gardes à l'entrée de la ville mais forcent le passage. Arrivés à l'abbaye, ils découvrent que Benedetta est décédée de causes inconnues. Alors que le nonce lui administre les derniers sacrements, Benedetta se réveille, disant qu'elle était au paradis et qu'elle a vu le sort de tous les présents. Le nonce demande à ses hommes de fouiller l'abbaye à la recherche du jouet sexuel en bois dont Felicita lui a parlé, mais ils ne le trouvent pas. Il ouvre un procès sur la conduite de Benedetta, l'accusant d'hérésie, blasphème et "bestialité". Interrogée, Bartolomea nie avoir eu des relations sexuelles, affirmant qu'elle aime Benedetta comme elle aime ses autres sœurs. Le nonce s'entretient avec Benedetta en privé. Alors qu'elle lui lave les pieds, elle remarque une puce et se rend compte qu'il a probablement introduit la peste dans l'abbaye.
Bartolomea est ensuite torturée par le bourreau du nonce à l'aide d'une poire d'angoisse introduite dans son vagin et avoue enfin ses activités sexuelles. Elle conduit le nonce au godemichet en bois, caché dans un livre dans les appartements de Benedetta. Il fait arrêter Benedetta. Celle-ci recommence à parler d'une voix d'homme et s'en prend à ceux qui la persécutent, annonçant que le nonce va bientôt tomber malade. Le nonce découvre que Felicita a la peste et ordonne de cacher son état tandis que Bartolomea est expulsée de l'abbaye.
Arrive le jour d'exécution de Benedetta. Elle demande d'abord à parler à Felicita pour demander son pardon. Elle dit à Felicita que Christina est au paradis. Désemparée, Felicita demande à Benedetta ce qu'elle a vu de son avenir. Benedetta lui chuchote quelque chose. Le nonce est averti que les habitants de Pescia ne permettront pas l'exécution de Benedetta, mais il décide quand même d'y procéder afin d'affirmer son autorité sur la ville. Alors que Benedetta est conduite à travers la foule, Bartolomea se fraye un chemin vers l'avant et lui demande son pardon. Benedetta lui sourit en lui disant qu'il fallait qu'elle soit trahie. Sur la place de la ville, le nonce dit à Benedetta qu'il permettra qu'elle soit étranglée plutôt que brûlée sur le bûcher si elle avoue ses péchés.
Benedetta révèle de nouveaux stigmates sur ses mains et recommence à parler d'une voix masculine, disant à la foule que l'ange de la mort est en chemin. A ce moment, Felicita, vêtue de noir, émerge de la foule et enlève sa robe, révélant des bubons de peste. Les hommes du nonce commencent à brûler Benedetta sur le bûcher, mais la foule les attaque, les forçant à fuir. Bartolomea détache Benedetta et découvre un morceau de céramique pointu ensanglanté à ses pieds. Le nonce s'enfuit mais est attaqué et tué par la foule en colère. Benedetta arrive et propose de prier pour lui. Le nonce lui demande si elle a vu s'il ira au paradis ou en enfer. Quand elle lui répond que c'est le paradis qui l'attend, il l'accuse de mentir. Alors que Bartolomea bouscule Benedetta pour fuir, Felicita met fin à ses jours en montant sur le bûcher.
Dans une écurie abandonnée à l'extérieur de la ville, Benedetta et Bartolomea se réveillent nues, après avoir passé la nuit ensemble. Voyant Pescia au loin, Benedetta commence à s'habiller disant qu'elle doit y retourner. Bartolomea la supplie de rester, disant qu'elles peuvent enfin être ensemble et aller n'importe où. Elle essaie de faire admettre à Benedetta, juste entre elles, qu'elle avive ses blessures à l'aide du morceau de céramique qui est tombé lors de sa descente du bûcher, mais Benedetta nie. Insistant sur le fait que les gens ont besoin d'elle, Benedetta se dirige vers Pescia sous les cris d'une Bartolomea furieuse qui la maudit.
Deux cartels précisent que Benedetta a vécu dans l'abbaye tout en étant excommuniée jusqu'à sa mort à l'âge de 70 ans et que la peste a épargné Pescia.
Fiche technique
Titre original : Benedetta Titre de travail : Sainte Vierge Réalisation : Paul Verhoeven Scénario : David Birke et Paul Verhoeven, d'après l'ouvrage historique Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne de Judith C. Brown (1987) Musique : Anne Dudley Décors : Katia Wyszkop Costumes : Pierre-Jean Larroque Photographie : Jeanne Lapoirie Son : Jean-Paul Mugel Montage : Job ter Burg Production : Saïd Ben Saïd, Jérôme Seydoux et Michel Merkt Sociétés de production : SBS Productions ; Pathé Films, France 2 Cinéma et France 3 Cinéma (coproductions françaises) ; SOFICA Cinémage 13, Indéfilms 7, Palatine Etoile 16 (en association avec) ; Topkapi Films (Pays-Bas) et Belga Productions (Belgique) Sociétés de distribution : Pathé Distribution (France) ; Belga Films (Belgique), Pathé Films AG (Suisse romande) Budget : 19,83 millions d'euros Pays de production : - - Langue originale : français Durée : 127 minutes Genres : drame, biographique, historique, érotique Dates de sortie : France : (Festival de Cannes et sortie nationale) Belgique : Classification : France : interdit aux moins de 12 ans.
Distribution Virginie Efira : Benedetta Carlini Charlotte Rampling : mère Felicita Daphné Patakia : Bartolomea, amante de Benedetta Lambert Wilson : le nonce Olivier Rabourdin : Alfonso Cecchi Louise Chevillotte : sœur Christina, fille de Felicita Hervé Pierre : Paolo Ricordati Clotilde Courau : Midea Carlini, mère de Benedetta David Clavel : Giuliano Carlini, père de Benedetta Guilaine Londez : sœur Jacopa Lauriane Riquet : sœur Roasanna Alexia Chardard : Giulia
Production Genèse et développement Le succès de Elle (2016), tourné sous l'égide du producteur franco-tunisien Saïd Ben Saïd avec Isabelle Huppert dans le rôle principal, apporte de nouveaux projets à Paul Verhoeven. Le réalisateur développe notamment une adaptation télévisée du roman Bel-Ami de Guy de Maupassant, un film centré sur Jean Moulin, un autre sur Jésus de Nazareth ainsi qu'un drame inspiré d'un fait divers « post médiéval » et situé dans un couvent en Italie..
En , il est révélé que ce dernier sera le prochain film de Paul Verhoeven, porté à nouveau par le producteur Saïd Ben Saïd et tourné en français. Intitulé Sainte Vierge () et adapté de l'ouvrage Immodest Acts (1986) de Judith C. Brown, l'histoire est celle de Benedetta Carlini, une religieuse catholique italienne du , mystique et lesbienne. Pour avoir entretenu une relation amoureuse avec une autre sœur, en pleine période de Contre-Réforme en Italie, Carlini est tenue à l'écart de tout contact durant plus de trente ans. Son histoire constitue l'un des premiers cas documentés d'homosexualité féminine en Europe occidentale. Virginie Efira, déjà présente dans Elle, est annoncée pour le rôle principal. La première affiche du film montre l'actrice voilée comme une religieuse et dévoilant son sein droit..