La politique étrangère de la Thaïlande vise la neutralité et l’équilibre avec les autres pays du monde. La Thaïlande préfère trouver des solutions diplomatiques plutôt que de s’engager dans des conflits armés (même si cela est survenu dans le passé).
Elle peut être qualifiée comme étant du « bambou qui penche dans le sens du vent ». Elle se plie sans jamais se briser. On l’a caractérisé par son manque de ligne directrice fixe. Dès les années 1930-40, le gouvernement proclame qu’il ne favorisera aucune nation en particulier, ne donnera aucun privilège ou droit spécial à un pays au détriment d’un autreBOONYANANT, Paturaya. La situation internationale de la Thaïlande en Asie du Sud-Est, Thèse de doctorat, Faculté de Droit et des Sciences économiques, Université de Montpellier, 1971, .. À travers tous les défis historiques auxquels a été confrontée la Thaïlande, ce procédé politique a favorisé l’indépendance de la Thaïlande, qui, selon certains spécialistes, n'a jamais été colonisée. D'autres spécialistes proposent plutôt l'idée selon laquelle la Thaïlande a été colonisée à moitié, étant influencée par la présence des différents acteurs coloniaux en Asie du Sud-Est dans le passé malgré ses stratégies mises en place pour éviter d'être colonisée.
Histoire Lors de la colonisation en Asie du Sud-Est, la Thaïlande se retrouve entre deux grandes puissances. D’un côté la Grande-Bretagne s’étend en Inde et en Malaisie, puis de l’autre, la France s’incruste au Vietnam et poursuit son chemin au Cambodge et au Laos. La Thaïlande réussit à se sauver de cette colonisation grâce à des ententes bilatérales avec ces pays d’Europe. À cette époque, le royaume du Siam sert d’état « tampon »BOONYANANT, Paturaya. La situation internationale de la Thaïlande en Asie du Sud-Est, Thèse de doctorat, Faculté de Droit et des Sciences économiques, Université de Montpellier, 1971, . entre ces deux rivaux coloniaux.
La politique de neutralité persiste dans le temps, mais à l’arrivée de la Deuxième Guerre mondiale les choses se compliquent. Plusieurs facteurs sont en cause:l’influence de la présence japonaise, l’arrivée des Américains sur leur territoire et la Chine communiste.
À la suite de la victoire japonaise contre la Russie, la Thaïlande reconnait la puissance nippone qui se propage en Asie du Sud-Est. Tandis que le Japon se retrouve en Thaïlande à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, elle impose un dilemme que le royaume thaï ne peut refuser. Le Siam de l’époque a pris son temps avant de prendre position. Il attendait de voir quel parti serait le plus avantageux. Toutefois, les conflits de définition des frontières avec les Français au Cambodge vont froisser le gouvernement thaïlandais. De plus, voir un pays asiatique industrialisé et en mesure de combattre les puissances européennes donnent envie à la Thaïlande de suivre ses traces. La Thaïlande se penche donc du côté japonais avec pour condition qu’il ait la possibilité de retrouver ses territoires concédés à la Grande-Bretagne et à la France. C’est donc en 1942 que la Thaïlande déclare officiellement la guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pourtant, les États-Unis ne prennent pas cette déclaration au sérieux, puisqu’ils considèrent la Thaïlande comme un pays faible et victime des autres États plus forts. Cette vision de la Thaïlande est un atout pour celle-ci lors de la fin de la guerre et à la suite de la défaite du Japon et de l’Allemagne. Étant aussi un pays vaincu, la France a bien l’intention de punir le Siam, la Grande-Bretagne se penche aussi de ce côté. C’est toutefois la montée du communiste dans la région qui fera tourner les opinions et les puissances occidentales préféreront avoir la Thaïlande de leur côté dans cette nouvelle bataille. Ils accepteront finalement la présence de la Thaïlande aux Nations unies (ONU) en 1946, bien que la France et le Royaume-Uni s’y soient opposé au départBOONYANANT, Paturaya. La situation internationale de la Thaïlande en Asie du Sud-Est, Thèse de doctorat, Faculté de Droit et des Sciences économiques, Université de Montpellier, 1971, ..
Durant la guerre froide, alors que la théorie des dominos sur la propagation du communisme fait peur aux Occidentaux, ils se lancent dans plusieurs conflits et projets afin de réduire la propagation du mouvement.
La Thaïlande se retrouve impliquée malgré elle à cause de ses relations avec les États-Unis et sa position centrale en Asie du Sud-Est. Elle a donc son rôle à jouer durant la guerre du Vietnam (1963-1975).
La Thaïlande se retrouve coincée dans des conflits qui découlent de la guerre froide et finira par froisser les compagnons du précédent royaume du Siam. La Thaïlande n’a d’autre choix que de signer des ententes qui, pour la plupart, la désavantage, afin de retrouver son rôle de moteur de l’Asie.
Néanmoins, la Thaïlande conserve son idéologie politique basée sur la neutralité dans ses relations avec les autres pays du monde. Elle s’investit dans plusieurs projets et ententes avec les États qui l’entourent. C’est d’ailleurs à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, que sera créée l’organisation de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN ou ANASE) en 1967. Puisque l’Asie du Sud-Est est dans une phase cruciale de réconciliation régionale à la suite des tensions créées par la Seconde Guerre mondiale et maintenues par la guerre froide, la nouvelle organisation aura d’abord pour but de contrer la montée communiste, puis elle sera source de stabilité et de sécurité dans la région.
La politique étrangère de cette époque, durant les années 1960-70, se veut plus ancienne et expérimentée que celle de ses voisins qui sont à peine détachés de la présence coloniale. Elle est indépendante et souple, ce qui lui vaut son rôle de « centre régional »DOVERT, Stéphane, IVANOFF, Jacques, dir. Thaïlande contemporaine, IRASEC, 2011, .. Elle utilise alors sa politique étrangère pour protéger et non pour créer une nation thaïlandaise. Les objectifs fondamentaux sont de maintenir l’indépendance du pays et de défendre l’intégrité du royaumeDOVERT, Stéphane, IVANOFF, Jacques, dir. Thaïlande contemporaine, IRASEC, 2011, . (la religion, la culture, etc.).
Plus tard, , à ce moment ministre des Affaires étrangères de la Thaïlande, préconise la méthode de concertation et consensus lors des réunions avec divers États. Ce qui deviendra par la suite le fameux «ASEAN WAY».
À la suite du coup militaire fait au gouvernement thaïlandais en 2014, le pays a pris un coup sur la scène internationale.
Relations les voisins asiatiques de la Thaïlande
Relations avec la Chine La relation entre la Chine et la Thaïlande remonte à loin et, bien que cette relation n’a pas toujours été cordiale, elles signent en 2003 un accord bilatéral de libre commerce. La Chine devient rapidement un poids lourd du paysage économique thaï. En 2009, la Chine est placée au deuxième rang des investisseurs au pays. Elle investit particulièrement dans le domaine de l’agroalimentaire, l’exploitation minière et l’industrie chimique.
Depuis 2013, ce ne sont pas moins de six mémorandums d’entente qui ont été signés entre la Chine et la Thaïlande. Parmi eux, on retrouve des accords de coopération énergétique, scientifique, maritime, universitaire ou encore agricole. Les touristes chinois sont aussi très nombreux en Thaïlande, ce qui favorise l’économie locale.
À la suite du coup d’État, lors duquel l’armée a pris le pouvoir en 2014, plusieurs pays prennent du recul face à la Thaïlande, mais contrairement à l’Europe et aux États-Unis, la Chine s’est abstenue de formuler des commentaires négatifs sur le nouveau régime. Le premier ministre chinois Li Keqiang a été, de manière assez symbolique, le premier dirigeant étranger de haut rang à se rendre à Bangkok en , après que l’armée ait pris le pouvoir le de la même année.« La Chine exerce une influence croissante en Thaïlande, moins du fait de sa diaspora que des grands enjeux économiques en termes de connectivité régionale. La visite du ministre des Affaires étrangères chinois à Bangkok en a été l’occasion pour la Chine et la Thaïlande d’exprimer leur souhait de faire converger leurs projets d’infrastructure respectifs (Route de la soie et EEC) notamment en matière ferroviaire. »
Asie du Sud-Est et Thaïlande La Thaïlande possède des relations multilatérales avec les autres États de l’Asie du Sud-Est afin de ne pas dépendre des forces occidentales. Elle se crée un réseau d’amitiés politiques et économiques avec ses voisins pour contrebalancer la présence de puissants États étrangers dans la région. La Thaïlande est très active dans les organisations internationales et régionales. Parmi ses conflits avec ses voisins, la Thaïlande vit des tensions depuis plusieurs années avec la Birmanie. Même s’ils ont des points culturels en commun, les dirigeants thaïlandais continuent de voir la Birmanie comme une menace en partie à cause de son hétérogénéité ethnique (60 % de Birmans et 40 % de minorités ethniques) et aussi parce que la situation politique y est imprévisible.
À la suite de son implication dans la Guerre du Vietnam, en ayant été du côté des États-Unis, la Thaïlande a des relations tendues avec le Vietnam. Néanmoins, le royaume thaï parvient à rétablir des relations cordiales avec son voisin et le Vietnam intègre l’ASEAN en 1995, suivi du Laos en 1997. Cependant, avant ce rapprochement, l’invasion de l’armée vietnamienne au Cambodge, lors du règne des Khmers rouges, en 1979 crée la panique à Bangkok. Le gouvernement a alors peur que l'armée vietnamienne poursuive son ascension jusqu’à la Thaïlande. À la suite du retrait de l'armée vietnamienne du Cambodge, les relations se sont améliorées.« La Thaïlande se positionne comme un acteur majeur de la connectivité de la partie continentale de l’Asie du Sud-est (Cambodge, Birmanie, Laos, Vietnam) notamment à travers l’Eastern Economic Corridor (EEC) et le projet du grand Mékong. Elle s’investit particulièrement face aux enjeux sécuritaires continentaux tels que les trafics interrégionaux (drogue et trafic humain) ainsi que les questions migratoires.»Bien que la Thaïlande possède une position géostratégique clé dans l’Asie du Sud-Est et qu’elle ait été à l’origine de la création de l’ASEAN, elle est souvent freinée dans sa lancée pour être le chef de la région, puisque sa politique étrangère est mal définie. Depuis les années 1960, l’instabilité politique du royaume empêche la Thaïlande d’atteindre les devants de la scène politique dans la région.
Relations avec le Cambodge