La Démocratie pacifique est un journal fouriériste français publié entre 1843 et 1851.
Histoire
Du Phalanstère à la Démocratie pacifique (1832-1843)
Hebdomadaire lancé en afin de diffuser les idées de Charles Fourier et de soutenir la création de la « colonie sociétaire » de Condé-sur-Vesgre, Le Phalanstère est rebaptisé La Réforme industrielle en devenant mensuel dès le mois de septembre suivantHatin (1866), ..
Sa parution ayant cessé en 1834, la Réforme industrielle est remplacée en 1836 par La Phalange, dirigée par Victor Considerant. Réorganisé en 1840, le journal paraît désormais trois fois par semaine grâce aux fonds fournis par un riche propriétaire britannique, Arthur YoungAppel aux lecteurs de La Phalange (communication particulière), Paris, 1843, 16 p. (qui tentera, quelques années plus tard, d'installer un phalanstère dans l'ancienne abbaye de Cîteaux)Adolphe Alhaiza, Historique de l’École sociétaire fondée par Charles Fourier, Paris, 1894, ..
Le , l'équipe de la Phalange décide de transformer le journal en un quotidien et d'élargir son lectorat en le dotant d'un nouveau titre qui ne s'adresserait plus seulement aux disciples de Fourier mais également « à tous les esprits avancés ».
Premières années (1843-1848) vignette|Victor Considerant, rédacteur en chef de La Démocratie pacifique (lithographie de Collette, vers 1848).
La Démocratie pacifique, journal des intérêts des gouvernements et des peuples paraît ainsi à partir du en reprenant la numérotation du Phalanstère. Considerant en est le rédacteur en chef. Entre 1845 et 1849, la Démocratie pacifique paraît parallèlement à une revue mensuelle théorique qui reprend le titre de la Phalange.
Les bureaux du journal sont tout d'abord installés au de la rue de Tournon puis, à partir de la mi-, au de la rue de Seine, avant d'être transférés au de la rue de Beaune, dans l'ancien hôtel de Mailly-NesleComte d'Aucourt, Les Anciens hôtels de Paris (nouvelle édition avec un plan lithographié), Paris, Champion, 1890, ., le La Démocratie pacifique, 26 septembre 1846, ..
Rédigé en réaction à l'affaire Praslin, l'éditorial du , intitulé « Une société qui tombe », attaque avec violence le gouvernement de la monarchie de Juillet, ce qui vaut au journal une saisie puis un procès en cour d'assises. Accusés des délits « d'excitation à la haine entre les diverses classes de la société » et « d'excitation à la haine et au mépris du gouvernement », le quotidien et son gérant, François Cantagrel, sont cependant acquittésLe Constitutionnel, 8 septembre 1847, .. Quelques jours plus tôt, Cantagrel et Antony Méray ont été condamnés par la même juridiction pour « offense à la morale publique » en raison de passages jugés licencieux du feuilleton La Part des femmes publiés dans le numéro du Le Siècle, 31 août 1847, ..
Sous la Deuxième République (1848-1851)
Originellement opposée à la révolution et même favorable à la monarchie constitutionnelle, ce qui lui avait attiré les critiques des radicaux de la Réforme en 1843Abramson (cf. Liens externes)., la Démocratie pacifique évolue vers une ligne politique républicaine voire démocrate à partir de la révolution de février 1848Gros, ..
En vue des élections à l'Assemblée nationale constituante, le comité de direction du journal se constitue en comité électoral et rédige un manifeste dont le ton est caractéristique des discours fraternels et empreints de religiosité des débuts de la Deuxième RépubliqueManifeste électoral de la Démocratie pacifique, Paris, 1848, 2 p.. Le , la Démocratie pacifique publie sa liste de candidats pour le département de la Seine, sur laquelle on retrouve Considerant ainsi que plusieurs collaborateurs du journal tels que Daly, Lefèvre, Stourm, Vidal, Toussenel et l'avocat JacobLa Démocratie pacifique, 22 avril 1848, .. Le dix décembre, à l'occasion de l'élection présidentielle, le journal appelle à voter pour Ledru-RollinLa Démocratie pacifique, 10 décembre 1848, ..
En 1849, le journal fouriériste soutient les candidats du comité démocratique-socialiste (« démoc-soc ») à l'occasion des élections législativesLa Démocratie pacifique, 13 mai 1849, . puis prend part à l'opposition de la Montagne à l'expédition militaire contre la République romaine. La répression consécutive à la Journée du 13 juin 1849 décapite la Démocratie pacifique en contraignant Considerant et Cantagrel à l'exil. Après l'arrestation de plusieurs de ses employés et le saccage de son atelier d'imprimerie par la Garde nationaleLe Siècle, 15 juin 1849, ., le quotidien est suspendu et ne reparaît pas avant le .
Devenu hebdomadaire à la suite de condamnations et d'une nouvelle interruption de plusieurs mois en 1850, le journal est supprimé au lendemain du coup d'État du 2 décembre 1851.
Entre 1867 et 1870, un bimensuel intitulé La Science sociale se présente comme le successeur du Phalanstère, de la Réforme industrielle, de la Phalange et de la Démocratie pacifique.
Collaborateurs
Notes et références
Voir aussi Bibliographie J.-M. Gros, Le Mouvement littéraire socialiste depuis 1830, Paris, Albin Michel, 1904, . Eugène Hatin, Histoire politique et littéraire de la presse en France, t. 8, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1861, . Eugène Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française, Paris, Firmin-Didot, 1866, . Henry Izambard, La Presse parisienne : statistique bibliographique et alphabétique de tous les journaux, revues et canards périodiques nés, morts, ressuscités ou métamorphosés à Paris depuis le jusqu'à l'empire, Paris, Krabbe, 1853, . Liens externes Notice historique du Phalanstère dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France (consultée le ). Le Phalanstère puis La Réforme industrielle (1832-1834) sur Gallica. La Phalange (1836-1849) sur Gallica. La Démocratie pacifique (1843-1851) sur Gallica. La Science sociale (1867-1870) sur Gallica.
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