L'élection présidentielle roumaine de 2019 () se tient les 10 et afin d'élire le président de Roumanie.
Le chef de l'État roumain est élu pour un mandat de cinq ans et rééligible une fois, selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à deux tours.
Rééligible pour un second mandat, le président libéral sortant, Klaus Iohannis, arrive en tête du premier tour, devant l'ancienne Première ministre sociale-démocrate Viorica Dăncilă. Le scrutin, marqué par un faible taux de participation, se tient moins d'une semaine après le remplacement de Dăncilă par le libéral Ludovic Orban. Le second tour, organisé deux semaines plus tard, est remporté par Klaus Iohannis, qui réunit près de deux tiers des suffrages exprimés.
Contexte Dissensions entre présidence et gouvernement
À partir de 2014, le pays est le théâtre d'un bras de fer entre le président Klaus Iohannis et les différents gouvernements menés par le Parti social-démocrate (PSD). Le chef d'État et la majorité sociale-démocrate s'affrontent en particulier sur des réformes liées à la justice et à la lutte contre la corruption.
Après avoir été battu par Klaus Iohannis au second tour de l’élection présidentielle de 2014, Victor Ponta, président du PSD, se maintient à la tête du gouvernement. Lorsqu'il est mis en examen en pour 22 chefs d'accusation de corruption présumés, Iohannis exige sans succès sa démission.. En , à la suite de l'incendie de la discothèque Colectiv, Ponta quitte finalement sa fonction de Premier ministre.. L'ancien commissaire européen Dacian Cioloș est alors nommé Premier ministre et forme un gouvernement de technocrates.. Il reste au pouvoir jusqu'aux élections de décembre 2016, qui confirment la position du Parti social-démocrate comme premier parti du pays.
Le conflit entre les sociaux-démocrates et le président Iohannis se poursuit alors que Liviu Dragnea, est désormais à la tête du PSD. Condamné en 2015 pour fraude électorale, il ne peut prendre la tête du gouvernement mais est accusé de faire pression pour l’adoption de mesures lui permettant d’éviter d’être condamné. Sur fond de dissensions internes au sein du PSD, les Premiers ministres issus du parti se succèdent : Sorin Grindeanu, de janvier à , Mihai Tudose, de à , et Viorica Dăncilă, à partir de .
Klaus Iohannis fait convoquer un référendum en , en même temps que les élections européennes, lors desquelles le PNL arrive en tête : la population est amenée à se prononcer sur l'interdiction des grâces et amnisties en faveur de personnes condamnées pour corruption, ainsi que sur l'interdiction faite au gouvernement de recourir à des décrets-lois dans le domaine judiciaire et sur la facilitation du droit de recours à la Cour constitutionnelle contre ce type de norme. Les propositions sont approuvées par plus de 80 % des votants, avec un taux de participation qui permet une validation des résultats. Le référendum est ainsi vu comme un désaveu de la coalition au pouvoir, qui avait appelé au boycott, et comme un soutien à la lutte anti-corruption affichée du chef de l'État.
Au lendemain de ces scrutins, Liviu Dragnea, jusque-là considéré comme étant l’homme fort du pays, est incarcéré pour abus de pouvoir, ce qui affaiblit son parti..
Changement de gouvernement vignette|Ludovic Orban.|left|150px Le , le président du Sénat et dirigeant de l'ALDE, Călin Popescu-Tăriceanu, annonce la rupture de la coalition gouvernementale après que le PSD a décidé de soutenir sa présidente et Première ministre, Viorica Dăncilă, à l'élection présidentielle. Celle-ci dispose alors de pour chercher de nouveaux alliés et convoquer un nouveau vote de confiance.. L'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), qui a soutenu le gouvernement du PSD jusqu'en , rejette une proposition de soutenir le gouvernement en échange d'y entrer.. Fin août, le président Iohannis rejette les nominations de nouveaux ministres par le PSD, exigeant à la place un vote de confiance.
Le gouvernement Dăncilă est finalement renversé le , après l'adoption de la quatrième motion de censure déposée à son encontre, votée par favorables, soit cinq de plus que la majorité requise. Un nouveau gouvernement dirigé par Ludovic Orban, membre du PNL, est investi par le Parlement le .
Mode de scrutin Le Président de la Roumanie est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Est élu le candidat qui réunit la majorité absolue des suffrages du total des électeurs inscrits sur les listes électorales. A défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré éluArticle 83(1) de la ConstitutionArticle 81(4) de la Constitution.
Les résultats sont validés par la Cour constitutionnelle. Le président élu prête ensuite serment devant la Chambre des Députés et le Sénat, réunis en séance communeArticle 82(1) de la Constitution.
Candidats Le président sortant, Klaus Iohannis, favori des sondages, annonce dès 2018 être candidat à un second mandat.
Après avoir laissé entendre qu'il serait candidat, le président du Parti social-démocrate, Liviu Dragnea, annonce après les élections européennes de 2019, marquées par la défaite de son parti, qu'il n'entend pas se présenter et que le PSD choisira son candidat entre la maire de Bucarest, Gabriela Firea, et le président du Sénat Călin Popescu-Tăriceanu. Le , Viorica Dăncilă est désignée candidate par le Bureau national permanent de son parti.
Au lendemain de la désignation de Dăncilă par le PSD, l'ALDE annonce la candidature de Călin Popescu-Tăriceanu, qui espérait obtenir l’appui du parti au pouvoir. Le , celui-ci retire sa candidature au profit de l'indépendant Mircea Diaconu, également candidat de Pro Romania..
Dan Barna est désigné comme candidat par les membres de l'USR le . Une semaine plus tard, la coalition USR+PLUS s'accorde sur une candidature unique pour l'élection présidentielle, et sur la désignation de Dacian Cioloș, chef de file de PLUS, en cas de victoire au poste de Premier ministre.
Le , Ramona Ioana Bruynseels annonce sa candidature pour le Parti du pouvoir humaniste social-libéral. Theodor Paleologu est désigné candidat du Parti Mouvement populaire le . Le , Hunor Kelemen est investi pour Union démocrate magyare de Roumanie. Déjà candidat en 2009 et 2014, il a alors rassemblé 3,8 % et 3,5 % des voix.
+Candidats à l’élection présidentielle roumaine de 2019 Candidat Parti(s) Idéologie Slogan Fonctions60px|Klaus Iohannis en mars 2015 Klaus Iohannis Parti national libéral (PNL)Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR) Centre droitLibéral-conservatisme, europhilie130pxPentru o Românie normală(Pour une Roumanie normale)Président de la Roumanie depuis 2014Maire de Sibiu de 2000 à 201460px|Viorica Dăncilă en juin 2019 Viorica Dăncilă Parti social-démocrate (PSD)Centre gaucheSocial-démocratie, conservatisme socialAlături de fiecare român(Aux côtés de chaque Roumain)Première ministre de Roumanie de 2018 à 2019Députée européenne de 2009 à 201860px|Dan Barna Dan Barna Union sauvez la Roumanie (USR)Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité (PLUS) Centre droitLibéralisme, europhilie130pxFericiți în România(Heureux en Roumanie)Député roumain depuis 201660px|Mircea Diaconu Mircea Diaconu Pro Romania (PRO)Alliance des libéraux et démocrates (ALDE)CentreSocial-libéralisme100pxCu bună credință(De bonne foi)Député européen de 2014 à 2019Ministre de la Culture en 201260px|Theodor Paleologu Theodor Paleologu Parti Mouvement populaire (PMP)Centre droitLibéral-conservatisme, unionisme130pxRespect, educație, performanță(Respect, éducation, performance)Député roumain de 2008 à 2016Ministre de la Culture de 2008 à 200960px|Kelemen Hunor Hunor Kelemen Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR)Centre droitDéfense des intérêts de la minorité hongroise, régionalismeRespect pentru toți(Respect pour tous)Député roumain depuis 2000Ministre de la Culture de 2009 à 2012 et en 201460pxAlexandru Cumpănașu Indépendant 100pxOri noi, ori ei(Nous ou eux)60pxRamona Bruynseels Parti du pouvoir humaniste social-libéral (PPUSL)CentreSocial-libéralisme100pxFără imunitate(Sans immunité)Secrétaire d'État (2017-2018)60pxSebastian Popescu Parti Nouvelle Roumanie (PNR)60px Indépendant130pxRomânia, din nou acasă(Roumanie, de nouveau à la maison)Secrétaire d'État pour les Roumains de l'étranger (2014)60px Parti du peuple roumain (NR)Député roumain de 2012 à 201660pxViorel Cataramă Droite libérale (DL)DroiteNéolibéralisme100pxMuncești și câștigi(Travaille et gagne)Sénateur (1996-2000) Secrétaire d'État au tourisme (1991-1992) Parti de la nation roumaine (PNRo)60pxCătălin-Sorin Ivan Alternative pour la dignité nationale (ADN)Député européen (2009-2019)
Sondages Premier tour Institut Date Échantilloncenter|60px|Klaus IohannisIohanniscenter|60px|Viorica DăncilăDăncilăcenter|60px|Dan BarnaBarnacenter|60px|Mircea DiaconuDiaconucenter|60px|Theodor PaleologuPaleologucenter|60px|Hunor KelemenKelemenCumpănașuBruynseelsAutres USR3 novembre 201938,9 %22,6 %19,1 %8,2 %5,5 %3,6 % 2,1 %IMAS28 octobre 201945,7 %15,1 %12,6 %16,7 %6,9 %2,9 % -PMP27 octobre 201940 %19 %13 %7 %8 %4 %31,5 %USR23 octobre 201939 %23,4 %18,5 %8 %3,8 %3,9 %3,4 %Sociopol22 octobre 201942 %21 %10 %10 % -17 %CURS21 octobre 201937 %20 %13 %11 %6 %4 %4 %4 %1 %PNL17 octobre 201940 %13 %12 %9 %7 %19 %Sociopol43 %21 %15 %11 %4 %6 %PSD40 %18 %20 %13 %7 %2 %USR40,5 %21,4 %19,7 %7,6 %10,8 %IMAS9–28 septembre 201945,3 %12,4 %14,2 %16,6 %7,7 %3,8 %–
+Sondages pour le premier tour avant la clôture des candidatures Institut Date Échantillon Iohannis Tăriceanu Dragnea Cioloș Kelemen Tomac Ponta Firea Barna Dăncilă Autres IndécisIMAS15 juillet–2 août 201913,8 %10,4 %2,8 %1,5 %12,9 %9,4 %7,5 %IMAS7–26 juin 201915,5 %12,7 %1,8 %1,6 %14,1 %5,3 %–IMAS2–20 mai 201919,8 %7 %13 %1,2 %2,1 %11,6 %–1,9 %––14,7 %IMAS12–15 avril 201918,3 %8,7 %10 %1,2 %2,2 %14,5 %–2,5 %–––IMAS18 mars–3 avril 201916,1 %8 %11,7 %1,1 %2,2 %12,4 %–1,7 %–––CURS12–25 mars 201923 %15 %9 %4 %3 %––––––IMAS1–21 février 201918,0 %6,0 %11,7 %1,5 %1,9 %15,0 %–1,5 %–3 %15,1 %CURS21 janvier–6 février 201921 %17 %9 %––––4 %–8 %34 %IMAS11–30 janvier 201915,4 %6 %10,9 %0,8 %1,5 %13,2 %–1,9 %–7,7 %8,2 % PNL 16 % – 10 % 3 % – 12 % 17 % – – 12 % 2018 Institut Date Échantillon Iohannis Tăriceanu Dragnea Cioloș Kelemen Tomac Ponta Barna Autres Indécis IMAS 4–20 décembre 2018 12,9 % 5,3 % 9,2 % 0,7 % 1,8 % 12,7 % 2,3 % 3,5 % 16,8 %CURS24 novembre–9 décembre 201825 %12 %11 %2 %––3 %8 %32 % CURS 27 avril–8 mai 2018 22 % 22 % 4 % 3 % 2 % – – 8 % 39 % 2017 Institut Date Échantillon Iohannis Firea Tăriceanu Diaconescu Hunor Barna Indécis CURS novembre 2017 13 % 5 % 4 % 3 % 1 % 2 %
Second tour
Résultats Au niveau national +Résultats de la présidentielle roumaine de 2019.Candidats PartisPremier tourSecond tour Voix % Voix % Klaus Iohannis PNL, FDGR 37,82 66,09 Viorica Dăncilă PSD 22,26 33,91 Dan Barna USR, PLUS 15,02 Mircea Diaconu PRO, ALDE 8,85 Theodor Paleologu PMP 5,72 Hunor Kelemen UDMR 3,87 Ramona Bruynseels PPUSL 2,65 Alexandru Cumpănașu Indépendant 1,53 Viorel Cataramă 0,53 Bogdan Stanoevici Indépendant 0,43 Cătălin-Sorin Ivan 0,36 Ninel Peia 0,34 Sebastian Popescu 0,33 John Banu 0,30 Votes valides 98,43 98,18 Votes blancs et nuls 1,53 1,82 Total 100 100 Abstention 48,82 44,93 Inscrits / participation 51,18 55,07
Représentation des résultats du second tour : KlausIohannis(66,09 %) VioricaDăncilă(33,91 %) ▲ Majorité absolue
Par județ Premier tour vignette|Résultats du par judet