Un micro-État est un État souverain possédant une faible population ou une petite superficie (et généralement les deux).
Les micro-États ne doivent pas être confondus avec les micronations, qui sont des entités non reconnues.
Origine Les micro-États se rencontrent surtout en Europe, résultats d'histoires territoriales complexes, dans les Antilles et dans l'océan Pacifique, sous forme d'États insulaires.
En Europe
Cinq micro-États sont présents en Europe : Andorre, le Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin et le Vatican. Ils ont pu se maintenir au cours de l'histoire grâce à des circonstances politiques favorables, notamment la protection dont ils ont bénéficié de la part de leurs États parrains respectifs (la France et l'Espagne pour l'Andorre, l'Autriche puis la Suisse pour le Liechtenstein, la France pour Monaco, l'Italie pour Saint-Marin et le Vatican).
Hors d'Europe (seuls 8 pays font exception dans le monde : Afghanistan, Chine, Ethiopie, Iran, Japon, Népal, Thaïlande et Turquie). Ils recouvrent presque tous, et les micro-États ne font pas exception, plusieurs, voire de nombreux États d'avant la colonisation. Les frontières de ces micro-États ne sont à chercher que dans les contraintes géographiques et les frontières des empires coloniaux.
Critères
Le critère définissant un « micro-État » peut être sa superficie, sa population ou les deux. Conséquemment, la liste des micro-États varie selon les critères choisis. En fonction de la superficieEn fonction de la populationMoins de 1000 km225 ÉtatsMoins de 500 000 habitants28 ÉtatsMoins de 500 km217 ÉtatsMoins de 100 000 habitants13 ÉtatsMoins de 100 km25 ÉtatsMoins de 50 000 habitants7 États
Outre ces critères quantitatifs, les micro-États peuvent être définis à partir du critère qualitatif de délégation de souveraineté. Un micro-État serait alors un État souverain (au regard de la Convention de Montevideo) qui, à cause de sa petite taille et des ressources limitées dont il dispose (notamment humaines et financières), est contraint de déléguer une partie de sa souveraineté à de plus grandes puissances afin de pouvoir fonctionner comme un État moderne. Par exemple, les micro-États européens utilisent la monnaie de leurs États parrains (l’euro en ce qui concerne l’Andorre, Monaco et Saint-Marin, alors que l’économie du Liechtenstein fonctionne avec le franc suisse). Faute d'armée, l’Italie assure la défense de Saint-Marin, alors que celle de l'Andorre est garantie par la France et l'Espagne. Cette délégation de souveraineté s'applique dans de nombreux autres domaines : la diplomatie, la justice, les services postaux, l'enseignement supérieur, etc.
Selon cette définition le Vatican peut ne pas être considéré comme un micro-État, car sa qualité d'État est contestable : sa population n’est pas permanente, un des critères de la Convention de Montevideo. La population du Vatican, composée essentiellement de membres du clergé, n'enregistre en effet aucune naissance et la citoyenneté vaticane n’est octroyée aux résidents que le temps de leurs fonctions au sein du Vatican. En outre, le Vatican n'est que le support territorial du Saint-Siège, la personne morale jouissant de la personnalité juridique internationale qui représente le pape, en tant que chef de l’Église catholique, auprès des organisations internationales.
Économie Analyse des faits économiques En règle générale, les îles et les micro-États sont des territoires disposant de peu de ressources. En effet, cela est souvent dû au fait que ceux-ci sont de petite taille. Prenons le cas de Malte, ce petit État insulaire centre son économie sur l’exportation de calcaire, car c’est l’une des seules ressources qu’il possède. Également, il se démarque avec une main d’œuvre productive et un excellent emplacement géographique, un secteur touristique intéressant et des industries de valeurs ajoutées telles que le textile et l’électronique. Malte ne produit que 20 % de ses besoins alimentaires, ce qui le rend dépendant du commerce extérieur. La situation de Malte se différencie très peu de celle des autres îles et micro-États, car comme cité plus haut, leur taille limite la possibilité de développer plusieurs secteurs économiques.
Également, le secteur primaire dans les îles et micro-États est souvent insignifiant, car la majorité de ceux-ci ne dispose que de peu de ressources et doivent donc évoluer dans le secteur tertiaire afin de renflouer leurs coffres. En effet, les économies de ces territoires sont dépendantes du commerce extérieur. Elles doivent centrer l’économie de leurs industries sur la valeur ajoutée des ressources qu’elles exportent afin d’en tirer profit. La majeure partie de leurs revenus provient des services.
D’autre part, cela est une faiblesse en soi, car l’exploitation massive de ressources pose souvent problème. En effet, cela affecte considérablement le profit net en bout de ligne considérant le fait que l’entreprise se doit d’importer les matières premières afin de fonctionner. Le cas contraire serait beaucoup plus payant et stimulerait doublement l’économie. De plus, cela rend les micro-États vulnérables en situation de crise compte tenu du fait qu’ils exportent quasiment tout. S’ils n’ont plus les moyens d’exporter, ils n'en auront logiquement plus pour importer.
Par ailleurs, le PIB de ces nations se classe de façon générale parmi la moyenne mondiale. Ce dernier est en majeure partie constitué des revenus générés par les services, soit le secteur tertiaire. Le PIB par habitant lui, est très variable d’un État à l’autre. Au Liechtenstein par exemple, il est de , ce qui est énorme, tandis qu’au Tuvalu, il est d’à peine 3400$. Cependant, le taux de croissance du PIB est sensiblement le même d’un État à l’autre se situant entre 1 et 5 % en moyenne. Le taux de chômage varie drastiquement d’un micro-État à l’autre par contre. Par exemple, à Monaco, celui-ci est de 0 % et à Nauru, il est de 90 %. Le taux d’inflation est semblable d’un État à l’autre à l’exception du Liechtenstein qui possède un taux se situant autour de 0 %.
En ce qui concerne les importations et les exportations et ce qui a été dit plus haut, il est facilement devinable que les importations surpassent les exportations dans ces endroits. En effet, la taille de leur territoire étant limitée, ils se doivent d’importer pratiquement tout et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Prenons Malte en exemple, les importations totalisaient en 2011 de dollars alors que les exportations totalisaient de dollars. Il est pertinent de mentionner ici que les micro-États sont généralement des nations très endettées et en observant de tels chiffres, il est facile d’en comprendre la raison. Le cas de Malte n’est pas unique, il reflète encore une fois bien la situation économique des micro-États et des îles. Seuls les chiffres diffèrent. Bien sûr, il existe des exceptions. Les exportations de Bahreïn surpassent ses importations, mais cela est dû au fait qu’il possède du pétrole en grande quantité, ce qui n’est pas donné aux autres îles et micro-États qui basent leur économie sur le secteur tertiaire et le tourisme.
Dans le même ordre d’idées, les exportations des îles et des micro-États varient de l'un à l’autre. Comme mentionné plus haut, Bahreïn exporte surtout son pétrole. L'Andorre quant à elle, exporte des produits du tabac, le Liechtenstein exporte majoritairement de l’électronique spécialisée, Saint-Marin, de la pierre de construction, Tuvalu, le coprah, les Palaos exportent des crustacés, Nauru, le phosphate, Malte quant à elle se spécialise dans la machinerie. Il est possible de constater que les principales exportations de ces nations varient beaucoup. Pour ce qui est des produits importés, on constate également une variation, mais beaucoup d’entre eux sont de grands importateurs de nourriture.
De plus, la plupart des îles et micro-États sont endettés. En effet, en 2011, Malte avait une dette extérieure de 48,7 milliards de dollars ce qui représente 6 fois son PIB, et une dette publique qui représente 70 % de son PIB. Nauru possède une dette extérieure de 33 millions de dollars alors qu’il a un PIB de 60 millions de dollars. Cependant, certains micro-États ne possèdent pas de dette externe comme le Liechtenstein et Bahreïn qui sont des nations très prospères.
Les îles et les micro-États sont donc des nations qui importent beaucoup, leurs économies sont très dépendantes du commerce extérieur. Leurs principales sources de revenus proviennent du secteur tertiaire, car certains territoires sont limités en ressources naturelles. De plus, les PIB des îles et micro-États se situent pour la plupart dans la moyenne mondiale. Néanmoins, il ne faut pas en tirer comme conclusion que les habitants de ces nations sont tous riches, car il existe de grands écarts de PIB par habitant.
Développement La plupart des îles et micro-États étaient, autrefois, des colonies issues d’empires telle que la Grande-Bretagne. En effet, celles-ci sont devenues indépendantes que récemment, dans les années 70. Souvent, les îles et micro-États étaient colonisées afin d’en exploiter les ressources. Prenons Nauru en exemple. Ce petit État insulaire de l’Océanie, considéré comme étant la plus petite république indépendante du monde, fut conquise par l’Allemagne en 1888 afin d’y exploiter le sous-sol contenant une grande réserve de phosphate. Ce n’est qu’en 1968 que cette petite île devint indépendante. L’économie de celle-ci se développa à partir de cette ressource unique. L’exemple de Nauru démontre bien comment les îles et micro-États se sont développés économiquement. En effet, la majorité de ceux-ci était auparavant colonisée par des empires qui y exploitaient une ressource en particulier. Ensuite, ceux-ci obtiennent leur indépendance et se développent à partir de cette ressource.
Il est certain que ces territoires ont des obstacles au développement. Premièrement, leur aspect géographique nuit pour sûr à leur accroissement. Particulièrement dans le cas des îles. En effet, celles-ci sont souvent éloignées des grands centres économiques mondiaux. Leur économie doit donc miser sur le transport maritime ou aérien de leurs ressources, ce qui peut faire augmenter le prix des produits et encourager les potentiels clients à acheter ailleurs.
Deuxièmement, certains micro-États sont instables politiquement, comme Bahreïn. Le pays connaît quelques perturbations d'ordre social. Cependant, cela ne nuit pas réellement à son développement puisque son économie est centrée sur l’exportation de pétrole, probablement le produit le plus demandé de nos jours. Par contre, il faut spécifier que la majorité des îles et micro-États étaient auparavant des colonies, ce qui nuisit à leur développement. Effectivement, n’étant pas le réel propriétaire de leurs ressources, ces États dépendants ne tiraient que très peu de bénéfice de leur territoire. Cela a considérablement ralenti le développement de ces zones.