vignette|La plaque commémorant la population civile de Mokotów, chassée et assassinée par les Allemands lors de l’insurrection de Varsovie La pacification de Mokotów est une vague des meurtres en masse, pillages, incendies et viols dans le quartier Mokotów à Varsovie pendant l’insurrection de Varsovie en 1944. Les crimes contre les prisonniers de guerre et la population civile ont été commis par les Allemands jusqu’au moment de la capitulation de Mokotów, le . Cependant, le phénomène était le plus intensif dans les premiers jours de l’insurrection.

Crimes allemands dans le premier jour de l’insurrection Le à 7h, les soldats de l’Armée de l’intérieur ont attaqué les unités allemandes dans tous les quartiers de Varsovie. À la suite des attaques échouées sur les points bien armés de la résistance allemande des rues Rakowiecka et Puławska, les troupes du District V « Mokotów » ont subi de lourdes pertes. Les insurgés n’ont pas réussi à prendre la caserne dans les écoles dans les rues Kazimierzowska et Woronicza, la forteresse de Mokotów ou l’hippodrome de SłużewiecAdam Borkiewicz: Powstanie warszawskie. Zarys działań natury wojskowej. Warszawa: Instytut Wydawniczy „Pax”, 1969. p. 70-71. À cause de cet échec, la grande partie des troupes du District V s’est retirée à la forêt de Kabaty. Les cinq compagnies du régiment « Baszta », dirigées par le lieutenant-colonel Stanisław Kamiński « Daniel » ont pris les immeubles dans les rues Odyńca, Goszczyńskiego, Puławska et Aleja NiepodległościAdam Borkiewicz: Powstanie warszawskie. Zarys działań natury wojskowej. Warszawa: Instytut Wydawniczy „Pax”, 1969. p. 82. Dans les jours suivants, les insurgés ont réussi à organiser le grand foyer de la résistance dans le quartier Górny Mokotów.

Dans la nuit du 1 au , les forces de la SS, de la police et de la Wehrmacht ont perpétré plusieurs crimes de guerre. On fusillait les prisonniers de guerre et achevait les blessés. Les Allemands ignoraient le fait que les soldats de l’Armée de l’intérieur menaient le combat ouvert et possédaient les insignes, donc ils respectaient les règles de la Convention de la HayeAntoni Przygoński: Powstanie warszawskie w sierpniu 1944 r. T. I. Warszawa: PWN, 1980. . p. 239. On a tué tous les soldats polonais pris lors d’une attaque sur les poches de résistance allemande dans la rue Rakowiecka et quelques dizaines des prisonniers de guerre du bataillon « Karpaty » qui avaient attaqués l’hippodrome de SłużewiecMaja Motyl, Stanisław Rutkowski: Powstanie Warszawskie – rejestr miejsc i faktów zbrodni. Warszawa: GKBZpNP-IPN, 1994. p. 204Lesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 207. Les Allemands ont fusillé aussi au moins 19 insurgés du bataillon « Olza », blessés et capturés pendant l’attaque sur la forteresse de Mokotów. La partie des victimes a été enterrée vivante, ce qui a été confirmé par l’exhumation faite en 1945Lesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 177, 180-181Maja Motyl, Stanisław Rutkowski: Powstanie Warszawskie – rejestr miejsc i faktów zbrodni. Warszawa: GKBZpNP-IPN, 1994. p. 132.

Pendant cette nuit, il y avait aussi les premiers meurtres sur la population civile de Mokotów. Après avoir contré l’attaque polonaise, les soldats de la Luftwaffe (faisant partie du personnel de Fliegerhorst-Kommandantur Warschau-Okecie) ont chassé près de 500 civils vers la forteresse de Mokotów. Les déplacements ont été accompagnés d’exécutions. On a tué de nombreux habitants des rues Bachmacka, Baboszewska et Syryńska. À la maison de la rue Racławicka 97, les Allemands ont fait sortir environ 14 habitants dans le sous-sol pour les tuer par les grenadesLesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 180-181Maja Motyl, Stanisław Rutkowski: Powstanie Warszawskie – rejestr miejsc i faktów zbrodni. Warszawa: GKBZpNP-IPN, 1994. p. 131. Les crimes sur les prisonniers et sur la population civile ont été ordonnés par le commandant de la garnison d’Okęcie – général Doerfler.

Ordre d’Hitler de détruire Varsovie réalisé à Mokotów En apprenant la nouvelle du déclenchement de l’insurrection, Hitler a ordonné à Reichsführer-SS Himmler et au commandant de l’état-major de l’Oberkommando des Heeres, général Heinz Guderian de raser Varsovie et d’exterminer tous ses habitantsAntoni Przygoński: Powstanie warszawskie w sierpniu 1944 r. T. I. Warszawa: PWN, 1980. . p. 221. Selon la relation de SS-Obergruppenführer Erich von dem Bach-Zelewski, nommé commandant des forces chargées de réprimer l’insurrection, l’ordre a été rédigé comme suit: « On doit tuer chaque habitant sans faire les prisonniers. Varsovie doit être rasé afin de faire un exemple effrayant pour le reste de l’Europe »Antoni Przygoński: Powstanie warszawskie w sierpniu 1944 r. T. I. Warszawa: PWN, 1980. . p. 223. L’ordre d’Hitler de détruire la ville est aussi parvenu aux commandants de la garnison allemande à Varsovie. SS-Oberführer Paul Otto Geibel, chef de la SS et de la police du district de Varsovie a déclaré après la guerre que Himmer lui avait ordonné par téléphone le : « Liquidez-vous les dizaines de milliers »Szymon Datner, Kazimierz Leszczyński (red.): Zbrodnie okupanta w czasie powstania warszawskiego w 1944 roku (w dokumentach). Warszawa: wydawnictwo MON, 1962. p. 418. Le , le commandant de la garnison de Varsovie, général Reiner Stahel, a ordonné aux unités de Wehrmacht lui subordonnées de tuer tous les hommes considérés comme les insurgés, vrais ou supposés, et de faire les prisonniers de la population civile (y compris des femmes et des enfants)Antoni Przygoński: Powstanie warszawskie w sierpniu 1944 r. T. I. Warszawa: PWN, 1980. . p. 241.

À l’époque, Mokotów a été pourvu de fortes unités allemandes, entre autres le bataillon de réserve de Panzergrenadier de la SS dans la caserne de la rue Rakowiecka (SS-Stauferkaserne), les batteries d'artillerie antiaérienne à Pole Mokotowskie, les unités de la Luftwaffe à la forteresse de Mokotów et dans la caserne d’artillerie anti-aérienne dans la rue Puławska (Flakkaserne) et l’unité de la gendarmerie dans l’édifice du commissariat du district dans la rue Dworkowa. Toutefois, l’extermination ordonnée par Hitler n’a pas porté les résultats à Mokotów aussi tragiques qu’à Wola, Ochota ou Śródmieście Południowe. Le quartier a été considéré comme périphérique, longtemps libre de grandes actions offensives. Les troupes allemandes, passives envers les insurgés, ont tué en masse la population civile polonaiseAdam Borkiewicz: Powstanie warszawskie. Zarys działań natury wojskowej. Warszawa: Instytut Wydawniczy „Pax”, 1969. p. 330. On a brûlé les maisons, pillé les propriétés polonaises et violé les femmesLesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 343Szymon Datner, Kazimierz Leszczyński (red.): Zbrodnie okupanta w czasie powstania warszawskiego w 1944 roku (w dokumentach). Warszawa: wydawnictwo MON, 1962. p. 113-115, 119. Les survivants ont été déportés vers le camp de transit à Pruszków, et ensuite vers les camps de concentration ou aux travaux forcés dans le Troisième Reich.

Massacre dans le prison de Mokotów vignette|La plaque commémorative sur le mur de la prison de Mokotów

Au moment du déclenchement de l’insurrection, dans la prison de la rue Rakowiecka 37 il y avait 794 prisonniers, y compris 41 mineursMaja Motyl, Stanisław Rutkowski: Powstanie Warszawskie – rejestr miejsc i faktów zbrodni. Warszawa: GKBZpNP-IPN, 1994. p. 135. Le , l’établissement a été attaqué par les soldats de l’Armée de l’intérieur, qui ont réussi à pénétrer dans la prison et prendre le bâtiment administratif, mais ils ne sont pas parvenus à entrer les bâtiments pénitentiairesLesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 189.

Le , l’inspecteur judiciaire Kirchner, nommé intérim du directeur de la prison à Mokotów, a été convoqué à la caserne de la SS dans la rue Rakowiecka 4. SS-Obersturmführer Martin Patz, commandant du bataillon de réserve Panzergrenadier de la SS l’a informé que le général Reiner Stahel avait ordonné de liquider tous les prisonniers. Cette décision a été confirmée aussi par SS-Oberführer Paul Otto Geibel, qui a ordonné en plus de fusiller les gardiens polonais. Kirchner a établi aussi un bulletin de prise en charge selon lequel tous les détenus de la prison de Mokotów sont passés sous le contrôle de PatzLesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 277. L’après-midi, les SS sont entrés sur le terrain de la prison. Ils ont forcé environ 60 hommes à creuser trois fosses communes dans la cour de la prison. Après, ils les ont fusillés de mitrailleuses. Ensuite, les Allemands ont commencé à faire sortir les autres prisonniers de leurs cellules et ils les ont tués devant les fosses. Pendant quelques heures du massacre on a tué plus de 600 prisonniersLesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 278.

Le massacre dans la cour de la prison était bien visible des fenêtres des cellules, et les prisonniers qui l’observaient ont compris que leur mort et sûr, donc ils n’ont rien à perdre. Les prisonniers des sections et 7 au deuxième étage se sont décidés à attaquer l’ennemi. Ensuite, sous le couvert de l’obscurité et grâce à l’aide des habitants des maisons avoisinantes, de 200 à 300Lesław M. Bartelski: Mokotów 1944. Warszawa: wydawnictwo MON, 1986. . p. 278-279 prisonniers ont réussi à s’échapper au terrain contrôlé par les insurgés.

Massacre dans le monastère des jésuites vignette|Le monastère des jésuites – lieu du massacre Le premier jour de l’insurrection, les batailles ont eu lieu en dehors du monastère des jésuites. Plus d’une dizaine des civils n’ont pas pu rentrer à leurs maisons à cause de la fusillade dans les rues et ils se sont réfugiés dans le monastère. Le matin du , le monastère a été attaqué avec des armes antiaériennes allemandes situées à proximité, à Pole Mokotowskie, et bientôt l’unité SS de 20 personnes, envoyée probablement de Stauferkaserne, est entrée au monastère. Les officiers SS ont accusé les Polonais de tirer sur les soldats allemands. Après la fouille rapide qui n’a donné aucune preuve, les Allemands ont fait sortir l'abbé Edward Kosibowicz du bâtiment sous prétexte de demande d’explications complémentaires. En fait, il a été tué par une balle dans la nuque dans Pole MokotowskieSzymon Datner, Kazimierz Leszczyński (red.): Zbrodnie okupanta w czasie powstania warszawskiego w 1944 roku (w dokumentach). Warszawa: wydawnictwo MON, 1962. p. 124-127Felicjan Paluszkiewicz: Masakra w Klasztorze. Warszawa: wydawnictwo Rhetos, 2003. . p. 10-12.

Au bout de certain temps, on a fait entrer les Polonais dans une petite chambre au sous-sol du monastère et on lancé les grenades sur eux. Ensuite, pendant plusieurs heures, les soldats achevaient les blessés. Il y avait environ 40 victimes du massacre – y compris 8 prêtres et 8 frères de la Compagnie de Jésus. Les Allemands ont versé de l’essence sur le tas des cadavres et les ont brûlésAvec les morts, ils ont brûlé aussi les vivants, gravement blessés.. 14 personnes, en majorité blessées, ont réussi à sortir du tas des cadavres et s'échapper du monastère.

Meurtres sur la population civile vignette|La plaque commémorant les habitants tués de la rue Madalińskiego