thumb|Hercule, dont le nom est synonyme d'archétype des critères de la masculinité.Hercule Farnèse, , musée archéologique national de Naples.

La masculinité est un Le Petit Larousse, 2008, .. La masculinité reste cependant à distinguer de la définition du sexe biologique mâle...

Les études portant sur les masculinités les définissent plutôt comme ., c'est-à-dire comme les caractéristiques corporelles, comportements et manières de penser que l'on attend d'un individu assigné homme dans l'espace social. Ces attentes ne sont pas les mêmes pour tous et varient avec le temps, c'est pourquoi on préfère parler des masculinités au pluriel, insistant ainsi sur le caractère évolutif, multiple et parfois contradictoire des modèles sociaux proposés aux hommes..

Les études sur les hommes et les masculinités (Men's Studies) replacent ces modèles sociaux dans le cadre des rapports de pouvoir liés au genre. La notion de , développée par la sociologue australienne Raewyn Connell dans son ouvrage Masculinities (1995, 2005), désigne ainsi ..

Description Les qualités et les rôles masculins sont ceux considérés comme typiques, appropriés et attendus de la part des garçons et des hommes. Le concept de masculinité varie historiquement et culturellement. Par exemple le dandy était considéré comme un idéal de masculinité au et est considéré comme efféminé suivant les normes modernes..

L'étude académique de la masculinité a fait l'objet d'une attention accrue à partir de la fin des années 1980 et au début des années 1990, le nombre de cours sur le sujet aux États-Unis passant de 30 à plus de 300.. Cet intérêt a suscité des recherches sur l'intersection de la masculinité avec d'autres axes de discrimination sociale et des concepts d'autres domaines, tels que la construction sociale de la différence entre les sexes. (qui prévaut dans un certain nombre de théories philosophiques et sociologiques).

Les hommes et les femmes peuvent présenter des traits et des comportements masculins. Ceux qui présentent à la fois des caractéristiques masculines et féminines sont considérés comme androgynes, et les philosophes féministes ont soutenu que l'ambiguïté du genre peut brouiller la classification du genre..

Le genre masculin, en tant que rôle et privilège social, a la particularité de connaître une certaine , c'est-à-dire qu'il est souvent assortie d'une crainte de ne pas être à la hauteur des standards de la société, laquelle motive des comportements compensatoires afin d'atteindre une masculinité plus authentique.

Historique Les mouvements d'hommes pro-féministes Parallèlement aux mouvements féministes américains des années 1970 est apparu un mouvement militant d’hommes favorables aux revendications féministes. Ces groupes d’hommes dits naissent un peu partout aux États-Unis, et le plus connu est très certainement le National Organization for Men Against Sexism (NOMAS). Il se définit lui-même comme une . Et, à l’instar des mouvements féministes, ces mouvements pro-féministes vont faire naître un nouveau champ d’investigations activiste dans les universités américaines, les men’s studies.

Dans sa thèse de doctorat, « De l'ennemi principal aux principaux ennemis : position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination », soutenue en 2007, Léo Thiers-Vidal définit les conditions par lesquelles les hommes peuvent cesser d'opprimer les femmes. Il s'est investi dans le mouvement féministe au milieu des années 1990Voir sur cairn.info..

Dans Des hommes justes publié en 2019, Ivan Jablonka définit les rapports entre masculinités et justice de genre..

Les men's studies Les (parfois appelées en français Cette désignation n'a pas dans tous les contextes le même poids culturel et historique, allant jusqu'à désigner certaines formes de masculinisme.) ont été fondées par des groupes d'hommes pro-féministes en réplique militante aux mouvements d'hommes qui, dans les années 1970, estimaient que le féminisme était . Elles se sont développées dans plusieurs universités américaines dans les départements d'études de genre aux côtés des women's studies, autour de revues comme Men and Masculinities. et The Journal of Men's Studies..

On doit aux sociologues américains Michael Kimmel et Michael A. Messner le premier ouvrage portant sur les masculinités en tant qu'identités de genre construites socialement (Men's Lives, 1989). C'est un succès éditorial aux États-Unis où il a déjà été réédité neuf fois. En 1995, la sociologue australienne Raewyn Connell publie son ouvrage Masculinities (seconde édition revue en 2005) où elle définit le concept de masculinité hégémonique. En France, les études sur les masculinités se développent particulièrement depuis les années 2000 (Daniel Welzer-Lang, Anne-Marie Sohn, Corbin, Mélanie Gourarier, Vörös, Rebucini.).

Pour la plupart des auteurs de cette pensée (Messner, 2007, Connell, 2005), les masculinités sont le fruit d’un apprentissage social (social learning). Cet apprentissage social repose sur la performativité du genre (Judith Butler, 2006), performativité qui elle-même repose sur des normes la conditionnant.

La « masculinité hégémonique »

Ce concept développé par la sociologue australienne Raewyn Connell est une transposition au domaine des gender studies de celui d'hégémonie culturelle forgé par le philosophe Antonio Gramsci.

Dans ses Cahiers de prison, Gramsci définit l'hégémonie comme une forme de domination fondée sur .. Le concept d'hégémonie insiste ainsi sur les mécanismes qui expliquent le consentement des dominés au système dans lequel ils et elles ont une position subordonnée. Il permet également de penser les rapports de pouvoir dans un cadre évolutif, comme le résultat de processus historiques, et donc susceptibles d'être remis en question.

La transposition du concept d'hégémonie aux études de genre a permis la formulation du concept de masculinité hégémonique, qui apparaît pour la première fois dans des travaux de sociologie de l'éducation australiens des années 1980. Il est formalisé dans un article théorique de 1985., puis par l'un des trois auteurs, la sociologue australienne Raewyn Connell, dans son ouvrage Masculinities (1995, 2005).

Connell explique que, dans l’imaginaire collectif, la masculinité est uniforme, fixe : Pourtant, cette croyance n’est selon elle qu’illusion, les masculinités ne sont pas fixes, elles Connell R. W., 2005, ..

Si les modèles de masculinité varient à travers l'histoire, plusieurs modèles coexistent également au sein d'une même société. Ils diffèrent notamment en fonction de l'appartenance de classe, de race et de génération. Alors que certains modèles de masculinité peuvent être perçus comme « positifs », d'autres peuvent être déconsidérés en raison de marqueurs sociaux perçus comme des stigmates (Goffman.).

Parmi les masculinités, la « masculinité hégémonique » désigne , elle insiste en précisant qu'il s'agit par ailleurs d'une stratégie jugée la plus acceptable à un moment donné pour maintenir le patriarcat.. Elle constitue le modèle de masculinité perçu, à un moment donné de l'histoire et dans un contexte social spécifique, comme le . Le concept de permet ainsi de penser les rapports de domination entre hommes et femmes, mais aussi les rapports de pouvoir entre hommes et les hiérarchies entre les masculinités. Les individus relevant des masculinités ou contribuent à leur manière à renforcer la position dominante du modèle de .. Dans la lecture critique du concept de masculinité hégémonique, Demetrakis Z. Demetriou précise que la masculinité hégémonique est en réalité un bloc hybride .. Cette hybridation passe aussi par des emprunts aux masculinités « subordonnées », « marginales » voire « complices ». Les relations de celles-ci avec la masculinité hégémonique n'étant donc pas unilatérales.

L’expression de la misogynie et de l’homophobie est souvent le témoin de l’adhésion au modèle de masculinité hégémonique et même, selon Pascale Molinier, va en devenir une composante : Molinier & Welzer-Lang, 2000, p. 72. Daniel Welzer-Lang définit l’homophobie comme Welzer-Lang, 1994, p. 17.. En outre, les propos et les blagues sexistes et homophobes ont, selon Rémi Richard Richard, 2010, p. 85. ; la gauloiserie ferait ainsi partie de l'identité française.

Masculinité contre féminité ou masculinités plurielles ? Pierre Bourdieu souligne que la masculinité et la féminité ne peuvent pas être pensés de manière séparée. Pour lui, c’est avant tout dans l’opposition avec le féminin que le masculin peut se construire et s’exprimer : .. Et encore une fois le travail et la socialisation sont au centre des processus de virilisation. Bourdieu parle d’un appliqué aux garçons qui Bourdieu, , p. 32. Et c’est par ce travail psychosomatique de virilisation ou de féminisation des corps que les phénomènes de dominations obtiennent une apparente légitimité biologique ; Bourdieu, , .. Dans cette optique, la féminité est l’antithèse de la masculinité ; être une femme consiste alors à ne pas être un homme et être un homme c’est avant tout refuser tout attribut féminin. Masculinité et féminité doivent être pensés de manière relationnelle comme le fruit d’un Bourdieu, , p. 28..

Cette conception de la masculinité s'appuie sur une conception binaire des identités de genre, que Bourdieu observe dans un ensemble très large de représentations sociales. Dans La Domination masculine, il montre comment les oppositions binaires entre le froid et le chaud, l'humide et le sec, qui recoupent les caractéristiques traditionnellement attribuées au féminin et au masculin, constituent une structure fondamentale de la pensée humaine.

Toutefois, la pensée qui oppose traditionnellement le féminin au masculin est actuellement critiquée par le mouvement en faveur des transidentités et les théories queer, qui revendiquent la fluidité des identités et l'autodéfinition. L'existence des personnes intersexes (qui ont des caractéristiques biologiques relevant des deux sexes), des personnes trans (dont l'identité de genre ne correspond pas à celle qui leur est assignée à la naissance par leur sexe biologique) et des personnes non binaires (qui ne souhaitent pas se définir comme masculin ou féminin), remet en question la binarité de la division de l'humanité en deux genres distincts. Pour des théoriciennes comme Judith Butler, le genre est performatif, c'est-à-dire que c'est avec des pratiques sociales, qui sont aussi des pratiques discursives, que l'on définit son genre, indépendamment de son assignation biologique.. D'après ces théories, on distingue ainsi les masculinités cis* des hommes dont l'identité de genre est conforme à celle attribuée à la naissance d'après leur sexe biologique, et les masculinités trans* des personnes qui s'identifient comme masculines en dépit d'attributs biologiques considérés comme féminins. Il en est de même pour les féminités. Par ailleurs, il a été montré que les masculinités ne relevaient pas uniquement des hommes, Jack Halberstam dans son ouvrage Female Masculinity soulignant l'apport des femmes dans la diversité des expressions de genre..

Ces théories sont actuellement vivement critiquées par des mouvements tels que le mouvement évangéliste au Brésil., ou des mouvements catholiques en France.

Masculinité positive La masculinité positive est un ensemble de caractéristiques ou de comportements qui préviennent la violence sexiste. L'Organisation des Nations unies a lancé un projet intitulé . Ce projet cherche à promouvoir la masculinité positive en matière d’égalité des sexes afin d’induire des changements au sein des institutions locales publiques dirigées pour la plupart par des hommes. La promotion de la masculinité positive permettrait à la majorité silencieuse des hommes, qui s'opposent aux pratiques et aux comportements préjudiciables, de s’exprimer et agir pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. Dr Lucien Manga, représentant de l'OMS en République du Congo, a déclaré :

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