thumb|Couleur politique des bourgmestres aux Pays-Bas, au . thumb|Prise de fonction du bourgmestre de Haarlem en 1995, avec la remise de la chaîne de fonction, collier aux insignes de la commune. Aux Pays-Bas, le bourgmestre est le chef du pouvoir exécutif au niveau de la commune. Le titre est équivalent à celui de maire dans d'autres pays. Présidant les réunions du conseil communal et du collège exécutif, composé de lui-même et ses échevins, équivalents aux adjoints au maire, il est nommé par arrêté royal, pour un mandat de six ans, sur proposition du ministre de l'Intérieur. Le ministère choisit habituellement le candidat remportant la plus large adhésion au conseil communal. Ainsi, le mandat du bourgmestre est décorrélé de ceux des échevins, de quatre ans, la durée de mandat du conseil communal. Le bourgmestre porte une ambtsketen (chaîne de fonction) lors des cérémonies officielles.
Avant 1795, le bourgmestre est aux Pays-Bas un magistrat ou administrateur civil au niveau local, soumis au vroedschap ou , qui gouvernent la ville. À la révolution française et sous le Premier Empire, le vroedschap est remplacé par une seule personne : le maire comme chef du pouvoir exécutif au niveau de la commune. Après 1815, dans le royaume uni des Pays-Bas, la fonction de maire est conservée mais renommée bourgmestre. Dans les communes rurales, ceux-ci sont appelés schouten entre 1817 et 1825 et font aussi partie du tribunal et sont responsables des enquêtes et poursuites. En 1824, le Reglement voor het Bestuur in de Steden () prescrit un bourgmestre unique par commune au lieu d'un conseil de bourgmestres.
Avant 1851, la fonction de bourgmestre est différente de celle qui existe aujourd'hui. Il est alors principalement un représentant du gouvernement, régent et magistrat, distancié du conseil communal. Cette fonction est considérée comme un poste honorifique, souvent occupé par des personnes issues de la noblesse. Depuis lors, le bourgmestre est président du conseil communal et responsable de l'ordre public. Il peut être démis de ses fonctions par un vote du conseil communal.
Étymologie et traduction En néerlandais, le terme utilisé est et en frison boargemasterDepuis 1985, le frison est reconnu équivalent au néerlandais dans les textes officielles..
Cornelius Kiliaan donne en 1599 dans son Etymologicum Teutonicae Linguae (le premier dictionnaire explicatif néerlandais) Borghmeester dans l’Etymologicum Teutonicae Linguae sur le site de la BNL. En effet, Borghmeester (fr:maître du bourg) est sourcé depuis 1254, borgermeyster (« maître des bourgeois », en français) depuis 1286Ton den Boon, Waarom schrijven we burgemeester en niet burgermeester, Trouw, 15 november 2018. Dans d'autres langues germaniques il y a par exemple borgermester (norvégien), Bürgermeister (allemand). La forme francisée bourguemaître est sourcée depuis 1309.
Dans le Groot charterboek der graaven van Holland, van Zeeland en heeren van Vriesland datant de 1380, se trouvent burgermeester d'Utrecht et sa traduction latine magister civiumGroot charterboek der graaven van Holland, van Zeeland en heeren van Vriesland, 1380, . Une variante plus rare est burgmeester. Vers 1500 se trouve aussi poortmeesterPoortmeester, site de l'Instituut voor de Nederlandse taal. En 1722, Carolus Tuinman, dans son dictionnaire étymologique Fakkel der Nederduitsche Taale (Flambeau de la langue néerlandaise), fait le point pour retenir finalement l'orthographe burgemeester, mot qui, selon lui, englobe à la fois les mots plus anciens de borgemeester (pour les villages) et de poortmeester (pour les villes)Carolus Tuinman, Fakkel der Nederduitsche Taale: ontsteken byzonderlyk aan de Hebreeuwsche, Grieksche, en Latynsche spraaken, als ook de oude Duitsche, uit de overblyfzels der gryze aaloudheid, en die van laatere eeuwen. ... Om ... te leeren verstaan, door opheldering van den oorsprong en de waare betekening van zeer veele woorden en spreekwyzen ... Hier achter is gevoegt oud en nieuw; of Vergelyking der oude en nieuwe Nederduitsche taal, in vorming en spreekwijzen, Samuel Luchtmans, Leyden, 1722 .
En France, c'est le Dictionnaire de Trévoux de 1752 qui, sous la rubrique MAîTRE connecte Maitre des Citoyens, ou des bourgeois à l'allemand Burgermeister et au français « Bourgmestre », et décrit Maître ou Maire des bourgs, villages, magister vicorum, comme un magistrat, juge ; par contre sous la rubrique MAIRE, une des significations est décrite : « le premier Officier de la ville », et dans ce sens du mot, il serait dérivé de l'allemand Mayer, en Belgique francophone . Aux Pays-Bas il existe le mot similaire de meier ou meyer, équivalent à hoog-schout (haut-écoutète), ce qui est plus près de bailli que de maire. Ainsi, dans le mot « maire », les deux racines latines magister et maior se rejoignent.
Traduction du mot en Français Les dictionnaires modernes bilingues néerlandais-français donnent un double traduction pour burgemeester en français : maire et bourgmestre. En effet, le mot burgemeester est traduit, pour des raisons de clarté linguistique, soit par maire, soit par bourgmestre.
Pour burgemeester ou borgemester d'avant l'annexation des Pays-Bas par Napoléon, au sens de fonctionnaire civil local, la traduction bourgmestre semble la plus adéquate, correspondant au premier magistrat. Ceci correspond avec le Dictionnaire de la langue française de Littré (1880) qui décrit le mot francisé Bourgmestre comme « Titre du premier magistrat des villes de Belgique, d'Allemagne, de Suisse, etc., description auquel les dictionnaires explicatifs français modernes Larousse a ajouté des villes des Pays-Bas, le Petit Robert des communes néerlandaises et le Grand Robert aux Pays-Bas. L'Académie française décrit également Bourgmestre comme nom pour premier magistrat dans certaines villes aux Pays-Bas.
Historiquement, vers 1810, devient la dénomination en néerlandais de la nouvelle fonction de chef du pouvoir exécutif, introduit par l'annexation à la France. Après une période de flottement pour remplacer le mot d'emprunt maire par un mot néerlandais, en 1825 - 1851 le terme burgemeester est choisi. En accord avec cela, Van Dale, le dictionnaire d'autorité pour le néerlandais, et les néerlandais, suivant ce dictionnaire, traduisent, pour la fonction actuelle, burgemeester par maire en accord avec la définition du Littré : Aujourd'hui, le premier officier communal d'une ville, d'une commune, et considèrent bourgmestre la traduction (francisation, mot d'emprunt) en Français de Belgique.
Les nuances dans les traductions du mot burgemeester se reflètent dans la traduction française de la constitution des Pays-Bas qui contient bourgmestre (concerne le titre), et dans le site web de la Maison Royale des Pays-Bas qui utilise maire pour la fonction actuelleMaire sur le site de la Maison Royale, et bourgmestre pour la fonction historiqueBourgmestre sur le site de la Maison Royale.
Certains auteurs scientifiques, au , considèrent Bourgmestre pour maire comme un mot d'empruntWillemyns Sijs, Het verhaal van het Nederlands, Site de la Koninklijke Nederlandse Academie van Wetenschappen, 2009 , un belgicisme ou flandricismeGeorges Lebouc, Dictionnaire de belgicismes, Éditions Racine, Bruxelles, 2006 . ou même un statalisme (une néologie en lexicologie)Bernhard Pöll, Le français en Belgique et en suisse romande : du purisme franco-français à quelques « fonctionnements pluricentriques », in : Le français et les langues d'Europe, Cinquièmes Rencontres de Liré, Françoise Argod-Dutard (dir.), Presses Universitaires de Rennes, 2011 alinéa 21.] et, selon les dictionnaires modernes la traduction générale de burgemeester en français est maire, et, pour le titre, aussi bourgmestre. Ainsi, certaines éditions des dictionnaires néerlandais-français van Dale et Robert en Van Dale recommandent la traduction de burgemeester aux Pays-Bas par maire, le mot généralvan Dale Groot woordenboek Nederlands-Frans, Utrecht/Antwerpen, 2de druk 1990 : « burgemeester (de (m.)) 0.1 maire (m.)⇒(Belg.) bourgmestre (m.) », en contraste avec la Belgique, où les titres de burgemeester et bourgmestre sont officielles et pour lequel le Van Dale a retenu le mot bourgmestreVan Dale Groot woordenboek Frans-Nederlands, 1990, : « Bourgmestre : 0.1 (Belg.): burgemeester. ».
Évolution de la fonction de bourgmestre C'est avec la création de privilèges urbains, qu'aux Pays-Bas au un nouveau type de magistrat fait son apparition, le borgemeester, mot évolué à burgemeester. À l'origine, les bourgmestres étaient nommés pour conseiller ou assister les schepenen (échevins)Erik Halbe de Jong, Weldenkende burgers en Oranjeliefhebbers: Patriotten en Prinsgezinden in Leiden, 1775-1795, Uitgeverij Verloren, 2014 .. Ils avaient des fonctions qui correspondaient plus ou moins à celui de comptable, de trésorier ou d'ordonnateurAinsi, au Limbourg néerlandophone il existait aux la fonction de pey-burgemeester. Au début ils étaient soumis au schout (écoutète), et aux kerkmeesters, magistrats de l'église. Il y avait tôt une distinction entre le bourgmestre-intérieur (binnenburgemeester ou poortmeester) de la ville fortifiée et le bourgmestre-extérieur (buitenburgemeester) de la campagne sous la juridiction de cette ville. Le ou les bourgmestre(s)-intérieur, choisi(s) par les échevins, deviennent ensuite eux-mêmes des membres du collège de l'écoutète et des échevins. Les désignations et les fonctions changent d'une région à l'autre, mais se résument essentiellement à celaWillem Albert Bachiene, Beschryving der Vereenigde Nederlanden, Van Esveldt, Holtrop en Van Paddenburg, 1777.Ainsi, à Dordrecht, il y a un borgemeester der stadt Dordrecht et un borgemeester van 't gerecht of van 's Heeren wegen (Hendrick en Johannes van Esch, Memoriael: dienende voor mijne eerw. Heeren, mijn Heeren de schout, borgemeester, schepenen, raden, oudt-raden ende goede luyden van den achten der stadt Dordrecht, 1659, ) .
Environ aux , l'écoutète perd de son importance : sa fonction est réduite au magistrat de jurisprudence, tandis que les bourgmestres gagnent en pouvoir dans le collège des échevins, à l'origine présidé par un maitre-échevin, mais depuis environ 1500 présidé par un bourgmestre.
vignette|Les quatre bourgmestres d'Amsterdam attendant le message d'arrivée de Marie de Médicis, 1638, par Thomas de Keyser. Au , à Amsterdam, les bourgmestres étaient nommés à vie, mais seulement quatre des bourgmestres étaient des bourgmestres-régents, dont un est élu, à tour de rôle, bourgmestre-président (présidence tournante), de ce fait chef du pouvoir exécutif. Les anciens bourgmestres prenaient le titre d’oud-burgemeester et ceux-là formaient avec les bourgmestres-régents le oud-raad, qui était un conseil consultatifP. H. J. van der Laan, R. Bessem, Resoluties van de vroedschap van Amsterdam, 1551-1565, Uitgeverij Verloren, 2008 ..
Amsterdam devient dans les Provinces-Unies l'exemple suivi par d'autres villes néerlandaises : un nombre pair de bourgmestres-régents, élus à vie, une régence oligarchique et un conseil d'anciens bourgmestres membres d'un oud-raad.
Entre 1795 et 1851, période qui commence avec la Révolution batave et qui se termine en 1851 avec la loi sur les communes de Thorbecke le système du pouvoir communal passe par une période instable avant d'aboutir au système moderne du maire français aux Pays-BasPeter EkamperTwee eeuwen gemeentelijke herindelingen in Nederland : 1795, République batave : les quatre bourgmestres d'Amsterdam, sont destitués, leurs fonctions supprimées et un maire provisoire est nommé avec la fonction de chef de la policeDans les textes de ces années, Burger Maire (traduction néerlandaise du Citoyen Maire) est le nom d'appellation du fonctionnaire qui signe le Maire d'Amsterdam., et cela arrive pareillement dans d'autres villes, les villages n'ayant pas encore un statut particulier.