American Consolidated Natural Resources, anciennement connu sous le nom de Murray Energy, est un groupe industriel minier (mines de charbon) créé aux États-Unis en 1988.

En 2017, le groupe se présente comme le premier groupe charbonnier des États-Unis ; à la suite de l'achat de nombreuses autres mines, il en produit environ 30 fois plus qu'en 1988 (environ 30 millions de tonnes de charbon bitumineux produites en 2017, via environ employés aux États-Unis, selon le site internet du groupe en 2018 et 6500 selon un courrier d’courrier daté du 4 août 2017 adressé à l'assistant personnel du Président Donald Trump, John McEntee pour l'alerter sur la faillite de FirstEnergy , mettant fin rapidement à nos 6500 emplois dans le secteur charbonnier.) L'activité charbonnière de Murray Energy est en difficulté face au recul du charbon (par rapport à d'autres énergies plus propres et/ou renouvelables), mais elle a aussi investi dans le gaz, le pétrole et le transport fluvial et semble miser en 2017-2018 sur l'export du charbon américain.

Histoire En 1988, Murray Energy est créé par un homme d'affaires (Robert E. Murray, né le ) quand il a décidé après 31 ans de carrière chez North American Coal CorporationBiographie de R E Murray, The National Mining Hall of Fame & Museum, consulté le 07 juillet 2018 de racheter une mine exploitée selon la méthode des chambres et piliers, mine dont la production annuelle était alors d'environ 1,2 million de tonnes par an ; Aujourd'hui R. Murray est présenté comme un magnat du charbon aux États-Unis.

En 2017, Murray Energy Corp. est en difficulté financière. L'entreprise ( producteur de charbon des États-Unis) a supplié le Président Trump d'artificiellement maintenir en activité plusieurs centrales thermiques électriques achetant son combustible et dont l'exploitant est maintenant en faillite.

En 2018, Robert E. Murray a dit en début d'année que certains de ses prêteurs ont accepté de refinancer une partie de ses prêts et obligations, alors que l'administration Trump fait de son côté . Ceci allège la dette de Murray Energy et lui donne plus de temps pour rembourser ses obligations, mais en contrepartie d'un taux d'intérêt plus élevé et de plus de garanties demandées, selon un communiqué de l'entreprise. Le département de l'énergie des États-Unis (DOE) envisage à ce moment d'exercer ses pouvoirs d'urgence pour forcer les exploitants de réseaux électriques à acheter de l'électricité faite à partir de charbon et de centrales nucléaires en difficulté. Ces nouvelles ont fait remonter la cotation du groupe mais selon Bloomberg, les analystes du crédit jugent que les efforts de l'administration Trump ne sont pas suffisamment solides ou détaillés pour permettre de savoir s'ils vont vraiment aider Murray Energy ou non. Tous les prospectivistes de l'énergie pensent que la demande en charbon va continuer à diminuerJosh Saul & Molly Smith (2018) Business - Murray Energy Swaps Debt on Heels of Trump Plan to Boost Coal |4 juin 2018.

Stratégie Murray Energy Corp. a développé une stratégie consistant à acquérir des réserves de charbon assez énergétiques bien que de mauvaise qualité environnementale (charbon bitumineux et à haute teneur en soufre qui contribuent aux émissions acides et/ou de gaz à effet de serre et de particules, cendres, mâchefers...) pour devenir producteur à faible coût à proximité des grands gisements de charbon aux États-Unis où sont généralement déjà installées de grandes centrales électriques utilisant encore ce combustible.

Cette stratégie était fondée sur une conviction du fondateur du groupe Robert Murray, qui pensait que transporter du charbon à faible teneur en soufre pour répondre à la demande croissante d'électricité dans certaines parties du pays n'était pas une solution rentable à long terme. Il a donc peu à peu accumulé des achats de réserves stratégiquement situées (à proximité de clients gros consommateurs d'énergie) et/ou à forte teneur en énergie et situés près d'un axe de transport favorable au transport à bas-coûts. Dans cette perspective, il a étendu ses activités dans le sud de l'Ohio, au sud-ouest de la Pennsylvanie, dans le bassin de l'Illinois (Western Kentucky et Southern Illinois) et au centre de l'Utah tout en investissant aussi ensuite dans des puits de gaz et de pétrole.

Le groupe ou ses filiales exploitent le portefeuille de propriétés minières acquis par R Murray, à l'exception de la mine de Powhatan à Alledonia, dans l'Ohio qui gérée par un sous-traitant indépendant de la Murray Energy Corporation, officiellement fermée depuis 2016Junkins C (2017) "Murray Energy Powhatan No.6 Mine Officially Closed Near Beallsville". Wheeling News-Register. information publiée le 23 aout 2017 et consulté le jour même"Murray Energy Powhatan No. 6 Mine Closing"| Coal Age|4 mai 2016.

Production Les statistiques publiées varient considérablement selon les sources, ainsi selon son site internet, le groupe serait leader avec 76 millions de t/an produite et disposerait de (« américaines ») travaillant dans 6 États en 2018"76 million tons of high quality bituminous coal each year, and employing over 6,000 people in six state", alors que d'autres sources donnent des chiffres deux fois inférieurs ou supérieurs (ex : 85 millions de t/an rien qu'en Amérique du Nord selon Javelin Global Commodities, consulté le 07 juillet 2018).

Une partie de ce charbon est exportée par mer vers l'étranger via le port de Baltimore ou via le Golfe du Mexique.

En 2018, toujours selon son site internet, Murray Energy possède et exploite 13 mines de charbon dans le monde (aux États-Unis et Amérique du Sud)Présentation de l'entreprise (Murray Energy Corporation ; Corporate overview) par elle-même (sur son site internet, consulté le 07 juillet 2018) ; avec notamment des complexes miniers situés : dans les Appalaches du Nord (six mines en exploitation en 2018) ; dans le bassin minier de l'Illinois (une mine active en 2018) ; dans le bassin minier de l'Uintah dans l'Utah (une mine active en 2018) ; deux mines actives en 2018 en Colombie.

Depuis 1990, Murray Energy cherche à acheter de nouveaux gisements miniers, et depuis avril 2015, Murray Energy détient aussi une part importante de Foresight Energy qui exploite trois autres mines en Illinois. Le groupe, Murray Energy (en incluant et ses nombreuses filiales ou sociétés conjointes) affirme posséder en 2018 une réserve de trois milliards de tonnes de charbon.

Mais le groupe s'est aussi diversifié avec l'acquisition ou la construction de huit installations de transbordement de charbon, quatre usines de fabrication et réparation d'équipement minier et s'est diversifié avec plus de 500 puits de pétrole et de gaz, mais contrairement à d'autres entreprises exploitant le carbone fossile, il n'a pas investi dans les énergies propres et renouvelables.

Difficultés économiques et structurelles Depuis la fin du XX siècle, Murray Energy est confronté à des concurrents qui ciblent également le charbon bitumineux (ex : Consol Energy) puis à une demande croissante d'« énergies vertes », alternatives aux énergies fossiles. Dans le même temps le développement exponentiel du gaz de schiste a fait perdre beaucoup de sa compétitivité au charbon américain, de plus en plus considéré comme archaïque et polluant, et à remplacer par des sources alternatives d'énergies, plus propres et renouvelables. C'est un point de vue qui gagne aussi les investisseurs et banques d'investissement.

En novembre 2016, l'un des clients majeurs de Murray Energy annonce être au bord de la faillite. Il s'agit de FirstEnergy Solutions (capacité de ), filiale du producteur d'électricité FirstEnergy. Cette entreprise annonce se retirer des activités concurrentielles et demande le statut de « société entièrement réglementée »Goldman R (2007). "Mine Owner Faces Old Foes After Collapse". ABC News. publié le 8 aout 2007 et consulté le 10 aout., prévoyant de vendre et/ou stopper plusieurs de ses centrales de productionAaron Larson (11 novembre 2016). "FirstEnergy Wants Out of Competitive Power Markets". POWER. Consulté le 11 novembre 2016., ce qui met Murray Energy en péril.

R Murray attribue publiquement ses déboires à l'administration Obama : dans sa page de présentation (version du ) il affirme que son entreprise est l'une des plus fiables et efficaces d'Amérique, ce qui lui a permis de . R Murray y ajoute que selon lui ont détruit de nombreux emplois et moyens de subsistance et mettent en péril l'énergie à bas-prix dont bénéficient les américainsprésentation de R Murray sur la page internet qui lui est dédiée sur le site de son entreprise Murray Energy (source primaire, version consultée le 7 juillet 2018).

En , Robert E. Murray (qui a durant des années soutenu financièrement le Parti républicain conservateur, notamment de 2009 à 2017 selon les statistiques disponiblesPage Murray Energy sur Open Secrets, consulté le 07-07-2018] et via le cabinet de lobbying Faegre Baker Daniels Consulting, codirigé par Andrew Wheeler (futur directeur adjoint, puis chef de l'EPA), accusait le président Trump de ne pas tenir les promesses qu'il avait faites concernant le soutien à l'industrie du charbonHorwitz J (2017)."Murray Energy boss: Trump has broken a promise to coal". Columbus Dispatch. publié le 22 aout, consulté le même jour et alertait sur les difficultés de l'industrie du charbon américaine, précisant que le groupe FirstEnergy Solutions risquait une faillite imminente si une décision n'était pas prise en urgence par la Maison-Blanche d'ouvrir de nouvelles centrales au charbonEgan, Matt (22 août 2017). "Trump rejects cry for help from coal execs". CNN Money. consulté le 22 août 2017.. Robert E. Murray l'a dit en réunion avec le président et l'a écrit à la Maison-Blanche dans un courrier du ; il craignait que si son principal client (l'exploitant de centrales électriques FirstEnergy Solutions, classé dans la liste des 100 plus gros pollueurs des États-Unis"Copie archivée" d'un document mis en ligne le 2011-10-01 et consulté le 2011-07-11. Political Economy Research Institute ; reconsulté le 13 mai 2008) se déclare en faillite, le groupe Murray Energy risquait lui aussi la faillite, tout en estimant ensuite qu'il pourrait compenser cette perte grâce à un prix plus intéressant du charbon vendu à l'exportBob Murray bets solvency on exports Hannah Northey et Dylan Brown, E&E News reporters Greenwire: Friday, December 8, 2017].

Quelques mois plus tard (en ) sur demande de l'Administration Trump, le ministère américain de l'énergie (DOE) propose de soutenir l'industrie du charbon et du nucléaire par des subventions. Mais ce projet dérogeant aux règles de la libre concurrence est rejeté à l'unanimité par l'autorité de régulation (Federal Energy Regulatory Commission ou FERC)Rhodes Joshua (2018). "Perry Says NOPR; FERC Says Nope (To Propping Up Coal)". Forbes. publié le 8 janvier et consulté le avril 2018..

Dans un contexte où le charbon n'est plus compétitif face au gaz et aux renouvelables, FirstEnergy Solutions a finalement déposé une demande de reconnaissance de faillite le Reuters (2018) "FirstEnergy nuclear, coal plant units file for bankruptcy protection", publié et consulté le 1er avril 2018. tout en sollicitant l'intervention du gouvernement fédéral sur la base de l'article 202 (c) de la Federal Power Act (loi fédérale sur l'énergie) pour maintenir ses centrales électriques en fonctionnementAkron Beacon Journal (2018) "Trump says administration looking into keeping some power plants open" ; Ohio.com. publié le 05 avril 2018, consulté le 6 avril 2018..