Édouard Louis Sarradin, est un homme de lettres français, critique d'art et conservateur des musées nationaux, né le à Nantes (Loire-atlantique) et décédé le à Versailles (Yvelines).

Biographie Fils d'Alfred Georges Sarradin, parfumeur nantais, et de Marie Louise Garaud, Édouard Louis Sarradin nait le , à 9 heures, au domicile de ses père et mère situé sur la commune de Nantes, Rue de la Fosse. Petit-fils d'Émile Sarradin et d'Henriette Eugénie Hanappier, il est le neveu de l'industriel et homme politique français, Paul-Émile Sarradin.

Il épouse, le , à Neuilly-sur-Seine, Anna Alina Osterlind (1882-1954, artiste peintre, fille du peintre suédois, Allan Österlind, avec laquelle il aura deux enfants : Didier Georges Allan, mort en bas âge (1906-1909), et Michel Édouard Marcel (1909-1987), chirurgien à Versailles. Le mariage est célébré en présence d'Étienne de Nalèche, directeur du Journal des débats, d'Amédée Sarradin, professeur honoraire de l'Université, oncle de l'époux, et des peintres, Louise Breslau et Maxime Maufra.

Il décède le , au domicile de son fils, Michel, situé sur la commune de Versailles, 24 rue des Réservoirs, à l'âge de .

Carrière littéraire

Dès 1892, il est rédacteur au Journal des débats politiques et littéraires, dont il occupera le poste de secrétaire de rédaction puis de secrétaire de direction, et signe, à ce titre, de nombreux comptes-rendus critiques des expositions et salons des Beaux-Arts et, à compter de 1898, des comptes-rendus critiques des premières représentations dramatiques.

En 1896, il fait partie du comité d'organisation du banquet en l'honneur du grand tragédien Mounet-Sully qui venait de triompher à nouveau dans une reprise de Hamlet.

Il signe également des pièces en un acte qui seront jouées, durant la saison 1897-1898, au Théâtre de l’œuvre.

Au début de l'année 1899, il signe lAppel à l'Union, publié le précédent, dans le journal Le Temps et réclamant, entre autres, le renvoi en cour de cassation du procès du Lieutenant-Colonel Picquart. Les signataires, appelés Dreyfusiens, prônent l'apaisement entre dreyfusards et antidreyfusards, dans une France déchirée par cette affaire.

En sa qualité de critique artistique, il soutient le travail du peintre Maxime Maufra. Ami intime de l'artiste qui sera d'ailleurs témoin à son mariage, il sera, quelques années plus tard, témoin au mariage de son fils, Émile Maxime Maufra, avec Anne-Marie Pernot, célébré en en l'Église Saint-Philippe-du-Roule.

Il signe également différents articles relevés par la Revue d'histoire littéraire de la France et publiés dans différents quotidiens, tels que Le Figaro, le Journal des artistes ou Le Journal des débats politiques et littéraires.

Il collabore également à de nombreuses revues d'Arts, comme La revue de l'Art ancien et moderne, L'Art et les artistes, Art et décoration et L'Art public.

Il contribue aussi à L'histoire du paysage et à L'Art et les mœurs.

En , il est promu au poste de chargé du courrier des théâtres et des comptes-rendus de premières représentations au Journal des débats politiques et littéraires, en remplacement d'Hippolyte Fierens-Gevaert qui vient d'abandonner ses fonctions.

Il est membre de la Commission supérieure des Beaux-Arts et des Arts décoratifs à l'exposition universelle de 1900.

Avec Émile Straus, René Ghil, Marcel Batilliat et Alcanter de Brahm, critiques d'art, il est nommé, au début de l'année 1902, membre de la commission provisoire de la toute jeune « Société du nouveau Paris » ayant pour objet de .

En , il intègre le comité du syndicat de la presse artistique.

Au début de l'année 1904, il s'associe aux prémices de la toute jeune société des Amis du Luxembourg dont l'une des missions consiste en la défense des droits des artistes.

Le , à l'issue d'un vote mené sous la présidence de Frantz Jourdain, au Grand Palais, il est nommé membre d'honneur du comité de la Société du Salon d'Automne.

En 1905, il achève une pièce tirée de la nouvelle de Balzac, Pierrette.

Fervent défenseur de la langue française, il signe, en 1905, avec un grand nombre d'écrivains et de lettrés, une pétition, portée par La Revue politique et littéraire (Revue bleue) et adressée au Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, contre un projet de loi proposant une réforme de l'orthographeDepuis cent ans, l'orthographe, en notre pays, est à peu près fixée. Les plus grands génies du s'y sont soumis. Les grands modèles classiques eux-mêmes se présentent à nous dans une forme qui nous est encore familière.

Un décret bouleversant soudain l'orthographe traditionnelle aurait pour effet de prêter une figure étrange ou archaïque à tous les chefs-d’œuvre édités depuis le , ceux-ci fussent-ils contemporains.

Une barrière plus haute s'élèverait entre la foule et les lettrés; ce serait enfin risquer, tôt ou tard, de compromettre toute la beauté plastique de notre langage et de nuire, par là, au prestige universel de la littérature française.

Les soussignés forment le vœu qu'il ne soit pas donné suite à ce projet qui ne tarderait pas à mettre en péril les lettres nationales..

Au début de l'année 1906, il est nommé président du comité exécutif chargé de l'érection d'un buste consacré à la mémoire du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, réalisé par Léon Fagel, ancien Prix de Rome et compatriote du maître. Il est ainsi chargé par le comité d'une démarche auprès du sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts pour lui demander de vouloir bien s'associer à cet hommage et pour s'entendre avec lui au sujet de l'emplacement qu'il conviendrait de donner au buste. En sa qualité de président du comité Carpeaux, il organise, en , au Grand Palais qui accueille le Salon d'Automne, une exposition rétrospective des œuvres du sculpteur et peintre Jean-Baptiste Carpeaux.

Ce ne sera que vingt ans plus tard, le , qu'il inaugurera le buste du sculpteur, érigé au square Carpeaux, sur le versant ouest de Montmartre.

En , il est nommé membre du comité de la Société des Amis de Carrière, présidée par Auguste Rodin. Dès sa constitution, le comité arrête un projet de visites-conférences dans les musées, dans les monuments et dans la rue, La Rue vivante, et c'est ce titre général qu'il adopte pour caractériser son projet déveiller par l'Art, le sens de la Nature chez le peuple, reprenant la pensée et l'expression même d'Eugène Carrière. Il sera également nommé membre du comité du monument à Carrière, en 1912, qui sera exécuté par Auguste Rodin, en collaboration avec Jules Desbois.

Alors qu'à l'initiative de Paul Lévy, une association des courriéristes se crée, il y présente son adhésion. Le , les bases de l'Association des courriéristes littéraires des journaux quotidiens sont arrêtés prévoyant, outre sa constitution, un accès strictement limité aux journalistes titulaires des courriers de théâtre des journaux quotidiens importants ainsi qu'une admission soumise à une présentation préalable par deux parrains et une candidature soumise au vote.

Le , dans le cadre de l'essai d'un musée du soir, accueillant gratuitement les visiteurs, les mardi et vendredi de chaque semaine des mois de janvier, février, mars, avril et , de 20 heures à 22 heures, dans les deux étages de la collection Dutuit, au Petit Palais, il anime une conférence, avec projection, sur le thème des bronzes et médailles de la Renaissance.

C'est sous le pseudonyme d'Édouard Thurus qu'il signe une pièce en un acte, intitulée Saturnin dont la première est donnée le , au Théâtre du Grand Guignol.

En 1911, il est nommé membre du comité chargé de l'organisation d'une exposition, à Paris,des œuvres de Jean Auguste Dominique Ingres. Cette installation qui se tient, à la Galerie Georges Petit, du au , comprend une cinquantaine de tableaux et portraits peints, près de deux cents portraits dessinés, quelque cinq cents dessins et des souvenirs plus personnels tels que deux violons, et a pour but de réunir les fonds nécessaires à l'installation et à l'organisation du musée consacré à l'artiste, à Montauban .

En réaction au retrait de la Comédie française de la pièce Après moi, en , par son auteur, le dramaturge Henry Bernstein, à la suite de la vive controverse que provoque cette dernière, qualifiée par ses détracteurs d'œuvre juive et, qui plus, écrite par un 'juif déserteur', de nombreuses personnalités signent une protestation contre les atteintes à la liberté de représentation qu'il soutiendra également.

À l'occasion de l'assemblée générale annuelle de l'Association de la critique dramatique et musicale qui se tient le , à la Salle Pleyel, il est élu membre du comité pour une durée de deux ans.

En , il organise, en collaboration avec Gaston Varenne, une exposition rétrospective du paysagiste Jean Rémond, à l'École des Beaux-Arts.

Il est élu membre pour trois ans du comité de l'Association professionnelle et mutuelle de la Critique dramatique et musicale, à l'occasion de son assemblée générale annuelle qui se tient, le , en l'Hôtel des Annales politiques et littéraires situé 51 de la rue Saint-Georges, à Paris.