Le château de Melphe ou de Salins est un ancien château fort, probablement du , centre de la seigneurie de Salins, siège d'une châtellenie comtale, puis ducale du jusqu'à son abandon au , dont les vestiges se dressent, au-dessus de Salins-Fontaine, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Localisation Les vestiges du château de Melphes, dit aussi de Salins, se trouvent au-dessus de la commune de Salins-les-Thermes, à une altitude de ., dans le département français de la Savoie sur la commune de Salins-Fontaine.

Le château, installé sur un promontoire escarpé sur ses côtés sud et ouest, permettait le contrôle du carrefour formé par les Doron (rivières). des Belleville et de Bozel et la principale voie qui traversait la Vanoise, .. Depuis cette position, on pouvait ainsi apercevoir le territoire formé par dix-neuf paroisses et villages de ces vallées.

Il permettait également de surveiller la capitale du diocèse de Tarentaise, Moûtiers, et son archevêque-comte, considéré comme le , ainsi que la , soit la haute et basse Tarentaise.

Toponyme Le chanoine Adolphe Gros indique que le toponyme Melphe, ou sa variation Melfe, provient très probablement d'un patronyme, dérivant du nom d'un oiseau de proieChanoine . Le chanoine Gros précise que ce nom aurait été . Il écarte l'hypothèse avancée par l'archiviste Claude-Antoine Ducis qui voyait dans le toponyme , sachant que cette langue n'avait jamais été utilisée dans la région. Il avance une autre hypothèse, moins probable, de la correspondance avec Melfi, du nom d'un château dans le sud de l'Italie et qui aurait été donné à celui situé au-dessus de Salins, sans avancer d'autres explications.

Le toponyme s'est maintenu dans le lieu-dit Melphe avec la route de Melphe, mais aussi à travers une avenue du château, ou encore les lieux-dits : le Donjon, les Créneaux, les Douves.

Le château est le cadre de la légende de la Dame Blanche, probable référence à la comtesse Mahaut d'Albon, au ...

Histoire À l'origine, le château est très probablement une motte féodale. Cette dernière est remplacée par un château fort, sans qu'une date ne soit connue, mais avant l'an 1082.

Vers 1082, le comte en Maurienne, Humbert II, doit intervenir en Tarentaise pour régler le conflit opposant les seigneurs de Briançon à l'archevêque-comte de TarentaiseAcadémie de la Val d'Isère, Recueil des mémoires et documents, Volume 2, 1868, .. Il profite de ce rôle pour s'implanter au bourg de Salins, voisin de la cité épiscopale et prendre possession du château. Cependant cette version est contestée par l'archiviste paléographe, Jacqueline Roubert, pour laquelle les faits ne sont pas avérés, .. De même, s'interroge-t-elle quant aux raisons de la mort du comte dans les murs du château,

Au cours des et siècles, le château est considéré par la tradition comme la demeure des comtesses douairières. La comtesse Mahaut d'Albon, épouse du comte Amédée III de Maurienne, pourrait être la dame à l'origine de la légende et de l'aumône dite du Pain-de-Mai.. Béatrice de Vienne, mère du comte Thomas y réside en 1216. Un document est signé par la comtesse Marguerite de Genève deux ans plus tard..

Son intérêt stratégique disparut dès le avec le contrôle de la Tarentaise par les ducs de Savoie qui abandonnent le château vers la fin du ... Le château sert de carrière de pierre, dont certaines sont utilisées pour la construction des digues qui protègent le village de Salins. Le fief est inféodé à une famille noble qui prend le patronyme de « Salins ». Il passe ensuite à la famille de Ridde(s) par mariage au début du , puis au début du siècle suivant aux Du Verger ou Duverger, jusqu'en 1793.

En 1738, le cadastre sarde mentionne le .

Description Le château fort est installé sur un promontoire dont les côtés sud et ouest sont escarpés. La forme de l'ensemble est elliptique, avec une orientation ouest-est. Le château était constitué de deux parties plates et séparées par une petite dépression. Il ne reste plus que les vestiges d'.

Un inventaire de 1624 donne une idée de la maison-forte.. Elle s'organisait en un édifice sur deux étages d'une hauteur de , un . Elle possède . Le système défensif avait disparu. L'ensemble est décrit comme .

L'étude réalisée par l'architecte tarin Étienne-Louis Borrel (1822-1906) permet de connaître une partie de son organisation. Au nord, une enceinte associée à des tours est édifiée afin de défendre l'accès la plus facile vers le château. Les recherches archéologiques ont permis de découvrir les traces de plusieurs constructions qui ont pu accueillir les soldats. Dans la partie ouest, un second mur flanqué de quatre tours et une tour barlongue permettaient de défendre l'accès par le sud. Un édifice flanquée de deux tours sert d'entrée avec probablement un pont-levis.

La première partie était donc constituée de la basse-cour, puis dans sa partie sud du donjon qui possédait une hauteur supérieure à celle du château

Châtellenie de Briançon et Salins dite de Tarentaise L'organisation Le château de Melphe est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum) dite de Briançon et Salins ou de Tarentaise., à partir de l'acquisition du château par la maison de Savoie à la fin du et surtout l'obtention de la vicomté de Tarentaise (droits correspondants surtout en Haute-Tarentaise) et son incorporation à la châtellenie, en 1276« Archives de l'ancien duché de Savoie », Série S A. Inventaire, Volume 1, Archives départementales de la Savoie, 1966, ... Dans l'organisation du comté de Savoie, elle relève du bailliage de Savoie..

La châtellenie de Tarentaise était dès lors l'une des plus importantes du comté de Savoie, elle correspond en partie à la vallée de la Tarentaise, qui relève du pouvoir de l'archevêque de Tarentaise. Divisée en deux parties, se distinguent les parties tant en bas qu'au-dessus du Siaix (Saix). L'historien local Émile Plaisance (1829-1905) donne pour la partie située « Au-dessus du Saix », quatre mestralies : Villette, Aime (tour comtale), Bourg-Saint-Maurice et La Val d'Isère (centre situé à Séez).

La châtellenie était constituée de deux métralies pour la période du début au début s, d'après l'historien Bernard Demotz. : métralie de Tarentaise inférieure ou basse : Villarabant (?), Villarlurin, Fontaine, Doucy et Pussy ; métralie de Tarentaise supérieure ou haute : le bourg de Saint Maurice, Hauteville, Landry, Peisey, Nancroix, Valezan, Macot.

Les châtelains

Dans l'organisation du comté de Savoie, le châtelain administre, tient les comptes et possède un rôle militaire majeur., à partir du .. Il est un .., qui .. Il est chargé de la gestion de la châtellenie, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe également de l'entretien du château.. Son rôle est donc multiple (judiciaire, financier et militaire).

Le châtelain supérieur de Tarentaise est assisté d'un lieutenant ou vice-châtelain, parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant ».. Le châtelain secondaire ou vice-châtelain, installé à Aime, et un autre personnage dit aussi parfois vice-châtelain était installé à Bourg-Saint-Maurice, devaient ainsi lui rendre des comptes.

Afin de gérer les mestralies, le châtelain est secondé par des métraux (ou mistraux), issus également de la noblesse, mais que (chanoine Garin). Le chanoine Garin précise par ailleurs que .

1150-1275 : famille Fine ou FinasSoirier d'Évires, Notice historique sur l'organisation de la justice et de la magistrature en Tarentaise du , Impr. de Chatelain, Chambéry, 1880, 36 pages, « Châtelains de Tarentaise ». ; - : Hugues Isoardi/Hysuard, châtelain à Salins, métral de Tarentaise ; - : Humbert de Nucey, châtelain de Salins ; - : Brun de Montmélian ; - : damoiseau Martin de Châtillon, également châtelain de Tournon, Ugine et Faverges (1284-1286) extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Étienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne). ;

- : Hugues Amblard, métral de Tarentaise ; - : Pierre de La Balme, métral de Tarentaise ; - : Humbert de Bacin ;

- : Humbert de La Sale ; - : Jean Bonivard ; - : Anterme, seigneur de Miolans et Mathieu de Morais - : Hugues de Châtelard ; - : Hugues de Châtelard, Oddon de Chandey et Humbert de Montbel ; - : Guillaume (Guillemet) de Montbel ; - : Conrad de Gorzan ; - (également receveur pour la période du au ) : Jacques de La Ravoire ; - : Antoine de Clermont, seigneur de La Bâtie d'Albanais ; 1334 : Pierre de La Ravoire, châtelain de Tarentaise ; - : Jean, seigneur de la Sarre ; - : Humbert de Savoie dit le « Bâtard de Savoie », seigneur d'Ecluses ; - : Mitra (?) de Savoie ; - (également receveur pour la période entre 1349 et 1350) : Jacques de Clermont, seigneur de Sainte-Hélène-du-Lac - (également receveur pour la période du au ) : Humbert de Savoie dit le « Bâtard de Savoie », seigneur d'Arvillard, fils illégitime d'Aymon, comte de Savoie ; 1355 : Aymon de Chaland ; - (également receveur pour la période du au ) : damoiseau Aymon de Chaland, seigneur de Fénis et d'Aymavilles, également châtelain de Chambéry, Entre-deux-Guiers et Saint-Alban (1355-1370) ; - : noble Étienne Provana ; - : noble Daniel Provana, co-seigneur de Villard Almeis ; - : Gaspard (I) de Montmayeur, maréchal de Savoie ; - : héritiers de Gaspard (I) de Montmayeur ; - : François Bonivard ; - : Humbert (II) dit d'Arvillard, fils d'Humbert de Savoie ;

- : nobles Aresmin († 1392) et Jacques Provana, frères et co-châtelains ; 1389 : Guillaume de Sporia, vice-châtelain, résidant à Aime ; - : nobles Jacques Provana, ses neveux Damien et Barthélémy Provana, co-châtelains ; 1392 : Aimon de Jordan ; 1393 : Arésime de Provana, châtelain de Tarentaise ;

- : Jean bâtard de La Chambre, dit d'Aiguebelle., fils naturel de Jean de La Chambre, également bailli de Savoie et châtelain de Montmélian (1404-1405) ; - (1432 ?) : Gaspard (II) de Montmayeur, maréchal de Savoie ; 1426 : Aimon de La Ravoire ; - : Jacques de Montmayeur et les héritiers de Gaspard (II) de Montmayeur ; - : Pierre de Beaufort ; 1441 : Barthélemy Bourg, vice-châtelain, de Tarentaise ; - : Jean de Seyssel-La Chambre, seigneur de Barjat et de la Rochette, maréchal de Savoie ; - : Antermet de L'Épine ; - : Jean de Seyssel-La Chambre, seigneur de Barjat et de la Rochette, maréchal de Savoie ; - : Jacques de Montmayeur ; - : Jean de Montmayeur ; - : Jacques de Montmayeur ; - : Jean de Seyssel, seigneur de Barjat et de la Rochette, maréchal de Savoie ; - : comte Aymon de La Chambre (branche de la famille de Seyssel), fils et héritier de Jean de Seyssel ; - : comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel), fils et héritier de Aymon de Seyssel ; 1479 : Jean Vitalio ; - : receveur Antoine du Mollard de Saint-Oyen ; - : comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel), fils et héritier de Aymon de Seyssel ; - : comte Jacques de Montmayeur ; - : comte Jacques de Montmayeur, secrétaire, Mathieu, André et Louis, comtes de la Chambre (branche de la famille de Seyssel) ; - : André Richard de Tarentaise ; - : comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel), vicomte de Maurienne ; - : Jean Bruni, capitaine et receveur ; 1489 : Urbain de Montmayeur ; - : comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel) et Urbain de Montmayeur ; - : Antoine de Belletruche, seigneur de Gerbaix, et Urbain de Montmayeur ; - : Antoine de Belletruche, seigneur de Gerbaix, et Jean Arduin ; 1498 : Antoine du Verger ; - : Antoine de Belletruche, seigneur de Gerbaix, et comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel) ; 1501 : Antoine de Montmayeur ; - : Antoine de Belletruche, seigneur de Gerbaix, comte Louis de La Chambre (branche de la famille de Seyssel) et Jean-Louis Duvergier/du Verger, seigneur de Césarches ;