L’Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (aussi connu sous le nom de Prospectus) est un ouvrage de Nicolas de Condorcet, publié de manière posthume en 1795. Cet ouvrage de philosophie de l'histoire retrace les grandes étapes du progrès général de l’esprit humain à travers l’histoire, les sciences, la morale et la politique. L’Esquisse est divisée en dix chapitres, qui correspondent aux dix époques de l’esprit humain selon Condorcet.
Genèse Condorcet rédige cet ouvrage dans les derniers mois de sa vie, alors qu’il est contraint de se cacher au 21 rue Servandoni chez la veuve du sculpteur Louis-François Vernet, à la suite de la proscription des Girondins..
Résumé
Première époque Condorcet commence son tableau par une époque hypothétique à propos de laquelle, dit-il, . Comme Aristote, il considère la famille comme l'unité de base de toute société. Le , soit dans une optique de défense, soit afin de favoriser la subsistance, .
Le philosophe expose aussi une théorie de l'évolution du langage et de son utilité dans le maintien des institutions publiques. Sa création et son utilisation n'ont pu qu'être progressives ().
Pour Condorcet, les institutions de pouvoir créées à cette époque produisent un effet contraire pour les siècles à venir : d'un côté, . En effet, à ce stade, la population est divisée entre deux portions du peuple : .
Deuxième époque C'est ensuite que les peuples primitifs se tournent vers l'agriculture et deviennent des . La sédentarisation commence lorsque, . La technique apparaît alors (), en même temps que l'esclavage lorsque l'on se rend compte de la force de travail des humains.
C'est à ce moment-là que naît l'hospitalité (), et dans son sillage, une forme de civilisation des mœurs avec (). Cela permet d'améliorer la condition des hommes en général, des femmes en particulier : .
Le renforcement des structures de pouvoir apporte toutefois son lot d'éléments insidieux. Les chefs dirigent des communautés humaines toujours plus importantes, et les enjeux de la survie ne les font pas toujours agir de manière droite ()..
Troisième La relative unité du genre humain qui dominait jusqu'à présent se retrouve chamboulée : .
La vie en société apprend à chacun le principe de la division du travail, qui enseigne que chaque travailleur doit se spécialiser pour augmenter sa productivité. Ainsi, .
Dès lors, la société se divise en classes. En effet, . Cet état de fait incite à la création de normes juridiques (une législation) plus précise et plus étendue.
Le philosophe aborde ensuite la question de la création de l'écriture, et notamment de l'alphabet, à partir des hiéroglyphes..
Quatrième Condorcet s'attarde sur la civilisation de la Grèce antique, dont il disait à la fin du chapitre précédent qu'il s'agissait du . Selon le philosophe, la faiblesse de la caste des prêtres dans la Grèce antique a permis à des penseurs de penser librement et de tout remettre en question sans crainte. Ainsi, .
L'auteur voit dans la Grèce antique des évènements annonciateurs de la modernité de son temps. Ainsi, ; la mort de Socrate .
Le philosophe se montre particulièrement élogieux au sujet de l'éducation en Grèce. Elle était, dit-il, immédiatement liée à la défense et à l'amour de la patrie. Ainsi, .
Cinquième Le philosophe suit l'évolution de la pensée de la fin de l'âge d'or de la Grèce antique jusqu'à l'Égypte antique où ; la philosophie, qui aurait pu mettre en danger les despotes, ne survécut pas aux régimes tyranniques. Les sciences qui se maintinrent furent, selon Condorcet, , car les princes en avaient besoin. Condorcet passe en revue les écoles de philosophie de l'Antiquité, tels que le stoïcisme ou encore l'épicurisme.
Condorcet critique la manière dont les religions ont pu se faire lois civiles. Il remarque que .
Sixième L'auteur aborde l'arrivée du christianisme et le Moyen Âge, qu'il dépeint de manière négative. Le titre du chapitre, , exprime l'idée générale du chapitre. Ainsi, .
Si Condorcet reconnaît que les représentants des religions ont pu enseigner la morale, il considère que cette morale .
Septième Le philosophe traite du retour en force de la philosophie et de la liberté de pensée. Ce retour est d'abord le fait du climat d'intolérance des prêtres et de . Selon Condorcet, la pensée a pu éclore et se répandre en Europe grâce à l'imprimerie.
L'auteur traite de la lutte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Il parle de la redécouverte des œuvres d'Aristote : . Condorcet se montre toutefois, sur un plan politique et social, particulièrement critique de cette époque féodale : .
Huitième Ce chapitre retrace l'histoire . Condorcet revient sur l'invention de l'imprimerie. Dès ce moment, . Cela facilite aussi l'argumentation contre les idées fausses : .
La même époque connaît deux autres grandes ruptures, selon Condorcet : la chute de Constantinople, en 1453, et la découverte de l'Amérique, en 1492. Si le fanatisme continue de prospérer en Europe, .
Parallèlement, et paradoxalement, les systèmes éducatifs ne progressent pas au même rythme. .
Neuvième Le chapitre s'intitule . Il trace un lien explicite entre les Lumières et l'aboutissement de la Révolution française. Selon Condorcet, la pensée philosophique a permis aux juristes, , d'aboutir aux droits de l'homme, universels et inaliénables. Dès ce moment, .
Cette époque est précédée de l'émergence de l'économie comme discipline de la pensée. Condorcet considère que cette science . Ce n'est qu'alors qu'.
Dixième Condorcet se montre particulièrement optimiste sur , qui donnent son titre au chapitre. Il remarque que si l'on , il n'y a rien de chimérique à l'entreprise .
Le philosophe émet trois espérances : . Il prophétise .
Postérité Georges Cuvier cite Condorcet dans son Histoire des sciences naturelles..
Notes et références
Éditions Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (suivi de Fragment sur l’Atlantide), Paris, Flammarion, « coll. GF », 1988, 350 p. Une réédition de 1822 est accessible en ligne sur Gallica.
Bibliographie Catherine Kintzler, Condorcet, l'instruction publique et la naissance du citoyen, Paris : Folio-Essais, 1987 ().
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