vignette|upright=1.9|Réunion électorale du Bloc républicain de gauche (novembre 1919). Le Bloc républicain de gauche est une liste de candidats présentée dans la circonscription de Paris lors des élections législatives françaises de 1919.
Histoire Dans la circonscription de Paris, correspondant alors aux , , , , , et arrondissements de la capitale, certains radicaux-socialistes locaux critiquent l'inscription de deux de leurs députés sortants, Louis Puech et Joseph Petitjean, sur la liste d'Union républicaine nationale et sociale (URNS) d'Alexandre Millerand, où ils côtoient des candidats issus de l'extrême droite tels que Barrès ou l'amiral Bienaimé. Le comité exécutif du Parti radical-socialiste, réuni sous la présidence d'Édouard Herriot, réprouve lui aussi la stratégie de Puech et de PetitjeanLe Populaire, 8 novembre 1919, ..
Dirigés par l'historien Alphonse Aulard, les radicaux-socialistes intransigeants de la circonscription créent ainsi leur propre listeL'Intransigeant, 4 novembre 1919, . puis publient un manifeste au début du mois de novembre. Ce texte dénonce « l'étrange coalition de socialistes repentis et de radicaux défaillants avec des réactionnaires et des cléricaux militants, avec des ennemis de la République » et s'oppose à tous les extrêmes en renvoyant dos à dos la « réaction » et le « bolchévisme »La France, 5 et 7 novembre 1919, .. Selon Aulard, ce dernier « péril » menacerait surtout le pays en cas de victoire de la « coalition Millerand-Barrès », car celle-ci mènerait alors une politique conservatrice qui provoquerait la « légitime colère » de la classe ouvrière et ferait ainsi le jeu des « fanatiques à la manière russe »L'Œuvre, 15 novembre 1919, ..
Moins d'un an après la fin de la Première Guerre mondiale, le programme du Bloc républicain de gauche est résolument pacifiste et propose d'éviter de nouvelles guerres par le « désarmement général » et l'« amélioration de la Société des Nations ». Il préconise également de « profondes réformes sociales ».
Le Bloc républicain de gauche subit naturellement les attaques de la droite, qui le voit comme l'émanation du « caillautisme intégral »Le Figaro, 4 novembre 1919, . et qui rappelle qu'un des membres de la liste, l'ancien député Lucien Le Foyer, a signé des articles « nettement défaitistes » pendant la guerreL'Ouest-Éclair, 15 novembre 1919, .. Les accusations contre Le Foyer sont partagées par le journal Le Radical, qui prend la défense des radicaux ralliés à l'URNSLe Radical, 8-10 novembre 1919, .. Le Bloc républicain de gauche est en revanche soutenu par L'ŒuvreL'Œuvre, 17 novembre 1919, ., dont l'un des collaborateurs, Jean Piot, figure sur la liste conduite par Aulard.
Le , la liste du Bloc républicain de gauche arrive en troisième position, avec près de voix, très loin derrière celles des socialistes unifiés (plus de voix) et de l'URNS (plus de voix). Son nombre moyen de suffrages par candidat étant inférieur à celui de la quatrième liste (présentée par les socialistes dissidents du Comité d'action socialiste), elle n'obtient aucun siège à la ChambreBulletin municipal officiel de la ville de Paris, 27 novembre 1919, ..
Candidats Entre parenthèses : nombre de voix obtenues.
Notes et références
Bibliographie Serge Berstein, Histoire du Parti radical, vol. 1, Paris, Presses de Sciences Po, 2012, chap. II.
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