Le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (, ICE) est une agence fédérale relevant du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (). Sa mission principale est de lutter contre la criminalité transnationale et l’immigration irrégulière..

L’ICE se compose de deux directions principales : Direction des enquêtes sur la sécurité intérieure ( – HSI) ; Direction des opérations d’application de la loi et de renvoi ( – ERO).

À cela s’ajoutent trois divisions de soutien : Division de la gestion et de l’administration des programmes () ; Bureau du conseiller juridique principal () ; Office de la responsabilité professionnelle ().

L’agence dispose de bureaux sur l’ensemble du territoire américain, ainsi que de représentations dans les principales ambassades des États-Unis à l’étranger. À noter que les agents de l’ICE ne patrouillent pas les frontières ; cette responsabilité incombe au Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ( – CBP).

Actuellement dirigée par Todd Lyons, en poste à titre intérimaire, l’ICE n’a pas eu de directeur confirmé par le Sénat depuis le départ de Sarah Saldaña, le .

L'agence fait l'objet de nombreuses controverses au cours de son existence, avec une intensification des critiques durant les première et seconde présidences de Donald Trump. À la suite de l'adoption de la loi en , l’ICE devient l'agence fédérale la mieux financée de l'histoire des États-Unis. L'agence provoque plusieurs mouvements de protestation en raison de sa violence et de violations de la loi, notamment en à Los Angeles et après la mort de Renée Good le et celle d'Alex Pretti le .

Objet L’ICE repose sur deux principales branches aux fonctions distinctes, soit la Direction HSI, chargée de lutter contre la criminalité transnationale, et la Direction ERO, responsable de l’arrestation, de la détention, de l’expulsion et du renvoi des personnes sans papiers.

L’ICE s'appuie sur deux branches principales aux rôles bien distincts : la Direction HSI, qui combat la criminalité transnationale la Direction ERO, chargée d'arrêter, de détenir, d'expulser et de renvoyer les personnes en situation irrégulière.

La Direction ERO représente la facette la plus visible et controversée de l'ICE ; elle supervise les centres de détention où sont placées des personnes soupçonnées d'être en situation irrégulière et jugées comme une menace pour la sécurité publique, .

Comme son prédécesseur , l’ICE est connue dans les communautés hispanophones sous le nom de « », symbole de la peur, de la surveillance et de la répression migratoire..

L’agence applique plus de , avec un accent particulier sur les infractions douanières, le contrôle de l’immigration, la prévention du terrorisme et la contrebande..

Histoire Les origines des agents spéciaux () de la Direction HSI remontent à la création en 1789 du Service des douanes des États-Unis (). La taxation des importations entraîne la fondation du département du Trésor (Treasury Department) et de ses composantes, dont le Service de douanes maritimes armées (Revenue Cutter Service). La Révolution industrielle pousse le gouvernement à adopter les premières lois sur l’immigration, ciblant le travail forcé, la traite des êtres humains et l’exploitation des enfants..

En 2003, l’ICE voit le jour, en même temps que le département de la Sécurité intérieure, et ce dans le cadre de la Loi de 2002 sur la sécurité intérieure (, 2002), adoptée après les attentats du . L’agence reprend alors les fonctions de l’INS, auparavant rattaché au département de la Justice, ainsi que celles du Service des douanes des États-Unis (), dépendant du département du Trésor. L’ICE devient le principal service d’enquête du département de la Sécurité intérieure et participe aux travaux du Groupe de travail conjoint contre le terrorisme () du Bureau fédéral d’enquête ( – FBI).

L’agence absorbe les ressources d’enquête criminelle et de renseignement du Service des douanes, ainsi que les fonctions de détention et d’expulsion de l’INS. Le Service fédéral de protection () est d’abord intégré à l’ICE, puis transféré en 2009 à la Direction nationale de la protection et des programmes (). En 2003, Asa Hutchinson transfère le Service fédéral des agents de sécurité aérienne () de l'Administration de la sécurité des transports ( – TSA) vers l’ICE, mais Michael Chertoff le réintègre à la TSA en 2005.

En , l’ICE lance l’opération « Community Shield » (protéger la communauté), une initiative nationale visant à démanteler les gangs criminels transnationaux, en s’appuyant sur ses pouvoirs étendus, notamment celui d’expulser des immigrés criminels, qu’ils soient en situation irrégulière ou résidents permanents.

Dès son premier mandat, le président Donald Trump impose une politique migratoire stricte en signant un décret pour augmenter les effectifs de l’ICE de et étendre ses pouvoirs. Alors que l’administration Obama cible principalement les personnes accusées de crimes graves, Trump ordonne à l’ICE de poursuivre toute personne entrée illégalement sur le territoire. Les arrestations se multiplient, y compris celles de citoyens américains. L’ICE mène des raids spectaculaires dans des lieux de travail, des lieux de culte et des établissements scolaires. Face à ces pratiques, des élus démocrates et des figures progressistes appellent à la suppression de l’agence et à une réforme du système migratoire.

En 2018, 19 agents spéciaux et hauts responsables de la Direction HSI adressent une lettre à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, pour demander une séparation formelle de l’ICE. Ces responsables expliquent que la mission d’enquête de la Direction HSI est constamment entravée par les activités policières menées par la Direction ERO, également rattachée à l’ICE. De nombreuses juridictions limitent leur coopération avec la Direction HSI en raison de son association avec les opérations controversées d’expulsion. Les signataires demandent que HSI soit restructurée en agence indépendante, à l’image du Secret Service (Service de protection des personnalités). Ils soulignent qu’aucune agence du département de la Justice n’est associée à une entité aussi différente ; par exemple, le FBI n’est pas couplé à l’Office des prisons (Bureau of Prisons) ni à l'Administration de contrôle des drogues (Drug Enforcement Administration). Cette lettre reste sans réponse et aucun changement institutionnel n’est mis en œuvre.

L’ICE revient sur le devant de la scène lors du second mandat de Donald Trump, qui impose à nouveau une politique migratoire rigide. L’administration lance une vaste campagne d'arrestations parfois arbitraires. Le , le département de la Sécurité intérieure annonce la suppression d’une directive de l’ère Obama qui protégeait les immigrés en situation irrégulière dans des lieux sensibles tels que les hôpitaux, les lieux de culte, les tribunaux, les funérailles, les mariages et les écoles. Deux jours plus tard, le secrétaire par intérim à la Sécurité intérieure, Benjamine Huffman, déclare que l’agence expulsera les personnes temporairement admises sous l’administration Biden. Le gouvernement invoque la Loi sur les ennemis étrangers (Alien Enemies Act) pour procéder à des expulsions rapides, souvent sans procédure judiciaire complète, et certaines personnes sont détenues au Salvador. Des citoyens américains sont détenus et expulsés par erreur. Les pratiques de l’administration soulèvent des questions juridiques et provoquent des controverses parmi les avocats, les juges et les universitaires. L’administration Trump fixe des objectifs quotidiens d’arrestations pour l’ICE et lance une campagne controversée visant à accroître la visibilité de ses interventions.

Des témoignages font état de ciblage ethnique, notamment de personnes « à l’apparence hispanique », et des détenus rapportent des conditions de détention dégradantes : privation de nourriture, d’eau et de soins. Plusieurs décès surviennent dans les centres de détention de l’ICE au cours des premiers mois du mandat.

En 2025, des manifestations éclatent à travers les États-Unis pour dénoncer les politiques migratoires de l’ICE, notamment lors des protestations de juin à Los Angeles.

Le , la loi « One Big Beautiful Bill Act » (méga-projet de loi), promulguée par le président Trump, accorde à l’ICE un financement sans précédent pour la construction de centres de détention, les opérations d’expulsion et le recrutement massif de nouveaux agents. Ce budget dépasse celui de toute autre agence fédérale dans l’histoire des États-Unis, y compris le service carcéral fédéral. L'expansion entraîne des détentions et expulsions massives, une restriction de l’accès à l’asile, ainsi que des conséquences économiques et humanitaires majeures.

En , la chaîne de télévision allemande ZDF annonce démettre de ses fonctions sa correspondante à New York, pour avoir notamment utilisé des images générées par intelligence artificielle dans un reportage diffusé sur la police de l’immigration américaineUne journaliste TV allemande démise pour des images générées par IA, 7sur7.be, 20 février 2026.

Organisation L’ICE dispose de bureaux à travers l’ensemble du territoire américain ainsi que de représentations dans les principales missions diplomatiques des États-Unis à l’étranger. Les agents de l’ICE n’assurent pas la surveillance des frontières, car cette mission revient à la Patrouille frontalière.

Chargée d’identifier et de corriger les vulnérabilités en matière de sécurité aux frontières, dans l’économie, les transports et les infrastructures, l’agence emploie environ 20 000 personnes, réparties dans environ 400 bureaux aux États-Unis et dans 53 pays.

Les deux principales directions de l’ICE – à savoir HSI et ERO – fonctionnent comme des agences distinctes, avec des mandats totalement séparés. La Direction HSI se consacre à la lutte contre la criminalité transnationale, tandis qu’ERO est chargée de l’arrestation, de la détention et de l’expulsion des personnes en situation irrégulière.

Au-delà de ses deux directions, l’agence comprend également plusieurs divisions de soutien, chacune dirigée par un directeur délégué. Ces divisions fournissent des services d’enquête, d’intervention et de sécurité au public ainsi qu’aux partenaires des forces de police, tant au niveau fédéral que local.

Le directeur de l’ICE est nommé par le président des États-Unis, nomination qui doit être confirmée par le Sénat. Ce poste rend compte directement au secrétaire à la Sécurité intérieure.

Structure Cadres supérieurs : Todd Lyons, directeur intérimaire (acting director) ; Madison Sheahan, directrice adjointe (deputy director) ; Jon Feere, chef de cabinet (chief of staff) ; Jennifer Cleary, directrice financière (chief financial officer).

Services du personnel : Direction des opérations d’application de la loi et de renvoi (Enforcement and Removal Operations – ERO) : Marcos Charles, directeur délégué intérimaire (acting associate executive director) ; Division des expulsions (Removal Division) ; Division de la sécurisation des communautés et de l’application de la loi (Secure Communities and Enforcement Division) ; Division des services de santé pour les immigrés (Immigration Health Services Division) ; Division du soutien opérationnel (Mission Support Division) ; Division de gestion des centres de détention (Detention Management Division) ; Bureaux locaux (Local Field Offices) ; Direction des enquêtes sur la sécurité intérieure (Homeland Security Investigations – HSI) : Derek Gordon, directeur délégué intérimaire (acting associate executive director) ; Division des opérations nationales (Domestic Operations Division) ; Office du renseignement (Office of Intelligence) ; Division des opérations internationales (International Operations Division) ; Division du soutien opérationnel (Mission Support) ;