Auguste Laforêt (1801-1880), juge au tribunal civil de Draguignan puis de Marseille, érudit polygraphe, historien, membre de l'Académie de Marseille. Il est notamment auteur d'une Étude sur la marine des galères (1861).
Biographie Repères
Pierre Auguste Noël Laforêt est né le à MarseilleArchives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil, mariage, 1829/décembre.. Son père, Jacques Laforest (1738-1803), est commerçant, propriétaire ; et sa mère, Sabine Crudère (1760-1803), est la fille de Jean-François Crudère, premier échevin de Marseille en 1774Émile Perrier, Les bibliophiles et les collectionneurs provençaux anciens et modernes : arrondissement de Marseille, impr. de Barthelet et Cie, Marseille, 1897, p. 264..
Il fait ses études de droit à Aix en Provence et devient magistrat.
Il épouse Sidonie Meynier (née le ), le à Marseille.
Cinq enfants sont nés de cette union : Marie Charles Auguste Noël (1830)Né le 24 décembre 1830. Cf. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil, naissance, 1830/décembre. ; Marie Louise Clémentine Alix (1834-1879) ; Octavie (1836-1896) ; Marie Sabine Cécile (1839-1840) ; Marie Louise Ernestine (1841-1867).
Auguste Laforêt meurt le Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil, décès, 1880/janvier, registre 2., à l'âge de 78 ans, à son domicile, au n° 66 du cours Pierre-Puget, à MarseilleArchives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil, décès, 1880/janvier.Avant le cours Puget, Auguste Laforêt habita rue Saint-Pierre, près de l'octroi, cf. «Liste des membres résidants de l'académie de Marseille par ordre d'élection», Mémoires de l'Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, années 1853-1857, 1858, p. 408 ; puis le cours Bonaparte au n° 98, cf. «Liste des membres résidants», Mémoires de l'Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, années 1865-1866-1867, 1868, p. 325.. Il est chevalier de la Légion d'honneur.
Carrière professionnelle Auguste Laforêt est juge au tribunal de première instance à Draguignan en 1822Lors de sa réception à l'Académie de Marseille, le 24 mai 1857, Auguste Laforêt dit être «membre depuis 33 ans de la famille judiciaire». Cf. Mémoires de l'Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, années 1853-1857, 1858, p. 229..
Il devient juge à Marseille à partir de 1831Émile Perrier, Les bibliophiles et les collectionneurs provençaux anciens et modernes : arrondissement de Marseille, impr. de Barthelet et Cie, Marseille, 1897, p. 264-265..
Érudit et académicien La Revue de Marseille
Auguste Laforêt fonde la Revue de Marseille et de Provence en 1855 avec trois associés : le journaliste Joseph Mathieu ; Rondelet, professeur à la faculté ; et Gaston de FlotteGaston de Flotte (1805)1882). Cf. Data.bnf.fr., homme de lettresÉtienne Bellot (1865-1910), Nos écrivains marseillais. Biographies locales, impr. Barthelet et cie, Marseille, 1896, p. 98.. Il la dirige jusqu'à sa mort en 1880.
Les bénéfices de cette revue étaient destinés «au soulagement des déshérités».
Un journaliste et écrivain, défenseur des littératures « provinciales », Adolphe Kuntz de Rouvaire, témoigne du contexte marseillais des revues dans lesquelles il a pu écrire (le Phocéen, la Tribune artistique et littéraire du Midi, le Mistral) dans les années 1850« La littérature en province, dans Le Bibliophile français : revue mensuelle des livres anciens et modernes, Librairie Bachelin-Deflorenne, Paris, 1865, p. 164 Lire en ligne..
Auguste Laforêt a publié, sous forme d'articles dans la revue, des textes qui deviennent des ouvrages après coup : Étude sur la marine des galères, Le Bâton, Vals.... Il écrit sous pseudonyme mais également des articles signés de son nom.
L'essentiel de son travail consiste, cependant, à solliciter et à accueillir des études de tout genre provenant de très nombreux collaborateurs.
À la mort d'Auguste Laforêt, en 1880, François Marin de CarranraisF. de Marin de Carranrais (1850-1929), data.bnf.fr. (1850-1928) est nommé membre du conseil d'administration de la Revue de Marseille et de ProvenceMémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, 1929, p. 339.. La revue disparaît en 1893Fédération historique de Provence, 2018.. En 1919, le docteur Émilien Castueil et l'écrivain Pierre CoutrasPierre Coutras (1889-1981). Cf. Data.bnf.fr. font reparaître la publicationL'Intransigeant, 20 août 1919, p. 2..
L'Académie de Marseille Auguste Laforêt est élu le à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, au fauteuil n° 30 (sciences), puis au fauteuil n° 25 (belles-lettres)Académie des sciences, lettres et arts de Marseille, histoire des fauteuils de l'Académie, Régis Bertrand. en 1873Académie des sciences, lettres et arts de Marseille, histoire des fauteuils de l'Académie, Régis Bertrand.. En 1863, il est élu à la fonction de président de l'Académie«Chronologie des académiciens», Régis Bertrand, Académie des sciences, lettres et arts de Marseille.. On le trouve en exercice l'année 1864.
Dans son discours d'ouverture de la séance publique, prononcé le , Auguste Laforêt retrace l'histoire de l'Académie, ses conflits avec l'Académie française, ses démêlés avec l'administration municipale marseillaise«Discours d'ouverture prononcé par M. Auguste Laforêt, président, dans la séance publique du 22 mai 1864», Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, 1858, p. 487-515.. Il évoque les différends durables avec les représentants de la ville«Discours d'ouverture prononcé par M. Auguste Laforêt, président, dans la séance publique du 22 mai 1864», Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, 1858, p. 499-500.
Curiste et homme d'affaires dans le thermalisme
Auguste Laforêt est venu se faire soigner à Vals en Ardèche, où commence l'exploration des sources (connues cependant depuis le XVIIe siècle) et leur exploitation commerciale. Le thermalisme connaît une grande ferveur au XIXe siècle. Laforêt saisit cette conjoncture en homme d'affaires avisé. « Il rachète les biens de Ferdinand Gaucherand : sources, maison, terrains, bains. Avec son fils Charles, son gendre Maximin Oddo et quelques amis, il fonde la Société Laforêt et Cie. De nouveaux forages font surgir les sources Pauline, Constantine, Souveraine, Convalescents et Alexandre. Le débit très élevé de cette dernière (29 m3 par 24h) permet l'agrandissement de l'établissement thermal et la construction du Grand Hôtel des Bains »Vals-les-Bains, Inventaire du patrimoine thermal, Route des Villes d’Eaux du Massif Central, avril 2009, p. 12..
Henry VaschaldeHenry Vaschalde (1833-19..). Cf. Data.bnf.fr., administrateur d'établissement thermal à Vals, dresse un historique de l'essor du thermalisme dans la ville qui mentionne l'action décisive de la famille Laforêt<ref>'[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61279008/f20.item.r= 'Vals, station hydro-thermale de l'Ardèche. Son origine, ses progrès, son avenir, Henry Vaschalde, lu le 16 avril 1873 au Congrès des Sociétés savantes réunies à la Sorbonne, impr. Léopold Escudier, Aubenas, 1874, p. 15-18].</ref>.
En 1870 : « la Société Charles Laforêt et Cie s'associe à Louis Mathon et plusieurs autres partenaires pour fonder la Société Centrale. Ce groupe possède deux établissement thermaux, le Grand Hôtel des Bains et les parcs alentour ». L'historien français Marc Boyer a également évoqué l'activité des Laforêt à Vals : « ...les capitalistes marseillais, les Laforêt père et fils et le gendre Oddo jouent, eux, la carte de la station de villégiature. Leur société, La Société générale d'eaux minérales et des bains de mer, présente à Vichy, tente avec peu de succès de lancer Euzet, dans le Gard, et part à l'assaut de Vals, achetant les thermes, le Grand Hôtel, continuant d'exploiter leurs sources et d'expédier les eaux »Les villégiatures du XVIe au XXIe siècle, Marc Boyer, éd. EMS, Colombelles, 2008..
En 1866, Auguste Laforêt a publié une brochure : Les eaux de Vals ; suivie d'une seconde, en 1868 : Les Eaux de Vals : Vals autrefois, Vals aujourd'hui. Ces textes constituent de longs exposés fouillés sur l'histoire du lieu, de la région, des légendes et des personnages qui y furent liés. Bien qu'il évoque les conditions pratiques et commerciales du thermalisme à Vals, Auguste Laforêt n'y dévoile pas ses projets.
Œuvres
La marine des galères Les Études sur la marine des galères furent d'abord publiées sous forme d'articles dans la Revue de Marseille et de ProvenceAuguste Laforêt, Étude sur la marine des galères, 1861, avant-propos non paginé. à partir de , avant d'être réunies et éditées en 1861 (avec un titre au singulier : Étude...).
L'auteur définit son objectif : « présenter l'origine des galères, les points de similitude entre celles des temps anciens et celles des temps modernes, faire connaître leur construction, leur armement, leur équipage, décrire leur manière de naviguer et de combattre, révéler les moyens auxquels on avait recours pour suffire à l'entretien de leur chiourme, reconstruire notre arsenal, conduire le lecteurs dans les allées de ses jardins, dans les salles de son hôpital, sous les voûtes de ses magasins, repeupler les Tollards «Tollard : lit de camp en planches, sur un plan incliné ; c'est le nom qu'il porte encore dans les bagnes actuels», note de l'auteur. de notre bagne comme les bancs de nos galères, voilà le plan que nous avons adopté »Auguste Laforêt, Étude sur la marine des galères, 1861, p. 5..
Le livre connait un certain succès selon un académicien de Marseille, en 1920 : « Non seulement cette étude n'a pas vieilli, mais elle demeurée unique en son genre, à tel point qu'Ernest Lavisse, considéré comme notre historien national, a dû s'y référer fréquemment au cours de ses travaux sur le règne de Louis XIV ».
Ce travail a cependant été critiqué par l'historien Paul Masson : « L'ouvrage d'Auguste Laforêt qui n'est pas sans intérêt, n'est pas l'œuvre d'un historien. Il est bien insuffisant, et, surtout, il a besoin d'être corrigé sur beaucoup de points »Paul Masson, Les galères de France (1481-1781). Marseille, port de guerre, Hachette, Paris, 1938, p. 7..
Publications Fleurs des Pyrénées, poésies, 1853. Coutumes marseillaises : les Crèches de Noël. Souvenirs marseillais : Briquet, impr. de Vve M. Olive, Marseille, 1860. Étude sur la marine des galères, A. Aubry, libraire, Paris ; Vve Marius Olive, éditeur, Marseille, 1861. Souvenirs marseillais. La peste de 1720, impr. de Vve M. Olive, Marseille, 1863. Les Eaux de Vals : Vals autrefois, Vals aujourd'hui, Vve Olive, Marseille, 1868. La bâton. Étude historique et littéraire, impr. Marius Olive, Marseille, 1876 et 1879. Tome 1 et tome 2.
Bibliographie Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille''. De nombreux numéros évoquent la personnalité et l'œuvre d'Auguste Laforêt. «Discours de réception prononcé par M. Albert Verger. Éloge M. Auguste Laforêt», 27 mars 1881, Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, années 1881-1882, 1882, p. 23-41.
Notes et références Références
Voir aussi Article connexe Académie de Marseille Constantin Oddo Pierre Coutras
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