Le Service national universel (SNU) est un programme mis en place par le Premier ministre français Édouard Philippe à partir de 2019. Le programme est géré par le ministère de l'Éducation nationale ou par le secrétariat d'État en charge selon.
Promesse de campagne. du candidat Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle de 2017, le Service national universel a été confirmé en tant que chantier du mandat présidentiel à l'occasion des vœux du président de la République aux armées le ..
Selon Emmanuel Macron en , , mais de donner .
Le SNU vise, selon la communication du gouvernement, à proposer « un moment de cohésion visant à recréer le socle d'un creuset républicain et transmettre le goût de l'engagement », à « impliquer la jeunesse française dans la vie de la Nation » et à « promouvoir la notion d'engagement et favoriser un sentiment d'unité nationale autour de valeurs communes »..
Emmanuel Macron annonce dans ses vœux 2023 aux Françaises et aux Français qu'il posera ..
Le , le SNU fait l'objet d'un secrétariat d'État avec la nomination de Prisca Thevenot au gouvernement.
Le Premier ministre Gabriel Attal annonce dans son discours de politique générale du la généralisation du SNU à partir de la rentrée scolaire 2026..
Le dispositif est contesté et critiqué, tant par son principe, accusé d'être le retour du service national, que dans dans ses modalités d'application.
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit la suppression de la délégation chargée du Service national universel à compter du , marquant ainsi la mise en extinction officielle du dispositif.
Selon le gouvernement, la fin du SNU ne signifie pas la disparition de toute forme d’engagement civique, mais l’ouverture d’une réflexion sur un nouveau parcours d’engagement citoyen destiné aux jeunes. Aucun séjour n’est prévu pour l’année scolaire 2025-2026, comme l’indique le site officiel du dispositif.
Historique Mission d'information à l'Assemblée nationale Le , la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale crée une mission d'information sur le Service national universel.. Les travaux de ses 10 membres sont synthétisés en un rapport d'information rendu le . et rapportés par les députées Marianne Dubois (groupe Les Républicains) et Émilie Guerel (groupe LREM).
Ce rapport résume le cadre actuel d'exercice du service national, tel qu'il résulte de la loi l'ayant réformé le . Il liste également quatre différents types de scénarios envisagés pour le nouveau service national, dont trois ont été écartés par les rapporteuses : l'allongement de la journée défense et citoyenneté ; le Service national universel obligatoire d'un mois en plusieurs temps ; le Service national universel obligatoire d'une durée continue de quinze jours à un mois.
Sont décrits les écueils juridiques, constitutionnels et conventionnels ayant conduit à rejeter ces scénarios, comme la non-constitutionnalité d'un projet d'internat imposé à des mineurs (la Constitution ne permettant d'imposer des sujétions du fait de la Défense nationale qu'aux citoyens, statut dont les mineurs ne relèvent pas, étant toujours placés sous l'autorité parentale).
Par ailleurs le coût de ces trois scénarios a semblé aux rapporteuses « démesuré dans le contexte actuel » (infrastructures d'hébergement, système d'information, indemnités des appelés, transport, restauration, habillement, encadrement et santé).
S'agissant en particulier du service national obligatoire d'un mois, les députés estiment les coûts trop importants pour un dispositif dont l'efficacité n'est pas entièrement démontrée, et chiffrent le coût budgétaire du dispositif à 5 milliards d'euros pour .
La mission d'information considère que le service national trouverait un fondement constitutionnel uniquement s'il se rattache aux « sujétions imposées par la Défense nationale aux citoyens » au sens de l'article 34 de la Constitution.
Un autre risque juridique résiderait dans la non-conformité de ce dispositif avec l'article 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui prohibe l'esclavage et le travail forcé. Ici encore, la seule option possible serait de retenir la nature militaire du service national, expressément prévue comme exception au principe d'interdiction du travail forcé.
Le quatrième scénario, retenu par la mission d'information, va alors dans le sens d'une refonte du parcours de citoyenneté.
L'objectif d'un tel service, selon la mission, doit être de contribuer à former des citoyens en confortant l'instruction à la citoyenneté tout en concevant un dispositif utile.
Le groupe de travail et le lancement du projet politique Le , un premier groupe de travail rend au président de la République un rapport relatif à la création d'un Service national universel. Ce document, rapporté par le général de division Daniel Menaouine, énonce les premières conditions dans lesquelles le SNU pourrait être décidé. Il identifie également les principaux enjeux : Le principe du caractère obligatoire, en garantissant le cas échéant la militarité du dispositif afin d'assurer sa constitutionnalité ; L'universalité réelle, ce qui implique une égalité de traitement dépourvue de favoritisme ou de dérogations ; L'hébergement collectif.
Le groupe de travail identifie les cinq filières d'engagements suivantes : défense et sécurité nationales, culture patrimoniale et numérique, environnement et développement durable, aide aux personnes et tutorat.
À l'issue du Conseil des ministres du et sur la base des conclusions de ce rapport., le Premier ministre, Édouard Philippe, annonce la mise en place d'un Service national universel d'une durée d'un mois pour tous les jeunes de 16 ans, dans le prolongement de l'obligation scolaire. Il doit être lancé à l'issue d'une phase de consultation menée par le groupe de travail. Le Gouvernement annonce à cette occasion qu'il s'attachera à intégrer dans un projet de loi constitutionnelle « les amendements rendus nécessaires pour permettre l'instauration de ce service national universel ».
Gabriel Attal, nommé le . secrétaire d'État auprès de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, déclare lors de sa prise de fonctions que la mise en place du SNU est « la grande réforme de société du quinquennat ».
Les grands principes du Service national universel ont été déterminés par le groupe de travail. Le SNU est articulé autour de deux phases périodiques : Une première séquence obligatoire d'un mois, avec une phase d'hébergement collectif de quinze jours, aux alentours de seize ans à l'issue du collège, puis 84 heures de Mission d'intérêt général dans une structure habilitée (association ou corps en uniforme) ; Une seconde phase de volontariat matérialisée par une période d'engagement d'une durée d'au moins trois mois en immersion au sein de structures destinées à la défense et à la sécurité, à l'accompagnement des personnes, à la préservation du patrimoine ou de l'environnement, ou à d'autres formes d'engagement. Le service civique est présenté comme l'un des moyens qui permettra d'accomplir cette seconde phase.
Le , le groupe de travail rend son rapport relatif à la consultation de la jeunesse sur le Service national universel.. Il ressort notamment de cette consultation, réalisée auprès de plus de 45 000 jeunes, que l'objectif de brassage social et de dépaysement suscite une grande adhésion, et que les thématiques de l'environnement (39 %) et de la défense (37 %) sont celles qui recueillent le plus d'engouement. Aussi, à l'occasion d'un sondage, les termes « curiosité » et « utilité » sont apparus loin devant les mots « obligation » et « corvée » pour définir l'attente de la jeunesse. 77 % considèrent que le SNU devrait renforcer la connaissance de leurs droits et devoirs en tant que citoyen de la République. Ils montrent un intérêt marqué pour l’utilité de réaliser un bilan de santé (72 %) ainsi qu’un point sur l’orientation (64 %).
Le , Gabriel Attal annonce le lancement du concours national pour la création de la tenue officielle du Service national universel, ouvert aux jeunes de 13 lycées professionnels et technologiques français..
Le , le secrétaire d'État annonce le lancement officiel de la campagne de recrutement des jeunes volontaires pour la phase de préfiguration non obligatoire, au travers d'un site Internet dédié.. 13 départements se sont portés volontaires pour cette préfiguration, qui est prévue du au . À l'occasion de ce lancement, le secrétaire d'État indiquera que le SNU répond à un « constat sans appel : la jeunesse manque d'un moment de cohésion, de mixité, de cohésion sociale et territoriale, autour des valeurs de la République »..
Phase de préfiguration volontaire dans 13 départements En l'absence de base légale et constitutionnelle permettant de conférer un caractère obligatoire au SNU, la première phase de préfiguration lancée le est basée sur le volontariat des jeunes concernés. Une campagne du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse sur les réseaux sociaux Twitter et Instagram permet de suivre les activités proposées au sein des différents centres d'accueil.
À l'occasion d'un entretien dans la presse., le secrétaire d'État Gabriel Attal indique que « les jeunes vont être accueillis par des militaires, des animateurs, des éducateurs », puis seront répartis entre maisonnées (dix jeunes) dirigées par un tuteur ; cinq maisonnées constituant une compagnie, quatre compagnies elles-mêmes dirigée par un chef de brigade et trois adjoints.
Le programme des deux semaines est planifié ainsi : réveil à 7 h ; cérémonie de lever des couleurs avec le salut au drapeau et chant de La Marseillaise ; suivi par les participants de différents modules sur les thèmes d'engagement retenus..
Les soirées seront consacrées à un débat sur « des enjeux de société » comme l'égalité femme-homme ou encore le harcèlement en milieu scolaire.
Le lien symbolique avec le service militaire est assumé via l'encadrement des jeunes par des militaires, la répétition de gestes patriotiques, bilan de santé, le développement de gestes d'autodéfense. et de secours, et les parcours d'obstacle.
Une importante campagne de communication est également développée et assumée par le gouvernement, impliquant des publireportages, les chaines de télévision du service public et des youtubeurs rémunérés pour toucher plus largement les jeunes... Dans ces grandes campagnes de communication est également inclus de nombreuses interventions dans les collèges et lycées.
Le , 150 jeunes appelés du SNU sont présents lors du défilé, 25 d'entre eux participent même au tableau final, les autres étant installés dans les tribunes officielles..
Mandaté par le gouvernement, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) suit la première cohorte de jeunes appelés et, via un suivi statistique, met en avant que 94 % des jeunes ont été satisfaits de leur expérience. Ils sont plus de la moitié à juger qu'il serait « utile à la société » de généraliser le dispositif..
En , à l'occasion des vacances de la Toussaint, Gabriel Attal lance la deuxième phase obligatoire avec les missions d'intérêt général. Selon les mots du secrétaire d'État, cette seconde phase doit donner aux jeunes « une expérience concrète » pour « créer le déclic d'un engagement durable »..
Déploiement du SNU obligatoire Dès la rentrée 2019, il est annoncé que le Service national universel sera pérennisé et devra concerner au moins jeunes d'ici 2022, avec un premier palier de à appelés pour l'année 2020, et un second de pour l'année 2021. Une augmentation du budget de l'éducation nationale est annoncée à hauteur de , et devrait être entérinée dans le cadre du projet de loi de finances pour l'année 2020..