vignette|redresse|Alexandre Benalla en 2013.

Les affaires Benalla sont des affaires judiciaires et politico-médiatiques françaises mettant en cause Alexandre Benalla, chargé de mission, coordinateur de différents services lors des déplacements officiels et privés du président de la République, Emmanuel Macron, lors de son premier mandat, en 2017 et 2018.

Dans la première affaire dite de la Contrescarpe, Alexandre Benalla est accusé d'avoir usurpé la fonction de policier, interpellé et violenté un couple de personnes qui a lancé des projectiles sur des CRS lors d'une des manifestations du , place de la Contrescarpe à Paris. La scène, filmée par plusieurs témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, n'est médiatisée que le , lorsque le quotidien Le Monde publie un article identifiant Alexandre Benalla. L'Élysée est informée dès le de son identité et le sanctionne par une mise à pied pendant quinze jours en mai, avec rétrogradation de ses fonctions. Il lui est également reproché, par des vidéos dévoilées au mois de juillet, d'avoir participé le même jour à une autre interpellation au Jardin des plantes.

La seconde affaire, dite des passeports, concerne, à la fin de l'année 2018, une polémique qui a éclaté après la révélation par Mediapart qu’Alexandre Benalla était toujours en possession de plusieurs passeports diplomatiques, qu'il aurait dû rendre plusieurs mois auparavant. Ces passeports lui ont notamment permis de rencontrer le président du Tchad, Idriss Déby. Benalla indique alors s’être régulièrement entretenu avec Emmanuel Macron après son départ de l’Élysée, ce que la présidence de la République dément. Outre le voyage au Tchad, Alexandre Benalla aurait également utilisé ces passeports diplomatiques au cours de différentes missions pour le compte de délégations étrangères.

Pour ces deux affaires, Alexandre Benalla est condamné le à trois ans de prison, dont un ferme ; la peine est confirmée en appel.

Dans la troisième affaire, dite des contrats russes, il est reproché à Alexandre Benalla et à son ami Vincent Crase d'avoir noué des relations d’affaires avec des oligarques russes, notamment l’homme d’affaires Iskandar Makhmudov, soupçonné d’entretenir des liens avec le crime organisé, dès , alors même qu’il est encore en poste à l'Élysée, des rencontres ayant eu lieu au siège même de La République en marche, le parti fondé par le président Emmanuel Macron. Un contrat de protection aurait également été signé entre une société liée aux deux hommes, et l'oligarque russe Farkhad Akhmedov en .

Alexandre Benalla est également visé par plusieurs autres enquêtes judiciaires. Plusieurs journalistes sont par ailleurs inquiétés.

Les commissions des Lois du Sénat et de l'Assemblée nationale obtiennent les prérogatives d'une commission d'enquête parlementaire sur la première affaire et procèdent à un certain nombre d'auditions publiques (responsables de syndicats policiers, de la préfecture de police, des cadres de la présidence de la République ou du GSPR), visant notamment à identifier des dysfonctionnements au sein des services de l’Élysée. L'enquête de l'Assemblée nationale, dirigée par une majorité LREM, est close rapidement, alors que l'enquête du Sénat, dirigé à ce moment-là par une majorité LR et PS, est longue et controversée.

Contexte Lors des manifestations parisiennes traditionnelles du , un groupe d'environ provoque d'importantes dégradations et cherche à en découdre avec les forces de l'ordre. Ces évènements ont conduit à l'arrestation de .. À la suite de ces manifestations, les syndicats policiers ont dénoncé la passivité de leur hiérarchie face aux black blocs..

Déroulement des faits vignette|La place de la Contrescarpe à Paris, lieu des faits allégués. Alexandre Benalla, chargé de mission à l'ÉlyséeAffaire Benalla: la fiche de paie de l'ancien chargé de mission dévoilée et à ce titre coordinateur des déplacements officiels et privés du président de la République, reçoit, d'après Le Monde, un SMS, le , du contrôleur général Laurent Simonin, chef-adjoint de l'état-major de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police indiquant : . Selon le rapport de l'IGPN, Alexandre Benalla a ..

D'après ces échanges de SMS, Laurent Simonin organise ensuite le prêt d'équipements de protection pour Alexandre Benalla, notamment le casque, ainsi que sa mise en contact avec son accompagnateur, le major de police Philippe Mizerski.. Selon l'IGPN, le chargé de mission de l'Élysée aurait dit disposer des autorisations nécessaires de la préfecture à Laurent Simonin, qui l'aurait cru. Celui-ci n'aurait pas vérifié auprès de sa hiérarchie, ni n'aurait prévenu cette dernière de la venue d'Alexandre Benalla le Conditions de la présence de MM. Benalla et Crase lors des opérations de maintien de l’ordre, à Paris, le mai Bertrand Michelin, Jean-François Lelièvre et Olivier Paquette, IGPN, Ministère de l'Intérieur, 26 juillet 2018, .

Place de la Contrescarpe Le , vers , dans le de Paris, des policiers d'une compagnie républicaine de sécurité se retirent de la place de la Contrescarpe, accompagnés d'Alexandre Benalla et Vincent Crase (chargé de sécurité à LREM, occasionnellement réserviste de la Gendarmerie), encadrés par le major Philippe Mizerski, attaché à la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la Préfecture de police de Paris. Alexandre Benalla est équipé d’un casque à visière des forces de l'ordre, et dans un premier temps d'un brassard de police. Selon l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), . Le rassemblement est organisé notamment par le site Paris-luttes et le Comité d'action inter lycéen et les collectifs interfacs.., et est relayé par le syndicat étudiant UNEF et par La France insoumise.. Des incidents faisant intervenir les forces de l'ordre sont signalés sur la place à partir de . Peu avant , un jeune couple, un homme et une femme, selon leur avocat , s'en prennent aux forces de l'ordre selon leur propre avocat, le . : l'homme leur lance une carafe d’eau, puis dans le récit de leur avocat, la femme leur lance un objet dont elle dit ne pas se rappeler ce que c'est., puis elle leur adresse un bras d'honneur. Alexandre Benalla livre au Monde une version sensiblement différente : .

Vincent Crase désigne le couple à Alexandre Benalla. Avec l'aide des CRS, celui-ci attrape la femme, et l'entraîne en la maintenant par le cou dans une rue et la contraint, en pratiquant un balayage, et aidé par Philippe Mizerski, à s'asseoir sur le trottoir.. Pour l'IGPN : . Pendant ce temps, Vincent Crase, assisté des CRS, maîtrise l'homme qui est ensuite frappé par des CRS, traîné au sol, puis immobilisé aux pieds de Vincent Crase. Revenu sur la place, cette fois sans brassard de police, Alexandre Benalla le relève, et s'en prend à lui avec force par des gestes violents différemment interprétés : , ou selon les médias ou témoins..« Il le traîne violemment par le cou, le frappe derrière la tête puis lui assène plusieurs coups de pied au sol. », VIDEO. Violences du -Mai: Un collaborateur d’Emmanuel Macron filmé en train de frapper un manifestant, , 18/7/2018« "L'homme se fait étrangler par Alexandre Benalla, il lui assène plusieurs coups de poing dans le dos, dans la tête par derrière (…) L'homme était inoffensif, par terre et suppliait d'arrêter" » selon un témoin, militant LFI qui a filmé la scène, Affaire Benalla : qui sont les auteurs de la vidéo montrant un collaborateur d'Emmanuel Macron frappant un manifestant le -Mai ?, Europe 1, 19/7/2018. Selon Alexandre Benalla lors d'une interview sur TF1 le , , ce dont doutent plusieurs observateurs...

Dans son rapport d'enquête, l'IGPN indique voir .

Pendant toute cette séquence, le major Philippe Mizerski est resté passif. D'après le rapport de l'IGPN, il n'a pas osé intervenir car il « ne concevait de faire la moindre observation à celui qui était, à ses yeux, un personnage de première importance ». Pour la même raison, il s'est « gardé de faire la moindre remarque » à Alexandre Benalla concernant son brassard de police..

Un peu plus tard, une unité de CRS procède à l'interpellation du couple, apparemment à la demande d'Alexandre Benalla, menant l'homme à subir des coups par plusieurs CRS.... Le couple est finalement remis à la Brigade d'information de la voie publique (BIVP) et dirigé vers le poste de police de la rue de l'Évangile.

Des affrontements violents entre manifestants et policiers se poursuivent dans le arrondissement de Paris jusqu'à environ , avec la présence de black blocs.

Jardin des plantes Les faits reprochés à Alexandre Benalla et Vincent Crase au Jardin des plantes de Paris le , aux environs de , ne sont évoqués qu'à partir du .

Tandis qu'un groupe de manifestants enclenche le mouvement de quitter le défilé principal par une allée du jardin, trois personnes apparaissent devant eux, de face. Parmi eux, se trouve Vincent Crase, qui arrête leur progression et leur indique une direction avec sa main. Alexandre Benalla et Philippe Mizerski se tiennent derrière lui. Une jeune femme du groupe est prise à partie et crie soudainement. Deux manifestants affirment le que des violences sont commises à ce moment et annoncent alors qu'ils portent plainte... Cette scène serait en rapport avec une seconde, qui se déroule quelques instants plus tard, filmée par une tierce personne. Plusieurs CRS en formation avancent en ligne sur une grande allée ensablée : dans leurs rangs, se trouvent deux hommes identifiés comme Alexandre Benalla et Vincent Crase. Ces deux hommes tiennent par les bras une troisième personne, qu'ils encadrent et restreignent dans ses mouvements.. Une autre photographie publiée le montre la même scène où Vincent Crase, accompagné de Philippe Mizerski et Alexandre Benalla, agrippe un manifestant qui crie.. Selon l'auteur de la photo, tandis que des casseurs jettent des projectiles par-dessus les grilles du jardin, un policier désigne un jeune homme aux gants rouges et lance . Il est alors saisi par Vincent Crase et Alexandre Benalla. Le photographe affirme que c'est ce dernier qui fait une clé de bras au manifestant pour le maîtriser..

Vidéos Avant la révélation médiatique de l'affaire Le journaliste Taha Bouhafs assiste à la scène, la filme et diffuse le jour même cette vidéo sur les réseaux sociauxVidéo de Taha Bouhafs posté le sur Twitter... Elle est alors visionnée quelques dizaines de milliers de fois. Il publie ensuite le des photographies d'Alexandre Benalla dans d'autres manifestations en émettant l'hypothèse qu'il s'agit d'un policier.. On voit sur la vidéo des CRS qui maintiennent au sol un jeune homme. Vincent Crase est à côté d'eux. Alexandre Benalla arrive alors dans le champ de la vidéo, il relève le jeune homme et le frappe « à plusieurs reprises »... Son pied heurte le ventre du manifestant (ou le thorax, selon certains médias) sans qu'il soit possible, selon Europe 1, de déterminer si cela est volontaire (sur ces images ni brassard ni talkie-walkie ne sont visibles). C'est cette vidéo dont les services de l'État ont connaissance les et . Cette vidéo est alors peu relayée par les médias. Elle est toutefois transmise par voie anonyme le , à , sur une plateforme de signalement de l'IGPN. Elle est visionnée par trois agents du service d'inspection, lesquels ne jugent cependant pas nécessaire d'y donner suite. Selon Éric Morvan, directeur général de la Police nationale, cette vidéo est prise sous un angle ne permettant pas de mettre en évidence des violences avérées. Pour la directrice de l'IGPN, Marie-France Monéger-Guyimarc'h, la vidéo ne fait pas apparaître de violences illégitimes (bien qu'il soit noté des gestes ), partant de l'hypothèse que les actes sont effectués par un représentant des forces de l'ordre - ce que n'est pas Alexandre Benalla.

Après la révélation de l'affaire