Michel-Pierre Hamelet, né à La Ciotat le et mort à Verrières-le-Buisson le Relevé des fichiers de l'Insee., est un journaliste français du .
Michel-Pierre Hamelet (ou Michel-P. Hamelet) est le pseudonyme principal de Marius (ou Mario) Daniel. Il est aussi connu sous le pseudonyme de Pierre Forest dans les années 1930 et sous l'Occupation.
Biographie Il est le fils d'un métallurgiste des chantiers navals de La Ciotat..
Entre-deux-guerres Il aurait été instituteur avant de devenir journalisteFrançois Mauriac, Nouvelles Lettres d'une vie 1906-1970, Grasset, 2014 : Lettre à M-P Hamelet, 24 mai 1946 : .. Il se lie à François Mauriac, qu'il rencontre une première fois en 1926 à Marseille, à l'occasion d'une conférence de ce dernier, alors qu'il travaille sur les quais, à , et vient d'adhérer aux Jeunesses communistesFrançois Mauriac, Lettres d'une vie (1904-1969), Grasset, 2014, Note 655.M-P Hamelet, « Quarante ans d'amitié insolite » dans François Mauriac, Editions de l'Herne, 1985 ().Jean-Luc Barré, François Mauriac: biographie intime. 1885-1940, Fayard, 2009, . Ce biographe de Mauriac présente Hamelet comme un ().. Dans la seconde moitié des années 1930, il accompagne Mauriac et certains de ses amis bohèmes dans leurs sorties parisiennes, écumant les barsViolaine Massenet, François Mauriac, Flammarion, 2000, .. C'est aussi un ami du fils aîné de Mauriac, Claude Mauriac.
Il entre comme journaliste au Figaro en 1934, grâce à Mauriac, sous le pseudonyme de Michel-P. Hamelet. Il collabore aussi au périodique catholique centriste sinon progressiste Sept, sous le même pseudonyme. Il y mène dans cet hebdomadaire des enquêtes sur la présence communiste au sein des écoles normales d'instituteurs, nuancées, ., sur la charité, sur l'enseignement libreSept, 7 octobre 1936..
Parallèlement, il adhère au Parti social français (PSF) du colonel François de La Rocque et collabore à son périodique Le Flambeau et à son quotidien Le Petit Journal, racheté en 1937. Il y tient sous le pseudonyme de Pierre Forest la rubrique sociale, à la fois informative et militante, .Philippe Rudaux, Les Croix de Feu et le PSF, France-Empire, 1967.. Ses articles vantent l'idéologie sociale du PSF, héritée du catholicisme social et préconisant la collaboration entre les classes sociales, et dénoncent les communistes.. Il s'intéresse au syndicalisme, celui des Syndicats professionnels français (SPF) liés au PSF,. et celui de la Confédération générale du travail (CGT), du moins à sa tendance anticommuniste groupée autour du périodique Syndicats de René Belin. Il présente ainsi un rapport sur le syndicalisme au congrès du PSF de 1937, vantant le qu'il oppose au , le dont il voit des représentants au sein de la CGT. Affirmant aussi que les lois sociales de 1936, celles du Front populaire, doivent être , mais aussi que leur mouvement pour qu'elles deviennent .. C'est lui qui publie l'interview de La Rocque dans Sept en sur le programme du parti alors qu'il est lui-même l'un des auteurs de la partie sociale de ce programme. La Rocque et Forest y soulignent l'importance de la doctrine sociale de l'Église, ce qui ne fait pas pour autant du PSF un parti confessionnelJacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, , Sept, 26 février 1937.. S'il se réjouit en 1939 du déclin de la au sein de la CGT. et de la fin de l'agitation communiste, il écrit : ..
Claude Mauriac écrit dans son journal le : Il note aussi : Claude Mauriac, Les espaces imaginaires, Grasset, 1975, ..
Il traite également de questions sociales dans les colonnes du Figaro. Des grèves de 1936, de la puissance de la CGT en 1936 et de l'importance en son sein des communistes, , , Ibid., 12 novembre 1936, .. De la rupture entre communistes et anticommunistes au sein de la CGT. et de la nécessité de la collaboration entre certains dirigeants de la CGT comme Georges Dumoulin ou Belin et le patronat..
Sous l'Occupation Il continue de travailler pour Le Petit Journal et pour Le Figaro, repliés en zone libre, le premier à Clermont-Ferrand, le second à Lyon jusqu'en 1942. Il est toujours chargé de l'actualité sociale, tenant ainsi la chronique dans le Petit Journal. Il met en valeur dans ce journal les SPF et souligne en 1941 que leur programme préfigurait les aspects sociaux de la Révolution nationale du maréchal Pétain (collaboration des classes sociales, justice sociale, profession organisée).. Il célèbre les mérites de la Charte du travail du 4 octobre 1941 dans Le FigaroPhilippe Jian, « Le Figaro de Pierre Brisson sous Vichy : journal libéral et légaliste », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2017/2, ..
Il est désigné en membre du comité provisoire du Rassemblement pour la Révolution nationale, organisme concurrent de la Légion française des combattants, qui devait réfléchir à la mise en place d’un mouvement de masse visant à « assurer au nouveau régime ses assises et briser l’activité renaissante de certaines organisations [le PCF]», mais qui n’eut qu’une existence éphémère. Il est nommé sous le nom de Pierre Forest et présenté comme un ancien ouvrier métallurgiste. C'est La Rocque qui a cité son nom, comme il y a fait entrer d'autres membres du PSF comme Pierre de Léotard ou Charles Vallin,.Jacques Nobécourt, op. cit., , Sur le comité de rassemblement, cf. Jean-Paul Cointet, La Légion française des combattants, Albin Michel, 1995, ..
En , sous le pseudonyme de Pierre Forest, il est nommé par le régime de Vichy co-animateur et co-directeur d'une nouvelle émission de radio de la Radiodiffusion nationale, Radio-travail, avec Désiré Puel, benjamin du Conseil national, militant ouvrier du Tarn, collaborateur du Midi socialiste, chargé de la liaison des Syndicats professionnels français en zone libre en 1941, proche du PSF et du Petit Journal. L'émission est diffusée dans les premiers temps trois fois par semaine pendant une dizaine de minutes, chaque lundi, mercredi et samedi à 19 h 50, puis moins souvent, plus irrégulièrement et à d'autres horaires à partir de la fin de l'année 1942. Elle a comme indicatif la chanson P'tit Quinquin. Puel et Forest y commentent les lois sociales, notamment la Charte du travail, donnent des renseignements pratiques, demandent aux travailleurs d', donnent la parole à des syndicalistes et à des patrons qui prônent la collaboration des classes, tel Jean Mersch du Centre des jeunes patrons, décrivent la vie des travailleurs français en Allemagne, , . ..
Il présideSecrétaire général dans d'autres sources. alors l'Association des journalistes de la presse sociale, qui collabore avec le gouvernement et avec des syndicalistes ralliés à Vichy, issus de la CGT ou des Syndicats professionnels, .. En , Forest est présenté avec les journalistes de son association au maréchal Pétain et à Pierre Laval.. Cette association est soutenue financièrement par le gouvernement de VichyChristian Delporte, Les journalistes en France: 1880-1950, Seuil, 1999, ( L'auteur présente Forest comme membre des Croix de feu )..
Depuis 1945 Il collabore après la Seconde Guerre mondiale à l'hebdomadaire catholique Temps présent (il interviewe en 1945 pour ce périodique le dirigeant du PCF Maurice Thorez.), à France-Soir. tout en demeurant rédacteur au Figaro. Il fait d'ailleurs partie de l'équipe de cinq journalistes qui, autour de Pierre Brisson, permettent au Figaro d'obtenir l'autorisation de reparaître à la Libération. En 1970, la justice reconnaît à ces cinq journalistes (Jacques de Lacretelle, Louis-Gabriel Robinet, Marcel Gabilly, Louis Chauvet et Hamelet), bénéficiaires de l'autorisation de paraître, de se déclarer fondés, en application de la loi du , à s'opposer à l'utilisation du titre du journal sans leur concours ou leur assentiment..
Il devient le responsable du service économique et social de ce journal de 1950 jusqu'à sa retraite en 1974. Jean-François Brisson, le fils de Pierre Brisson, qui a travaillé au Figaro, livre ce témoignage : Jean-François Brisson, Fils de quelqu'un: Pierre Brisson et les "trente glorieuses" du Figaro, Editions de Fallois, 1990, .. François Mauriac le présente aussi comme un .
Il est un membre fondateur en 1965 de la Société des rédacteurs du Figaro et fait partie de son conseil d'administration, dont il démissionne par solidarité avec Raymond Aron en 1966, ..
Jean d'Ormesson l'évoque non sans sous-entendus dans Je dirai malgré tout que cette vie fut belle (2016), alors qu'il mentionne les débuts de la campagne électorale pour l'élection présidentielle de 1974 et qu'il est à cette date le directeur du Figaro :
Membre du conseil de surveillance du Figaro depuis l'arrivée du nouveau propriétaire, Robert Hersant« M. Robert Hersant préside le directoire de la société de gestion du Figaro », Le Monde, 9 octobre 1976., il en est le vice-président, puis en 1993 le président d'honneur.. Avec Jacques de Lacretelle, Louis Chauvet et Marcel Gabilly, Hamelet a critiqué Hersant lorsque ce dernier, candidat dans la sixième circonscription des Hauts-de-Seine, s'est servi du journal en pour adresser son manifeste électoral car « Les membres de « l'équipe Brisson » critiquent M. Robert Hersant », Le Monde, 14 février 1978..
Il a été membre fondateur et membre du comité directeur de l'Association des journalistes de l'information syndicale. Chevalier de la Légion d'honneur en , il est promu officier en 1972.
Il est à sa mort le dernier des de « l'équipe Brisson » du Figaro.
Des liens avec Georges Albertini et Claude Harmel Une partie de ses renseignements sur la CGT et le Parti communiste viennent après 1945 de l'officine anticommuniste de Georges Albertini et Claude Harmel, et notamment d'Henri BarbéBarbé signe anonymement une rubrique dans le Figaro, selon Pierre Rigoulot dans Georges Albertini, socialiste, collaborateur, gaulliste, Perrin, 2012, .Michel Pigenet, Au cœur de l'activisme communiste des années de Guerre froide : la manifestation Ridgway, L'Harmattan, 1992, (Harmel serait celui qui signe de trois croix).Jean Lévy, Le dossier Georges Albertini : une intelligence avec l'ennemi, L'Harmattan, 1992, .. Avec Harmel, il fait partie des fondateurs de l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) en 1966Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, 2005."L'ALEPS a ", La Nouvelle lettre, 16 décembre 2006, (en ligne sur le site de l'ALEPS)..
En 1971, la Confédération générale du travail (CGT) évoque André Bergeron, le leader anticommuniste du syndicat Force ouvrière (FO), interviewé par Hamelet dans Le Figaro: ..
L'affaire Marty en 1952-1955 Il a été mêlé à l'exclusion d'André Marty du Parti communiste en 1952. Ce dernier, en 1955, le dénonce comme un sous-marin communiste, qui aurait adhéré au parti en 1937 et aurait été proche de certains dirigeants du parti dans les années suivant la Libération"L'affaire Hamelet", La Vérité, 17 avril/6 mai 1953, , .André Marty, L'affaire Marty, Deux Rives, 1955, .. Hamelet nie ces affirmations mais n'attaque pas Marty en justice pour diffamation.
La guerre d'Algérie