L’histoire des fortifications de La Rochelle, remonte au de notre ère, pour se terminer au . Les éléments de défense les plus connus sont aujourd'hui les tours médiévales situées à l'entrée du Vieux-port et gérées par le centre des monuments nationaux, emblèmes de la ville et lieu d'attraction touristique : la tour Saint-Nicolas, la tour de la Chaîne et la tour de la Lanterne.

Trois enceintes ont successivement entourées la ville : un ensemble de fortifications médiévales, une enceinte dite « protestante » et l'enceinte Ferry.

Chronologie Enceintes médiévales () Le premier bourg fortifié, est daté approximativement du milieu du Histoire des enceintes sur gertrude-diffusion.poitou-charentes.fr, dessine un rectangle irrégulier, bordé à l'ouest par le ruisseau de Lafond où se trouve le port primitif, à l'est par les marais salants de Saint-Eloy et Maubec, au sud par le fond du havre et un canal qui le relie au ruisseau précité.

À la fin du et au début du , la ville s'étend et englobe, au nord, une partie du faubourg de Cougnes ainsi que les faubourgs Saint-Nicolas (1205) et du Perrot (ce dernier réputé «muré» en 1352).

Un château seigneurial, construit au (le château Vauclair) est encastré dans le front ouest de la ville, près de l'angle nord-ouest de la première enceinte. Occupé par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, il est repris en 1372 avec l'aide de la population, puis démoli à sa demande en raison de la menace qu'il constitue pour la ville. Seules, les deux tours du front ouest, intégrées à l'enceinte de ville, sont conservées jusqu'en 1573.

À la fin du , par extensions successives, la ville borde, au sud, le fond de la baie et englobe le havre où s'est déplacé le port. Au nord, l'enceinte initiale a été démolie sauf la porte de Mauléon, bien qu'elle n'eût plus d'utilité et le nouveau tracé englobe une partie du hameau de Cougnes, dessinant à l'est une protubérance avant de revenir se raccorder à la partie conservée du noyau central.

Au sud, en revanche, l'enceinte initiale a été conservée entre la tour des Moureilles et l'écluse de la Verdière, suivant le fond du port et le canal. Les communications entre le cœur de la ville et le quartier du Perrot continuent de se faire par des portes, dont celle de la Grosse Horloge, qui subsiste encore.

Grosse Horloge vignette|upright|La tour de la Grosse Horloge.

La tour de l’horloge, nommée Grosse Horloge, était à l’origine une porte de la ville fortifiée, ouverte dans l’enceinte primitive. Au son nom était la porte du Parrot ou Perrot, car elle donnait accès au faubourg de ce nom. La porte était percée de deux baies, la plus large pour les chariots et la plus petite pour les piétons.

En 1478, elle est surmontée d’un clocher octogonal, coiffé d’un campanile abritant la cloche de l’horloge.

En 1672, on réunit les deux baies en une seule arcade afin de faciliter la circulation.

En 1746, la partie supérieure de l’édifice est démolie pour faire place à la construction actuelle en forme de cartel Louis XV flanqué d’attributs scientifiques et militaires.

Aujourd’hui, elle reste un des principaux points de passage entre les quais et la vieille ville.

Tour de la Chaîne vignette|gauche|La tour de la Chaîne.

Érigée entre 1382 et 1390, quelques années après la tour Saint-Nicolas, elle avait pour fonction de tendre la chaîneLe cabestan servant à la mise en tension de la chaîne était situé dans une tourelle accolée à la tour de la Chaîne, appelée « petite tour de la Chaîne », détruite en 1824 lors de l’élargissement de l’entrée du port., fixée par un anneau dans la tour Saint-Nicolas sur l’autre rive, de manière à interdire l’accès du port en barrant le chenal entre les deux toursLa chaîne est aujourd’hui exposée au pied de la tour..

Cette tour, qui faisait également office de poudrière, a été gravement endommagée en 1651 lors de la Fronde, une explosion l’ayant découronnée, détruisant sa toiture, les mâchicoulis et le chemin de ronde.

En 1824, lors de l’élargissement de l’entrée du port, la petite tour de la chaîne abritant le cabestan qui servait à tendre la chaîne est détruite.

Classée monument historique en 1879, elle a été partiellement restaurée au et au début du .

vignette|Grande et petite tour de la Chaîne au XVIè, selon Émile Couneau dans La Rochelle disparue (p. 55).

Tour Saint-Nicolas vignette|upright|La tour Saint-Nicolas.

D’une base légèrement pentagonale, elle est d’une hauteur de trente-six mètres. L’intérieur est composé de trois grandes salles octogonales superposées, dont deux sont voûtées. Le sol est incliné à 2 %, signe de l’enfoncement de la tour constaté pendant sa construction. Inclinaison qui sera conservé pour la restauration de la tour, mais dont le sol sera surélevé de par rapport au sol originel. Chaque niveau de la tour est percé en son centre d’un oculus, ouverture ronde utilisée autrefois pour ravitailler les étages de la tour, se parler ou se défendre.

Trois alvéoles sont situées autour du rez-de-chaussée. Leur fonction n’est pas certaine selon les historiens.

La première tour était sur pilotis, et était isolée sur l’eau. Aucune muraille ne la reliait à la terre ferme.

À la seconde moitié du fut construite la tour telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Sur le flanc de la tour, on peut voir l’amorce d’une arche. L’architecte Lisch, chargé de la restauration des tours à la fin du en déduisit l’existence d’une arche entre la tour Saint-Nicolas et la petite tour de la chaîne. Mais aucune gravure, ni aucun texte n’en mentionne l’existence. Elle n’a certainement jamais été construite.

En 2016, des travaux entrepris sur l'esplanade du Gabut révèlent les vestiges de la muraille attenante à la tour Saint-NicolasFouilles archéologiques au pied de la tour Saint-Nicolas à La Rochelle (Charente-Maritime) : premiers résultats. Par la suite, de nouveau recouvert, un muret constitué de blocs de pierres de tailles différentes permet de localiser l'ancienne murailleLa Rochelle : le quartier du Gabut poursuit sa mue.

Tour de la Lanterne vignette|gauche|upright|La tour de la Lanterne.

La tour de la Lanterne est la plus grande des trois tours du front de mer de La Rochelle. Elle mesure de haut et est constituée de deux parties. Sa base est un cylindre haut de et de plus de de diamètre. Il est surplombé d’une flèche octogonale dont quatre des huit pans sont percés de fenêtres trilobées de style flamboyant. Chaque nervure est garnie de crochets.

Plusieurs salles superposées composent l’intérieur de la tour. On y trouve de nombreux graffitis gravés dans la pierre par des marins anglais, espagnols ou hollandais, emprisonnés dans la tour entre les et s.

Ouvrage de l’enceinte médiévale construit peut-être sur l’emplacement d’une ancienne tour. Commencé selon Claude Masse en 1445, il ne fut achevé que 23 ans plus tard (1468). À l’origine elle formait l’angle sud-ouest de l’enceinte médiévale et sa tourelle à lanterne servait de phare et d’amer. Elle se situait à cette époque au bord de l’eau.

Conservé lors du rasement des fortifications en 1629, il fut ensuite intégré dans la nouvelle enceinte de 1689. De 1900 à 1914, une restauration sur des projets de Juste Lisch, puis sous la direction d’Albert Ballu, lui redonne son aspect médiéval.

La tour servit souvent de prison et, en 1822, on y enferma 4 sergents du de ligne qui avaient comploté contre Louis XVIII. Ils furent jugés à Paris, condamnés à mort et guillotinés en place de Grève (aujourd’hui place de l'Hôtel-de-Ville). Ils sont passés dans l’Histoire sous le nom des « quatre sergents de La Rochelle » et la tour conserve leur souvenir. Il est très fréquent qu'elle soit appelée "Tour des 4 Sergents".

Tour de Moureilles vignette|La Tour de Moureilles au XVIè, selon Émile Couneau dans La Rochelle disparue (p. 14).|246x246px Cette tour fut achevée, selon l'ingénieur Claude Masse, en 1399. Elle se trouvait au bord du quai Maubec et avoisinait la première porte Maubec et le cimetière Saint-Sauveur. Comme les trois tours du front de mer elle fut épargnée du rasement des enceintes après le siège de 1628, elle est alors donnée au couvent de Récollets. En 1690 la tour de Moureilles est rachetée par le roi pour être convertie en magasin à poudre. Elle est détruite en 1786 pour laisser de la place à la construction de l'arsenal d'artillerie. vignette|gauche|Matérialisation de l'emplacement de la tour.

La première Porte de Cougnes vignette|243x243px|La première Porte de Cougnes à la fin du XVII, selon Émile Couneau dans La Rochelle disparue (p .21). La première porte de Cougnes se situait à l’angle nord-est de l’enceinte médiévaleFront nord-est, tour d'Aix et porte de Cougnes, plan de situation à la fin du . Dessin par L'Evêque.. Elle fut construite en 1412 à l’emplacement où, dès le , se situait l’entrée principale de la ville. C'est par cette entrée que les souverains et les princes pénétraient dans la ville. Chaque entrée faisait l'objet d'une cérémonie solennelle. Elles étaient composées de deux grosses tours rondes. En 1558, l'ingénieur italien Scipion Vergano construit un ouvrage avancé. En 1576, la porte est réparée. Englobée dans les nouvelles fortifications autorisé par Henri IV, Louis XIII sera le dernier souverain à passer la porte lors de la reddition de la ville en 1628. En 1741, elle est détruite sauf le soubassement de l’une des tours sur lequel a été bâti le clocher de l'église Notre-Dame-de-Cougnes et dans lequel est aménagé un passage piétonAncienne porte de Cougnes, vestiges dans le soubassement du clocher de l'église Notre-Dame. Passage aménagé dans la poterne...

La porte des Deux-Moulins

vignette|droite|Porte des Deux-Moulins. La porte des Deux-Moulins est un ouvrage d'entrée (une redoute) dans l'enceinte médiévale. Deux moulins à marée avaient été élevés à proximité (d'où le nom de la porte). La porte actuelle date du début du . La première avait été construite vers 1200...

La première Porte Saint-Nicolas Le faubourg Saint-Nicolas est fortifié au début du et de cette époque date la première Porte Saint-Nicolas située contre l’église du même nom, citée dans une charte d’Alphonse de Poitiers en 1269.

Cette porte médiévale ultérieurement modifiée puis détruite ne doit pas être confondue avec le Porte Napoléon dite Saint-Nicolas.

Enceintes protestantes (XVIe siècle) Au cours du siège de 1573, les fortifications médiévales sont renforcées et unifiéesHistoire des enceintes de 1572 à 1628 sur gertrude-diffusion.poitou-charentes.fr.

Trois bastions à orillons à l'italienne ont été édifiés : au saillant nord-ouest (bastion de l’Évangile), devant la porte Neuve, et au milieu de la courtine est du front de mer (bastion du Gabut).

Un ouvrage à cornes couvre la porte des Deux-Moulins (en plus de la barbacane), tandis que des demi-bastions couvrent l'un, la porte de Cougnes, l'autre (bastion des Dames), l'enceinte au niveau de l'entrée du canal de Maubec.

La porte Saint-Nicolas a été renforcée d'une sorte de boulevard, doté d'un retranchement tenaillé intérieur, Vers 1505 est construit un ouvrage avancé pour protéger la porte, puis un ouvrage à cornes en 1588 .

Un boulevard demi-circulaire couvre le saillant sud-est de l'avancée de Cougnes.

Enfin, des cavaliers d'artillerie, placés derrière l'enceinte et la dominant, fournissent un appoint de feux aux saillants les plus exposés ou face aux directions les plus dangereuses.

En 1590 les Rochelais obtiennent du roi Henri IV l'autorisation d'ériger une nouvelle enceinte et d'y joindre la « prée Maubec ». Devenue place de sûreté protestante la ville va se fortifier, cette enceinte sera appelée « enceinte huguenote » ou « enceinte Henri-IV ».