Le syndrome de résignation (en suédois : ), également appelé syndrome de retrait traumatique ou syndrome de refus ou d’abandon traumatique, est un syndrome dissociatif décrit en Suède depuis les années 1990, qui induit notamment un état léthargique et comateux, et qui affecte surtout des enfants et adolescents réfugiés qui ont subi des traumatismes psychologiques.
Ce syndrome est reconnu officiellement en Suède mais ne l'est pas par l’Organisation mondiale de la santé.
Épidémiologie Les premiers cas se manifestent en Suède au début des années 2000 notamment chez des enfants de demandeurs d'asile provenant d'anciens pays soviétiques et de YougoslavieAviv, Rachel, « The Trauma of Facing Deportation », The New Yorker, April 3, 2017 (https://www.newyorker.com/magazine/2017/04/03/the-trauma-of-facing-deportation)..
Des centaines d'enfants et adolescents migrants en Suède, menacés d'expulsion, ont été diagnostiqués depuis les années 1990. Entre et , 424 cas sont détectés, et 2,8 % des 6 547 demandes d'asile déposées pour des enfants et adolescents en 2004 ont fait l'objet d'un diagnostic.
La plupart des cas concernent de jeunes personnes dont l'âge est compris entre 8 et 15 ans. Selon les études, il n'y a pas d'influence du genre ou alors le syndrome toucherait davantage les filles.
Symptômes Le syndrome de résignation survient souvent après l'annonce d'une expulsion du pays de l'enfant et de sa famille, notifiée par un courrier qui est lu aux parents par l'enfant lisant le suédois, ou bien notifiée alors que l'enfant est présent.
L'enfant ou l'adolescent atteint présente d'abord des symptômes d'anxiété et de dépression (notamment apathie et léthargie) puis se replie sur lui-même et ne prend plus soin de lui. Son état peut évoluer vers une sorte de stupeur : il est totalement immobile, passif, et sans tonus musculaire. Il n'est capable ni de boire ni de manger, et il présente de l'incontinence. Il n'est ni réactif aux stimuli physiques extérieurs ni à la douleur. Cet état peut être comparé au shutdown autistique ou à la réaction de freezing de certains animaux exposés à un grand danger, qui « font le mort » ou semblent s'abandonner à leur prédateur. Dans ce syndrome, trois des douze critères de catatonie sont remplis : absence d'activité psychomotrice et absence de réactivité à l'environnement, mutisme, et absence de réponse aux stimuli extérieurs. Il peut durer des mois jusqu'à trois années..
Ce syndrome ne peut pas être simulé - bien qu'il ait été présenté deux enfants ayant déclaré avoir été contraints par leurs parents à feindre l'apathie afin d'accroître leurs chances d'obtenir un permis de séjour, mais le personnel soignant était au courant.
La majorité des enfants ou d'adolescents présentant un syndrome de résignation ont des antécédents de troubles psychologiques ou de maladie mentale, de dépression et/ou de syndrome de stress post-traumatique. Beaucoup ont été exposés à des traumatismes, des persécutions ou des violences dans leur pays d'origine ou durant leur périple depuis ce pays.
Origine
Son origine est mal connue.
Il est supposé que cet état est provoqué à la fois par les traumatismes vécus dans le pays d'origine et à la peur de devoir y retourner .. Un rapport commandé par le gouvernement suédois en 2006 suggère qu'il s'agit d'un syndrome lié à la culture.
En 2014, le syndrome de résignation est reconnu officiellement comme maladie en Suède mais pas par l'OMS comme une affection psychiatrique à part entièreSocialstyrelsen B. (2013). Barn Med Uppgivenhetssyndrom. En vägledning för Personal inom Socialtjänst och Hälso- och Sjukvård. Stockholm: Socialstyrelsen..
Prise en charge
Dans un manuel publié en 2013, la Direction nationale de la santé et des affaires sociales de Suède énonce que la seule manière de résoudre ce syndrome est d'accorder à la famille le droit de vivre en Suède à travers l'obtention d'une résidence permanente. L'enfant se réveille ainsi de sa catatonie au bout de quelques mois.
En 2020, un rapport citant l'Agence suédoise d'évaluation médico-sociale (SBU) indique : « Il n'existe aucune étude scientifique permettant de diagnostiquer le syndrome d'abandon, ni de déterminer quel traitement est efficace. »
Similarités Ce syndrome est également observé chez des enfants réfugiés transférés d'Australie au Centre régional de traitement de Nauru en Micronésie. Un rapport publié en 2018 suggère qu'il y a au moins 30 enfants à Nauru pouvant souffrir du syndrome de sevrage traumatique. Le National Justice Project, un centre d'aide juridique, a accueilli 35 enfants en provenance de Nauru et estime que sept d'entre eux souffrent du syndrome de sevrage traumatique et trois de psychose .
Notes et références
Catégorie:Syndrome en psychologie ou en psychiatrie Catégorie:Réfugié en Suède