Daniel Victor Œhlert (né le à Laval où il est mort le ) est un scientifique français. Ses fonctions de bibliothécaire, puis de conservateur des musées d'archéologie et d'histoire naturelle de Laval, lui permettent de se consacrer à la paléontologie et à la géologie. Sa femme Pauline Œhlert est sa principale collaboratrice et souvent l'inspiratrice de ses études scientifiquesÀ partir de 1887, son nom d'auteur est devenu Œhlert D.-P., pour Œhlert Daniel-Pauline ajoutant ainsi l'initiale de son épouse à la sienne.. C'est un spécialiste reconnu des faunes paléozoïques de l'Ouest de la France.
Biographie Origine et famille Son grand-père est Jean-Daniel Œhlert (ou Öhlert), dit le Grand-Pierrot ou le Grand-Allemand (° Ostheim - † ), est un militaire qui s'illustra particulièrement lors de la Chouannerie en Mayenne. Son père est Victor Henri Œhlert (1803-1883), propriétaire négociant et sa mère est Adèle Féron (1820-1895).
Il s'est marié avec Pauline CriéElle est la fille d'un médecin. Victor, le père de Daniel, et Pierre Crié, le père de Pauline et Olivier Joubin, grand-père de Louis Joubin, formaient un trio d'amis, habitant Laval et se réunissant souvent. (1854-1911) en 1874 à Laval. Ils n'ont pas eu d'enfants.
Pauline Œhlert est une collaboratrice infatigable pour son mariPour Louis Joubin, elle est d'une précision et d'une rareté de vue impeccables.. Avec elle, il parcourut tous les coins de la région, il fit tous ses voyages en France et à l'étranger, il rassembla tous les matériaux paléontologiques, base de leurs travaux. Ensemble, ils effectuèrent le classement des collections du Musée, ainsi que la rédaction tous leurs mémoires. Leur collaboration se traduisait par la signature D.-P. OEhlert (Daniel-Pauline).
À la mort de sa femme, il ne s'occupa plus que d'archéologie. Il entreprit alors de restaurer, presque entièrement à ses frais, le château de LavalÀ l'époque il sert de prison et est dans un état pitoyable, masqué par plusieurs maisons qui en recouvrent la base.. Il employa toute son activité à la restauration de ce monument historiqueIl y consacra ses revenus et une partie de sa fortune.. Il y meurt sur sa demande en 1920.
Par testament, il a laissé à la ville de Laval tout ce qui lui en restait, pour achever son œuvre et installer dans le château transformé en musée, ses collectionsDont d'admirables tapisseries, qu'il a aussi données.. Il a légué à d'autres une partie de sa bibliothèque ; les livres sur les brachiopodes ont été légués à Louis Joubin.
Bibliothécaire En 1871, il est nommé bibliothécaire surnuméraire de la ville de Laval ; puis en 1874 bibliothécaire-adjoint, et en 1883 titulaireLouis Joubin indique que Ces fonctions, peu ou pas rétribuées, ne sont pour lui qu'un moyen de se procurer un accès permanent aux éléments de travail inexploités rassemblés dans la Bibliothèque, et surtout dans le Musée archéologique et paléontologique dont il est chargé d'assurer la conservation.. En 1894, il abandonne la Bibliothèque après l'avoir considérablement enrichie, pour ne conserver que l'administration du Musée archéologique et paléontologique de Laval.
Géologie Président de la Société géologique de FranceMembre depuis 1877., fondateur d’une revue de paléontologie, il a été bibliothécaire titulaire de Laval. Il est conservateur du Musée archéologique et paléontologique de Laval en .
En , il entre au Service de la Carte géologique de France en qualité de collaborateur adjoint, puis en comme collaborateur principalIl publia les quatre feuilles, extrêmement difficiles, de Château-Gontier, Mayenne, Laval, La Flèche..
right|thumb|220px|Muséum national d'histoire naturelle. Chaque année en hiver, le couple Œhlert passait plusieurs mois à Paris dans le laboratoire de Paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle et dans celui de Géologie de la Faculté des Sciences à la SorbonneIls étaient accueillis par leurs directeurs Albert Gaudry et Edmond Hébert.. Ils nouent des amitiés avec Paul Henri Fischer et Ernest Munier-ChalmasLe couple disposait à la Sorbonne d'une des tables de la Salle Brongniart, l'autre étant occupée par Munier-Chalmas. L'autobiographie d'Alexandre Bigot mentionne : 1889 - La Salle Brongniart était très animée à partir de 5 heures du soir. C'était le moment où arrivaient Cotteau qui avait besoin d'échantillons pour sa description des Échinides de la Paléontologie française, Paul Fischer pour la préparation de son Traité de Conchyliologie, le ménage Œhlert, des géologues de passage à Paris, de Saporta….
En 1910, Daniel Œhlert redevient vice-président de la Société géologique de France, poste qu'il occupa déjà en 1891 en même temps que son épouse Pauline Crié. En , il est élu président, mais son épouse décède peu de temps après.
Le couple est ami et disciple d'Edmond Hébert et d'Albert Gaudry, d'Auguste Michel Lévy et de Marcel Bertrand, d'Albert de Lapparent et d'Ernest Munier-Chalmas. Au plan international, Daniel Œhlert a eu des échanges avec des chercheurs d'Amérique du Nord comme les stratigraphes et paléontologues James Hall (1811-1898), élu en 1884 correspondant étranger de l'Académie des Sciences de Paris, et John M. Clarke (1857-1925), tous deux ayant été directeurs du New York State MuseumChristian C. Emig; BrachNet, 20, rue Chaix, F-13007Marseille (France)[email protected] Manuscrit en ligne depuis le 11 novembre 2013[Éditeur : Bruno Granier].
Il fut élu en 1900 Correspondant de l'Académie des Sciences dans la section de géologie. Il est nommé en 1895 Chevalier de la Légion d'honneur, puis Officier de la Légion d'honneur en 1912. Il est membre titulaire de Mayenne-Sciences ; membre de la Société géologique et minéralogique de Bretagne (1920).
Travaux Il a travaillé principalement sur les peuplements des mers paléozoïques de l'Ouest de la France. Il a fait de très nombreuses découvertes paléontologiques en Mayenne. Il se consacra plus particulièrement à l'étude des Crinoïdes, des Trilobites et surtout des BrachiopodesLouis Joubin indique que C'est surtout dans les Brachiopodes que D.-P. Œhlert a laissé une renommée justement méritée. Comme préface à ses travaux paléontologiques il voulut d'abord étudier sur les rares espèces vivantes de ce groupe, jadis si florissant, les caractères qui pouvaient être utilisés dans l'interprétation des formes éteintes.. Sa collection est déposée au Musée des Sciences de LavalOn compte plus de 20 nouveaux genres avec plus de 150 nouvelles espèces d'invertébrés..
En 1877 que, Daniel Œhlert publie Sur les fossiles dévoniens du département de la Mayenne dans le Bulletin de la Société géologique de France. Il y a ensuite une centaine de travaux qui suivent jusqu'en 1911, date du décès de son épouse.
Daniel Œhlert a participé à : la publication des résultatsLes expéditions du Travailleur et du Talisman avaient rapporté un grand nombre d'échantillons de Brachiopodes atlantiques; D.-P. Œhlert fut chargé de leur étude en collaboration avec Paul Henri Fischer ; ils publièrent plusieurs notes et en 1891 un important mémoire, comprenant 139 pages et 8 planches in-4. Au retour de l'Expédition du Cap Horn, les mêmes naturalistes furent chargés de l'examen de la collection des Brachiopodes de l'Océan du Sud. Ils publièrent en 1892 un mémoire comprenant 80 pages et 5 planches sur ces animaux et les variations de leurs coquilles. des expéditions scientifiques du Travailleur et du Talisman pendant les années 1880, 1881, 1882 et 1883. la publication des résultatsLe Prince de Monaco confia l'étude des Brachiopodes rapportés au cours des premières croisières de l'Hirondelle à D.-P. Œhlert et Paul Henri Fischer ; elle parut dans la publication des campagnes du Prince en 1892. lors des premières croisières de l'Hirondelle lors des campagnes scientifiques d'Albert de Monaco. la rédaction du Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, de l'Abbé Angot : à propos de chaque localité, Œhlert a rédigé une note géologique. la rédaction des documents scientifiques produits par l'expédition Première expédition Charcot, dirigée par Jean-Baptiste Charcot pour la partie sur les brachiopodes : Vers et brachiopodes (1908) lorsque Paul Henri Fischer édita son Manuel de Conchyliologie, il chargea D.-P. OEhlert de rédiger un important complément sur les Brachiopodes. la publication, sous forme de fiches séparées, des descriptions originales et des photographies des types fondamentaux d'animaux fossiles. C'était la Paloeonlologia universalisLouis Joubin indique que de nombreuses fiches fort belles ont été éditées, elles constituent le début d'un ouvrage qui, avec le temps, aurait rendu un service immense à la paléontologie. Malheureusement des difficultés diverses et la dureté des temps ont arrêté cette publication. Il serait bien à souhaiter qu'elle fut reprise et qu'elle fut suivie d'un ouvrage identique pour les espèces vivantes.
Œuvres L'ensemble des publications de Daniel Œhlert Daniel Œhlert est l'auteur de l'appendice Brachiopodes du Manuel de conchyliologie et de paléontologie conchyliologique de Paul Henri Fischer (1880-1887) Réédition de l'ouvrage "Manuel de conchyliologie et de paléontologie conchyliologique (3 tomes)" (1880-1887).
Publications Œhlert D. (1877).- Sur les fossiles dévoniens du département de la Mayenne.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) vol. 5, , pl. 9-10. Œhlert D. (1878).- Description de deux nouveaux genres de Crinoïdes du terrain dévonien de la Mayenne.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. VII, , pl. 1-2. Œhlert D. & Davoust M. (1879).- Sur le Dévonien du département de la Sarthe.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. VII, , pl. 8-10. Œhlert D. (1880).- Note sur le calcaire de Saint-Roch à Changé, près Laval.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. VIII, . Œhlert D. (1880).- Note sur un nouvel horizon dans le terrain dévonien du département de Maine-et-Loire.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. VIII, . Œhlert D. (1880).- Les Brachiopodes siluriens de la Bohême d'après les travaux de M. Barrande.- Journal de Conchyliologie, Paris, vol. 28, . Œhlert D. (1880).- La position systématique des Brachiopodes d'après les travaux de M. Morse.- Journal de Conchyliologie, Paris, vol. 28, . Œhlert D. (1880).- Position systématique des Brachiopodes d'après M. Dall.- Journal de Conchyliologie, Paris, vol. 28, . Œhlert D. (1881).- Présentation d'un Mémoire paléontologique sur les fossiles dévoniens de l'Ouest de la France.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. IX, . Œhlert D. (1881).- Présentation d'une Note paléontologique sur des fossiles provenant des calcaires de Montjean-Chalonnes, dans le département de Maine-et-Loire.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. IX, . Œhlert D. (1881).- Documents pour servir à l'étude des faunes dévoniennes dans l'Ouest de la France.- Mémoire de la Société géologique de France, Paris, (3) vol. 2, , pl. 1-6. Œhlert D. (1881).- Description d'un nouveau genre de Lamellibranche (Guerangeria) du terrain dévonien inférieur.- Bulletin de la Société d'Études scientifiques d'Angers, vol. 10, , 1 pl. Œhlert D. (1881).- Rapport sur les Brachiopodes du Challenger, d'après Thomas Davidson.- Journal de Conchyliologie, Paris, (3) vol. 21 (1), . Œhlert D. (1882).- Note sur le calcaire de Montjean et Chalonnes (Maine-et-Loire).- Annales des Sciences géologiques, Paris, vol. 12, article 2, , pl. 4-5. Œhlert D. (1882).- Sur l'existence de schistes à nodules à Calymene tristani et de schistes ampéliteux dans le nord de la Mayenne.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. X, . Œhlert D. (1882).- Sur le Silurien du nord-est du département de la Mayenne.- Bulletin de la Société géologique de France, Paris, (3) t. X, .