Charles Édouard Saül Jennings de Kilmaine, né à Dublin le , et mort le à Paris, est un général de division de la Révolution française.
Biographie Fils de Théobald Édouard, médecin établi à Tonnay-Charente (Charente-Maritime), et de Éléonore Saül, des catholiques jacobites, installés en France pour fuir les persécutions britanniques. La naissance de Charles-Edouard à Dublin est le fruit du hasard, sa mère ayant rendu visite à sa famille est contrainte par sa grossesse de rester en Irlande. Il est baptisé à la paroisse de Rose Mary Lane à DublinSHD, dossier Kilmaine, folio 2, document du 11 octobre 1783, avant de rejoindre son père en France en 1762SHD, dossier Kilmaine, folio 21.
Kilmaine entre au service de l'Autriche comme cadet impérial au régiment de l'Empereur (K.u.K Infanterieregiment ) en 1765, puis comme cadet des drapeaux dans le même régiment en 1766, avant d'être cadet impérial au régiment de Murray () en 1772. En 1775, il est de retour en France à la mort de son père, avant de signer un engagement au Régiment Royal dragons en octobre de la même annéeSHD, dossier Kilmaine : certains documents de son dossier indiquent 1774. Son signalement indique qu'il mesure 5 pieds 7 pouces, soit environ 1,81 m, les yeux bleu gris, les cheveux châtain clair. Adjudant-général en 1778 à l'occasion de la création de la Légion des Volontaires Étrangers de la Marine, il accompagne le duc de Lauzun pendant la campagne au Sénégal.
Au retour de cette campagne victorieuse en 1780, il est nommé sous-lieutenant dans l'un des escadrons de hussards de la Légion des Volontaires Étrangers de Lauzun. Il participe à la campagne aux États-Unis avec le duc de Lauzun et se distingue dans les opérations de reconnaissance autour de New York en . Il obtient une gratification de et plus de 2 mois d'appointements supplémentaires à son retour en FranceAN, Colonie, D/2c/32, Légion de Lauzun.
De retour en France en 1783, il entre dans la composition du du régiment des Hussards de Lauzun nouvellement créé à partir des éléments de la Légion de Lauzun. En 1786, en garnison à Lauterbourg, il est nommé lieutenant en second, puis en 1788, capitaine commandant la du à la revue de à Verdun : il a aussi en charge l'instruction à cheval pour l'ensemble du régiment depuis 1786, et participe aux propositions sur les équipements et armements des régiments de chasseurs à chevalSHD, Dossier Hussards de Lauzun, Xc 83, livret d'inspection du 24 septembre 1789 et SHD, dossier Kilmaine, Folio 25 du 25 floréal an 3 (14 mai 1795). Pour ces différentes fonctions d'instruction, il obtient une gratification de en 1786, de en 1787 et de en 1789SHD, dossier Kilmaine, folio 4.
En 1789, le capitaine Jennings de Kilmaine est l'un des fondateurs de la loge de l'Amitié Éternelle à l'Orient de Lauzun, loge maçonnique créée par les officiers de Lauzun à Verdun en . D'abord orateur de la loge, il devient de cette logeBNF, fonds maçonnique, FM2 8, folio 24 du 28 février 1789..
Son engagement pour les idées de la Révolution ne fait aucun doute. Il est mis aux arrêts en 1789 pour avoir dit aux hussards du , ci-devant Lauzun : le devoir d'un soldat français est de combattre et de vaincre les ennemis de son pays mais de ne jamais tirer le sabre contre ses concitoyens pour servir les projets du despotismeSHD, dossier Kilmaine, folio 25, renseignement exigés par l'arrêté du Comité de Salut Public . Il s'indigne de l'attitude de certains officiers du régiment impliqué dans la répression de la garnison de Nancy et l'émeute de Belfort : il est mis 2 fois aux arrêts et fait partie des signataires du discours des officiers du régiment de Lauzun à l'Assemblée Nationale du . Les 12 officiers signataires précisent : presque tous les officiers du régiment de Lauzun prouveront [...] qu'ils n'ont point participé, ni assisté aux scènes scandaleuses qui s'y sont passéesBNF Le29, 1084, Imprimerie Nationale, in-8°, 2p. Il fait l'objet d'une mesure de réforme le , avant d'être réintégré dans le même régiment le SHD, dossier Kilmaine, folio 3 et MASSONI (Gérard-A.), "Jennings de Kilmaine, colonel du Hussards" dans Vivat Hussar , Tarbes, 2001, .
En , le capitaine Kilmaine se retrouve à la tête du de hussards, : entre 1790 et , 32 officiers dont les 3 derniers chefs de corps ont émigréMASSONI (Gérard-A.), Histoire d'un régiment de cavalerie légère ; le Hussards de 1783 à 1815, Paris, Ed. Archives et Culture, et SHD, Hussards, Xc 245, État des officiers qui ont abandonné les emplois depuis le 3 juin 1792 et Liste des officiers émigrés du dit régiment.
Le , il est présent à la bataille de Valmy, et le suivant il participe à la bataille de Jemappes. Le , il est nommé lieutenant-colonel du , auparavant régiment de Lauzun, et le il passe colonel dans le même régiment.
vignette Il est promu général de brigade le , employé à l'armée de la Moselle, et général de division le suivant à l'armée du Nord. Le , il prend provisoirement le commandement en chef des armées du Nord et des Ardennes, en remplacement du général Custine, et il est suspendu de ses fonctions le . Le , il évacue le camp de César et repousse l'ennemi à Marquion, le , il est destitué de ses fonctions et remplacé par le général Houchard, et le , il est arrêté et enfermé au Luxembourg.
Il est remis en liberté le , arrêté de nouveau le , il est libéré le après la chute de Robespierre. Le , il est réintégré dans son grade, et le , il est nommé commandant de la cavalerie de réserve à l'armée des Alpes et d'Italie.
Le , il commande en chef la cavalerie en remplacement du général Stengel et le il participe à la bataille du pont de Lodi. Commandant de l'avant-garde de l'armée d'Italie le suivant, il sert au passage du Mincio à Borghetto le . Le , il participe à la bataille de Castiglione, et le il est commandant à Vérone. Les 14 et , il est aux combats de Due Castelli et St Georges, et le , il dirige le blocus de Mantoue. Il quitte son commandement le pour cause de maladie.
Le , il est commandant de Mantoue de la division Victor et des États Vénitiens, et le il est vainqueur des insurgés vénitiens à Desenzano pendant l'insurrection des Pâques véronaises. Les 22 et , il délivre et entre dans Vérone, et le il prend le commandement du Boulonnais, du Ferrarais et d'Ancône à la place du général Sahuguet. Commandant en chef de la cavalerie de l'armée d'Italie le , il commande par intérim l'armée d'Italie à la place de Bonaparte le suivant.
Le , il rejoint l'armée d'Angleterre comme commandant de la cavalerie, et le il prend provisoirement le commandement en chef de cette armée, à la place de Desaix. Le , il est nommé commandant en chef de l'armée d'Angleterre.
C'est en 1797-1798 qui mènera l'expédition Écosse Irlande partant de Brest pour libérer l' Écosse et l'Irlande.
Il meurt le , à Paris d'une dysenterie chronique.
200px|thumb|right|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, et .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie SHD, dossier individuel de général de division Grasilier (Léonce), Le général de Kilmaine, Paris, Albert Savine, 1896, 33 p. Massoni (Gérard-Antoine), "Jennings de Kilmaine, colonel du Hussards, ci-devant Lauzun, commandant en chef des Armées du Nord et des Ardennes, commandant en chef d'Armée d'Angleterre", dans Vivat Hussar, Tarbes, , 2001, . Massoni (Gérard-Antoine), Histoire d'un régiment de cavalerie légère ; le Hussards de 1783 à 1815, Paris, Ed. Archives et Culture, 2007, 438 p. Six (Georges), Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, Paris, Saffroy, 1934, 2 volumes
Le même, "L'Irlandais de Bonaparte", Paris, Plon, 2015, 444 p.
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