Le comte Antoine Français, dit Français de Nantes (né le à Beaurepaire dans le Dauphiné - mort le à Paris), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Biographie

Antoine Français est le fils de Claude Français, notaire royal, et de Jeanne-Thérèse Coste-Foron. Commis chez un de ses parents directeur des douanes à Nantes, il lui succéda vers 1785. René Kerviler dit que l'élégance affectée de son langage l'avait fait surnommer .

Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Officier municipal à Nantes, Antoine Français est élu député du département de la Loire-Inférieure, le septième sur huit, à l'Assemblée nationale législativeArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, p. 35..

En , il vote contre la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la MarineArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 39, séance du 8 mars 1792, p. 494.. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux soient admis aux honneurs de la séanceArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792, p. 406.. En juin, il est élu président de l'AssembléeArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 45, séance du 10 juin 1792, p. 61..

Français de Nantes se signala par de violentes attaques contre la Ferme générale, le pape et les prêtres. Le , il demanda que les ci-devant fermiers généraux rendissent compte de l'emploi des fonds de retraite, et, le 26, à propos de la loi contre les prêtres, s'écria : Plus loin, il tonnait contre le pape, Il demanda () le partage des biens communaux.

Convention nationale et Terreur Antoine Français n'est pas réélu député à la Convention nationale.

Lié aux Girondins, il quitta Paris pendant la Terreur, et se retira dans les Alpes, son pays natal, .

Membre des assemblées primaires de l'Isère, convoquées par l'administration départementale après le coup de force de la Commune de Paris contre les Girondins (journées du 31 mai et du 2 juin 1793), il s'exprima le . Par son éloquence et l'habileté de son discours, il convainquit les assemblées primaires de ne pas entreprendre d'actions contre la Convention et de ne pas rejoindre le mouvement fédéraliste.

Après ces événements, Antoine Français de Nantes entra au directoire du département de l'Isère le (). Il y resta jusqu'au (), date à laquelle il fut destitué pour son jacobinisme.

Il se réfugia alors dans le Queyras. Son séjour lui inspira le Manuscrit de feu M. Jérôme et le Recueil des fadaises de M. Jérôme, qu'il publia plus tard, sous la Restauration.

Directoire

Le (1798), il fut éluPar 188 voix sur 346 votants. au Conseil des Cinq-Cents par le département de l'Isère. Il devint un des secrétaires du Conseil, défendit la liberté de la presse dans un discours où il appelait les journaux , fit voter () un décret mettant hors la loi quiconque attenterait à la sûreté du (l'une des bases du coup d'État du 30 prairial an VII), et demanda l'assimilation des veuves et des enfants des patriotes du Midi aux veuves et enfants des défenseurs de la patrie.

Consulat et Empire Bien qu'hostile, avant l'exécution, au coup d'État du 18 brumaire, il s'y rallia, fut nommé, grâce à Lucien Bonaparte son ami, directeur des hôpitaux, puis, le , préfet de la Charente-Inférieure, et, le , conseiller d'État.

Conseiller d'État en service ordinaire de l'an VIII à 1810, il est rattaché à la section de l'Intérieur en l'an IX jusqu'en 1808. Il est ensuite rattaché à la section des finances en 1809. Il est spécialement chargé de la comptabilité des communes en l'an XI et l'an XII. Il est nommé membre de l'Institut en 1807 et conseiller d'État en service ordinaire hors section de 1810 à 1814.

Membre de la Légion d'honneur le , commandant de l'ordre (25 prairial suivant), il avait été appelé, le de la même année, à la direction générale des droits réunis (:wikt:contributions indirectes), administration que le premier Consul venait de créer, et où Français de Nantes montra beaucoup d'ordre, de probité et de conciliation : il plaça dans ses bureaux nombre d'écrivains, d'artistes besogneux et de membres ruinés de l'ancienne noblesse.

L'Empereur le crée conseiller d'État à vie (1808), comte de l'Empire le , et le promeut grand officier de la Légion d'honneur le . C'est alors qu'il commande son portrait à David (tableau conservé au musée Jacquemart-André, à Paris. Ill.ci-dessus).

Restauration et Monarchie de Juillet La première Restauration lui enleva ses fonctions de directeur des droits réunis, et le maintint au conseil d'État. Ayant conservé ce dernier poste pendant les Cent-Jours, il fut destitué au second retour des Bourbons, et alla vivre à la campagne, où il s'occupa d'agriculture.

Le , le collège de département de l'Isère l'élutPar 718 voix sur votants et inscrits. député. Il siégea au centre gauche, parla peu, mais, surtout dans la forme, avec modération.

Non réélu en 1822, il reprit ses occupations agricoles dans ses propriétés de Seine-et-Marne, et donna sur ces questions des articles au Dictionnaire de la conversation.

Le , le gouvernement de le nomma pair de France. Il succomba, cinq ans après, à une attaque de paralysie.

Il a habité de 1827 à 1832 un hôtel particulier rue d'Antin, où il recevait notamment le général Merlin, Joseph Droz, Pierre-François Tissot, Charles-François Lebrun, Casimir Delavigne. Vers la fin de sa vie il s'occupa surtout d'agriculture.

Œuvres

Pendant qu'il était directeur des Droits réunis, Français de Nantes recueillit dans ses bureaux beaucoup de gens de lettres que la Révolution française avait atteints. Son nom est davantage connu par les éloges que lui ont adressés les hommes de lettres qu'il a protégés et secourus que par ses œuvres personnelles, qui sont pourtant nombreuses.

On a de lui : Opinion de M. Français, [...] Sur les troubles intérieurs; - A Paris de l'Imprimerie Nationale 1791. [BM de Senlis] Le manuscrit de feu M. Jérome, Paris : Bossange, 1825 Précisions en ligne Recueil de fadaises, composé sur la montagne à l'usage des habitans de la Plaine par M. Jérome, Paris, Bossange, 1826 Précisions en ligne Voyage dans la vallée des Originaux, par feu M. Du Coudrier, Paris, Beaudoin, 1828 Précisions en ligne Tableaux de la vie rurale, ou l'agriculture enseignée d'une manière dramatique (1829) ; Le Petit manuel des bergers, porchers, vachères et filles de basse-cour, Paris, , in-18, 36 p. Voyage sur les Alpes cottiènes et maritimes ou second manuscrit de feu M. Jérome, Paris, Dupont, 1833 Précisions en ligne

Titres Comte Français et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne). Pair de France ().

Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire ( : ), puis, Commandant ( : ), puis, Grand officier de la Légion d'honneur () ; Commandeur de l'Ordre de la Réunion (1813).

Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Français et de l'Empire

Franc-quartier de conseiller d'État, de gueules, chargé de trois besans d'argent. Livrées : rouge, brun, jaune et blanc. Armes du comte Français de Nantes, pair de France

De gueules chargé de trois besans d'argent posés deux et un.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Auguste Prudhomme, Un nouveau chapitre de l'histoire de la Révolution en Dauphiné. Le Fédéralisme dans l'Isère et Français de Nantes. Juin-, Grenoble, 1907 Précisions en ligne

Articles connexes Liste des députés de l'Isère Histoire de l'Isère

Liens externes

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