Les Halles universitaires de Louvain-la-Neuve sont un bâtiment de style brutaliste édifié en 1976 à Louvain-la-Neuve, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.
Situé à l'angle de la place de l'Université et de la rue des Wallons, ce bâtiment abrite le rectorat, les vice-rectorats, l'administration centrale et les services généraux de l'Université catholique de LouvainPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Halles universitaires. ainsi que des commerces, une galerie marchande appelé Galerie des Halles, les guichets de la gare de Louvain-la-Neuve. ainsi que des escaliers d'accès aux quais de la gare. On y trouve, au étage, les bureaux du Recteur et de l'Administrateur général de l'université.
Les Halles universitaires de Louvain-la-Neuve doivent leur nom à l'ancienne halle aux draps de Louvain, située « rue de Namur », le plus vieux bâtiment occupé par l'Université à LeuvenPromenade à Louvain-la-Neuve sur le site de l'office du tourisme d'Ottignies-Louvain-la-NeuveMémoires de Wallonie - Les rues de Louvain-La-Neuve - parking des Halles, devenu les Halles universitaires de Louvain.
Historique Genèse de la ville universitaire de Louvain-la-Neuve Au cours des années 1960, le nombre d'étudiants de l'Université catholique de Louvain augmente rapidement en raison de l'évolution démographique et de la démocratisation des études supérieures.. La loi du sur l'expansion universitaire autorise la partie francophone de l'Université à envisager son expansion à Woluwe-Saint-Lambert et en Brabant wallon, ce qui amène l'Université à acquérir, dès , 150 hectares sur le plateau agricole de Lauzelle à Ottignies.
Par ailleurs, les tensions entre les communautés linguistiques francophone et néerlandophone deviennent explosives à cause des revendications du mouvement flamand (né dès 1840) qui exige l'homogénéité culturelle de la Flandre. Ces tensions atteignent leur paroxysme en 1967-1968 avec l'affaire de Louvain, crise politique connue sous les noms de « Walen Buiten » (« Les Wallons dehors ») et de « Leuven Vlaams » (« Louvain flamande ») durant laquelle les Flamands exigent le départ des étudiants francophones de Louvain au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional, ce qui amène l'Université à décider le transfert intégral de sa section francophone hors de Louvain et à faire sortir de terre une ville universitaire entièrement neuve à Ottignies à partir de 1970Histoire de Louvain-la-Neuve.
La loi du institue deux universités séparées. La première pierre des bâtiments universitaires de Louvain-la-Neuve est posée le . Les filières Mathématiques et Physique de la faculté des Sciences ainsi que la faculté des Sciences appliquées s'y installent en 1972. Louvain-la-Neuve comme ville habitée démarre avec les rentrées scolaire et universitaire de 1972.
Construction des Halles Dans le cadre de ce déménagement, l'Université choisit de construire pour son administration à Louvain-la-Neuve un bâtiment qui reprend le nom et la fonction des Halles universitaires de Louvain, soulignant ainsi la filiation de l'université.
Michel Woitrin, administrateur général de l'UCLCatalogue en ligne des Archives de l'Université catholique de Louvain : Michel Woitrin, demande initialement au grand architecte américain Louis Kahn, initiateur du brutalisme, de prendre en charge la construction des Halles mais celui décline et recommande son collaborateur et élève Yves LepèreJean-Marie Lechat, visite guidée des journées du patrimoine 2018 de la Région wallonne, 8 septembre 2018. Philippe Gillon, Coordinateur général., est chargé par Michel Woitrin de vérifier la capacité d'Yves Lepère à respecter les plannings (ce qui était vital puisque l'UCL devait libérer les bâtiments qu'elle occupait à Louvain selon un planning précis) et lui adjoint Joseph Polet, dont il connaissait la rigueur.
Les architectes Lepère et Polet sont nommés en 1972.
C'est ainsi que les Halles universitaires de Louvain-la-Neuve sont construites en 1975-1976 dans le style brutaliste par l'architecte Yves Lepère et son collaborateur Joseph PoletEnesta : Halles Universitaires, Louvain-la-NeuveMémoires de Wallonie - Les rues de Louvain-La-NeuveLes Halles universitairesBelgium ViewInventaire régional du patrimoine en Wallonie, qui assumera plus tard le rôle de coordinateur de l'équipe de conception de Parlement Européen à BruxellesLOCI, faculté d'architecture, d'ingéniérie architecturale et d'urbanisme. En cours de route, la SNCB choisit Yves Lepère comme architecte pour construire la gare sous les Halles, ce qui simplifie le chantier.
Des problèmes budgétaires amènent Yves Lepère, d'un côté, à réduire le nombre de niveaux de la façade avant à quatre (mais l'arrière gardera cinq niveaux) et, de l'autre, à supprimer le marché ouvert (« open market ») qu'il prévoyait au rez-de-chaussée, pour y loger la bibliothèque et les archives de la faculté de psychologie, tout en maintenant des commerces en façade.
Les Halles sont inaugurées le , et ce n'est qu'en 1994 que le projet initial d'un espace commercial occupant tout le rez-de-chaussée des Halles se concrétisera sous le nom de Galerie des Halles.
Statut patrimonial Les Halles universitaires de Louvain-la-Neuve font l'objet d'une « inscription » comme monument et figurent à l'Inventaire du patrimoine immobilier culturel de la Wallonie sous la référence 25121-INV-0091-01.
Architecture Style brutaliste vignette|droite|redresse=0.8| Les halles universitaires relèvent de l'architecture brutaliste, caractérisée par des façades de « béton brut » sans revêtement, dont les surfaces présentent souvent une texture héritée du bois de coffrageHomify : Exemples d'architecture brutaliste, le béton « brut de décoffrage ».Maison d'architecte : architecture en Belgique. gardant la marque des planches de bois qui ont servi au moulage Sous l'influence du brutalisme, leurs veinures ainsi que leurs lignes de jointureDanièle Pauly, Le Corbusier: the Chapel at Ronchamp, Birkhäuser, 1997, ..
L'aspect « béton brut » est un peu moins marqué ici qu'à la Bibliothèque des Sciences, à la Place des Sciences et au Cyclotron, à cause de la combinaison du « béton brut » avec la brique, comme à l'Atelier Théâtre Jean Vilar et à la Place Sainte-Barbe.
Le « béton brut » est cependant très visible au niveau des façades latérales, qui sont constituées d'alvéoles de « béton brut ».
Le pavement qui entoure les Halles est constitué de pavés de béton blanc connus sous le nom de « Blanc de Bierges », un type de pavés que l'on retrouve dans toute la ville de Louvain-la-Neuve et qui a marqué son paysage urbain.
Architecture extérieure Façade principale vignette|droite|redresse=0.8| La façade principale de l'édifice, orientée au sud-ouest, est disposée le long de la rue des Wallons. Yves Lepère y a disposé deux groupes de bureaux : celui du recteur Édouard Massaux à l'est et celui de l'administrateur général Michel Woitrin à l'ouest, du côté de ce qui est maintenant la place de l'Université.
Cette façade de briques polychromes présente une composition totalement asymétrique faite de quatre grands pans de façade rectangulaires de largeurs et de hauteurs différentes percés d'immenses arcs cintrés.
Les grands arcs de briques sont une transposition moderne de l'architecture des halles universitaires de Louvain, où l'université a été créée en 1425.
Le but des architectes était de conserver la fonction originelle des halles de Louvain, qui était au Moyen Âge un marché couvert : ils ont donc intégré de nombreux commerces au rez-de-chaussée du bâtiment, même si des problèmes budgétaires ont amené Yves Lepère à supprimer le marché ouvert (« open market ») qu'il prévoyait au rez-de-chaussée.
Chacun des arcs possède une archivolte composée de neuf voussures de briques polychromes et abrite un niveau commercial au rez-de-chaussée et un niveau de bureau au premier étage, séparés par une épaisse dalle de « béton brut ».
Un des quatre grands pans de façade présente deux arcs superposés.
Façade occidentale La façade occidentale, orientée vers la place de l'Université, présente une structure mixte.
La partie de droite est édifiée en briques comme la façade de la rue des Wallons et comporte un haut pan de façade rectangulaire percé d'une immense surface vitrée ainsi qu'un porche hors d'œuvre percé de grands arcs cintrés et agrémenté d'une tourelle.
La partie de gauche abrite des bureaux et est . Elle intègre une des trois entrées de la Galerie des Halles, les deux autres entrées étant situées rue des Wallons et à l'arrière du bâtiment.
Selon Jean-Marie Lechat, ancien directeur de l'Administration des domaines de l'UCLCatalogue en ligne des Archives de l'Université catholique de Louvain : Jean-Marie Lechat, Yves Lepère ne savait pas au moment de l'établissement des plans qu'il y aurait une place à cet endroit, sinon il aurait présenté la façade principale vers cette place et non vers la rue des Wallons où on manque de recul pour l'admirer.
Façade orientale La façade orientale, disposée le long de la voie des Hennuyers, est la plus austère.
Elle se limite à des bureaux et est composée, comme la partie de gauche de la façade occidentale, de petites alvéoles en « béton brut » encadrant les fenêtres des bureaux du rectorat de l'Université catholique de Louvain.
Architecture intérieure Les Halles universitaires abritent de nombreuses salles comme la « Rotonde », la salle de la Tapisserie, la salle André Oleffe et la salle Monseigneur Ladeuze dans l'aile droite, la salle Philippe Le Hodey dans l'aile centrale et le Sénat Académique dans l'aile gauche.
« Rotonde » vignette|droite|redresse=0.8| Ce bâtiment moderne cache en son sein une pièce surprenante et anachronique, la « Rotonde », une salle du donnée à l'Université après la Seconde Guerre mondiale et installée telle quelle dans les Halles universitaires de Louvain-la-NeuveBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, , août-septembre 2018, .Brochure des journées du patrimoine 2018 de la Région wallonne, ..
Selon Frédéric Blondeau, responsable du service culturel de l'UCLouvain, Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, , juin-juillet 2018, ..
Selon Jean-Marie Lechat, ancien directeur de l'Administration des domaines de l'UCL, c'est Raymond Lemaire, professeur spécialiste de l'histoire de l'architecture et de la conservation des monuments, et l'un des concepteurs de Louvain-la-NeuveCatalogue en ligne des Archives de l'Université catholique de Louvain : Raymond Lemaire, qui a demandé à l'architecte Yves Lepère d'intégrer les boiseries de cette pièce dans le bâtiment des Halles. Face aux réticences de Lepère, l'Administrateur général de l'UCL Michel Woitrin en personne appuya la demande de Raymond Lemaire.
En 2018, cette salle méconnue est découverte par la presse à l'occasion de la présentation du « Carnet du Patrimoine » consacré par l'AWaP (Agence wallonne du Patrimoine, ex-Institut du Patrimoine wallon) au patrimoine d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. Elle est ensuite découverte par le public lors des journées du patrimoine 2018 de la Région wallonne, consacrées au patrimoine insolite.
Salle de la Tapisserie La Salle de la Tapisserie, située au étage, présente une architecture qui est le strict reflet de la façade des Halles universitaires, puisqu'elle combine surfaces de briques et surfaces de « béton brut ». Ce dernier est particulièrement visible au plafond et au niveau de la galerie suspendue.
Elle abrite une tapisserie de de haut intitulée Sedes Sapientiae et tissée par C. De Wit sur un carton d'Edmond Dubrunfaut en 1977.. Cette tapisserie représente la Sedes Sapientiae (« Siège de la Sagesse »), patronne de l'UCL, entourée d'un saint personnage pour chaque province wallonne et un pour Bruxelles : saint Éleuthère (premier évêque de Tournai), Marie d'Oignies (Liège), saint Boniface (Bruxelles), sainte Gertrude (abbesse de Nivelles), saint Hubert (apôtre des Ardennes) et Julienne du Mont-Cornillon.